‹ Curiosités philologiques, géographiques et ethnologiquesChapitre 28 sur 31 · DOLICHOCÉPHALES · texte numérisé non relu

DOLICHOCÉPHALES

o&tuogmàtues.

FUOGKATHES.

Gaulois.

Groenlandais.

Celtes.

Plusieurs races

Bretons.

américaines (Caraïbes»

Scols.

Boiocudos, elc.)

Germaiot <.

Nègres.

Scandinaves.

P^GUY.-Hollandais.

BRACHYCEPHALES.

ORTHOGNATHES.

PROGNATHES.

Finnois.

ràtars.

Afghans. .

Kalmouks.

Persans.

Mongols.

Turks.

Malais.

Lapons, «le.

Plusieurs races

américaines (Incas,

Cliarruas, elc.i

Papous.

Le docteur Retzius compare ensuite les .crânes des Suédois, des Slaves, des Finnois et des Lapons, faisant choix, pour chaque peuple, des types qui représentent Je mieux chaque race.

Suédois. Dans cette race, la forme du crâne, vu en dessus, est ovale. Sa plus grande longueur est de m. 490; elle est à sa plus grande largeur comme 4000 : 773. La protubérance occipitale externe est remarquablement

1 Selon M. Serres, cité par A. Esquiros, la tête allongée de Charles X reproduisait les formes exactes de la race franke. Revue det deux Mvnâts, w ayril 1845> p. 179.

grande; le développement de l'occiput porte assez en avant l'orifice du conduit auditif externe; un plan passant par les deux méats externes, et perpendiculaire au plus grand diamètre du crône, coupe ce diamètre à peu près en son milieu.

La face est peu saillante; l'espace entre les orbites sur la racine du nez et l'os ethraoïdeest, en général, large comme chez tous les autres peuples du nord. La face est longue, la mâchoire inférieure élevée et forte .

Des crânes, trouvés dans de vieux tombeaux, démontrent que ces formes n'ont pas varié depuis plus de mille ans.

Slaves, Le crâne est d'une forme ovale tronquée en arrièie. Sa plus grande longueur est de Om. 170; elle est à sa plus grande largeur comme iOOO : 888. La protubérance occipitale présente l'aspect d'une élévation transversale et tronquée. Les orifices des conduits auditifs sont en arrière du milieu du grand axe de tête. La face est parfaitement semblable à celle des Suédois.

Finnois, Forme du crâne ovalo-cunéiforme ; longueur m. 178; le plus grand diamètre est au plus petit comme 1000 : 814. Les bosses pariétales sont élevées et trèssaillantes; c'est dans leur voisinage que se trouve la plus grande largeur de la tête. La protubérance occipitale n'est pas très-saillante. Vu par derrière, le crâne présente une surface occipitale presque carrée, un peu plus haut que large.

Les méats auditifs externes sont un peu en arrière du milieu du grand diamètre de la tête. La face est très-peu saillante; le bord inférieur de l'arcade zygomalique est presque droit.

Lapons. La longueur de leur crâne est de m. <70; elle est à ?a largeur comme 1000 : 8615. Vu en dessus, il

se rapproche de celui des Finnois par sa brièveté et la grosseur des bosses pariétales ; mais la partie inférieure de l'occiput est plus saillante et donne à la tête un aspect plus allongé ; la plus grande largeur du crâne est un peu au-dessous et en avant des bosses pariétales. Chez les Lapons l'occiput présente une forme plus régulièrement arrondie, et les os sont en général plus forts.

Les orifices des conduits auditifs sont ordinairement der- Hère le milieu du grand diamètre du crâne ; cependant dans quelques exemplaires ils tombent sur ce milieu même. L'os de la pommette est petit, l'arcade zygomatique peu saillante, la mâchoire inférieure peu développée.

Les Finnois doivent certainement *ôtre séparés des Lapons. Comme les Slaves et les Scandinaves, les Finnois paraissent originaires de pays plus favorisés de la nature, tandis que les Lapons ont habité le nord depuis les temps les plus reculés.

Les Lapons ont été rapprochés à tort, soit des Kalmouks, soit des Groenlandais ; le docteur Retzius présente Quelques détails destinés à caractériser les crânes de ces

deux races *.

— La taille moyenne en Angleterre, dit M. W. B. Brent dans un mémoire lu à une réunion de l'associalion Britannique pour Ta vanc ornent des sciences 2, est de 5 pieds 7 pouces et demi (1 mètre 714 — 5 pieds 3 pouces 4 lignes mesures françaises); les états statistiques du département de lu guerre, qui doivent, selon toute apparence, donner une idée assez juste des classes de la campagne, varient de 5 pieds 6 pouces à S pieds 7 pouces (mesure anglaise'; la chssc des petits propriétaires provinciaux (Ypnmannj),

* IS'ouvelleg annales des voyages, îJe série, vcl. VI, p. 391.

* Sur la stature et les proportions relatives de Vhomme à différentes époques $1 dans différentes contrées.

qui vient immédiatement au-dessus de la précédente, donne de 5 pieds 1 pouce, à 6 pieds 3 pouces (de i mètre 550 à 1 m 705). Les conscrits français, d'après les états officiels, portent en moyenne 1 mètre 645 (5 pieds 9 lignes 221 millièmes); mais M. Brent, d'après des observations personnelles, élèverait beaucoup plus la taille en France. Les observations faites par le professeur Forbes sur les élèves de sa classe à Edimbourg donnent aux Irlandais le premier rang quant à la stature, aux Ecossais le second et le troisième aux Anglais. Les Belges paraissent être d'une taille encore inférieure.

L'auteur rejette l'idée que les hommes de haute stature aient une infériorité intellectuelle, comme l'a cru Bacon, et il démontre le contraire par des exemples historiques. Il a remarqué que la taille moyenne des hommes qui peuplent les hôpitaux, les maisons de travail et les prisons, est au- dessous de la commune.

Dans un autre mémoire sur ies dimensions du corps humain chez les individus de diverses nations *, le docteur G. Schultz, conservateur du musée anatomique de Saint* Pétorsbourg, s'est proposé de vérifier si les peuples qui appartenaient à une race, mais qui se distinguaient, tant par leur physionomie et leur genre de vie que sous le point de vue intellectuel, ne présenteraient pas non plus quelque diversité corporelle remarquable. Voici les résultats sommaires de ses expériences :

La position des vertèbres cervicales démontre que les Nègres ont le cou et la tête plus courts, ce qui explique un assez grand nombre de leurs habitudes. Les Juifs, au contraire, ont ces parties plus longues que les Russes.

1 Builelin de l'Académie Impériale de Saint-PéUrthourg, clas$e physico-malhémalique , ♦. IV, col. ^2o, 1843.

Mais il faut remarquer que ces mesures ne rendent pas apparent le rapport propre entre le cou et la tète, mais seulement la dimension relative des deux parties prises ensemble. Le périnée occupe la position la plus basse chez les Juifs. Leurs extrémités inférieures sont, en conséquence, les plus courtes; les Nègres, au contraire, présentent les plus longues. Le genou est remarquablement bas chez les Russes. Le bassin, à hauteur moyenne égale, présente les différences les plus singulières relativement à ses dimensions propres ; mais on n'a pas tenté de déterminer d'après cela quelle était Pinclinaison du bassin ou la position de la cavité cotyloïde plus ou moins en avant du corps. Ce sont les Esthoniens qui présentent la poitrine la plus large ; et, chose remarquable, ce sont eux aussi qui offrent partout les diamètres les plus considérables. .Tous les individus de cette race sont bâtis sur un modèle parfaitement identique. Les Nègres ont les bras plus longs et les Juifs plus courts. Lorsqu'en général, chez les Européens, l'envergure des bras surpasse de 2 à 3 pouces la hauteur du corps, il s'est trouvé un Nègre, serviteur à la Cour impériale, chez lequel cette envergure a 10 pouces en plus que sa hauteur. Si on compare les éléments dont se compose cette envergure avec celle d'un Juif de même taille, on a en pouces anglais :

Hauleur.

Main.

Avantbras.

Largeur

des épaules.

Enverg.

Mègre.

Juif.

GJ 1/4 67 1/4

Chez d'autres Nègres, les plus jeunes, de i9 à 21 ans.

ont présenté 3 pouces, d'autres de 4 à 6 pouces de plus en envergure qu'en hauteur. Les Juifs ont été les seuls chez lesquels on a trouvé des individus où l'envergure était de 1 pouce plus petite que la hauteur du corps.

Ce sont les Russes qui ont présenté les mains les plus petites, et les Lettons les plus grandes. Les plus grands pieds appartiennent aux Russes et les plus petits aux Tchouvaches.

Les individus soumis à ces expériences ont été 70 Russes, 20 Juifs, 8 Lettons, 6 Tchouvaches, 4 Esthoniens, 5 Nègres, 3 Tcherchess et \0 individus appartenant à diverses nations.

S'il faut en croire sur parole un membre de Y Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 'ii. Henrion, qui présenta à sa compagnie une échelle chronologique de la taille des hommes depuis le commencement du monde jusqu'à la naissance de Jésus-Christ, nous aurions singulièrement dégénéré ; car dans ce tableau, Adam n'a pas moins de 123 pieds 9 pouces de haut, et E^^e pas moins de H8 pieds 9 pouces 3/4. — N'oubliez p£ s la fraction, de grâce! — mais il faut croire que l'homme eut trop d'orgueil d'une si belle taille et que Dieu sentit le besoin de le rabaisser, car il ôta 20 pieds à Noé quoique ce fût le seul juste de son temps, et Abraham se trouva réduit à la taille humiliante de 28 pieds. Enfin, Moïse qui voyait Dieu face à face, Moïse, d'après les calculs de M. Henrion, n'avait plus que 13 misérables pieds. Heureusement, cette décroissance qui menaçait de nous réduire à rien, n'a pas suivi une progression régulière. Hercule, à ce qu'il paraît, avait encore dix pieds, et il nous reste aujourd'hui une preuve as-ez rassurante de cette irrégularité dans le géant qui s'est montré au café Mulhouse. Quant aux esprits incré-^ dules, qui aimeraient mieux se tranquilliser aux dépens

du bavant académicien, et traiter ses calculs de billevesées, nous leur répondrons que, quant à nous, la taille qu'il attribue aux palriarcbes n'a rien qui nous étonne, quand nous songeons à la durée de leur \ie. Dès qu'on admet qu'ils mouraient à l'âge de 930 et de 950 ans, il n'y a rien de choquant à penser que si le corps humain contenait dans l'origine assez de sève pour égaler un chêne en longévité, il en ait eu assez pour l'égaler en hauteur.

De la peau. — 1« Chez les peuples, à peau brune ou noii âUc, la face de la peau exposée au grand air est souvent, peut-être môme habituellement, plus claire que le res.te du corps, abrité par les vêtements.

Cette observation coïncide avec celle de Choris, sur les habitants des îles Sandwich, et d'après laquelle les individus appartenant à la classe noble, seraient d'une g<Juleur plus foncée que le commuu du peuple.

20 Chez les créoles amérîcTïins et hindous, lorsqu'à la suite de plusieurs générations la couleur brune a complètement disparu de tout le re^te ducorps, elle persiste encore dans les parties sexuelles, et c'est à ce caractère que les métis continuent d'être longtemps encore reconnaissables.

30 Chez les créoles, au moins chez ceux de l'Inde, la peau, après être demeurée très-olaire pendant la première partie de la vie, reprend plus tard un aspect très-fonce, tellement que cette circonstance peut rendre l'individu difficile à reconnaître après un laps de plusieurs années.

40 L ) caractère extérieur de la peau chez les Américains, diffère beaucoup de ce qu'il est chez les blancs; même chez l'homme, la peau est dépourvue de toute villosité, elle est plus douce et plus unie que celle même des femmes blanches les plus délicates ^.

De nos jours, un observateur habile, M. Flourens, a

« KouvcHes annales de$ voyages, 5c série, vol. VI, p. 3Gi.

ETHNOLOGIE. rJ

démontré qu'il n'est 'aucun des caractères de l'homme noir, môme celui de sa couleur., qui ne se retrouve, à l'état rudimentalre, il est vrai, chez l'homme de nos contrées septentrionales *.

Le caractère de la couleur n'est pas absolument tranché ni bien satisfaisant. On voit des femmes enceintes sur le sein desquelles la tache brune des mamelles s'agrandit. Chez d'autres, c'est l'abdomen qui devient noir, quelquefois le corps entier . Gomper parle d'une femme de haut rang qui avait naturellement la peau blanche et un trèsbeau teint; mais qui, chaque fois qu'elle devenait enceinte, commençait à avoir la peau généralement brune. Vers la fin de sa grossesse, dit-il, elle devenait une véritable négresse. Après l'accouchement, la couleur noire s'effaçait graduellement. Et réciproquement, on a vu dans différents pays des nègres devenir à peu près aussi peu colorés de peau que des Européens.

Asie. — Un recensement exécuté à Bombay avec le plus grand soin, par ordre supérieur, fait connaître dans quelles proportions les différentes races de l'Asie sont mêlées sur les points les plus importants de l'Inde anglaise,et dans quel rapport de force numérique y sont les gouvernants vis-à-vis des gouvernés. Voici les chiffres que fournit ce document tout récent, qui est de nature à fixer l'attention des ethnographes : Sur une superficie de huit lieues carrées, dont à peine un cinquième est habitable, il se trouve 566, H 9 habitants, dont 554,090 hommes, et210,'229 femmes. Dans ce nombre, on compte 6,956 brahmes, 289,993 Hindous des castes inférieures, i, 902 bouddhistes, I24,^o5mahométans, H4,698 parsis, 1,1?5 juifs, 7,436 chrétiens indigènes, 4,553 créoles anglais, 5,417 créoles portugais, 5,088 Eu-

* FlonrciTS, l^tiffon rt g^s trovaux.

ropéenspur sang, 889 Nègres, enfin, 7,418 asiatiques de castes et de contrées inconnues,

La race européenne n'atteint donc pas I pour 400 de la population, dans le premier port de la mer de la péninsule indienne. Que sera-<ïe dans l'intérieur du pays^ où rien n'attire les étrangers?

Et pourtant, dans cette proportion minime^ dont il faut encore déduire un certain nombre de Français, d'Espagnols et d'Américains, les Anglais dominent le pays, l'exploitent à leur gré, le compriment au moindre mouvement, et ne lui laissent aucune perspective de pouvoir jamais secouer le joug de l'Kurope.

. Ce n'est pas l'avis de M. Barchou de Penhoën, dont les deux ouvrages sur l'Inde anglaise sont analysés par M.Alex, de Jonnès, dans la Presse du 4 janvier 1846 ; cOn remarque, dit-il, un singulier phénomène cité par M. de Penhoën : il n'y a presque pas de sangs mêlés dans l'Inde ; leur nombre s'élève tout au plus à 30,000 Tandis que partout ailleurs une race métisse ou créole a perpétué, en la multipliant, la souche des premiers possesseurs; ici, la nature consacre l'aversion des deux races en frappant de mort les fruits de leur union accidentelle. Cette observation, faite sur les enfants des soldats inscrits aux rôles des régiments, s'est constamment vérifiée ; ils périssent avant d'atteindre la maturité.

c Cette malédiction providentielle, qui s'attache à la postérité anglo-indoue, semble condamner d'avance l'avenir de sa puissance. »

Chinois a Batavia. — a Les Chinois habitent, à Batavia, un quartier entièrement séparé, ou plutôt une ville entière. Les Chinois arrivent en foule dansl'archipel indien; le gouvernement les accueille et les protège; il choisit parmi eux un chef qui a le titre de capitaine chinois. .. Le capitaine

chinois est spécialement chargé de l'administration delà pohce et du recouvrement des impôts. Il condamne à la bastonnade, fait couper le nez et les oreilles à ses administrés, sans que les Hollandais s'en occupent le moins du monde.. • Les Chinois sont essentiellement pacifiques, tant qu'on n'en veut pas à leur bourse; mais ils £ont prêts à se faire assommer pour une roupie*. >

Druseset Maronites. — La population du Liban se compose surtout de Druses et de Maronites. Les Druses sont plus belliqueux ; aussi sont-ils toujours les premiers. Ils tirent leur nom actuel d'un apôtre du calife égyptien Hakim Biemrillah. Hadschi-Chalfa, dans son Tableau du monde ^ les fait descendre d'un peuple montagnard (les Mardes ouMerdaïtes) qui, originaire des contrées situées au nord de la mer Caspienne, fut transplanté par les empereurs byzantins dans les montagnes de Syrie et de Mésopotamie. Dans ce dernier pays, le fort de Mardin (jadis Marde), porte encore leur nom ; et sur le Dschudi, leurs descendants les Guèbres, Schemsin, Nouszairis et Jesidis, adorent le feu, le soleil, la lune et le diable 2.

Les Maronites, ainsi appelés d'un abbé'Maron, solitaire au V® siècle sur le mont Liban, soumis à l'Eglise romaine, sont laborieux, pauvres, doux et fidèles ; leur attachement à la France, qui date du xh© siècle, en est la preuve frappante. La liturgie maronite est en syriaque, mais l'arabe est la langue vulgaire 3,

Afrique. — Les historiographes arabes diffèrent entre eux sur l'origine des Africains. Selon quelques-uns, ils viennent de la Palestine d'où ils furent chassés par les Assy-

1 Voyage de Dumont d'Uitilley 7e vol.

s Y, Eneyclop, du xixe «t'éc/e, l'art. Dnuei^ par M. Ed. Fourmer.

3 Preue du 9 juin 1846.

riens; les autres sont d'opinion qu'ils tirent leur origine des Sabiens, peuple de l'Arabie Heureuse. D'autres encore veulent qu'ils aient été habitants de quelques cantons de l'Asie. Cela s'entend des Berbères et des Numides, c'est-àdire des peuples blancs; nîais, selon Léon l'Africain, géographe arabe duxv^ siècle, né à Grenade, les habitants de Ja Terre-Noire proviennent presque tous d'une souche commune, avec eux *.

— « Les Arabes, dit le docteur Bodichon, sont de haute taille. Ils ont la peau brune, les cheveux noirs, le système pileux peu fourni, la barbe noire et clair-semée; les yeux enfoncés sous l'orbite, et noirs ou d'un brun foncé. Depuis plusieurs années, et en différentes localités de l'Algérie, j'ai examiné la couleur de leurs yeux sur des milliers d'individus, et très-rarement j'en ai rencontré ayant des yeux bleu-d'azur, comme dans la famille celtique. Le noir ou le brun-foncé sont donc les couleurs dominantes. Un trèspetit nombre seulement a les yeux d'un gris indécis 2.

> Les arcades sourcilières sont proéminentes. Le front estdécouvert, convexe, saillant en avant, étroit à sa partie inférieure et s' évasant à sa réunion aux pariétaux. Le crâne, pris dans son ensemble, est fortement développé sur les parties postérieures et supérieures, peu, au contraire, dans la partie inférieure. Les hommes qui ont cette organisation crânienne, sont plus remarquables par l'activité et le développement des instincts, que par les facultés intellectuelles... Cet état moral est particulier à la race arabe.

* Léon TAfricain, ffîs/. etdescrij). de V Afrique, tome I.

s « Le lypeoral, dil M. Alph. Efquiros, répond assez bien aa type français, nous ayons reconnu nuire image dans celle race nerveuse qui se nourril de ses luttes, et qui s'endurcil de ses ci cali'ices. »

* Ils ont le nez aquilin, les narines larges, les ailes mobiles et relevées légèrement vers les os propres du nez. La bouche bien fendue , les lèvres minces, les dents bien rangées, blanches et de belle dimension. Le visage considéré dans son ensemble est légèrement carré en haut ; en bas il se termine en ovale...

1 Le système musculaire est sec et tendineux. Ils ont le

pied gros et large, la main petite et effilée. C*est là une

* conséquence de leurs habitudes : ils marchent beaucoup

et souvent pieds nus, tandis que rarement ils s'occupent

de travaux manuels.

1 Quoique formant une des belles variétés de l'espèce caucasienne, ils n'ont pas cependant cette régularité de proportions qu'on trouve dans les variétés occidentales. En prenant pour type de l'espèce caucasienne, l'Apollon du Belvédère, on voit qu'ils ont les jambes et le col trop longs par rapport à la longueur du torse, et la poitrine trop étroite pour leur taille. — Leur tempérament est bilionerveux, et non pas bilio-sanguin, comme on le dit quelquefois.

* Les femmes sont presque toujours de petite taille, cela tient à ce que, par leur mariage, leur fécondité précoce et les fatigues de la vie domestique, elles sont placées sous l'influence d'un arrêt de développement. Elles sont communément bien proportionnées, ont de beaux yeux noirs, ornés de cils très-longs. Etant jeunes, elles peuvent passer pour belles parmi les femmes des autres variétés. Elles se détériorent bien vite. Une femme arabe de quarante ans est laide à mettre en fuite l'homme le moins scrupuleux. »

Les Arabes vivent de peu ; mais cette sobriété ne doit pas leur être comptée comme vertu; elle est le résultat de leur paresse originelle . c Ils aiment mieux s'imposer des

privations, que de se procurer des jouissances ou satisfaire des besoins par le travail. Donnez-leur des aliments à discrétion et à leur goût, ils en engloutissent des quantités incroyables... •

Ils ont un singulier système préventif contre les maladies qui affligent les populations européennes; c'est d'empêcher qu'elles ne se perpétuent par la génération. > Un enfant est-il né rachitique , phthisique, scrofuleux, malingre, les privations multipliées, le manque de soin, le font succomber avant qu'il ait le temps de produire. > Cette inhumanité, funeste à l'individu, empoche la race de se détériorer.

f En général, les Arabes possèdent une énergie vitale supérieure à celle des Européens. Soumis au même traitement pour la même maladie, ils guérissent plus promptement que ces derniers. Exposés à l'influence des agents miasmatiques, sous les mêmes conditions que les Européens, ils en sont moins souvent victimes. >

Suivant l'observateur que nous citons, autre est l'Arabe en public, autre il est dans la vie intime. Ici, il dépose son masque de gravité, de dignité ; il devient criard, gesticulateur. c Sa démarche est irrégulière et sautillante comme celle de l'animal sauvage..., c'est l'homme pastoral, manifestant une intime ressemblance entre lui et les animaux avec lesquels il vit. Examinez le chien arabe : n'est-il pas, comme son maître, inquiet, hargneux et ennemi des étrangers?... Le cheval arabe ne connaît que deux allures, le pas et le galop, comme son maître, qui n'éprouve que des impressions extrêmes, sans terme mitoyen.

> L'analogie est tout aussi intime entre l'Arabe et le dromadaire. Tous les deux sont originaires des mômes déserts ; ils ont l'un et l'autre les jambes et le cou longs, le pied large, la peau peu garnie de poils. Ils résistent

parfaitement à la fatigue et à des privations prolongées ; à beaucoup d'égards, au physique comme au moral, ils offrent de nombreux rapprocbements. »

f Les Béduyns, dit Joinville, ne demeurent en villes ni en cités, n'en cbastiaus, mez gisent adez aus champs ; et leur mesnies, leur femmes, leur enfents fichent le soir de nuit, ou de jours, quand il fait mal tons, en unes manières de herberges que il font de cercles de tonniaus loiés à perches, aussi comme les chers à ces dames sont, et sur ces cercles getent piaus de moutons, que l'on appelle piaus de Damas, conrées en alun ^. >

— f L'habitant originaire de l'Egypte est ou fellah ou copte. Ces deux classes de la population descendent des anciens Egyptiens... Leur constitution physique et leur tempérament sont les mêmes... la peau varie du blanc jaunâtre au rouge et au brun, selon le sexe et la localité. .. Le tempérament approche de celui qu'on a appelé mélancolique ; il prend naissance dans le lymphatique, et il y retombe facilement...

j La race des Ethiopiens ^ est représentée au Caire par les Barahras et les Abyssiniens. Les Barabras, originaires de la Nubie, se caractérisent par un squelette plus délicat et plus léger que celui du fellah; par un corps plus grôle, de belles formes et une stature moyenne. La couleur de leur peau est plus ou moins bronzée. Elle est plus claire, si la mère est une abyssinienne, et plus foncée, si c'est une négresse... Le tempérament, quoique doux en général, incline vers le colérique et le nerveux dans les moments d'agitation..

1 Joinville, édit. de la bibiioth., p. 54.

s Nous appelons ainsi les branches de la race caucasienne k peau plus ou moins foncée, qui se trouvent mêlées à differonls degrés au sang nègre.

) Les caractères physiques des A.byssiniens, diffèrent peu en général de ceux des Barabras. — Les Gallas^ peuple en partie nomade et très-guerrier, représentent le héros de rAfrique dans sa pureté... Les Abyssiniens et les Gallas ne vivent au Caire, à l'exception de quelques pèlerins, que dans l'état de l'esclavage...

> La race nègre mérite une attention particulière sous tous les rapports. Elle a de nombreux représentants au Caire parmi les esclaves, qui arrivent de toutes les provinces traversées par les bras du Nil formant le Delta supérieur. Il y a autant de variétés parmi cette race qu'il y en a dans toutes les autres. Une différence extrême existe tntre le nègre Nuba et celui de Koldagi, de Chaboune, de Tékélé, entre le Berta et le noble Bher d'un côte, et le Dinka et le misérable Kék de l'autre. Les nuances remarquables entre les différentes branches de la race caucasienne en Europe ont leurs analogues parmi les nègres. Cependant il se présente un fait qui trouble cette analogie : c'est la conformité des tempéraments. S'il n'est pas rare de trouver en Europe des hommes de tous les tempéraments dans chaque nation, dans chaque ville, et quelquefois môme dans une seule famille ; il n'en est pas de même parmi les peuplades nègres. Là, on ne voit i)lus que des nuances du tempérament colérique et du lymphatique *. »

« Les hommes, dit le môme auteur, se marient généralement entre 15 et 20 ans, et les femmes entre 11 et 15. Nous avons connu des femmes qui étaient mères à 4 3 ans; et il n'est pas rare de trouver des grands-mères qui n'ont que 28 ans, surtout parmi les juifs. Les femmes enceintes

« Topographie médicale du Caire, par le docteur F. Pruner, Munich, i^AT, p. 32-57.

se font souvent avorter sans le moindre scrupule, et celles qui sont stériles se drogijent de toutes les manières, localement surtout, pour devenir mères... L'accouchement se fait sur la chaise percée ; cet usage est tellement répandu et enraciné dans les esprits, qu'il est difficile d'y porter atteinte et impossible de l'abolir, malgré les inconvénients qu'il offre dans la plupart des cas *. »

— D'après le Moniteur Algérien, la population européenne, au 31 décembre 1849, élait, en Algérie, de 112,606 individus, savoir: 58,COo Français, 13c Anglais, 8:2 Irlandais, 6,943 Anglo-Maltais, 687 Anglo-Espagnols, 38,526 Espagnols, 224 Portugais, 6, 986 Italiens, 2,315 Allemands, SOOPolonats, 20 Russes, 74 Grecs, 1,110 Suisses, 1,296 Prussiens, 357 Belges et Hollandais ; divers, 349.

Elle est répartie de la manière suivante :

Province d'Alger 57,810

— d'Orah , . 35,243

— de Gonstantine. , 19,551

— € M. Trémeaux, dans un voyage au Sennaar et au Bertlia, dit M. le docteur A. Crétin % a constaté, sur deux points très-rapprochés, des différences considérables "^entre les deux races d'hommes qui les occupent. Ainsi, en quittantes rives du fleuve Blanc, habitées par une raCe d'origine caucasique, on atteint, en quelques jours, des montagnes habitées par une race nègre.

> Des différences entre les animaux, examinés sur ces deux points, ne sont pas moins remarquables. Là, où l'homme, lu lieu d'avoir une chevelure soyeuse, prend une chevemre laineuse, le mouton perd sa laine et se couvre de poils.

1 Topographie mJdic. du Caire, pag. Hi-^o,

« Voix du peuple du 6 mai 1850. Revue êcienti/ique.

1 Ce phénomène ne tient pas, comme le pense M. Trémeaux, à la différence des végétaux qui servent à Talimentation des animaux ; il n'est que la confirmation d'une loi générale déjà plusieurs fois signalée et rappelée par M. Geoffroy Saint-Hilaire, à savoir que le degré de domestication des animaux est proportionnel au degré de civilisation des peuples qui les possèdent. »

— Montesquieu a dit que le gouvernement représentatif avait été trouvé dans les bois de la Germanie. L'auteur d'un voyage intéressant, nommé Moffat, l'a rencontré en pratique^ sinon en théorie, chez les peuples du Sud de l'Afrique, que nous regardons comme des sauvages.

c Le gouvernement de Beshucma^ dit le voyageur, est à la fois monarchique et démocratique. Le pouvoir du roi et des chefs principaux est limité par celui des chefs d'un rang inférieur. Seulement, ils ne savent ce que c'est que la responsabilité ministérielle. Il arrive fréquemment qu'un orateur éloquent se lève dans les assemblées publiques et interpelle directement le monarque constitutionnel. Je fus présent à une séance dans laquelle un orateur populaire reprocha au roi d'avoir nommé des femmes pour sénateurs, et la reine pour premier ministre, i

S*il faut en croire notre voyageur, le roi, en personne, ouvre les sessions parlementaires, comme dans les pays constitutionnels, par un petit discours. « Il n'abandonne point aux ministres, ajoute Moffat, le soin de défendre son administration ; il prend la parole et répond aux discours de ses adversaires. Du reste, l'habitude de ces discussions est tellement enracinée dans ce pays, que personne ne se fâche de tout ce qui se dit en pareille occasion. Les membres de la majorité et de l'opposition se quittent toujours bons amis . » •

Les indigènes de la côte occidentale de l'Afrique se di-

visent en deux grandes nations, les Fiahmen et les Bushrmen. Les Fishmen ( hommes du poisson ) sont les habitants des côtes ; les Bushmen ( hommes des bois ) comprennent toutes les tribus établies dans l'intérieur des terres. Les Fishmen se subdivisent en Fishmen proprements dits, et en Kroomen. Ces deux peuples vivent du produit de leur pèche, ou servent d'intermédiaires entre les marchands étrangers et les Bushmen, Les Kroomen sont plus honnêtes, c'est-à-dire moins perfides que les Fishmen. Ils fournissent des barques, des matelots ou des rameurs aux bâtiments de toutes les nations qui naviguent le long de la côte ^|

— Voici les principales castes de noirs dont on fait, nous voudrions pouvoir dire, dont on faisait la traite à la côte d'Afrique :

Les Macquois, Les traitants les préfèrent à tous les autres : ils sont plus gais et supportent mieux les fatigues de la traversée ; mais ils sont plus entreprenants et plus disposés à la révolte. On les reconnaît à une marque ovale qu'ils se font sur les tempes, et dans laquelle il y a plusieurs bosses en formes de rayons, dont l'extrémité de l'œil est le centre. Ils ont aussi entre les yeux un ovale plus petite et des lignes en festons sur le dos. Les Macquois méprisent les esclaves des autres castes, et ne veulent pas même manger avec eux. On est obligé, à bord, de les mettre à part.

Les Monjavas. C'est l'espèce de noirs la plus commune à Mozambique. Leur humeur est douce et sensible. lis sont mieux faits que les Macquois, mais moins robustes. Ils sont passionnés pour la musique. On les reconnaît aux étoiles qu'ils se font sur le corps et sur les joues, et à

< Journal of an Àfrican eruiser.

288 CURIOSITÉS PHILjOLOGIQUES, ETC.

deux ou trois barres horizontales au-dessous des tempes.

Les Maravis, Ils ont les mômes mœurs que les Monjavas, mais sont plus petits et moins bien faits. Ils aiment beaucoup la chair du chien, du chat, du rat, etc. Ils ont de grandes bandes transversales sur le dos et sur la poitrine.

Les Jamhanes, Ils sont très-hardis et très-dangereux. En général, ils sont bien faits. Leur caste se distingue à une rangée do points du haut du front au bout du nez.

Les Sofalas, C'est le nom de leur pays. Ils ont de grands rapports avec les Jambanes, et méprisent les Monjavas et les Maravis. Leurs femmes sont les plus belles de toute la côte. On les distingue aux^lignes courbes qui leur descendent du front sur les tempes, et aux points qu'ils ont sur les joues et sur le corps.

Les Macondés. Us sont très- intelligents; leurs mœurs sont celles des Lafalas; ils sont assez bien de figure. Ils se font sur la joue une ligne de petits points qui part du coin de l'œil et va, en s'arrondissant, aboutir à la tempe.

Races INDIENNES DU Brésil. — La plus ancienne race connue du Brésil est celle des Tapeinjas. Elle occupait tout l'espace qui s'étend, sur la côte, depuis la rivière des Amazones jusqu'à la Plata, et, dans les terres, depuis le Rio-de-San-Francisco jusqu'au Cabo-Frio. Lorsque le Brésil fut découvert, ils avaient été expulsés par une autre race, celle des Tupis, dont les diverses tribus, indépendantes les unes des autres, avaient chacune leur nom.

Les principales de ces tribus, celles qui étaient maîtresses de l'intérieur du Brésil, étaient établies :

Les Carios^ à Sainte-Catherine, au sud de Saint- VinccDl ;

Les Tamayos, au sud de Rio -Janeiro, depuis les environs jusqu'à Saint-Vincent ;

Les Tvpinamhas, près des Tamayos, dont ils étaient les alliés ;

Les Tvpiniqxms^ sur la côte de Porto-Sigouro et des Ilheos ;

Les Tiipiniques, voisins des précédents, et ne leur ressemblant pas seulement de nom ;

Les Cahetès, race féroce, sur presque toute la côte de Pernambouc ;

Les Tabayarès, môme race, mais moins féroces, sur une partie de la même côte ;

Enfin les Pifagfoares, les plus cruels Tupiques, au nord, entre le Rio-Grjnde et le fleuve du Paraïba.

Quoiqu'un grand nombre de mois semblables attestent une origine commune, les indigènes du Brésil ne diffèrent pas moins entre eux par le langage que par les mœurs, et il n'est pas rare de voir des peuplades parler une tout autre langue que celle de leurs voisines immédiates. La guerre qui les a forcées à des déplacements continuels explique du reste parfaitement ces anomalies.

Les différentes tribus de Tapouyas entre autres offrent plus d'un exemple de cette bizarrerie apparente.

c Toutes ces différences, dit M. Debret, dans son Voyage pittoresque du Brésil^, proviennent originairement de l'imperfection ou de la paresse organique de quelques individus qui ont altéré la prononciation, et, par suite, la composition extérieure des mots, au point d'en faire disparaître l'étymologie. Il y a de certaines tribus qui prononcent les finales d'une façon toute française; d'autres, au contraire, les rendent entièrement à la manière allemande.

> Une peuplade parle du nez (les Machacalis) ; une au-

i Vol., 183i.

tre du gosier (les Camacas Mongoyos) ; une troisième du nez et du gosier tout à la fois (les Patachos) ; enfin une cinquième parle de la gorge et du palais (les Camacans civilisés Meniengs, ainsi appelés par les Portugais).

• Il est très-difficile de transcrire la prononciation de ces sauvages civilisés, parce que la honte les empêche de répéter d*une manière assez énergique le mot qu*on leur demande; pour essayer d'y appliquer une orthographe inlelligihle., ..

1 Le sauvage communique ses pensées par un tissu de rapprochements et d'analogies, pour ainsi dire, dont les combinaisons, véritablement poétiques^ décèlent un esprit observateur, et des sensations très-délicates , dont le charme lui fait aimer ses habitudes sauvages et craindre la civilisation qui les émousse. Tirez-le> en effet, de ses forêts qui furent son berceau, cherchez à le façonner à la société européenne, il se plie à cette gêne, il s'y résigne, mais pour un temps seulement... »

À l'appui de cette observation que l'on ne songe guère à contester, que nous sachions, le voyagtur cite l'exemple assez frappant d'un jeune Indien qui, élevé avec soin par un riche habitant de Bahia, finit par demander à entrer dans les ordres ; et qui, le jour même de sa première messe, s'étant dirigé vers les forêts que son cœur regrettait en silence, s'y enfonça pour ne plus jamais revenir.

De toutes les races sauvages encore existantes au Brésil, la plus curieuse est celle des Botocudes, Ce sont des anthropophages hideux, dégénérés, dont la population disparaîtra avant que la civilisation l'ait gagnée. On en a vu deux à Paris, il y a dix ans, et M. Serres, mis ainsi à môme d'étudier cette race américaine si mystérieuse, remarqua que l'abrutissement dans lequel elle est tombée a surtout sa

cause dans l'état de dégradation que l'homme y imposa toujours à la femme.

Meiique. — Nulle part au monde, la population n'est plus mal répartie que dans le Mexique. Un tableau dressé par M. de Humboldt montre qu'elle varie de 568 à 6 par lieue carrée. Depuis Mexico jusqu'à Puebla^ d'un côté, et jusqu'à Guanaxuato de Tautre, dit-il dans son Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne, les villages se suivent de très-près^ comme dans la Lombardie, tandis que dans les provinces du Nouveau-Mexique et de la Californie on peut errer longtemps sur un sol fertile, sous un climat salubre, sans apercevoir la trace d'un homme.

. Les mœurs et les institutions des Aztèques ou anciens Mexicains semblent confirmer l'opinion de ce savant qui les croit descendants de quelque nation de TAsie septentrionale. Leurs yeux obliques, leur barbe rare rappellent la race mongole ; mais les Américains sont mieux faits, plus grands, et leur teint est d'un rouge cuivré et non pas jaune.

Les diverses tribus américaines, du reste, offrent entre elles, dans les traist, dans la couleur de la peau, dans !a forme de la tète, des différences qui éloignent l'idée d'une origine commune.

La diversité des langues la repousse également. On en compte plus de vingt, dont quatorze ont des grammaires et des vocabulaires assez complets.

Les tableaux hiéroglyphiques des Aztèques nous ont conservé les dates de la grande migration des peuplades américaines. Les TouUèques s'y montrèrent en 618 ; lesChichimèques en 1170 ; les Nahualtèques en 1173 ; les Acolhues et les Aztèques en 1196. Ces débordements humains y laissèrent des traces de civilisation. C'est aux TouUèques

q ue le Mexique doit la culture du maïs et du coton, la construction d'un grand nombre de villes et chemins, et de ces belles pyramides dont les faces sont très-exactement orientées. Ils faisaient usage de peintures hiéroglyphiques, savaient fondre les métaux, tailler les pierres les plus dures; leur année solaire était plus parfaite que celle des Grecs et des Romains. La forme de leur gouvernement indiquait qu'ils descendaient d'un peuple qui lui-même avait éprouvé de grandes vicissitudes dans son état social. Mais quelle est la source de cette civilisation ? Quel est le pays d'où sortirent les Toultèques et les Mexicains ?

Le.^seul point constant est que les migrations des peuplades américaines se sont faites du nord au sud, depuis le sixième jusqu'au douzième siècle * .

— A l'embouchure de l'Orénoque, au milieu du delta formé par les deux bras du fleuve, il existe une nation de mœurs singulières, celle des Guaranis. Pendant la saison des pluies, lorsque le pays est inondé, ils vivent sur le palmier à éventail (mauritice), qui leur fournit nourriture et logement. Ils suspendent d'un tronc à l'autre, des nattes faites avec la nervure de ses feuilles; ils i tirent de la moelle une espèce de sagou, et de la sève fermentée Hîîït' bois^jî. Ainsi, dit M. de Humboldt, nous trouvons au degré le plus bas de la civilisation humaine, l'existence d'une peuplade enchaînée à une seule espèce d'arbre, sem- -blable à celle de ces insectes qui ne subsistent que par certaine partie d'une fleur. ^

Sur les bords du môme fleuve, une peuplade sauvage, celle des Ottomaques, se nourrit de terre. Celle qu'ils

1 Annales des' i^oyages^ publiées par Malle -Bruo.

préfèrent est une sorte d'argile onctueuse, colorée par un peu d'oxyde de fer. Ils la mettent en boulette, la font cuire à petit feu, et la gardent dans leur hutte, entassée en pyramides. Pour la manger, ils l'humectent un peu.

Ces Ottomaques^ comme les autres Gvaranis, sont, sauf le cannibalisme, une race à peu près identique à celle des Botocudes dont nous parlions plus haut. Cette identité de race, du reste, se retrouve dans la plupart des populations des deux Amériques : « Toutes ces tribus se ressemblent par leurs mœurs sauvages, qui n'ont pu encore se plier à la civilisation européenne. Les mêmes coutumes les régissent, et une chose bien digne de remarque, c'est qu une d'elles qui habite sur les confins des provinces brésiliennes des Mines porte le même ornement à la lèvre inférieure que les peuples des Pelleteries à la côte nord-ouest de l'Amérique, si bien décrite par Cook et Vancouver *. *

Mais revenons aux mangeurs de terre. M. de Humbôldt raconte daus ses Tableaux de la nature 2 que, de retour de Rio-Negro, il passa la journée du 6 juin 4809 parmi les Ottomaques, et que la terre qu'iljeiu'jvit manger est, nous l'avons dit, une véritable argile glaise. Vauquelin, qui en fit l'analyse chimique, la reconnut pure et sans mélange. Un missionnaire français, qui "vivait depuis onze ans parmi eux, assura que cet étrange aliment n'altérait en rien leur santé.

Il est vrai, comme le remarque M. de Humboldt, que, dans tous les pays entre les tropiques, l'homme éprouve un désir presque irrésistible de dévorer de la terre, non pas alcaline ou calcaire qui pourrait servir à neutraliser des acides, mais des bols gras et d'une odeur forte. On est souvent obligé, après une pluie, de renfermer les enfanls

* Bullel. de la société de géogr., mars iSHC.

2 AnsichUn dcr nàtur, loin» 1, p. I4:i. * :" -

«Oi CURIOSITÉS PHILOLOGIQUES, ETC.

pour les empêcher d'en manger. Les femmes indiennes du village de Banco, sur les bords de la Madeleina, qui s'occupent à tourner des pots de terre, mettent souvent un morceau de terre dans 1« bouche *. Mais à l'exception des Ottomaques, tous les- individus des autres tribus deviennent malades, dès qu'ils cèdent à ce singulier penchant. Dans la mission de San-Boria, M. de Humboldt trouva un enfant indien qui, au dire de sa mère, ne voulait pas prendre d'autre nourriture. Mais aussi il était desséché comme un squelette.

Pourquoi dans les climats tempérés et froids, ce goût irrégulier est-il si rare et circonscrit dans la classe des enfants et dans celle des femmes grosses?

Les nègres de Guinée mangent habituellement une terre jaunâtre qu'ils appellent cahouac. Ceux d'entre eux qui sont menés, comme esclaves, aux Indes Occidentales, cherchent à s'y procurer une terre semblable. Ils assurent que l'usage de cette nourriture ne présente en Afrique aucun danger : dans les îles, le cahouac rend les esclaves malades. Aussi il y était défendu de manger de la terre, quoique à la Martinique, en 1751, on vendît secrètement, dans les marchés, une espèce de tuf rouge jaunâtre.

« Les nègres, dit un auteur', en sont si friands, qu'il n'y a aucun châtiment qui puisse les empêcher d*en dévorer. »

Dans l'île de Java, entre Sourabaya et Gamarang, M. La* billardière vit vendre, dans les villages, de petits gâteaux carrés et rougeâtres. Les indigènes les nommaient tanaampo. En les examinant il trotiva que c'étaient des gâ-

* Le même fait a clé observe pat GilySaggis di Storià am^ri^ tana^ l. H, p. su. Les loups, peddaiit l'hivérj mangent de la terre, surioul de l'argib glaise. *

s Thibault de Chauvalon, p. 83.

ETHNOLOGIE. .>9i

teîvux d'argile qu'on mangeait < . Les h.ibitanls de la Nouvelle-Calédonie apaisent leur faim en dévorant des morceaux, gros comme le poing, d'une espèce de talc friable, dans lequel Vauquelin a trouvé du cuivre en assez grande proportion 2. A Popayan et dans plusieurs parties du Pérou, la terre calcaire se vend, dans les marchés, comme une denrée à l'usage des Indiens qui la mangent avec le coco ou les feuilles de VErytkroxylon peruvianum. Ainsi l'usage de se nourrir de terre, usage auquel la nature semblait n'inviter que les habitants du Nord stérile, règne dans toute la zone torride, chez les races paresseuses qui occupent les plus belles et les plus fertiles contrées de l'univers.

OcÉANiE. — Les différents dialectes de lai Polynésie abondent en voyelles, plus que toute autre langue. Ce qui les distingue encore, c'est que les mots se terminent invariablement par une voyelle. Plusieurs de nos consonnes n'existent pas dans le dialecte des îles de Georges et de la Société. Ce dialecte n'a pas de sifflantes, et l'on n'y trouve ni Vs ni le e, ni autres lettres correspondantes.

Les indigènes appuient foitementsur la prononciation des voyelles. Chez eux, les lettres a, e, t, o, ont le même son que chez nous. V se piononce comme ou. La diphthongue ai se partage et se prononce aî 3.

Les îles de l'océan Pacifique sont peuplées de deux races a'hommes bien distinctes, et qui, à certains égards, diffèrent entièrement l'une de l'autre. La plus ancienne se compose de ce qu'on appelle nègres océaniques : ses caractères sont la couleur noiro d€ iî* peau, la petitesse de la stature et la nature laineuse de la chevelure. L'autre se

* Voyage à la recherche de la Pérouse, l. II, p. 522.

« Ibid. p. 205.

5 Revue britannique, juin 1844. Ellis*t polymtian researches.

rapproche beaucoup de la race malaise et des Indiens de r Amérique.

Les Taïtiens ont, pour la plupart, une taille au-dessus de la moyenne ; mais leurs membres sont moins musculeux que ceux des îles Sandwich. Ces insulaires soni aussi moins \igoureux que ceux des îles Marquises, les plus lestes et les plus agiles de toute la Polynésie orientale. Ils sont encore inférieurs, sous ce rapport, à ceux de la Nouvelle-Zélande, avec lesquels ils ont du reste quelques points de ressemblance.

La différence de taille entre les deux sexes n'est pas aussi marquée à Taïti qu'en Europe. Une particularité notable dans la physiologie des Taïtiens, c'est que les chefs, sans presque aucune exception, se distinguent du commun du peuple par un extérieur avantageux et rempli de dignité : cependant ils ne doivent pas le rang qu'ils occupent à leurs avantages personnels, mais bien à leur naissance.

Les enfants, lorsqu'ils viennent au monde, sont presque aussi blancs que chez nous. Ce qui brunit leur peau c'est qu'ils sont constamment exposés à un soleil dévorant.

Sous le rapport de la capacité intellectuelle, les Taïtiens sont encore plus remarquables que sous celui des avantages physiques. Ainsi bien qu'ils ne connaissent rien de l'usage de la boussole et du compas, ils ont des noms pour les quatre points cardinaux : ils appellent le nord apatoa ; le sud, apatoeraû ; l'esté tihitior-o-te-ra ou lever du soleil; et l'ouest, tooa-o-te-ra ou coucher du soleil.

Ils supputent le temps par les uis ou générations, et plus {L'énéralement encore par années. Chez eux, l'année, ou malahité, se compose de douze à treize mois lunaires ; le /aï ou malarié comprend l'espace d'une demi-année. Le mois est de trente jours. Chaque mois a son nom part!-

culier. Les insulaires sont tous d'accord pour la durée de Tannée; mais ils ne s'entendent pas pour l'époque où elle commence et pour les noms dos mois.

Ils ont un nom pour chaque jour, et même pour chaque nuit du mois; cependant ils calculent par nuits et non point par jours.

Une chose extrêmement surprenante de la part d'un peuple non civilisé, c'est le système de numération des Taïtiens. Ce système est décimal, comme on le verra par le tableau suivant :

Alahi

Un

Aono

Six

Arua

Deux

AUta

Sept

Atoru

Trois

Avaru

Huit

Amaba

Quatre

AïTa

Neuf

Arima

Cinq

Aliuru

Dix

Pour exprimer onze, ils disent ahuru atahi, dix et un, et ainsi de suite jusqu'à vingt, qu'ils rendent par arua ahuru y c'est-à-dire deux dizaines; vingt et un se rend par deux dizaines et un , trente par trois dizaines, et ils continuent de la sorte jusqu'à cent ou raii; puis ils reprennent, d'après la même méthode, jnsqu'à mille ou mano; dix mille s'exprime par manotini^ cent mille par re/nc,et un million par iii.

Ce chiffre est le point culminant de leur système : ils ne comptent point au delà.

L'origine des insulaires de Taïti et des autres archipels de l'océan Pacifique est un mystère; diverses circonstances portent à supposer que c'est le continent américain qui les a peuplés.

Un fait, qui est aussi fort curieux, c'est que la pratique de l'embaumement, par laquelle les Egyptiens et d'autres peuples de l'antiquité s'étaient rendus si célèbres, se soit

retrouvée chez les insulaires de l'océan Pacifique, L'on se demande d'où et par qui ils peuvent l'avoir reçue *.

Une autre coïncidence remarquable entre les Polynésiens et les Egyptiens^ qui peut ét;ibUr aussi une similitude d'usage entre eux et les Indo-Chinois, c'est cette habitude qu'ils ont, selou M. Lafond, d'employer, dans les circonstances solennelles, un langage de cérémonie et de déf^ence distinct du langage ordinaire. N'est-ce pas là le langage hiéroglyphique des Egyptiens employé pour les mystères de la religion et les spéculations de la science, tandis que le démotique servait aux usages journaliers 2.

— Suivant le célèbre navigateur Krusenstern, qui visita l'archipel de Noukahiva en 1797, c aussitôt qu'un enfant vient au monde, une des plus proches parentes, parmi lesquelles il s'élève ordinairement des disputes à ce sujet, l'emporte chez elle et le nourrit de fruits et de poissons. Ainsi, ces insulaires ne sont point allaités, et cependant les hommes sont d'une stature colossale. »

Pendant son séjour, Krusenstern constata plusieurs coutumes qui avaient échappé à ses devanciers. Tel est ce nouveau sigisbéisme renouvelé, mis en pratique par les chefs, et qui consiste à laisser près de leurs épouses un lieutenant que l'on nomme allumeur du feu du roi,,.

Les jeunes filles sont rarement mariées avant dix-huit ou vingt ans. Jusque-là elles sont maîtresses, et souvent folles de leurs corps.. Lop femmes conservent toute leur beauté jusqu'à un âge avancé. Elle ne sont assujetties à aucun travail pénible.. «

Les hommes vont généralement nus, sans excepter les chefs; car on ne peut appeler vêtement un morceau étroit

t £Uit*t Pplynesian reiearchei.

t Thê Monlhty review, oet. 1835.

d'étoffe grossière, d'étoffe de mûrier dont les hanches sont entourées. . . Les femmes paraissent porter plus d'habillé* ments que les hommes, mais elles ne sont guères plus vétues... Comme des animaux amphibies, elles passent dans l'eau une partie de leurs journées, et y paraissent aussi à leur aise que si elles étaient couchées sur un lit de gazon ou jouaient sur un lit de plumes...

Les Noukahiviens sont fort propres; aussi les navigateurs n'ont-ils observé dans ces îles aucune de ces maladies cutanées, si communes sous les climats tropicaux...

Les Noukahiviens sont fort industrieux, et comme ils ont peu de besoins, ils connaissent à fond tous les moyens de les satisfaire. Leurs occupations ordinaires sont l'agriculture, la pèche, la construction des canots et des habitations, et la confection des étoffes à vêtements ^

Un marin, embarqué à bord de la frégate la Reine- Blanche, a donné sur cette Ile des détails dont nous extrayons ce qui suit :

« La race des naturels est belle ; leur teint est plutôt brun que rouge cuivré . Les hommes sont généralement grands et bien proportionnés. Quant aux femmes, petites en général, elles sont très-bien faites ; leur teint, beaucoup moins foncé que celui des hommes, n'est pas beaucoup plus sombre que celui des Italiennes. Les jeunes fennmes sont presque toutes gracieuses et passablement jolies. Le type de leurs figures n'est pas remarquable par une beauté régulière, mais par un certain charme qui tient à l'originalité. Un petit nez retroussé, des yeux noirs et brillants, des dents éclatantes de blancheur et bien rangées, des cheveux longs et soyeux dont elles prennent le plus grand soin, composent un ensemble fort agréable...

1 Ànn, encyclopédique pour IBM,

Il y a entre les Taïtiennes et les femmes des îles Marquises une différence énorme pour la grâce, le charme et l'agrément; la comparai on, faite par un Européen, ne saurait être favorable à ces dernières. Au reste, beaucoup de sang blanc commence à se mêler au sang taïlien, et si ces croisements continuent, la race primitive disparaîtra vite.

Europe. -^ On trouve en Espagne cinq peuples différents, dont quatre sont concentrés et isolés dans quatre cantons particuliers, tandis que le cinquième est répandu dans les diverses parties de la monarchie espagnole. Les quatre premiers sont les habitants de Las Batuccas, les Vaqueras^ les Maragatos, et les Patones ; les derniers sont les Gitanos, dont nous parlerons ailleurs, à Tarticle Bohémiens.

Las Batuccas sont le nom d'une petite contrée enfoncée et comme isolée au milieu des hautes montagnes de l'évêché de Coria, dans le royaume de Léon, à quatorze lieues de Salamanque. Une opinion générale avait fait passer les peuples de cette contrée pour avoir vécu pendant une longue suite de siècles, inconnus à leurs voisins, ne les connaissant pas eux-mêmes, sans aucune communication avec aucun autre peuple ; mais le célèbre bénédictin Fiejoo a prouvé que le canton de la^ Batuccas et ses habitants ont toujours été connus, même dès le temps où l'Espagne était soumise à la domination des Romains.

o Les Vaqneros et les Maragatos sont deux peuples qui, quoiqu'éloignés l'un de l'autre, se ressemblent en beaucoup de points.

t Les Vaqneros sont dans la province des Asturies ; ils habitent en hiver les côtes de la mer, et, en été, les montagnes de Lustariegos. — Les Maragatos occupent dee montagnes qui sont la continuation de celles-ci jusque près de Pravia, près d'Astorga, dans la Vieille-Castillc.

* Les uns et les autres \ivent isolés; ils forment comme deux castes ou tribus particulières; ils ne se marient qu'entre eux, chacun dans sa caste ; ils regardent avec une espèce de mépris tout ce qui n'en est point, et comme vils et méprisables tous ceux qui se marient avec des individus étrangers à leur tribu. Les hommes en sont forts et les femmes également robustes et très-courageuses.

» Les Vaqueras mènent une vie pastorale ; ils ne s'occupent que de la garde des troupeaux ; ils ne vivent que de leur produit; ils errent continuellement et se transportent, comme les nomades, de lieu en lieu pour y chercher de nouveaux pâturages.

> Les Maragatos qui habitent les montagnes d'Astorga, au nord de la Vieille-Castille, sont presque tov»arrieros, c'est-à-dire voituriers ou conducteurs de bestiaux destinés à transporter les fardeaux d'an lieu dans un autre. Ils ont un caractère qui leur est propre ; ils sont maigres, secs, francs, sérieux, taciturnes; ils rient rarement; on observe même qu'ils ne chantent jamais dans les chemins, lorsqu'ils conduisent les bestiaux.

j Ces deux castes, ainsi isolées, ainsi concentrées en elles-mêmes, leur genre de vie, l'uniformité de leurs occupations, existent dès la plus grande antiquité. On a beaucoup discuté sur l'origine de ces peuples; on n'en est pas plus instruit . »

Le costume des Maragatos est le même que celui dont on voit l'empreinte surlesmédaillesceltibériennes^, et qu'on croit être de la fin de la domination des Carthaginois en Espagne, et du commencement de celle des Romains.

t Une de ces Biédailles, cnlre autres, a pour effigie un homme à cheval dont le coslume est lool à fail semblable à celui des

Bîaragafos,

Le costume des femmes, qui tend chaque jour à se perdre, ressemblait un peu à celui des moresques. >

« Les Patones n'offrent pas un caractère moins singulier. Habitants des vallées voisines de Torrelaguna, dans la Yieille-Castille, lors de l'invasion des Maures, la terreur qu'inspiraient ces conquérants africains leur fit chercher un refuge au milieu de quelques rochers^ dans un petit terrain âpre et montueux, à trois lieues de Molar et à une lieue de Torrelaguna. C'est là qu'ils fondèrent un petit royaume, oublié de la guerre pendant une longue suite de siècles. Ils choisirent un chef parmi eux, lui donnèrent le titre de roi, et rendirent cettQ dignité héréditaire daos sa famille . La chasse et la pèche pourvurent à leurs premiers besoins ; ils cultivèrent ensuite le seigle et eurent quelques chèvres.

» Leur roi les gouverna jusqu'au xviii^ siècle, en ne suivant d'autres lois que celles de la raison naturelle. Ils reconnurent cependant la souveraineté des rois de Castille après l'expulsion des Maures. Les rois d'Espagne respectèrent ou toléi èrent cette forme de gouvernement : lorsqu'ils envoyaient des ordres, ils les adressaient au roi des Patones,^

Le dernier de ces rois, qui vivait encore au milieu du xvme siècle, et que les vieillards de Torrelaguna se souviennent d'avoir vu porter des charges de bois dans ce village pour les vendre, renonça à sa dignité, et les Patones consentirent à se Soumettre à un officier du roi d'Espagne. Ils ont toujours conservé les mêmes coutumes et les mêmes usages, et ne s'occupent encore aujourd'hui que de la culture de leur territoire, de leurs chèvres et de leurs abeilles *.

* Al. de Laborde , Jlin. detcrivt. de l'Eipagne, 1809, i. III, p. S70à37S.

Les Biscayens se regardent comme les descendants des anciens Cantabres; ils conservent encore des restes bien marqués du caractère de leurs ancêtres, mais beaucoup adoucis par la civilisation. Les anciens Cantabres portaient sur leurs tètes des coiffures jaunes ou rouges, tournées en forme de turban, dont l'usage s*est conservé en Biscaye jusqu'au xvie siècle *.

Les historiens des juifs modernes ont confondu en général les Sephardim ou jui!'s d'Espagne et de Portugal, avec les Ashkenazim ou juifs d'Allemagne, d'Angleterre et de Pologne. Il est pourtant certain que le juif de Grenade, au douzième siècle, et celui de Gastille, au quatorzième, différaient essentiellement, tant comme relations sociales que comme caractère intellectuel, de leurs coreligionnaires des contrées barbares ou tout au plus à demi civilisées du centre et du nord de l'Europe. Les Arabes avaient la prétention admise par les juifs de descendre comme eux, mais par Ismaël, d'Abraham, le père des fidèles. D'autre part, la croyamce unitaire des musulmans répugnait beaucoup moins aux juifs que celle des chrétiens, qu'ils regardaient comme des adorateurs d'images. Les mœurs orientales, le langage scientifique des Mahométans, ainsi que plusieurs des principes du Coran , s'accordaient avec les idées des Israélites, tandis que, soit reconnaissance, soit politique, les califes d'Occident gouvernaient avec une grande douceur les Sephardim. L'état physique du sol, du climat et de la population de l'Espagne favorisait d'ailleurs le développement du caractère juif. Les éléments celtiques et phéniciens qui, dans le midi de la Péninsule, modifiaient les institutions des Goths, s'i-dentifiaient sans trop de difficulté avec les usages d'un

< Al. de Laborde, Ilin, deseript. d$ VEtpagne^ t. II.

peuple qu'un destin rigoureux éloignait seul de l'Orient.

L'époque du premier établissement des juifs dans la Péninsule est enveloppée de nuages. L'identité deTershish avec Terhfius et l'alliance contractée par les princes de Tyr avec les rois juifs, David et Salomon, permettent de croire avec assez d© vraisemblance que les Israélites visitèrent les côtes de l'Atlantique, dès le neuvième siècle avant notre ère*.

Thibaut, comte de Champagne, ayant été proclamé, en MS4, roi de Navarre, et remarquant que plusieurs cantons demeuraient stériles, faute de bras pour les cultiver, y transplanta des habitants des parties les plus peuplées de la Champagne et de la Brie. Ceux-ci trouvant un sol vierge sous le ciel fécond de l'Espagne, le rendirent en peu d'années aussi fertile que le reste de ces belles contrées 2.

— Les Vaudois et les Albigeois , qui condamnaient les désordres auxquels l'Eglise était en proie, pénétrèrent par les Alpes en Italie, et, dès l'année 1180, ils avaient fondé dans la Lombardie et dans la Pouille des établissements fréquentés par leurs frères des autres pays 3.

En 4370, les Vaudois, qui, chassés de Lyon et du Dauphiné, étaient venus habiter la vallée du Pragela, se trouvant trop resserrés dans leur nouveau territoire, envoyèrent quelques-uns de leurs compatriotes en Italie pour y chercher un terrain plus commode. Ceux-ci, ayant découvert dans la Calabre des terrains incultes et très-peu peuplés, firent marché avec les propriétaires du sol ; et, en conséquence, un certain nombi e de VauiJois

• Les Séphardim, par James Tinn.

» De Monlrol, Résumé de l'Hisl. de la Champagne.

s Léger, Ilist. des églises évang. pari. Il, p. 2(V2.

vinrent s'y établir. En peu de temps le pays prit une face nouvelle; des villages s'élevèrent sur différents points, de nombreux troupeaux errèrent sur les montagnes; les vallées se couvrirent de blés et de vignes*.

La colonie se trouva considérablement augmentée par Tarrivée des Vaadois qui fuyaient la persécution suscitée contre eux en Piémont et en France; et quand la réforme pénétra en -Italie, cette colonie était encore florissante 2.

Au seizième siècle, la colonie vaudoise, dans la Calabre ultérieure, comptait quatre mille citoyens : elle possédait deux villes, Santo-Xisto et la Guardia^.

En 1 689, le duc de Savoie permit aux Vaudois de rentrer en Piémont; ils s'y trouvent encore aujourd'hui, dans quelques cantons, au nombre d'environ vingt mille. — « Les Gitanos ou Bohémiens forment une classe distincte qui se mêle quelquefois avec les autres habitants, mais qui vit ordinairement isolée, qui a ses mœurs, ses coutumes, son langage propre, ses habitations séparées. Ils ont été connus en France, en Allemagne, en Italie : ils ont presque disparu de ces contrées, mais ils se sont perpétués en Espagne*. Ils furent appelés Zigeuner, en allemand; les Français les appelèrent successivement Hongrois, Egyptiens, Bohémiens, Ils sont connus en Angleterre sous le nom de Gypsies.,,,

» Dans l'ouvrage que l'allemand Greelmann fit paraître, en 1780, on lit que ce peuple est le produit d'une émigration d'Indiens que les conquêtes de Tamerlan poussè-

1 C.h. Maccrip, La Réforme en Italie, p. 5.

s Perrin, Hist. des Vaudois, I, 199. Léger, part. II, chap. 1. s Zanchi, Epislolœ^ lib. II, p. 360.

4 Us furent longtemps les seuls aubergistes qu'on rencontra ? Il lies routes. V. Hist. des hôtels et cabarets, par Ed. Fournier, . ll,ch. V.

rent jusqu'en Europe. Les preuves qu'où y rapporte présentent une certaine probabilité.

> Cette race est à peu près éteinte en Allemagne, mais elle subsiste encore en Bohème et en Hongrie : on en comptait encore, ea 1780, 294 familles en Bohème^ et environ 50,000 individus en Hongrie. On travaille depuis quelque temps, dans ce dernier pays, à leur faire abandonner leur vie vagabonde; il parait qu'on y r.éussit*. »

— On a donné aux habitants de l'Esclavonie, de la Croatie, de la Bosnie, de la Servie et de la Dalmatie, le nom d'Illyriens, parce que l'ancien Illyricum comprenait tous ces pays. Les anciens Illyriens se sont presque entièrement perdus parmi les Slaves, qui s'attribuent le nom de Serbli ou Serhiens (en langage vulgaire Serviens), On appelle Raitzes {Ratzok) les Illyriens d'aujourd'hui qui appartiennent à Tancienne église grecque, parce que la plupart d'entre eux sont venus de l'ancienne Rascie ou Servie méridionale 2. Par la dénomination de Slavoniens^ on distingue les habitants modernes de l'Esclavonie, des Slaves en Hongrie, qu'on appelle aussi Slovdkes. Il y a en outre dans l'Esclavonie des Hongrois, des Allemands et des Bohémiens 3.

Les Slavons, établis dans le royaume depub le sep« tième siècle^ ont été presque entièrement détruits ensuite par les guerres et le joug de la domination turque.

i Al. de Laborde, Itin. deicript. de l'Espagne^ t. lU.

a L'idiome des Serviens et des Rasciens ressemble beaucoup au russe ; tandis que le dialecte des Croates est presque ideutiquo avec le polonais.

5 Reisen dureh ungam und einige angraenzende Lœnder, c'està-dire : Voyage en Hongrie et dans quelques pays adjacents par Dom. Teleki de Szék, traduit du hongrois en allf>mand, par L. de Nemelh. Pesth.

Les Illyriens, en 46dO, vinrent de l'Albanie et de la Servie, sous le règne de Léoi)old pr.

Les colons allemands y furent appelés par Marie-Tbérèse et Joseph II, ainsi que les colons lorrains qui se trou* vent dans quelques parties de Templre.

Les Hongrois y étaient en beaucoup plus grand nombre avant l'invasion des Turcs ; il n'en reste actuellement que fort peu dans la contrée d'Essek.

Les Bohémiens ou Zigeuner sont appelés dans le pays Neuhauern, nouveaux paysans.

.r^Nous trouvons dans une lettre de Vienne, à la date du 9i févrie:* 4850, une preuve frappante de la difficulté de fondre les races, de concilier les nationalités si diverses qui, au nombre d'une vingtaine, s'agitent au sein de la Hongrie. Il s'est plaidé dernièrement dans le comitat de Trentscbin (Hongrie du nord) un procès dans lequel les quatre parties étaient représentées par quatre avocats plaidant chacun dans une langue différente.

Or, comme trois de ces avocats ne comprenaient que trois de ces langues, et que l'un ignorait l'allemand, le second, le slave, et le troisième, le hongrois, il en est résulté qu'ils n'ont pu saisir un mot de leurs répliques réciproques, et que le juge, fort embarrassé de prononcer un jugement en l'état, a tout bonnement envoyé toutes les pièces du procès au ministère. Comment mettre en harmonie tant de dissonances? Quelle Babel de nationalités ! Quel dédale !

Parmi les coutumes et les usages qu'observent les Rou» mains, il en est plusieurs qui viennent des Romains, et semblent s'être perpétués chez eux pour témoigner de leur origine. Ainsi leurs voitures ont conservé l'élégante forme des chars antiques. Ils se saluent entre eux du mot latin fraier, et le tutoiement n'a jamais cessé d'être en

usage parmi eux ; ils se servent de cette formule égalitaire indistinctement pour tous ceux à qui ils s'adressent, sans en excepter leurs supérieurs, ni même Thospodar. Leur fierté sauvage ne \oit jamais dans un homme, quels que soient ses titres et son rang, qu'un simple mortel comme eux. Le souvenir de l'empereur Trajan est resté profondément gravé dans leur cœur. Ce qui n'est pas moins curieux, c'est que chez eux le mot roi, si odieux au républicanisme des anciens Romains, est demeuré un terme de mépris, une injure ; quand ils veulent insulter quelqu'un, ils le traitent de roi : esci un craiu^ tu es un roi, lui diseotils, ce qui signifie : « Tu es un homme sans foi ni loi, un misérable. » Le premier dimanche de mai, ils célèbrent, à l'imitation des anciens Romains, la fête de Flore. Dès le matin, ils vont dans la prairie et la forêt voisines faire provision de fleurs et de feuillage; ils en tressent des guirlande?, dont ils se ceignent la tête, et reviennent avec ces couronnes champêtres danser gaîment au village. Au retour de l'été, ils plantent devant leurs chaumières une longue perche qu'ils nomment armindertu, et au bout de laquelle ils attachent, en manière de trophée, un faisceau de foin et de rameaux verts. C'est encore une coutume romaine. Il n'y a pas un demi-siècle, on voyait, à leurs funérailles, figurer des pleureuses, comme autrefo's à celles des Romains. Les paysans ne tirent jamais de l'eau d'un puits sans en répandre quelques gouttes sur le sol, en manière de libation. Ils attribuent à certaines gens le pouvoir de jeter le mauvais œil, et, pour en garantir les enfants, leurs agneaux ou leurs pouleth, ils ont soin de leur attacher au cou un petit ruban rouge. Cette sorte de talisman est, à leurs yeux, un préservatif infaillible contre toute maligne influence. Certains noms païens, tels que Daïna, IHane, Daïnitia, Florica^ Flore, sont très-communs

parmi les femmes. Le vendredi, jour de Venera ou de Vénus, elles s'abstiennent de travailler^ comme le faisaient les matrones romaines. Les broderies dont elles ornent les chemises qui leur servent de vêtements forment des lettres qui reproduisent le nom de l'empereur Marc-Aurèle dont elles n'ont assurément jamais entendu parler. Ces caractères ne représentent à leurs yeux qu'un simple dessin qu'elles tiennent de leurs mères et qu'à leur tour elles transmettront à leurs filles.

— Voici un tableau des nations caucasiennes classées en sept grandes divisions, d'après les sept langues principales qu'elles parlent, savoir :

(Géorgiens propremeut dits.

Imérétiens.

^ Guriens.

I Mingréliens. \

\ Guanes,

2. Lei.46aMe«, subdivisés en diverses tribus l î"*' Betchilbai.

dont les principales sont : î'"' ^?^'l\

\ Les Natuchasches.

, ^ , , „. . \ Cireassienf du Kuban.

) Ctrcasstens de la Cabardte

, ,. . , , ^ . ( Les Dugarei.

4. Les Ossètei subdivises en plusieurs In- ^^^ Tclrkeisates .

bus dont les principales sont : ( ^^^^ ^.^^^^^

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