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DES ALBUMS

Les réunions littéraires nous amènent à parler des Albums, dont l'usage est très ancien. « C'est le nom, dit le Dictionnaire de Trévoux, que l'on a donné à un pelit registre ou livret que les savants portent avec eux. Lorsqu'ils se trouvent dans quelque ville, en voyage ou autrement, ils vont visiter les savants du pays et ils leur présentent leur Album amicoruyrif et les prient d'y écrire quelque chose, afin d'avoir de l'écriture de leur main. Ce qu'on écrit sur l'album est ordinairemejit une devise^ ou quelque sentence, ou quelque chose d'obligeant pour celui qui présente l'album. » Voici quelques détails sur

plusieurs de ces albums que les amateurs d*aulographes payeraieat bien cber aujourd'hui.

Daniel de Behr, gentilhomme poméranien, avait, en 1586, un album célèbre, sur lequel le duc Auguste de Brunswick-Lunebourg. étudiant à VVittenberg, écrivit la maxime suivante : Pulcherrimarum rerum notitia non otio sed negotio, non vigiliis sed studiis, non votis sed labonbust non pretio sed prece paratur. Son frère Krnest inscrivit, sur un autre feuillet de ce même album, le distique suivant :

Sperare in Ghristuni el viluî lolerare labores, £t bene posse mori disce, beatiu eris.

Barclay ayant fait intercaler de papier blanc Tun des exemplaires du traité de Constantiâ de Juste Lipse, le convertit en un Album amicorum, qui fut honoré de la signature d'une cinquantaine d'hommes distingués, tels que Casaubon (Isaac), Delrio (Martin), Dousa (François), Lipse (Juste), Lemire (Âubert), Erycius Puteantts, Rubens (Philippe » Wouweren (Jean de), Morel (Ballhazar).

Madame Desloges, dont nous avons déjà parlé, avait un album qui renfermait un grand nombre de pièces à sa louange. On y lisait, au dire de Tallemant des Réaux, ces vers écrits par Malherbe :

Ce livre e$t comme un sacré temple Oà chacun doit, à mon exemple, Offrir quelque chose de prix; Celle otYrande est due a U gloire D*une dame que l'on doit croire L'ornement des plus beaux esprits.

L'album que Ton doit probablement considérer comme le plus original et le plus volumineux de tous les albums connus, est celui du baron de Burkana. (^e personnage, qui, après avoir parcouru TEurope, mourut à

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