Mois du poLssonkaiko
9. ^io\s du grand poissou blanc ; 10. Mois do la chute des feuilles.
Mais, vers le milieu du i\^ siècle, le partage qui se fît entre les fils de Louis le Débonnaire oi)éra une scission définitive entre la langue des Francs et de la cour, et celle du peuple. Charles le Chauve, roi de France, y conserva le roman wallon, et son frère Louis, roi des Germains, importa le théutLsque en Allemagne. Nous laisserons de côté le théotisque pour ne nous occuper que de la langue romane, qui bientôt forma deux autres subdivisions : la langue d'oc et la langue d'oil ; l'une au midi qui commence à la cour deBoson, roi de Provence, de 879 à 887; l'autre à la cour de Guillaume-Longue-Epée, fils de Rollon, duo de Normandie, do 937 à 943.
Ce petit résumé était nécessaire avant de donner, comme nous en avions l'intention, quelques échantillons de la langue française à ses différents âges, du ix« siècle au xv!!**.
n« CURIOSITÉS PHILOLOGIQUES, ETC.
yeuviéme siècle, — Sermetita de Charles le Chauve et Louis le Gernuinique, (iA février 842 j.
Eiv THBOTiSQUB. — Iii Godcs niima ind durh tes xristfanes folcbes ind vnser bedhero gi^altnissi, fon ihesemo dage frammordes, so fram so mir Got genuizzei indi madh fur- :gibifcy 50 faald ih tisan mtiiaTi bnnidber. « .
En roman *, — ProDea amor et pro Christian poblc et nostre commuD saluament, destdî en aoant, en quant Deus sauer et poder me donet, si salnaraieu cest meon fadre Karle...
En français. — Pour Tamour de Dieu et pour le salut du peuple chrétien et le nôtre^ dès ce jour en avant, autant -que Dieu me donnera savoir et pouvoh*, je sauverai mon frère Charles.
Dixième siècle. — Extrait des actes du martyre de saint
Etienne *.
Por amor Deu, vos pri saigaos barun Se ce vos tuit, escoter la leçun De saint Estenne leglorieus Barrun, Escotet la par bone entention, Qui a ce ior recula passion...
< Ce Mrment peut être considéré comme le point de départ de iê langue française. Noas ne donnens point le texte de Nitliardj jmIb la version reciiSée de M. Thierry.
* Manuscrit de Galien de Tours.
TEAIKJGTION.
Pour Tamour de Dieu, je vous prie, seigneurs barons^ Si cela vous convient, d* écouter la leçoa De saint Etienne le glorieux baron ; Écoutez-la à bonne intention, . . II a aujourd'hui recula passion...
/Jnzième siècle. — Li secunds Hures de rejs *.
Satbanas se esleuad encuntre Israël et enticbad dauiif que il feist anumbred ces de Israël é ces de iuda. Et li rei» cumandad a ioab ki esteit maistre cunestables de la cheualerie le rei, que il en alast par tûtes les lignées de Israël. ••
Traduction. — Satan s'éleva contre Israël et suggéra à David de faire dénombrer cgxùl d'Israël et ceux de Juda. Et le roi commanda à Joab, qui était maître connétable de la cavalerie du roi, qu'il allât par toutesles familles d'Israël. . .
Douzième siècle. — Fragment d'un sermon de saint
Bernard.
Ensi sunt pluisors gent cui fruit sachet et chieient, por ceu k'il trop hastiulement naissent. Ce sunt cil ki en l'en commencement de lor conversion vuelent apermemesfructifier par une presumptuouse badise.
Traduction. — Ainsi sont plusieurs personnes dont le fruit sèche et tombe, parce qu'il naît trop tôt: ce sont ceux qui, dans le commencement de leur conversion, veulent aussitôt fructiâer par une préscmpiufiiise vanité.
*■ Yillehardoain, Conqt*eiie de Comtamêimoph.
Treizième siècle, — Supplice de l'empereur Murtsulphe ^,
A ce fu accordez 11 conseil que il auoit une colonne en Constanlinople enmi la ville auqnes, qui ère une des plus haltes et des mielz ourées de marbre qui onques M vene doil : et enqui le feist mener et lo feist saillir anal tote la gent que si halte iustice deuoit bien toz li monz vcoir.
Traductioîi. — Le conseil fut d'accord qu'il y avait une colonne à Constantinople au milieu de la ville, qui c^ait une des plus hautes et des mieux travaillées en marbre que l'on eût jamais vues ; et qu'il fallait qu'on l'y menât et qu'on le fît sauter en bas, à la vue de tout le peuple, que tout le monde devait voir un si grand acte de justice.
Quatorzième siècle. — 1352^ ordonnance de récèquc de Metz* qui reproche et interdit aux moines:
io De porter des solers destranchiés com cheualiers, des chausses de colour, des robesdesplous précieuses etsintes de sintures d'argent auec las ou nov^es de soie si estroits com damoiselles, et des flos tant qu'ils puissent couurir leurs espaules.
2® De Cheuaucer à grans espées com ung conte les iambes descouuertes.
30 D'aller de neu et de ior en place commune, en nosses, en danses et en aultres leus que ne sont mies à dire.
40 De menjuer en iardin auec femmes séculières et nonains à grant foison de menestriés^ etc.
1 Le manuscrit de celle tradacUon exii tait autrefois sur par chemin dans la bibltoihèiioe des Gordeliers de Paris.
s Adhémar de Monteil, 19 septembre. A partir de celle époqo la traduction devient inotilc.
LANGUE IRANÇAFSK. 4t
1397, extrait d'un in-folio vélin. Bibliothèque itnpénale, anciens fonds français, n® 75o6.
Par giet de nombres esprouvoit Et causes et raisons trouvoit D'où vient li vent qui muet les undes, Etpourqujy se tourne U mondes, Que li soulaus qui couche au vespre Vient au matin d'autre part nestre, Qui le pritemps fait atre.iiper, Et fleurs de la terre engendrer.
Quinzième siècle. — Extrait des convenances de table *.
Le morsel mis hors de ta bouche,
A ton vaissel plus ne le touche.
Ton morsel ne touche à salière,
Car ce n'est pas belle manière.
Boy sobrement à toute feste,
A ce que n'affoles ta teste.
Se tu faiz souppes en ton verre,
Boy le vin ou le jetle à terre.
S'en osle le plat devant toy,
N'en faiz compte et t'en tiens coy.
Et ne rempliz pas si ta pance,
Qu'en toy n'ait belle contenance.
Regarde à la table et escoute
Et ne te tiens pas sur ton coulte (cou Je).
Ne faiz pas ton moreel conduire,
A ton coutel qui te peult nuire.
Ne touche ton nez à main nue,
1 Manascrit» Bibliothèque Impériale, no 739S*2.
Dont ta viande est tenue.
Ne offre à nul, se tu es saige, Le demeurant de ton potaige.
Tiens devant toy le tablier net ; En un vaissel ton relief met.
Ne mouche hault ton nez à table, Car c'est ung fait peu agréable.
Oultre la table ne crache point , Je te diz que c'est ung lait point.
S'entour toy a de grands gens roucte (d'où le mot anglais rout].
Garde que ton ventre ne roupte.
Entrée de Charles Fil à Paris *, 1437.
A l'entrée de la porte Sainct-Denys, un enfant en guy se d'un angele, qui portoit un escu d'azur à trois fleurs de liz d'or, et sembloit qu'il volast et descendist du ciel. Le roi estoit armé de toutes pièces sur un beau coursier, et avoit un cheval couvert de velours d'azur en couleur, se^ mé de fleurs de liz d'or d*orfavrerie. Son roi-d'armes devant lui, portant sa cotte d'armes moult riche de veloursazuré à trois fleurs de liz de brodeure ; et estoient ces fleurs de liz d'or brodées de grosses perles. Et un aultre escuyer d'escuyrie sur un grant destrier, qui portoit une grant espée en escharpe, qui estoit toute semée de fleurs de liz d'or d'orfavrerie...
1 Par son secrétaire, Alain Gharlier.
I m, extrait d'u» in-^folio papier. '^ BibUùtkêqm impériale, supplément françaiê^ nû 261.