‹ Curiosités littérairesChapitre 62 sur 84 · ALBUMS · texte numérisé non relu

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Vienne, en 1766, était né à Alep, et avait été élevé à la cour de Tempereur d'Allemagne. — Son album contenait 5,532 témoignages d'estime et d'amitié en prose et en vers, des compliments, des louanges, des maximes, des épigrammes, des plaisanteries, des anecdotes, etc. ; il portait le titre suivant écrit en français et en latin :

Temple de la piétés de. la vertu, de V honneur, de Vamiiiéetde la foi; comacré au souvenir durable et étemel; vous donc tous qui êtes pieux comme Énée, forts comme Hercule, amis comme Pylade, fidèles comme Achate; entrez-y, honorez-le de votre présence, vous êtes invités par LE BARON DE BUBKANA, Aleppo-Syrien.

Voici quelques extraits de ces nombreux témoignages en faveur du propriétaire de Falbum :

Montesquieu dit de lui que, t comme le soleil, il a vu toutes les parties du monde. » Le prince de Ligne rappelle « rillustre galopeur éternel de toutes les parties du monde, » et le prie « de .saluer de sa part le Grand Mogol et le roi de Monomotapa,. quand il traversera leur pays. »

Voltaire se proclame très-heureux de s'inscrire dans Falbum de « Thomme de tous les pays, qui parle toutes les langues, véritable cosmopolite qui est Français en Gaule, Espagnol en. Ibérie, Germain en Allemagne, Anglais en Bretagne. »

Le bibliothécaire Pingre assure que tout Paris admirait, en 1753, çpt homme « très-érudit, la gloire des Arabes. » — La chevalière d'Éon, alors capitaine de dragons et secrétaire de l'ambassade française en Russie, écrit qu'il ou qu'elle est charmé ou charin^'e d'avoir rencontré M. le baron de Burkana pour la troisième fois dans ses voyages : « il ou elle espère le voir encore une fois à Constantinople ou à Pékin. »

Une chanoinesse de Paderborn, en Westphalie, dit

SfiC GUKIOSITÉS LIÏTÉRAIRËS.

« qu'elle chercha long emps en vain le phénix des anciens, et qu elle Ta enfin trouvé dans la personne du baron de Durkana, à Paris» 1749. h Une autre dame le qualifie « d'abeille industrieuse, qui compose un miel précieux. » Une troisième de « Mentor de TOrient. » Une marquise espagnole le déclare i caballero célèbre y gustoso. » Et la comtesse de THôpilal est « très-cbarméc de la conversation et de la grandeur d'âme de ce seigneur ^ »

On rencontre encore, parmi les noms des personnages inscrits dans cet album, ceux de Lenglet-Dufresnoy, Crébillon, Ladvocat, Arnaud, Tronchin, Bonnet, Mura- Cori, Molina, Zaccaria, Métastase, le maréchal Gontades, Van Swieten, llaller, Gessner, etc., etc., etc.

Ce livre finit par appartenir à Gœthe. On ne sait ce qu'il est devenu après la mort de ce dernier.

Les albums aujourd'hui sont devenus plus que jamais à la mode. Il n'est pas de femme, réunissant chez elle quelques gens de lettres, qui n'ait son album, pour lequel elle va quêter partout des madrigaux, des sonnets, des maximes plus ou moins spirituelles, etc. Souvent il se trouve sur ces albums de charmantes pièces de vers. £n voici deux qui peuvent servir de modèles. EUes^ sont de Lamartine.

Sur cette page blanche où mes vers vont éclore, Qu'un souvenir parl'ois ramène voire cœur.

De votre vie aussi la page^ est blanche encore, Je voudrais la remplir d*un seul mot, le bonheur.

Le livre de la vie est un livre suprême,

Que Ton ne peut ouvrir ni fermer i son choix,

' Voyei MagatiH pittoresque, 1835, p. 80.

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