‹ Curiosités philologiques, géographiques et ethnologiquesChapitre 29 sur 31 · Les Lesghes, subdivisés d'après leurs huit dialectes · texte numérisé non relu

Les Lesghes, subdivisés d'après leurs huit dialectes

7. Les restes des Talars, des Mongols, des Huns etaulrcs, disse*

minés sur le Caucase.

« On ne trouve pas en Crimée un peuple, mais un échantillon de peuples : grands Russes, petits Russes, Tatars, Cosaques, Kalmouks, Nogaïs, colonies allemandes, arméniennes, juives, bulgares, militaires , trois ou quatre races différentes, sont venues apporter là leurs mœurs,

leurs habitudes, leurs symboles, leurs langues, leurs haiaes, leurs franchises... La population de la Crimée est une cohue où vivent côte à côte toutes les civilisations de rhistoire, depuis la première jusqu'à la dernière page : civilisations patriarcales, chasseresses, féodales ^. >

— Le gouvernement de Saint-Pétersbourg compte 5,000 colons alloonands, non compris les résidants de cette nation qu* habitent la ville. Le gouvernement de Saratoff, sur le Wolga, en compte 100,000; la petite Russie et la nouvelle Russie, 40^000 ; la Bessarabie, 30,000; les Steppes et les environs de la mer d'Azof, 50,000 ; la Crimée, 5,000 ; le Caucase et la vallée de Kur, 5,000. En tout, 950,000.

La partie centrale de Tempire , l'ancienne Moscovie, où le pays est assez peuplé, n'a point de ces colonies allemandes. On n'en trouve point non plus en Pologne, ni dans les provinces de la Baltique, où le gouvernement n'a pas de terres dont il puisse faire l'abandon. Les établissements les plus prospères sont ceux de la mer d'Azof et ceux qui couvrent les bords de la Molotshna, ou petiterivière de lait *. Ces émigrations des Allemands sous les plus rudes climats de la Russie prouvent à quel point le trop-plein des populations germaniques a besoin de se déverser quelque part. Pourvu qu'elles se déplacent, tout pays leur est bon. Toutefois^ il est bon de se fixer sur les proportions numériques de ces expatriations volontaires et sur le plus ou moins d'alimentation des Allemands émigrés avec les nations, notamment le peuple russe, dont ils se font les hôtes,

— Un journal avait dit qu'une émigration considérable

< Eugène PelleUo, Presse du 18 mat 184't. Y. Les steppes de ta mer Caspienne, par M. Xavier Hommaire de Hell, 9 Kohl's Hussia.

de populations allemandes vers la Russie avait eu lieu dans le cours de l'année 4S49, et que les Allemands émigrés en Russie se russifieraient beaucoup plus vite qu'ils ne s'américaniseraient aux 'Etats-Unis.

Cette allégation a provoqué, de la part d'un voyageur, une lettre datée de Berlin ^ à laquelle nous emprunterons certains détails dont la date assez récente encore ne peut qu'augmenter l'intérêt.

Après avoir contesté le fait de cette émigration, et établi que c'est il y a environ un demi-siècle qu'un assez grand nombre d'Allemands, appartenant à la population agricole, et attirés par certains privilèges, ont formé des villages sur les bords du Volga , dans quelques provinces de Pintérieur, et aux environs de Saint-Pétersbourg, il constate que ces émigrants ont conservé toute leur nationalité, leurs mœurs, leur langue et leur costume. Mais depuis nombre d'années, ajoute-t-il, le mouvement d'émigration des populations agricoles allemandes s'est détourné de la Russie, et a pris la direction de l'Amérique, principalement des Etats -Unis. Danschacune des deux années lS>S8etl849, environ 2S0,00O Allemands ont traversé l'Atlantique.

Quant à la population allemande des villes russes, elle est assez considérable, mais elle ne mérite pas le nom d'émigration : elle se compose de spéculateurs dont le but est de faire bien vite fortune pour s'en retourner dans leur pays. Ceux qui se fixent en Russie, n'en résistent pas moins à l'influence de la nationalité russe, témoin le quartier de Vasiliostrow et la Bourse à Saint-Pétersbourg, où Ton entend parler allemand de tous côtes.

Partout où j'ai été, écrit le voyageur, j'ai parcouru un grand nombre de points du globe, j'ai remarqué que les

i y. le Crédit da 4 février 1850.

populations germaniques conservaient leur nationalité avec une ténacité incroyable au milieu des races slaves, maggyares, serbes, etc., et qu'elles s'assimilaient trèsvite, au contraire, avec la race américaine. Voyez les villages allemands en Russie, les colonies allemandes établies depuis des siècles en Bobême, et qui ont presque germanisé le pays, exclusivement peuplé, à l'origine, deCzecbes! Voyez les Saxons en Transylvanie, qui depuis sept cents ans conservent intactes leurs coutumes, leur langue, leurs institutions ! En Hongrie, en Esclavonie, en Servie, vous rencontrez partout des villages allemands que vous reconnaissez tout de suite à l'architecture des maisons et au seul aspect des populations.

En Amérique, au contraire, à peu d'exceptions près, telles que les anciennes colonies de Pensylvanie, les émigrants allemands deviennent Américains, et oublient bientôt jusqu'à leur origine. La raison en est simple. Au milieu des nations slaves, l'Allemand a conscience d'appartenir à une civilisation plus ancienne et supérieure. Il sent qu'il possède une plus grande aptitude au travail, des penchants plus humains, une langue et une littérature plus riches, une éducation plus industrielle, plus perfectionnée. Dès lors, renoncer à sa nationalité pour adopter celle de sa nouvelle patrie, c'est, à ses yeux, descendî*e, c'est dégénérer ! Et il s'efforcera plutôt d'élever à lui l'indigène.

Au milieu des populations américaines, il reconnaît, au contraire, qu'il a beaucoup à apprendre. Si l'Allemand égale l'Américain en aptitude au travail, s'il le surpasse même en patience et en persévérance, il s'aperçoit bien vite que l'Américain lui est supérieur en ressources de crédit, en procédés mécaniques, en hardiesse et en éducation politique. La langue anglaise n'offre, du reste, à l'Allemand aucune difficulté, elle est fille de sa langue

maternelle. Avant de la connaître, il avait pour elle des sympathies naturelles et une sorte d'estime instinctive, car il sait qu elle est l'idiome des deux nations les plus répandues sur le globe, et qu'elle n'est inférieure à aucune langue morte ou vivante sous le rapport de ses productions littéraires.

Voilà la vérité sur le fait et sur les tendances du mouvement d'émigration des populations allemandes. C'est un détail de mœurs qui se rattache à l'état et au développement de la civilisation des continents européens. Nous pensons, avec l'auteur de ces réflexions, qu'il n'est pas indifférent de savoir que le peuple allemand tourne ses yeux de préférence vers la nation qui représente le travail et la paix, et que chaque jour diminue les liens que d'ancieanes colonies et le séjour de spéculateurs isolés avaient formés entre l'industrieuse race saxonne et le gouvernement autocratique et militaire de la Russie.

— Dans le gouvernement de Kasan, près de la petite ville de Tcheboksar^ on aperçoit, sur la route de Moscou, un mur long de trois milles et haut d'environ quatre hrasses, qui commence au Volga et s'arrête au pied d'une montagne. Personne ne sait quand ni pourquoi ce mur a été construit. On le suppose bâti par les Tatars avant qu'ils eussent été subjugués par les Russes.

D'après le dernier recensement, le gouvernement de Ka^an est habité par plus d'un million d'hommes appartenant à six races différentes^ savoir :

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