LA VACCINE EN CARICATURE
Il n'y a pas de sujet médical qui, plus que la vaccine, ait prêté à la caricature. Beaucoup sont d'origine anglaise, justifiant, à propos de Jenner, l'adage bien connu : « Nul n'est prophète en son pays ».
Celle-ci date de l'époque où la méthode jennérienne se généralisa en France. Nous sommes en plein Directoire, ainsi que le prouvent le costume de l'Incroyable et de la Merveilleuse arrêtés devant le char. L'honnête bourgeois qui se tient à la tête du cheval n'a pas abaodonné ses vêtements et sa perruque Louis XVI. Le camelot, un ex-sans-culotte qui porte un pantalon, oflre des gravures. L'une est consacrée à la dindonnade, variante de la vaccine, l'autre dépeint l'admirable eflet de la vaccine qui a fait pousser des cornes sur le front d'un mari.
Dans la voiture, le charlatan habillé en soldat de fantaisie fait le boniment. Derrière lui un paillasse exhibe un dindon sans pattes ni ailes; sur le cheval, un postillon à grande allure trompette ses plus éclatantes sonneries.
Cette caricature fait allusion aux voyages des vaccinateurs qui s'en allaient par les routes de France, traînant à leur suite une génisse, et s'efforçaient d'acclimater la thérapeutique préventive de la variole parmi la population, très sceptique à l'égard de ce nouveau procédé purement empirique.
MUSICOTHÉRAPIE
La musique adoucit les mœurs. Elle est bienfaisante, parait-il, dans les affections nerveuses. Soulage-t-elle les asthmatiques ?
La lithographie ci-contre, caricature de Langlumé, permet d'en douter. Le musicien thérapeute a beau se lancer dans les largo puissants, passer de la partition de Tancrède à un concerto classique, abandonner la lyre pour la contre-basse, la contre-basse pour le violon, — le malheureux dyspnéique n'en reste pas moins suffoqué. Il fait appel à tout son système musculaire pour dilater une cage thoracique qui n'en peut mais; docilement, il suit la démonstration du mélomane. L'accès continue toujours.
L'artiste n'a vu dans son sujet qu'une amusante pochade. Pour-
CURIOSITÉS MÉDTCO-ABTISTIQUES
tant ce sujet est grave, et a arrêté l'attention des physiologistes. Quelle est, au juste, l'influence de la musique sur l'organisme?
Elle provoque des réactions très singulières et surtout très variables dans les systèmes respiratoire et circulatoire. On observe, du côté des poumons, des modifications d'amplitude correspondant au rythme musical. De même le pouls de certaines personnes bat isochrone avec la mesure de la musique. Le docteur Maurice Guibaud a expérimenté sur des sujets nerveux et impressionnables : la Marche funèbre de Chopin, en mineur, coïncide avec un aCfaissement du pouls et une irrégularité respiratoire très marqués. Lorsque, dans le même morceau, le mode majeur remplace le mode mineur, la transition respiratoire et circulatoire est aussi brusque : le pouls redevient plein, la respiration ample et calme.
11 semble que les morceaux de musique joués avec expression et sentiment, et surtout avec lenteur, ont une action inhibitrice; au contraire, les allegro sont toniques et vaso-dilatateurs.
Mais comme toutes ces expériences datent de quelques années à peine, et que notre caricature est sensiblement plus vieille, il ne faut voir en elle qu'une simple intuition. Encore l'artiste s'est-il radicalement trompé, puisque au lieu d'ouvrir toutes grandes les écluses du sentiment, son musicien devrait, en présence de l'asthmalique, lui jouer la marche des Vinrjl-huil jours de Clairelle ou un banal Viens, poupoulel