OPINIONS RELIGIEUSES ÉTRANGÈRES AU CHRISTIANISME
Egypte
Les anciens Égyptiens regardaient le bœnf Apis comme Temblème virant de la diYfnîté; ce boeuf devait être noir par toat le corps, ayee une tache blanche et carrée sur le front, et une autre, au côté droit, ressemblant au croissant de la lune; la génisse qui le portait deyait ravoir conça d'un coup de tonnerre. Nous ignorons comment on justrfiait cette dernière partienlarité; quant aux marques, il est permis de supposer que les prêtres les imprimaient à quelque jeune yeau qn^on nourrissait secrètement. Lorsqu'on l'avait trouvé, il était conduit à Memphrs, et durant les quarante ptemfers jours, il n'était servi que par des femmes qui se présentaient devant lui dans un costume extrêmement simplifié. I! était logé dan^ le temple d'Osîris ; et lorsqu'il en sortait pour se promener dans la ville, ce qui ^ait rare, il était accompagné d'une nombreuse et respectueuse escorte. On prétendait que les enfants qui avaient senti son haleine devenaient capables de prédire Tayenir,et,une fois par an. on lui présentait une génisse à laquelle des taches extérieures CLOntvmiA. \^ ^^^ ^^
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prétendre à cet honneur i- signe, mais peu enviable, car elle devait être mise à mort le même jour.
La fête d*Apis se célébrait une fois par an et durait sept jours. Pendant cet espace de temps, les Égyptiens croyaient que les crocodiles, renonçant à leur férocité naturelle, cessaient d*attaquer les hommes; mais le huitième jour, ils redevenaient aussi dangereux qa*anparavant.
Les collections d^antiquités égyptiennes renferment un grand nombre de figurines en terre émaillée ou en bois qu'on trouve toujours dans les tombeaux. Elles représentent un homme enveloppé dans la gaine de U momie portant les instruments à cultiver la terre, sur les épaules deux espèces de pioches où plutôt de houes, derrière le dos un grand sac en nattes destiné à recueillir le grain. Un chapitre du plus important des livres sacrés de Tautique Egypte, le Rituel funéraire, signai» la destination de ces figurines; c*était un moyen de se dispenser de la prière, du même genre et aussi bien inventé que les petits moulins qu'emploient les bouddhistes. On en déposait un grand nombre dans le sépulcre avec le mort, et cela servait de compensation pour toutes les prières, cérémonies, offrandes qu'on avait négligé de faire ; aussi ces figurines étaîeni-elles appelées figurines d'omission ou de substitution.
La religion égyptienne reconnaissait un nombre considérable de divinités,émanant toutes d'un premier être; leurs images sont reproduites dans les bas-reliefs, et los peintures et les signes caractéristiques de chaque divinité se voient sur sa tête, en formant sa coififnr». Le visage et le nez sont parfois tout d'une ccolenr consacrée pour chaque dieu, car rien n'était abandonné L. à l'arbitraire de l'artiste. Ces représentations étant ainsi |^rt{|lées dans tous \euTs ^^\.^\V^ ^^^^ Vi Iûv qvl Qar l'usage,
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il en résulte une uniformité qui est d*un grand secours pour Tétude des fonnes figurées de la religion de TÉgypte.
Voici sous quelles images on retrouve plusieurs de ces dieux :
Deux longues plumes droites, les parties nues du corps peintes en bleu : Âmmon, le créateur du monde.
Un bonnet serrant fortement la tète, visage vert, le corps en gaîne, appuyé contre une colonne à plusieurs chapiteaux, et le nilomëtre dans les mains : Pbtha ou Vulcain.
Deux cornes de bouc, visage vert , deux serpents dressés sur les cornes; un disque au milieu et deux plumes droites surmontant le tout : Souk ou Cbronos, Saturne.
Une seule plume recourbée par le haut ; coiffure rayée, visage vert : Djom ou Hercule.
Bonnet serré, noir ou bleu, le croissant de la lune avec un disque au milieu, une mèche tressée pendante sur Toreille, le visage vert, le corps en gaîne : Pooh ou le dieu Lunus.
Une plume recourbée par le haut, coiffure bleue, le nez peint de couleur jaune : Thmé, la justice, la vérité.
Deux grandes cornes, un disque au milieu : Isis, sœur et femme d^Osiris.
On donnait aussi aux dieux des tètes d'animaux : Ammon avait une tète de bélier; Anubis, celle d'un chacal; Souk, celle d'un crocodile; Pbtha, celle d'un épervier ; Typhon (le génie du mal) , celle d'un hippo« potame; Hermès, celle d'un ibis; Athor (Aphrodite ou Vénus), Celle d'une vache.
Dans quelques provinces de l'ancienne Egypte, on faisait une guerre acharnée aux crocodiles; on savait que Typhon, Teunemi des dieux, eaavaU ^vv^ V^ 1^\\&l^.
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Ailleurs on avait pour enxnoeTénératioR sans bornes; on s^efTorçart d'appriroîser an de ces hideux reptiles; on lui mettait aux oreilles des ornements d*or et des pfenres prér ieuses ; on le nourrissait de viandes consacrées. Lorsqu'il était mort, on rembaumait» et sa momie était placée dans le labyrinthe qui recevait les tombeaux des rois. Les habitants dOmbos portaient le délire jusqu'à so réjouir lorsque leurs enfants étaient dévorés par des crocodiles , en re}2:ardant cette mort comme trèshonorable et très- heureuse.
Les Égyptiens, persuadés que Diane, voulant éebapper aux géants, s'était cachée sous la forme d^un chat, avalent pour cet animal une vénération superstitieuse. Ils punissaient de mort celui qui avait le malheur de tuer, fût-ce par accidenS un de ces quadrupèdes. Dîodore de Sicile raconte qu'un Romain, ayant donné la mort à un chat, fut massacré par une populace furieuse, qnels que fussent les efforts du roi pour le sauver. On serait mort de faim à une époque de disette plutôt que de toucher à la chair d'un dieu chat; et lorsqu'un d'eux venait à périr de mort naturelle, tous les habitants de la maison où cette catastrophe était arrivée se rasaient les sourcils en signe de deuil.
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Les prostitutions religieuses forment sans contredit une des parties les plus étranges de l'histoire du culte chez les peuples anciens.
Les érudits de rAllemagne qui ont fait de Tantiguité l'objet d'une étude approfondie et judicieuse, Boeck, Jaeobs, Creuzer, les oracles de la science^ ont montré
qoe c*était à tort que des écrivains superficiels (Voltaire entre autres) avaient révoqué en doute l'existence ^de cet usag«^ qui choque au plus haut degré les idées modernes. Elle s*expUque lorsqu'on se rappelle qu'on regardait en Assyrie comme ariicle de foi que toutes les femmes mariées de Babylone étaient consacrées an culte de h grande déesse Milytta ; mais elles pouvaient s'en racheter une fois pour toutes en abandoonant leur corps à un étranger. Cette coutume, qui semble si étrange, fut une amélioration réelle introduite dans un état de choses qui sanctionnait en principe la communauté des femmes, et qui la mettait sous le couvert de la foi religieuse.
Hérodote (liv. I, chap. 199) atteste fiirmellement Texis* tence de cet usage. Toute femme née dans le pays est obligée, une fois en sa vie, de se rendre au temple de Vénus pour s'y livrer à un étranger. Plusieurs d'entre elles, dédaignant de se voir confondues avec les autres, se font porter devant le temple dans des chars couverts ; là elles se tiennent assises, mais la plupart des antres s'assoient dans la pièce de terre dépendant du tem{)le. Les étrangers se promènent et choisissent les femmes qui leur plaisent le plus. Quand une femme a pris place en ce lieu, elle ne peut retourner chez elle que quelque étranger ne lui ait jeté de l'argent sur les genoux et n'ait eu commerce avec elle hors du lieu sacré. II faut que l'étranger, en lui jetant de l'argent, lui dise : J*invoque la déesse Milyita, Quelque modique que soit la sommo, il n'éprouvera point de refus, la loi le défend, et cet argent devii^nt sacré, la femme suit le premier qui lui jette de l'argent, et il ne lui est permis de repousser personne.
Ce culte se retrouve dans la plupart des pays où les Assyriens et les Phéniciens portèrenWexxt s'^%\j^\fikft\^v^vs^i.
soâ curiosités théologiques.
Des prostiiQtîons de ce geare ayaient liea en ÈgT^l» dans le culte rendu à Jupiter Thébéen , et dans riode au culte de Parvati. On les retrouve chez les Moabites. (Voir le livre des Nombres^ xxxv, I.)
Oq consacrait à Jupiter, à Thëbes, de jennes filles. On les choisissait parmi les plus belles et dans les meilleures familles. Dans le nombre était une jeune vierge qui était libre d'accorder à qni elle voulait ses faveurs ju<:qu*à ce qu'elle fût nubile ; alors on la mariait, mais jusqu'à son mariage on la pleurait comme morte. (Strabon, liv, il.)
Hérodote ajoute qu^une coutume analogue existait dans rile de Chypre. Les jeunes habitantes de Paphos s'offraient aux étrangers, et le prix qu^elles en recevaient servait à former leur dot. Les Tyriens portèrent cet usage à Carthage, et, sous les auspices de Venus Astarté, il fut suivi religieusement, ainsi que le constate Yalère Maxime (liv. vi, chap. 6) et d^autres auteurs. A Byblos, ville de Phénicie, les jeunes filles avaient le choix de sacrifier leurs cheveux à la déesse on de se livrer un jour entier aux étrangers (Lucien, de la Déesse de Syrie) ; il parait, d'après divers témoignages relatifs à la corruption qui régnait en cette ville, qu'elles préféraient conserver leur chevelure. Les Bybllennes faisaient cadeau d'images fort peu décentes aux étrangers qui les avaient possédées pendant les fêtes d'Adonis. Le temple d'Aphakee, dans les montagnes du Liban» était le théâtre d'un culte non moins dissolu. L'auteur du Traité de la Déesse de Syrie en fait un tableau que nous ne reproduisons point et pour cause; il en dit autant du temple d Uéliopolis, ville dont les habitants prostituaient leurs filles aux étrangers qui passaient dans le pays.
On rencontre d'ailleurs chez des peuples contempo-
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rafns qui habitent également la Syrie des traces da culte impur qui fleurissait dans l'ancienne Babylone.
Le savant Sylvestre de Sacy, dans son ouvrage sur les Drupes, nous apprend que les Nozaïris disent que la cohabitation chamelle ajoute à la perfection de la religion ; ils s*écrient : « Malheur! malheur inûnî à la femme fidèle qui refase ses faveurs à son frère ! » c'està-dire à rhomme qui partage la croyance de cette secte. Yolney, dans sou Voyage en Syrie, p^rle des Nozaïris ou Auduriè ; ils sont divisés en plusieurs sectes : les Schaussiè ou adorateurs du soleil; les Kelliè, adorateurs du chien; les Zadmousiè, qui rendent un culte à Torgane des femmes. On assure qu'ils ont des assemblées nocturnes, où, aprèé quelques lectures, ils éteignent les lumières et se mêlent comme les anciens Gnostiques.
Les Yezidi?, secte de la Mésopotamie, persécutée , objet de haine pour les musulmans ainsi que pour les thi'étiens. sont de même soupçonnés de donner à la communauté des femmes une sanction religieuse ; ils passent pour adorer le diable ; ils paraît qu'ils le regardent comme étant encore doué d'une puissance immense, et comme devant plus tard être remis en possession de toutes ses dignités auprès du Très-Haut. Il se montrera alors reconnaissant des hommages qu'on lui aura rendus. Jamais ils ne prononcent son nom, et ils évitent d'employer les mots arabes qui ressemblent au mot nuifiloua, le maudit. Us ont un grand respect pour les patriarches de l'Ancien Testament, et pour Jésus-Christ qu ils regai dent comme un archauge qui avait pris la forme d'im homme et qui fut enlevé au ciel sans mourir sur la croii.
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Los Sicilif'ns vénéraient la déesse de la goarmandise. Ils lui élevèrent un temple et placèrent sa stataeaa* près de celle de Gérés.
La ville d'Adramî, en Scile, devait son nom au diea Aitamus^ qui n^était guère connu ailleurs» mats qui avaitlàun temple gardé par un gr&nd nombre de chiens consacrés à cette divinité. Ces animaux caressaient ceux qui approchaient du temple dans de pieuses intentions ; la nuit ils servaient de guide aus gens ivres, mais ils déchiraient avec fureur les méchaots. Oni prétendu qu'ils s'acharnaient surtout contre ceax qui s'étaient rendus coupables de quelque faute contre la chasteté. Un des prôtres d*Adramus revenant an matin de la ville où il avait passé la nuit, les chiens s*élaBcèrerit sur lui avec fureur et voulurent le déchirer ; on eut grand'petne à le sauver, et on prit le parti de dé* truire des animaux aussi dangereux.
Elieu raconte que dans une île du Pont, consacrée à Hercule, les rats respectaietît les offrandes dédiées aux dieu^, et se retiraient de l'ile quand les raisins commençaient à mûrir, de peur de commettre un sacrilège. Quelques usages singuliers étaient répandus chez les anciens, dans les Éphestries, fôles établies à Tbèbes» et durant lesquelles on promenait dans la ville la statue du devin Térésias, revêtue d'habits de femme. La procession finie, on la couvrait de nouveau des vêlements d'un homme.
Les habitants de Tanagra, ville d'Achaïe, vénéraieni le dieu Eunostus, dont le temple était rigoureusemenl fermé à toutes les femmes. Lorsqu'il arrivait quelque malheur public, on ne manquait pas de l'attribuer à la
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TiolaUon de cette loi. Oa se livrait à des perquisitions sévères pour découvrir si quelque femme n'était pas entrée, ne fût-ce que par mégarde, dans. le temple; si on venait à découvrir une coupable, elle était impitoya- Llement mise à mort. Gicéron nous apprend, dans ses discours contre Verres, qa*il y avait à Gatane une statue de Gérés qu'il était défendu , sous peine de mort, à tout homme de toucber et même de regarder.
N'oublions pas le dieu Eurynome» auquel les anciens attribuaient Thorrible fonction de ronger la chair des cadavres. On voyait dans le temple de D,elphes une image de cette hideuse divinité. Sa couleur était d'un bleu noirâtre, et le siège sur lequel elle était assise était couvert d'une peau de vautour.
Les Abderitains avaient la coutume de dévouer, pour le salut de tous, quelques malheureux citoyens qu'on assommait à coups de pieires»
On c;31étrait dans Tile de Naxos des fêtes auxquelles on donnait le nom d'Arianées, en mémoire d'Ariane, que Thésée avait abandonnée près du terme de sa grossesse. Une des cérémonies qui se pratiquaient était qu'un jeune homme se mît au lit et contrefît tous les efforts douloureux d une femme en travail.
Parmi les bizarreries de l'esprit humain, il serait difficile d'en rencontrer une plus extravagante que le culte rendu à Baal-Peor, idole des Moabites, s'il fallait s'en rapporter à des rabbins qui affirment que l'hommage rendu à ce dieu consistait à distendere coram bq foramen podieis et stercus offert; mais cette obligation est loin d'être prouvée. On est même dans lincertiiude sur ce qui regarde le dieu Beelzébuth, dont le nom signifie prince des mouches. Quelques savants ont pensé que son idole, souvent arrosée de sang, était habituellement couverte de mouches; d'auUes o\iV ^v^^^^^qs^s^
saperstition d'après laquelle on se figurait qo'aaeiu mouche ne pouvaii entrer dans le temple de cette d vinité. Nous ne nous chargeons pas de décidt^r entr ces deux assertions contradictoires.
Un taureau consacré au soleil était vénéré à Hermonihis, en Egypte ; son poil changeait de couleur à chaque heure du jour, et croissait dans un sens contraire à celui des autres animaux. Cest du moins ce qu'affirment quelques anciens auteurs un peu crédules.
L'eau, comme élément, devait recevoir des sacrifices chez divers peuples anciens. Cest dans le lac sacré d'Aphaca en Syrie qu'on jetait les offrandes pour la Venus Aphacitis. Les eaux de la m^ r Morte et de quelques rivières de la Palestine étaient également des eaux saciées. Le sang des animaux immolés enThonneur de Nepiune était mêlé aux flots de la mer ; da temps de saint Augustin, il existait encore dans TAfrique carthaginoise Tusage de jeter la chair des victimes dans les sources et les fleuves. Luci n parle d'une fontaine à Béryte contenant ûo.s poissons sacrés.
La religion phénicienne, transportée à Cartbage, multiplia les sacrilices d'êtres vivants. Les taureaux occupaient le premier rang; on les offrait particulièrement en l'honneur de Baal ou d'Hercule : les vaches ne servaient pas aux sacrifices; et Porphyre remarque quelei Égyptiens et les Phéniciens auraient mieux aimé aianger de la chair humaine que de la chair de vache. On n'immolait pas non plus les veaux ; toutefois on amputait leurs parties génitales pour les offrir à Vénus. Les sacrifices de boucs étaient fort estimés ; on donnait un bouc aux femmes sacrées, Klieioehei^ comme prix de leur prostitution. Parmi les oiseaux « on accordait Jâ préférence à ceux q\û sembleui avoir l'iostincl de la
génération le plus marqué, tels que les pigeons, les poules, les perdrix, les cailles.
Des sacrifices humains étaient offerts aux dieux vengeurs; les victimes devaient être pures et sans tache; on choisissait des enfants, de jeunes vierges. On désignait en même temps Tobjet te plus cher, le premierné ou le fils unique des plus nobles familles de TÉtat. Le fils aîné du roi était la plus belle victime. On offrait ces sacrifices annuellement pour la grande fétc de la Purification; puis à l'occasion d'une grande entrep-ise, comme la fondation d'une ville ou une expédition, imilcar, voyant en Sicile ses troupes décimées par une épidémie, fit sacrifier un enfant à Saturne et jeter dans la mer une foule de victimes en Tbonneur de Neptune.
Chez divers peuples un culte religieux a été rendu aux arbres; les Indiens, au dire de Quinte-Curce, vénéraient des arbres qu'on n'aurait pu endommager sans commettre un grand crime. Chez les Perdes on regar dait comme sacré l'arbre Barsom^ sur lequel veille le soleil. Les Persans modernes rendent une sorta de culte à certains arbres qu'ils ornent de morceaux d'étoffe et auxquels ils donnent le nom de Dirakth-i fuzel^ arbre excellent, et dir dar, arbre-génie. On a également en Orient de la vénération pour les cyprès ; Xercès obéissait à une semblable superstition lorsqu'il offrit ses ornements d'or à un platane qui se trouvait sur sa route; des auteurs anciens se sont trompés en ne voyant dans cet hommage qu'une passion insensée pour cet arbre. Les traditions religieuses des Ouïgours font également mention d'arbres merveilleux ; il s'en trouvait deux au confinent de deux rivières; lun était semblable au cyprès, l'autre au bouleau. Ils s'élevèrent en rendant des sons harmonieux; puis ils s'ouvrirent et il en sortit dnqenfantSfdontVua devint roi desOvi^[^^>^%.
lit CURIOSITÉS THÉOLOGIQUHa.
Les enli nts, deTeDU3 grands, s'approchèrent ayecrespect des deux arbres qui leur parlèrent nn leur reeommandant la sagesse, et en leur souhaitant une bonns renommée et une longue vie.
li«tf amelAMi Gaulois
Les doctrines et les rites des druides ou prêtres des anciens Gaulois sont peu connus ; on ne tronye chei les auteurs de Tantiquité que des témcigiiages vagues et insuffisants.
On sait toutefois que leurs cérémonies n'étaient pas exemptes de singuiariié. Pline rapporte qu'avant de cueillir une plante, ils examinaient la situation des planètes. Celui qui la cueillait devait être habillé de blanc» avoir les pieds lavés et nus. Le gui du chêne était à leurs yeux une plante sacrée que le chef des prêtres coupait, au mois de décembre, en grande cérémonie et avec une faucille d'or. L'eau du gui était regardée comme un eonire-poison des plus < fdcaces et comme très- propre à féconder les animaux stériles. Des idées semblablesétaient répandues en Allemagne; on pensait qu'un homme qui portait sur lui du gui de chêne ne pouvait être blessé, et qu'il était même certain d*atte!ndre ceux contre lesquels il décochait ses flèches. Les druides conservèrent longtemps Tusage des sacrifices humains ; on prétend que lorsqu'ils se réunissaient, ils faisaient mourir celui d'entre eux qui arrivait le dernier à leurs assemblées; c'était un moyen rigoureux, mais efficace pour recommander l'exactitude.
Les anciens Gaulois se servaient pour empoisonner leur flèche d'une herbe qu'ils appelaient belinuneia et qui était consacrée à Apollon; ils croyaient aussi qu'elle avait la propriété de faire tomber la pluie. On la
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cueillait avec des cérémonies singulières. Les femmes se réunissaienl et plaçaient à leur tête une jeune vierge qui, dépou.llée de ses vêlements, cherchait celte herbo et la déracinait aree )e petit dor^ de la main droHe. Elle allait ensuite ia plonger dans une eau courante ; les autres femmes secouaient sur le visage de la jeun« fille des branches d'art»res mouillées, et lors que la cérémonie était finie, la prêtresse était obligée de mardMr à reculons jusqal» ee qu'elle fût rentrée en son logis.
On a toujours aimé à faire pénitence sur le dos du prochaia.^ Les Gaulois avaient ce goût; dans los calamités publiques, ils chargeaient un de leurs concitoyens de toutes leurs iniqviités et de tous les malheurs qui les menaçuent. Us raccab^aientd imprécations et ils le dé* vouaientàla colère céleste. Lorsque Pantique cité de Marseille était en proie aune maladie contagieuse, lesdrui* des engageaient un indigent à se dévouer volonraircment pour le saint commun ; en échange de ce sacrifice, on lui prometlail une place parmi les dieux. La victiore volontaire était fêlée, logée, nourrie délicatemenc pendant un an entier. Oa la couronnait de fleurs» et, après y avoir chargée d'imprf cations, on la précipitait du haut d'un rocher. Sî qoekiue personnage d'un rang plus élevé s'offrait à périr ponr la patrie, on le la>pidait hors de la ville ; c'était une marque d'honneur. Parfois ces maUieurenx, res|)onsables des fautes pilbii ]ues, étaient cloués ou attachés à un arbre et tués à coups de flèche ; parfois aussi on les plaçait sur des tas de paille et de foin avec des animaux de diverses espèces et on les livraâf aux flamme?.
Sis CURIOSITÉS THÉOLOGIQUES.