‹ Curiosités philologiques, géographiques et ethnologiquesChapitre 20 sur 31 · PHILOLOGIE CONJECTURALE · texte numérisé non relu

PHILOLOGIE CONJECTURALE

Les habitants des Philippines sont de l'avis de Dupont de Nemours ; ils ont un oiseau nommé hiraki koumhang ou Tamant des fleurs, auquel ils accordent, comme àThomme, et un langage et un chant, dit M. deRienzi, dans son^ Océanie,

Le premier auteur connu qui ait essayé de faire passer dans la langue humaine le chant du rossignol est un savant jésuite italien, Marco Bettini, auteur d'une hilarotragedia satiropastoraley intitulée Ruben *, dans laquelle il a inséré cet essai de traduction bizarre, qu*il conviendra de pro-» noncer à l'italienne.

Tiùu, tiùu, tiùu, tiùU:, tiùu, Zpe tiù zqua :

Quorrror pipi tiô, tiô, tiô, tiô, lîx.

Qutiô, qutiô, qutiô, qutiô ; Zquo, zquo, zquo, zquo, Zi, zi, zi, zi, zi, zi, zi, zi, Quorf or liù zqua pipiqui.

Le rossignol a trouvé encore d'autres traducteurs de son chant, entre autres Etienne Pasquier dans une mauvaise pièce de vers en l'honneur d'une demoiselle du Bois, et Dupont de Nemours dans d'autres vers non moins mauvais, que nous leur rendrons à ious deux le service de ne pas citer. Au lieu de leurs fades et insuffisantes imitations, nous préférons donner au lecteur une véritable traduction, une traduction complète, littérale, due à la plume du docteur Jean-Matthieu Bechstein, chasseur-na-

' i Pttrme, 1614, fn-lo. 11 est mort à Bologne le 7 novembre 1G57.

iaraliste, né en 1757 et mort en 4811, qui avait lait ano étude toute particnUère des mœurs et du langage des ot^ seaux.

< Rien n*6gale, » dit Charles Nodier, dans son édition -de Philomela ^, c rien n'égale, dans la langue factice de Timitation, le tour de force extraordinaire du savant omi* thologiste allemand Bechstein, qnt est parvenu à exprimer assez heureusement, avec les signes usuels de notre langue parlée, toutes les modulations delà langue duros^ sîgnoU 1 Et nous ajouterons avec lui : € Ce singulier spe^ cimen de ronomatopée est trop curieux pour ne pas Irou* ver ici sa place.

Tiouou, tiouou, tiouou, Uouou,

Shpe tiou tokoua,

Tio, tic, tic, tio,

Kououtio, kououtiou, kououtiou, kououtlou :

Tskouo, tskouo, tskouo, tskouo,

Tsii, tsii, tsii, tsii, tsii, tsil, tsii, isii, tsii, tsii.

Kouorror, tiou, Tskoua pipits kouîsi.

Tso tso tso tso tso tso tso tso tso iso tso tso tsirrhading!

Tsi si si tosi si si si si si si si,

Tsorre t serre tsorre tsorrchi,

Tsatn tsatn tsatn tsatn tsatn tsatn tsatn ta.

Dlo, dlo, dlo, dlo, dlo, dîo, dlo, dlo, dlo :

Kouioo trrrrrrrritzt.

Lu lu lu ly ly ly lî lî lî It,

Kouiodidlliloulylî.

Ha guour guour koui kouio î

i Poëme attribué à Albus Ovidius Jayenlinns, Luietia Parùîo" rum, 1829. iii-80, p« 22, ^t réimprimé k la soiU da Dictionnaire (la Onomatopées,

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