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LES COUTUMES FUNÈBRES DES LATINS ET DES ÉTRUSQUES

Les funérailles latines avaient un développement et uQe importance considérables, dont la Chine seule nous offrirait aujourd'hui l'image.

Pendant sept jours, le mort est laissé dans sa maison, personne ne peut l'approcher. Puis, passé ce délai, on procède à la purification du local (balayage avec un balai sacré, immolation d'une truie, etc.) et on règle les obsèques. Le cortège comprenait, comme chacun sait, des pleureurs, des musiciens et des mimes.

Tout d'abord on inhuma les corps ; on arrosait la fosse de vin, on déposait sur le cercueil des fruits et des fleurs, on égorgeait des béliers. Puis la fosse comblée, sur le tertre planté d'arbustes, on dressait le banquet olïert aux assistants et aux morts. Le dixième jour, nouveau banquet, nouveaux jeux funèbres. Cet usage des festins sur la tombe se retrouve, nous l'avons vu, chez beaucoup de peuples.

Lorsque l'incinération eut remplacé l'inhumation, on conserva les mêmes habitudes. On simulait un enterrement, on mettait

dans la fosse quelques débris épargnés par le feu, ou bien on enfouissait un doigt préalablement coupé sur le cadavre : on faisait de véritables funérailles à cette partie réservée (os reseclum).

Les Étrusques pratiquèrent de bonne heure la crémation. Cependant ils conciliaient cette coutume avec leur besoin naturel d'élever aux morts des monuments dignes de leur mémoire. Ils possédaient donc des nécropoles à incinération. La tombe était une sorte de puits au fond duquel on plaçait l'urne cinéraire. Bientôt celle-ci fut dans un véritable caveau. Les Ltrusques, très artistes et très industrieux, décorèrent habilement les vases funèbres : ils plaçaient à côté des ivoires sculptés, des plaques en or et argent ciselé, des coupes historiées. Puis le caveau fut divisé eu plusieurs chambres que Ton meublait au goût du défunt: objets d'art, peintures mythologiques.

C'est une de ces plaques peintes qui a été retrouvée à Cervetri et qui figure aujourd'hui au Musée du Louvre. Elle indique les différentes phases d'une cérémonie funèbre : le cortège des guerriers et pleureuses, la préparation du four crématoire, le transport à bras d'hommes du cadavre vêtu de ses habits, l'attente pendant que le feu fait son œuvre.

Ces bas-reliefs des hypogées fournissent ainsi des documents très précieux sur les mœurs des Etrusques. Tantôt c'est un magistrat avec ses licteurs, un juge sur son tribunal, tantôt un cortège nuptial, souvent des scènes d'agonie, les jeux, les banquets funèbres.

Cet art primitif se ressent vivement de l'influence grecque, orientale et égyptienne. Les Etrusques qu'on pourrait appeler les Phéniciens de l'Italie, commerçants et pillards, introduisaient chez eux quantité d'objets d'art venus des côtes méditerranéennes. Leur ingénieux génie les incita à imiter ces objets; aussi leur art est un art d'imitation, peu original à la vérité, mais précieux pour la connaissance de leurs mœurs et de leurs coutumes (1).

(1) Cf. Le livre de M. LEFikvRE, Vllalie antique.

LES IMAGES DE La MORT

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