LES SEINS
Notre érudit et spirituel confrère Witiiowski a consacré à l'iconographie des seins plusieurs ouvrages importants : Anecdoles historiques el religieuses, puis Curiosilés médicales, littéraires et artistiques sur les seins et V allaitement; les Seins dans l'histoire. C'est dire combien le sujet est vaste. Comment s'en étonner, au reste, puisque le sein est le plus délicat et le plus esthétique des charmes féminins, puisque l'allaitement est la fonction la plus noble et la plus tendre de la mère?
La mj'thologie païenne, avant tout éprise de beauté et de poésie, s'était emparée de cet attribut pour en faire le substratum d'une légende ravissante : Junon, stylée par Minerve, avait consenti à allaiter le petit Hercule; mais celui-ci, déjà demi-dieu, avait mordu si fort la mamelle divine que le lait s'en était répandu dans l'espace : d'où cette mystérieuse voie lactée, qui, par les nuits d'été, traverse le ciel étoilé, comme une large bande lumineuse. D'autres légendes voulaient que ce semis d'étoiles lointaines fût le sillage de Phaélon sur le char du Soleil, ou la route immortelle que les dieux suivaient pour gagner l'Olympe. La première version était la plus pittoresque, digne d'inspirer les artistes. Ce fut celle adoptée par le Tintoret, peintre de la Renaissance à l'âme antique, qui a montré la mère de la Voie Lactée sous les traits d'une femme féconde et puissante, dont les seins projettent vers les immensités célestes une pluie d'étoiles blanche. Pure légende, mais combien plus poétique que les mémorables travaux d'Herschell' comptant les 18 millions d'astres qui constituent cette fantastique pléiade et les 80 milliards de kilomètres qui la séparent du soleil.
Puisque nous sommes dans le domaine delà fantaisie et du rêve, ne le quittons pas sans nous arrêter à un délicieux tableau de Mallet : Les Jeux de V Amour. Jeux innocents, à coup sûr, rappelant la fameuse Comparaison de Lawrence et qui justifleraient la
Les ioiES et les douleurs de la maternité
132 CURIOSITÉS ]mÉDIC0-ART1STIQUES
présence d'ua galaat iadiscret, dissimiilô sous le /euillage. C'est vers la statue de l'Amour que, la jeune femme envoie le jet lacté qui jaillit de son sein pressé; — sacrifice léger, sans doute, mais le dieu bienveillant s'en contente, sachant bien que dans les alcôves closes ou dans les retraites épaisses, c'est à un autre jeu que se
Vangorp. — Le déjeuner de Fanfan.
livrera la gracieuse enfant, c'est un sacrifice autrement solennel et plus émouvant qu'elle offrira, en holocauste volontaire, au petit tyran. Seins gonQés de lait ou érigés de volupté, charmes exquis vers lesquels se pressent le nourrisson affa^mé, l'amant impétueux... >
Dans la réalité, nous trouvons eflectivement autant de poésie que dans la fiction ; ce n'est pas un des moindres titres d'orgueil de la femme que d'avoir, par son geste aûectueux qui olTre au
LES JOIES ET lES DOULEURS DE LA MATERNITÉ
nourrisson la gourde pleine de sa mamelle, enthousiasmé les poètes, animé le pinceau du peintre, le ciseau du sculpteur. Les
Gervex. — Maternité.
uns l'ont traité on composition fraîche et légère, tel Vangorp, qui nous fait assister au déjeuner de Fanfan. La facture du tableau est soignée et délicate, l'attitude de la maman avançant le bras.
. CURIOSITÉS MÉDTCO-APTISTIQUES
Paul Dubois. — La Charilù