‹ Curiosités théologiques, par un bibliophile [P.G. Brunet]Chapitre 5 sur 15 · X.M G«rmalBS «t Us peuples ëa More · texte numérisé non relu

X.M G«rmalBS «t Us peuples ëa More

Les anciens Germains cm. st^rvaient dans leurs demeures avec la plus gran'io vénération des petites figures de bois appelées Ahi unes et qu'ils regardaient comme des dieux pénates ni lares qui prenaient soin des maisons et de leurs h ibiiants. Ces figures représentaient presque toujours los femmes ; on croyait que le destin et la fortune desf l'uliles étalent en leur pouvoir. On les faisait avec d !S racines, et surtout avec des mandragores; on les liuiiliait soigneusement; on les couchaii dans des coffuOH; on les lavait une fois par semaine avec deTeauot du\in; à chaque repas on leur offrait des aliments ^i des .boissons» autrement elles auraient crié comme des enfants qui souffrent de la faim et de la soif; on les tenait renfermées dans un lieu secret d'où on ne les tirait que pour les consuUer ; on leur demandait toutes sortes de biens et surtout la guérison des maladies les plus rebelles aux reiiièdes. On croyait qu'elles révélaient l'avenir, soit par un mouvement de tète, soit en proférant quelques paroles.

Chez les Germains, lorsqu'un homme se noyait sur les côtes de l'ile d'Abalus et qu'on n^ pouvait retrouver son corps, on offrait, durant cent ans, à ses mânes des sacrifices expiatoires.

Les Vandales rendaient leurs hommages à une idole qu'ils nommaient Hennil, et à laquelle ils donnaient la forme d'un bâton ayant une main et un anneau de fer» Lorsqu'ils étaient menacés de quelque danger, ils le portaient processionnellement et en criant : « Réveilletoi , Hennil , réveille-toi. »

Les Danois s'assemblaient une fois tous les neuf ans» an mois de janvier» dans un endroit de l'tle de Zélande

nommé Lethra; ils immolaient qaalre-vingt dix- neuf Tîctimes humaines, et toat autant de chevaux, de chiens et de coqs.

Les Scandinaves représentaient Fenfer c mme un Taste édifice construit de cadavres de serpents dont toutes les têtes, tournées vers l'intérieur, vomissaient des flots de venin, et formaient ainsi un fleuve horrible dont le courant rapide entraînait les adultères, les meurtriers et les parjures.

Thor, dieu des Scandinaves, possède un palais formé de cinq cent quarante salles; son char est traîné par deux lions; il possède trois objets miraculeux : une massue avec Istquelle il brise la tête de ses ennemis et qui revient d'elle-même dans sa main quand il Ta lancée; un baudrier qui double ses forces lorsqu'il rattache autour de son corps ; des gants de fer qui sont indispensables pour tenir le manche de la massue.

Le 4 traditions Scandinaves font mention d'un pont qui joint le ciel à la terre ; il est formé de feu, et il s*off^re aux regards sous Tâspect de la portion de Tarcen-ciel qui est de couleur rouge. Les géants qui habitent la montagne no peuvent, à leur grand regret, s*en servir pour aller au ciel, à cause des flammes qui le composent. 11 est d*one solidité extrême, et cependant il sera mis en pièces lorsque les démons le traverseront à cheval, après avoir franchi les grands fleuves de l'enfer.

Chez les Indiens, il existait, d'après d'anciens voyageurs, un usage assez bizarre, celui de se faire peser pour la rémission de ses péchés. Après s'être placé dans un des bassin? de la balance, on mettait dans l'autre diverses denrées pour f^ire le contre-poids.«Ceux qui s'accusent dètre gourmands, dit le voya^eux Mendex Pinto^ se pèsent avec da m<\) ^m %\^s^\^^ ^^^^

nh CURIOSITÉS THfiOLOOIQOES.

œufs, du beurre; ceux qui se sont livrés aux plaisîre sensuels se pèsent avec du coton, de la soie, des parfums et du vin ; ceux qui ont été avares et dépourms de chanté pour les pauvres se pèsent avec des pièces de monnaie. • Toutes ces denrées sont pour les bralimanes, et tout riclKi Indien voûtant sortir de la balance complètement purifié de tous ses péchés, on comprend quelle source de richi^ses cette justification par la balance était pour les desservants des autels de Brabma.

Dans le royaume de CarnaU», il y avait une pagode od brûlait toujours un feu des plus ardents destiné à faire rougir un fer sur lequel étaient représentés tes trois parsonuages de la trinité indienne. C'était nn trèsgrand honneur que de se faire appliquer cette marqae sur l'épaule, et Ton y trouvait une promesse de félicité dans l'a tre monde; mais les brahmanes, détenienrs de ce f« r précieux, ne l'appliquaient que moyennant payement d'une bonne st)mme.

Jadis le zamorin ou roi de Galtcut, sur la côte de Malabar, ne pouvait ré<>ner plus de dotize ans. Lorsqfve ce terme était venu, il était obligé de se donner la mort sur un écbafaud, après s'être préparé à ce sacrifice psr un lon^ jeûne et par des prières ferventes. On lui faisait des funérailles magnifi |ues et l'on choisissait «s autre monarque. Cette coutume fat abolie, mais on loi en substitua uno autre tout aussi singulière. Quand le zamorin avait régné douze aijs accomplis, on publiait dans ses États une sorte de jubilé qui durait une dizaine de jours consacrés aux f^tes < t à la réjouissanoe. Le monarque habitait alors sous une tente dressée exprès p*»ur lui dans une vaste pl2ine. Les douze jours expirés, il était permis à quatre hommes, quels qu'Us fussent, d'essayer de tuer le zamorin, et celui qui an- ^*«ff iéassi devait être pUciè aui \^vtt>iïbN m%.Vi» V«b»«-

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prise était di£Bicile, car le prince avait soin de se faire entenrer de gardes nombreux et vigHaats, et on mettait à mort, sans trop d'examen, quiconque était aperça rôdant autoar de l'habitation da roi avec des intentions soupçonnées d'être suspectes.

Entre autres rites singalters du culte brahmanique, il faut dîslin«:uer les offrandes faites aux pitris ou aux mânes. Ces offi andes consistent en gâteaux de graines et de lait; on en brûle une partie ; on donne le reste à un brahmane, à une Tache ou à une clièYro. La femme qui mange le gâteau placé au milieu, en ^édtant certaines prières, obtient un enfant mâle. Selon la nature des offrandes, les mânes éprouvent une satisfaction plus ou moins longue; ils sont satisfaits un mois entier d'une offrande de sésame, de riz, d*orge, de racines et de fmits; la chair de poisson leur cause du plaisir pendant deux mois; celle des bétes fauves, trois mois ; celle du mouton, quatre mois; celle des (^iseatix dont l'usage est permis, cinq mois; celle du chevreau, six mois ; du daim, sept mois ; de la gazelle, huit mois; du cerf, neuf mois. La chair du sanglier et du buffle les satisfait pour dix mois ; celle dfS lièvres êf des tortues pour onze. Une offrande de lait de vache et de rie préparé avec du lait leur est agréable pendant on as, et la chair d*nn vieux bouc blanc, à longues oreilles, pendant douze années. Lesécrevisses, la chair du rhinocéros et le miel leur causent un plaisir éternel.

▼oici quelles sont les règles de conduite imposées à un brahmane.

Il ne doit jamais regarder le «o\eW^iSL^%TL\v^^V5\^>

Si« CURIOSITÉS THâOLOGIQUES.

ni pendant son coucher, ni lorsqu'il est réfléchi dms l'eaa ; il ne doit pas enjamber par-dessus une corde i laquelle un yeau est attaché, il ne doit jamais satisfain les besoins naturels en regardant le soleil, Teau, lefim ou une vache ; en ce cas^ il doit avoir, le jour, le yisage dirigé vers le nord, et la nuit vers le sud. Il ne doit ni souffler le feu avec sa bouche, ni montrer à quelqu'un l'arc-encieU Couper de Therbe avec ses ongles, monter sur le dos d*une vache ou d'un taa- Veau, sont des actes fort répréheusibles. S'il marche sur des cheveux, sur de la cendre^ sur des os, sur des graiu'i de coton, sur de la paille, sa vie sera abrégée.

Si une vache, une grenouille» un chat, un chien, un serpent ou un rat, passe entre le maître et son élève, l'étude doit être suspendue pendant un an et un jour.

Il Tk(* faut jamais se baigner dans une pièce d'eau appartenant à un autre, car en le faisant on est souillé d'une partie du mal que le maître de cette pièce d'eau a pu commettre.

Voici, suivant la mythologie indienne, l'origine des éclipses. Un Àsoura ou Titan, nommé Râhou, se môla aux dieux afin d^avoir sa part de la liqueur qui donnait l immortalité.

Au momeot où il venait de porter ses lèvres à cette ambroisie, le soleil et la lune le dénoncèrent à Yischnon quj, d'un coup de disque, lui trancha la tète Le breuvage divin avait rendu TAsoura immortel. Sa tète par ▼engeance, se jette de temps en temps sur le soleil et sur la lune pour les dévorer.

Les Hindous reconnaissent vingt et un enfers • les noms de quelques-uns d enire eux peuvent se traduire delà manière suivante : lieu des ténèbres, séjour des larmes, fleuve aux grandes vagues, séiour des douleurs

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lien infect, place des dards de Ter, lieu où les méchants sont exposés au feu dans une ctaaadière.

Dans le Pantala on enfer des flindouâ, les fautes des humains sont soumises à des punitions spéciales: les hommes qui auront méprisé les lois de la religion seront jetés sur d'^s monceaux d'armes tranchantes, et subiront ce supplice autant d'années qu'il y a de poils sur leur corps. Les adultères seront contraints d'embrasser une statue de fer rougie par le feu. Ceux qui ont outragé les brahmanes seront coupés par morceaux. Ceux qui auront péché avec des courtisanes marcheront sur des épines. Les avares serviront de pâture aux vers. Les médisants et les calomniateurs seront forcés de manger les matières les plus dégoûtantes. Ceux qui auront frappé des vaches seront battus sur des enclumes.

Un jour de Brahma équivaut à 4.320,000,000 d'années humaines de 360 jours ; la nuit a une durée égale. Trenie jours de Brahma forment un mois; l'année de Brahma comprend douze moisetéquivautà 3,110,400,000 d'années humaines.

Tout récemment, llnde était en émoi parce qu'on s'était aperçu que, d'après une vieille prédiction presque aussi claire que celks de Nostradamus, la domination anglaise ne devait durer que cent ans. Fondée par suite d'une bataille gagnée sur les bords du Gange en n87, elle allait donc prendre fin en 1857. Des brahmanes, payés, dit-on, par le gouverneur général, ont démontré d'une façon irrécusable que la prophétie était mal interprétée ; nul doute que les Anglais ne doivent gouverner Tlnde que pendant cent ans; mais cela doit s'entendre, non des années humaines de 365 Jours, mais des années de Brahma ; c'est donc dans l an du monde 311,040,001,857 (selon la faqou dQ(^Q\Si^\fôi ^^^^^:^^*

M8 GURIOSITâS THÉOLOGIQUSS.

péens), que cette révolution doit 8*aceomplir. Il faat que les Hindous qui révent leur indépendance prennent patience et attendent jusqu'alors.

Les Hindous donnent le nom de Rakshasas à des génies malfaisants, ennemis des dieux : avides de sang humain, ils hantent les forêts et les cimetières; ils déterrent les cadavres et dévorent les hommes donl lis peuvent se saisir. Leur nombre est immense et il s'accroît sans cesse, car les âm^s des méchants sont souvent condamnées à entrer dans le corps d'an Raksha^a et à y demeurer plus ou moins de temps, selon l'étendue de ses fiutes.

La légende indienne relative au dernier déluge donnera une idée de la singularité des récits que présentent les poèmes religieux de llndoustan. Le pieux monarque Vaivasv^ata se livrait aux austérités les plus rigoureuses. Un jour il était surlos bords d'une rivière occupé de ses pratiques de dévotion , un petit poisson lui adressa la parole et le pria de le retirer de Teau afin de lempècher de devenir la proie d'autres po ssons. Le roi plaça lo poisson dans un v.ise plein d'eau; mais celui-ci grossissant sans cesse, il fallut le transporter successivement dans un lac, dans le Gan^o, et enfin dans la mer. Tout énorme qu^ était, le poisson restait facile à porter ; il adressa enfin de nouveau la parole à Yaivaswata, et dit : a Le moment de la dissolution de l'univers est arrivé; bientôt tout ce qui existe sur la terre sera détruit ; il faut que tu construises un navire dans lequel tu t'embarqueras après avoir pris avec t^i des graines de tous les végétaux. Tu m'attendras sor ee navire, et je viendrai à toi^ ayant sur la tète une corne qui me fera reconnaître. » Le saint obéit, il con* struisit un navire, s'y embarqua, et il attacha un câbla très-fort à la corne du povssoii\ V^ n^xU^ CuA traîné

pendant plusieurs années avec une extrême rapidité au milieu des ténèbres d'une tempête effroyable, et il aborda enfmau sommet du mont Himavat (Himalaya). Le poisson dit alors: «Je suisBrahma, le seigneur des êtres; je n'ai personne au-dessus de moi.» 11 recommanda ensuite à Vaivaswata de créer tous les êtres. Divers aatenrs indiens attribuent au dieu Viscbnou cette métamorphose en poisson ; elle avait pour but de recouvrer les Védas ou livres sacrés qu'un géant avait dérobés, et c est la première des neuf at;a(ar« (incarnations ou descentes de Vischuou sur la terre).

Un auteur de la fia du seizième siècle, le père Jarric, nous fait connaître un usage répandu dans llnde et que réprouve la philanthropie moderne.

a Les rois malabares ont coutume de célébrer tous les ans unefeste solemnelle à la lune nouvelle du mois d'octobre pour faire mémoire des victoires que leurs idoles ont jadis gaignées selon qu'ils disent. £t lorsi!» sont obligés de commander qu'on mette le feu aux maisons de quelques-uns de leurs sujets doot le choix appartient aux brahmanes , lesquels ne choisissent pas celles de leurs amis, mais de ceux à qui ils portent une dent de laict ou qui leur sont ouvertement ennemis et bien souvent do gens meilleurs qu'ils ne sont. La chose se faietde nuit et le plus secrètement qu'il est possible. de façon qu'on surprend ces pauvres gens au dépourvu, et lorsqu'ils y pensent le moins, ils se trouvent soudam environLez de feu et de gens d'armes. Les personnes^ les maisons et tout ce qu'il y dedans se brnsle sans qu'aucun y ose toucher,car on tient cela pour anatbème^ et ils appellent ce cruel embrasement sacriGce de feu et de sang. »

SSO CURIOSITÉS THÉOLOGIQDES.

!••• Indiens.

La légende de Devandiren, que nous prenons parmi celles en si grand nombre qui remplissent les livres des Indiens, donnera une idée de ces singulières compositions. Devandiren régna sur trois cent trente millions de dieux ou de demi-dieux. Il eut à soutenir de rudes combats contre l^s géants qui vonlaient l'expulser du paradis, mais il finit par rester vainqueur. Cherchant quelque distraction, il descendit un jour sur la terre et il devint amoureux de 1% femme d un pénitent nommé Gaadamen. Cet anachorète avait l'habitude de se lever tous les matins, dès que le coq chantait, pour se purifier dans les eaux du Gangf'. Devandiren se transforma en coq et fit entendre sa voix avant l'heure accoutumée. Le pénitent, induit en erreur, se leva pour aller se baigner; mais il s aperçut qu'il n'était que minuit, il revint chez lui et il surprit le dieu avec sa femme; il le maudit en souhaitant que tout son corps fût couvert d'organes exprimant ses désirs adultères. L'imprécation eut un effet immédiat; le dieu, fort embarrassé de l'état dans lequel il se trouvait, et n'osant se montrer, supplia Guadamen de lui pardonner, et il obtint que les marques accusatrices et trop significatives seraient remplacées par des yeux. De là vient l'habitude de représenter Devandiren avec le corps tout couvert d'yeux; il a quatre bras et il est monté sur un éléphant blanc.

D'après les livres sacrés des Indiens, celui qui mange en regardant l'orient prolonge sa vie ; en regardant le midi, il acquiert de la gloire: en se tournant vers l'ocei* dent, il parvient au bonheur; en se dirigeant vers le nojid, il obtient la rècom^^u^^ ^<â\^^^tvvb«

CURIOSITÉS. THÉOLOGIQUES. Sli

Indra, roi du ciel, a pour âme Tarc-en-ciel, et son corps est coayen de mille yeux, qui sont les étoiles. Son règne finit au bont de l'uoe des quatorze périodes qui composent un jour de Brahma. Alors Tlndra régnant est remplacé par celui des hommes, des génies ou des dieux qni a le mieux mérité cet honneur. Il pourrait môme, avant le terme fixé, être dépossédé par un saint ayant accompli des austérités qui le rendraient digne du trône de Tlndra. Cette crainte Toccupe souvent, et aussitôt qu'un personnage se livre à de pieuses mortifications capables de Tinquiéter, Indra lui envoie une nymphe pour le tenter, le faire succomber et lui enlever tout le fruit de ses austérités.

Doorga, femme de Siva, est une des principales divinités des Indiens. Ils prétendent qu elle réside dans les eaux du Gange, où elle reçoit ceux quis*y précipit nt. Aussi regarde 't-on comme jouissant d'un bonheur immense ceux qui se noient dans ce fleuve, et on se garde bien de rien faire pour les sauver.

Bod est une divinité que les femmes de Tlnde invoquaient pour devenir fecon tes. Lorsqu'une femme, devenue enceinte par l'effet de la bienveillance de Bod, mettait au monde une fille, cette fille était élevée dans le temple de la déesse jusqu'à ce qu'elle fût nubile. Alors elle était obligée de se prostituer à la porte du temple et de mettre ses attraits à l'enchère. L'argent qu'elle retirait de ce commerce ne lui appartenait pas; il lui était expressément enjoint de le remettre entre les mains du prêtre de Bod.

Un temple célèbre, consacré à Siva et à son épouse Guhyisvari, s'élève dans la vallée de Katmandou yHimalaya) ; les pèlerins qui vont y faire leurs dévotions sont assurés qu'après leur mort leur amené passe point dans le corps d'un animal inférieur à l'homme* L^

3St CURIOSITÉS THÉOLOGIQUES.

'^ivière qui coule aa pied de la colline est sacrée ; c'est conquérir la béatitude que de Baoarir dans ses oodes ou de vivre confiné sur ses bords.

VischDon a ipour monture l'oiseau Garoudba, qu'on représente d'ordinaire avec le corps d'un aigle et la tète d'un jeune homme d'une grande beauté ayant au cou vn collier blancL On prétend qu'il naquit d'uaceuf que sa mère Dîtî avait ponda cinq cents ans avant qu'il ne vint à éelore.

La pagode de Cusi, située sur les bords du Gange, jouit d'un singnlifr privilège. Lorsque ceux qui y meurent sontàVagonie,Yischnou ne manque point devenir leur souffler dans Toreilie droite, et il les purifie aimi de tous leurs pécbés. Les âmes de ceux qui meur^t en ce lieu ne doivent plus retourner sur la terre^ et leurs cfMrps se changent en pierres.

Lochml, déesse de l'abondance, estune des épouses de VisehBOu; elle est douée d'une b/auté parfaite. Les Hindous prf^tendent qu'elle n'a point déformes qui lui soit particolière; elle est à la fois une montagne,un che* val, un vache, un arbre ou tout objet quelconque. Us portent sou nom attaché au cou ou au bras, ft se regardent ainsi comme étant à l'abri d'accidents fâcheux.

Parmi 1^ habitants du Panthéon indien, on distinguo sans peine,àlatète d'éléphant placée sur ses épaules, Ganésa, le dieu de la sagesse. La légende raconte comment cet attribut est vienu faire partie de sa personne. Fils de Siva et de Parvati, il venait de naître, et tous les dieux étaient accourus pour le bénir ; le redontable Sani, monté sur un vautour, était arrivé tout comme la<^ autres; mais> saciiant que ses yeux consument tout ce qu'ils regardent, il les détournait prudemment; l'imprudente mère du jeune enfant ne comprit pas le BÈûtk dt cette lésera; elle insista poux que Sani

CURIOSITÉS THÉOLOGIQDES. 3S3

regardât le nonvr &n-në, dont la tête disparut aossilôt en an tourbillon de fomée. La déesse allait sa jeter sur le meurtrier, mais Drahma intervint, et il enjoignit à Sani d'aller prendre la tète da premier être qu'il trouverait endormi vers le nord, qui fait toujours périr ceux qui se livrent an sommeil tournés en cette direction. Sani rencontra un éléphant, lui coupa la tête et vint l'ajuster sur le cou du jeune Ganésa. Atin de consoler la mère désolée de voir son fils aussi étrangement défiguré , Brabma lui promit qu'il serait le premier des dieux auxquels s'adresseraient les invocations des tidôles. Ganésa eut un autre malheur dans le cours do sa carrière; il refusa l'entrée du pala!S de Siva à Vischnou, qui avait pris la forme de Rama et qu'il ne reconnaissait pas; l'un et l'autre dieu en vinrent aux mains, et, d'un coup de son poing robuste, Yischnou fit voler en morceaux une des défenses de Ganésa.

Le sacrifice d'un cheval est un acte religieux de Tordre le plus relevé; un prince qui l'accomplirait cent fois auraii le Oroii de régner sur les dieux. Ce sacrilice-était dans le principe emblématique (le cheval était s*^ulement atta'*hé pendant la cérémonie), il est ensuite devenu réel. Le législateur Manoua reconnu que l'homme qui ferait chaque année un pareil saciilice et que celui qui , de sa vie entière, ne mangerait pas de viande, obtiendraient une ricompense égale pour leurs mérites.

D'après les brahmanes les plus instruits, la femme qui viole ses devoirs envers son époux renaît après sa mort sous la forme d'un chacal.

Celle qui monte sur le bûcher de son mari défunt s'égaleelle-mômeàAroundhenti,répousedeyashishta^

et Jouit du bonheur dans le ciel avec son époux. Elle habite au ciel avec lui pendant trois coti et demi (trente-

cinq millions d'années), autant qu'il y a de poils sar le corps de Tbomme. Elle pariûe trois générations» et quand même son mari serait coupable d'avoir tué un brahmane, elle le purifierait de ce péché.

Le figuier est regardé dans Tlnde comme un arbre sacré; on donne pour motif que Vischnou a vu le jour sous (OQ ombrage. Dans quelques pruvinces du ci-devant empire du Mogol, on est bien persuadé que l'imprudent qui enlèverait une seule de ses feuilles perdrait la vie avant la fin de Tannée.

Les brahmanes portent en bandoulière pour marque distinctiye le dsandhem, ou ceinture composée de trois cordons formés chacun de neuf fils de coton. Us ne la quittent jamais, et c'est ordinairement à Tâge de neuf aus qu'on leur donne, en cérémonie, celte marque distiuctive de leur caste. Ils échangent chaque aunée le cordon vieilii pour ua neuf; s'il vient à se briser, ils ne peuvent pas manger qu'ils ne s'en soient procuré un autre.

On vend dans l'Inde des perroquets auxquels on a appris à prononcer le nom de Pâma, et qui répètent presque sans discontinuer cette syllabe, ramy ram^ram. Ils se payent cher, les dévots les achetant avec empressement.

C'est un grand ayanlage, selon les Hindous, de prononcer et d'entendre les noms des dieux ; et pour avoir plus souvent celte occasion, ils les font porter à leurs enfants.

Les lois relatives aux fautes que peuvent commettre les brahmanes ne manquent pas d'originalité.

Le brahmane» meurtrier d'un brahmaue qu il a tuf)

sans le vouloir, doit se bâtir une cabane dans uue forêt

•t y demeurer douze ans, ne vivant que d'aumôues et

portant bur ïw, pour se purifier de son crime, le crâne

du mort ou tout autre crâne humain au défant do. premier.

Si le coupable appartient à la classe militaire et s'il a tué volontairement un brahmane, qu'il s'offre de son plein gré, comme but, à des arcbers instruits de son désir d'expier ce meurtre, ou qu'ilse jette trois fois et jusqu'à ce qu'il meure, la tête la première dans un feu ardent.

Celui qui s'est enivré en buvant à profusion de la liqueur spiritueuse extraite du riz^ doit boire, jusqu'à ce qu'il en meure, de rurinedevacbe,oudel'eau, ou du lait, ou du beurre clarifié, ou du jus exprimé de la bouse de vache, le tout bouillant. — L'homme qui a volé de l'or à un brahmane doit aller trouver le roi, lui déclarer sa faute et lui dire : « Seigneur, punissez-moi.» Le roi, prenant une massue de fer que le coupabl^ porte sur son épaule, doit le frapper lui-môme une fois ; par ce coup, le voleur, qu'il meure ou non^ est déchargé de son crime.

Celui qui a séduit réponse de son père spirituel doit, en proclamant à haute voix son crime, s'étendre luimême sur un lit de fer brûlant et embrasser une image de femme rougie au feu ; ce n'est que par la mort qu'à peut être purifié.— Celui qui a tué une vache par mégarde , doit, s'étant rasé entièrement la tête, avaler pendant un mois des grains d'orge macérés dans l'eau, et s'établir dans un pâturage de vaches, couvert de la peau de celle qu'il a tuée. Pendant les deux mois qui suivent, qu'il orange, le soir, une fois tous les deux jours, une petite quantité de grains sauvages ; quil suive les vaches tout le jour^ et que, se tenant derrière elles, il avale la poussière qui s'élève sous leurs sabots.

Celui qui a violé le vœu de chasteté doit sacrifier un âne borgne ou noir i la déesse Nirritii dans un endroit

±r6 CURIOSITÉS THÉOLOGIQUES.

ûb quatre chemins se rencontrent, et pendant la nnie» Se couvrant ensuite de la peau de Tâne sacrifié, qu*il tille demander Taumône dans sept maisons, en proclamant son péché, et qu'il prenne par jour un seul repas iur là nourriture ainsi obtenue en mendiant; au bout tfun an, il est purifié.

Le brahmane qui, sans le vouloir, Tait périr un homme de la classe royale, doit donner à des brahmanes mille Taches et un taureau afin de se purifier.

L'homme qui a frappé un brahmane demeurera mille Années dans Venfer; s'il Va blessé, il restera dans lésé* jour infernal autant de milliers d'années que le sang du brahmane, répandu à terre, aura absorbé de grains de poussière.

Le brahmane qui a tué un serpent doit expier sa faute en donnant à un autre brahmane une bêche ou un bfttoB ferré ; pour avoir tué unporc,qu*ildonneun potde beurre clarifié ; pour un perroquet, un veau de deux ans; pour un héron, un veau de trois ans.

S*il a tué un cygne, un paon, un singe, un faucon ou W milan, il doit donner une vache à un brahmane.

Qu*il donne un vêtement pour avoir tué un cheral; cinq taureaux noirs pour un éléphant tué ; un taureau pour un bouc ou un bélier ; pour un àne,un veau d*un an.

La faute d'avoir dérobé des choses susceptibles d'être mangées ou avalées, des fleurs, des racines ou det fruits^ s*expie en avalant les cinq dioses que produit ime vache, du lait, du caillé, du beurre, de rmriiie el Âè la bouse.

Tout homme qui, par cupidité, ravit le bien des brabmaneSi vivra dans Tautre monde des restes d'mi vau-

)a doetrbie des Hindous, les diVertee inflrmiliBigent r^pice Imm^k&t mai le TésolM^e

CURIOSITÉS THÉOLOGIQUBS. 2S7

aotes commises dans une existence précédente; le meurtrier d'an brahmane est affligé de consomptian pulmonaire; le voleor de chevaux est boiteux ; le toleur de vêtements a la lèpre; le voleur de la doctrine sacrée, c'est-à-dire c lai qui étudie sans en avoir Tautorïsation, est muet; ]a cécité, Vidiotisme, etc., sont le châtiment de diverses fautes graves dont on ne s'est pas. puriûé.

Les Hindous croient qu*il y a des génies ou esprits qui, en punition des fautes qu'ils ont commises, sont condamnés à errer dans le monde ; ils ne peuvent améliorer leur sort qu*en ramassant les prières que Ton adresse aux dieux; ces esprits s*approcheDt des fidèles qui sont en train de vaquer à leurs exercices de piétés et ils s'ejGToroent de leur donner quelques distractions afin de leur faire omettre quelques-unes des cérémonies prescrites; ce n*est que par ce mbyen qu'ils peuvent ramasser une quantité suffisante de prières pour obtenir d*étre autorisés à changer de nature. Ils deviennent alors des âmes, ils entrent dans le corps d'un homme, et ils peuvent arriver à la béatitude promise à ceux-d. Afin d'éviter la surprise qui les menace, les Hindous se te livrent aux exercices de lenr culte qu'après avoir jeté trois fois de l'eau par-dessus l'épaule du côté gauche; c'est le seul endroit par lequel les esprits dont il est question peuvent les aborder.

On sait avec quelle rigueur les pénitents indiens s'infligent les austérités les plus pénibles, dans l'espoir d'obtenir desréeompenses fatures; les uns se font attacher au pied d'un arbre par une chaîne qui ne les quitte pas de leur vie, d'autres font vœu de rester Jusqu'à la mort dans une posture des plus pénibles^ teffle que d'avoir les poings toujours fermés^ de tenir 6s bras ecwmtaiwneot croiata sm U^Vx^^b^^^X^^osa^Bi^

élevées sans cesse au-dessus de là tête. Ils sont afns liors d'état de prendre de la nourriture, et leurs disciples les nourrissent. Il en est qui s*enterrent jusqu'au cou; d'autres s'enferment dans une sorte de tombeau et ne respirent que par une petite ouverture. Il s -en trouve qui s'engagent à ne jamais se coucher; â*antres se tiennent un pied en l'air, les deux bras élevés^ et les regards tournés vers le soleil. Le voyageur Sonnerat en vit un qui s'était percé les joues et la langue avec un morceau de métal qui formait un cercle au-dessous du menton.

Jarric s'exprime en ces termes à l'égard du sacrifice volontaire que de pieux Indiens font de leur personne :

a Tandis qu'on porte la pagode par les rues sur un grand char triomphal, traîné à force de bras par plus de cinq cents personnes^ ceux qui s'estiment les plus dévots à l'idole se mettent à travers du chemin par où ce char doit passer, afin d'être foulez et écrasez par la pesanteur des roues. Aussi n*en sortent-ils pas, les mijBériibles, sinon tous déchirez en pièces, mais ils sont lenus et reputez de la populace pour si grands saints, que chacun en désire avoir des reliques pour garder et tenir avec honneur, à cause de quoy ils les découpent en cent mille morceaux. »

Un pieux anachorète hindou, désireux de se distin- .guer par quelque acte d'une austérité extraordinaire, s*enfonça dans le pied une alêne, et il s'obstina à la laisser plusieurs années dans la plaie,, faisant serment qu'il ne la retirerait point jusqu'à ce que Brahma consentit à danser en sa présence. Brahma, ému de compassion, daigna se rendre aux vœux du solitaire; mais 11 ne vint pas seul : le soleil, la lune et les étoiles Tactpâgnërent « et il en résulta une danse des plus exiiialres, pendant U(VQLf3\^ xn^^O^ÀtA ^'<^t tomba

^11 ne mflUDpi

de ran des pieds du dieu; le nom de Cidamburan (chaiae d'or), est resté à Tendroit où s'accomplit cet événement singulier.

Des Hindous observent, en Thonbeur de Vischnou, uo^ jeune de quarante jours, pendant lequel on doit observer une continence sévère et ne prendre d'autres aliments que du lait et des figues. Tous les matins, il faut faire cent et une fois le tour de la pagode en prononçant les noms du dieu. Des dévots, voulant faire preuve d'une ferveur exceptionnelle, font mille et un tours. Après avoir pratiqué ce jeûne durant douze années, on en est quitte pour le reste de sa vie.

Les iKBufs sacrés, qu'on trouve à chaque pas dans les rues de Bénarès, sont aussi ûers que pouvait l'être Apis aux plus beaux jours de sa puissance. La multitude de ces animaux est une calamité contre laquelle l'autorité anglaise ne peut prendre que des mesures secrètes ; car les habitants regardent avec une vénération profonde ces quadrupèdes qu'ils nourrissent pieusement. Il est de croyance constante parmi les Hindous que s! on lâche un taureau sacré à la mort d'un parent ou d'un ami, r^^nimal emporte à la pointe de ses cornes tous les péchés du défunt, auquel cette manière d'expiation évite de revenir à la vie pour des millions d'années, sous la forme désagréable d'un ver de terre ou d'un crapaud ; aussi n'est-ce qu'à la dernière extrémité, alors seulement que la population bovine a par trop augmenté, que les magistrats se décident à délivrer la cité de ces hôtes importuns. A la nuit, des agents de police conduisent les quadrupèdes dans des forêts voisines, où des léopards incrédules et des tigres esprits forts ont bientôt fait justice des prétentions des bœufs-dieux.

La cité de Bénarès, ce foyet 4ô\^t^\^\wsL\a^Stess!i^-

180 CURIOSITÉS THËOLOCriQUES;

iliqae» est bâtie, comme chacun sait, snr la pointe du trident de Siva, tandis que les antres points de notre globe reposent sur les dix mille têtes dn serpent Annntai «t, par ce seul fait, elle se tronre protégée contre les tremblements de terre ; mais ce privilège, tout admirable qu*il est, n'est point le seul dont jouissent les liabitants de la ville chérie de Btahma; un pèterinage ^n ses mursYGUs assareioutes sortes de félicités, et quiconque a le bonheur d'y mourir échappe aux transmigrations redoutables dont la loi hindoue est si prodigue, et se trouve absorbé immédiatement dans le sein de la divinité. Ces croyances, pour la population de tout le continent indien, sont des dogmes incontestés et incontestables; elles expliquent le nombre immense de pèlerins qui visitent chaqno année Bénarès, et la population de plus d*un million d*âmes agglomérées dans les rues sombres, étroites, infectes de cette ville.

Cest à des idies religieuses fort étranges que l'Inde a été redevable de l'association de Thugs, la plus puissante, la pins fortement organisée réunion de malflaileursque Ton ait jamais connue. Elle remonte à la plus haute antiquité, et ils Texpliquent eux -même» par 4es légendes mythologiques que nous résumons ei -quelques mots. A Torigine du monda, le principe du mal, la déesse Kali ou Bouhanie,, pour soutenir la latte avec le principe créateur, institua Tordre des Thugs, et lui révéla la science de la strangulation. Ses faveurs ne s'arrêtèrent pas là; elle donna à ses adoreleurs des traces évidentes de sa protection, en faisant disparaître les corps de leurs victimes. Un jour, des Thugs, cédant à une curiosité funeste, épièrent les mouvements de la déesse au moment où elle enlevait le cadavre d'un homme mis à mort. Depuis ce temps, les }JÙttag8ont dû enfouir euX'mèin«&teTv%\x\nrc^Vj&tra.Qe8

UURIO&ITÊS THÉOLOGIQUSS. SH

oatérielles de leur terrible ealte; mais U déesse, cou* servant à Tordre entier son patronage, n'a cessé de Yeil- 1er sur lai. Les divers actes desThugs sont entourés do pratiques sapersiitienses. S'agit-ii d'admettre an noQ« Yel initié y on attend en silence que Bouhanie fâssê connaître par quelque signe certain que cet adepte lui est agréable; lorsque la volonté de la déesse s^est manifestée par l'aboiement d'un chacal, le braiement d'un âney levol d'un canard ou tout autre indice aussi irréfutable, on met une barre de fer, symbole de i'asso* dation, entre les mains du récipiendaire ; il répète oil serment solennel et terrible , il reçoit des mains da prêtre un morceau de sucre consacré par des prières, et les cérémonies de l'initiation sont achevées. Lenou*^ vd adepte appartient à l'association des Thugs, et son exislenoe est mise au service de la sanguinaire Boa-* haïUs.

Au moment d'entrer en campagne, le premier actd des Thugs réunis est de rendre hommage à la déesse» qui prend soin elle-même d'indiquer par des présagea la route qui doit être suivie. Chaque meurtre est ao» compagne de cérémonies minutieuses ; la part du butin de la déesse est religieusement donné aux prêtres oa aux chams^ initiés aux mystères du culte, mystères intodits aux autres Thugs, qui se divisent en bouthaies^ chargés de faire usage du mouchoir qui devient un* arme de mort, en ItÂghus ou fossoyeurs experts, grâce à une longue pratique^ dans Tart de creuser des tombes invisibles, et en sorthtis qui cherchent à capter des Yic« limes, à les attirer dans leurs filets. Jamais les Thugs n'emploient la violence ; tout meurtre commis par eux est préparé de longue main; c'est à l'improviste et par trahis!» qu'ils se défont de ceux qu'ils poursuivent^ ei Us vietinessom aussitôt plaoées f aoe cûu.u^ ^^^^^^ss^

)8S CURIOSITÉS THÉOLOGIQDES.

une fosse qu'on recouvre de sable et dont on s'éloigne rapidement.

Quelques chefs deThugs occupaient de hautsemplois, étaient des marchands riches et considérés. Gens fort honorables sous bien des rapports, ils n'avaient d'autres défauts que celui d'assassiner le plus possible, par suite d'une dévotion fervente à l'égard de Bouhanie. Grâce à rindifférence que les divers gouvernements qui ont longtemps dominé dans llnde ont toujours montrée pour la vie humaine, et grâce au mystôre qui la couvrait , l'association des Thugs a subsisté impunément pendant des siècles ; les Anglais ont fini par mettre un frein aux exploits de cette formidable congrégation ; des mesures énergiques sont venues, à partir de 1830, arrêter le zèle des Thugs; en quelques années on en arrêta 3,266; 41S furent pendus, 1,059 furent déportés. Le Thuggisme est signalé dans les rapports officiels comme entièrement éteint; il parait toutefois qu'il a continué de célébrer clandestinement ses homicides acrifices, et les troubles dont l'Inde est devenue le théâtre doivent avoir fourni l'occasion de rendre de nouveaux hommages à Bouhanie. Au milieu des horreurs d'une guerre achamée, la disparition de quelques centaines de voyageurs n'aura excité nullement l'attention des autorités britanniques, préoccupées de soucis bien plus graves.

La déesse Bouhanie ou Bharmis, dont nous avons parlé, est l'épouse du dieu Siva ; on la représente sous un aspect peu flatteur : un visage noir, de longues dents saillantes, des cheveux hérissés et entrelacés de serpents, huit ou seize bras tenant des épées, des tridents, des massues, des plats destinés à recevoir du sang. C'est la déesse qui punit les méchants, et frappe Jp eoapables; elle a so\t &e &^u^*, qu lui a iadis sa-

crifië des yictimes humaines ; depais on lai a immolé des bœafs ou des coqs. Les Thugs avaient voulu remettre en vigueur les coutumes du bon vieux temps.

tê9 Bouddhisma*

Le bouddhisme mérite de nous arrêter un instant. Cette religion, sous diverses formes, domine en Chine, au Japon, dans les États transgangétiques ; elle a son sanctuaire dans le Tibet ; expulsée de Tlnde, elle est restée souveraine à Geylan, et elle donne des lois à une masse d'êtres humains qu'on a évaluée de 400 à 600 millions.

Les légendes bouddhiques abondent en récits merveilleux et en miracles absurdes ; en voici un échantillon:

Dharma, fils d'un prince indien, vivait au sixième siècle de notre ère ; il prêcha sa doctrine en Chine et au Japon ; son genre de vie extraordinaire et ses austérités excessives donnaient un grand poids à ses pa* rôles. Des herbes et des racines formaient toute sa nourriture. Il était, jour et nuit, plongé dans une médi^ tation profonde. Il s'engagea môme, par un vœu formel, à ne jamais dormir; mais la nature succomba un jour sous cette application continuelle, et le sommeil le surprit malgré lui. Dharma, confus et irrité de sa faiblesse, se coupa les paupières. Le lendemain, il ftit bien surpris de les voir transformées en deux arbrisseaux ; il en goûta quelques feuilles , et il sentit aussitôt dans tout son corps une agitation qui lai inspirait de la gaieté, lui dégageait la tête et le rendait plus propre à la contemplation. Ces arbrisseaux étaient précisément ceux qui portent le thé, dont l'usage était jusqu'alors resté inconnu. Dharma, charmé de ztKtA ^<^<:s!i^<^\K^^%%

Uk CURIOSITÉS THÉOLOGIQUB&

kiu de la communiquer à ses diselpkg, ei oe fou ainsi que l'usage du thé se répandit partout. On représente eepersonnage sans paupières et ayant sous les pieds un roseau miraculeux à Taide duquel on assure qu*il passa souvent, à pied sec, des ner» et des rivières.

Les fables bouddhiques se distinguent par un caractère singulier d*exagéra(Jou ; les dieux, les saints, les génies ne se comptent que par millions et par niilliards. Les périodes que les mondes parcourent dans leur fornation, lear existence et leur destruction, la durée assignée à la vie des êtres qui peuplent Tunivers, tout cela s'exprime par des nombi es qui dépassent ceux dont on fait habituellement usage. 11 a fallu en créer d'autres dont la progression ascendante pût satisfaire à r^s proirressions fantastiques. La série qu'on a imaginée an Tibet et à Ceylan s'élève jusqu'à Tunité suivie de soixante zéros ; ce chiffre, passablement élevé, n'a pas été jugé suffisant ; au moyen de multrpticatlons répétées on est arrivé à uu nombre qui est qualiûé d'ïndiclblement indicible et qu*eiprimerail runfté sij^vie dé 4,454,448 zéros, ce qui, en typographie ordinaire, ferait une ligne de chiffre d'une longueur très^raisonnaUé (15,000 mètres environ).

Un nombre encore plus élevé est employé dans la cosmographie mythologique ; il n'est point évalué, et ton nom désigne le nombre des atomes contenus dans la montagne céleste. "

Les bouddhistes représentent la terre comme parta-

0to en quatre grandes îles ou cominenta placés aux

quatre points cardinaux de la montagne ; dans le cou«

tinent que bous habitons, les hommes ont trois à quatre

êtadées de haut et leur V\e e&x^^fcâv^^ k^tAïua, Dans

âutrea» la taiUi^ esl d» toûi^^fiàia ^xra^!»^

eORIOftilto THftOI.OGIQDBft Ut

deuLcoodée&t ^ durée ie TerxisteBce eat dt denxeeol cinquante, de cinq cents et de mille ans.

Au^esflous de aotre continent se trofUTent d*immeases. coodbef de ten-e^ de feu et d'air ; ettes recour trent aae roue de diamant dans lacpielle sont reniéf • néea le» relique» cerporellea dee Bouddhas de» âge» antérieurs*.

Huit grand» enfers brûlants et huit graids enler» i^acés sont au-dessous de la surface du globe ; seixe petits eftfers sont placé» aux porte» de cbaouu de» grands.

Sept mers se trouvent sur la terre : la mer salée, qui est renfermée dan» une roue de diamant en mouvement; la mer de lait^ celle de crème» celle de beurre, celit d*kf dtosielf eeUe de vin, et enfin celle qjui reiifimne lest plante» d'beureco; augure .

Le moue Mérou est au centre du monde; ses flâne» »0Bt de cristal, de saphir, d*oc et d'argent; il est partagé en divers étage» lubités par de» être» divin» de plusieurs degré».

La Missanee de Bouddha fui accompagnée de mkade» renaarquable»; trente-deux signes préeurseun appamreftt dan» le palais du roi son père. Les fleur», ouvrant leur» calice»^ ne s'épanouissaient pas, deux cei!tmillegraAdi»tréser» apparurent ouverts et restèrent alKi; des eaux de senteur» tiède» et parfumées, cour lèreni; cinq cents jeunes éléphants blancs vinrent tOYHchec ée leim trompe» les pied» du roi; le soleil^ la lM8 et les étoiles s'arrêtèrent; dix mille filles de» Meut, tenant en leur» main» des éventails de queue de pkùÊÊ, se montrèrem dans le ciel ; cent mille fille» de» dieux, portant de» conques et des. tambour» suspendu» i iMirceo^ eeuMUitrèreiit; deavai^ràL%^iNii!S9Ki^ ^v^

95tf > CURIOSITÉS THÉOLOGIQUES.

tontes les femmes enceintes acconcbèrent- très-heureusement.

La mère du Bouddha fut entourée de quatre-vingtquatre mille chars attelés de chevaux et de quatrevingt -qhatre mille chars attelés d'éléphants. Un plukcha (figuier) magnifique s*inclina devant elle ; elle étendit le bras droit, le saisit par la branche, fit un bâillement -et resta immobile. Dix mois après, Bouddha sortit sans souillure du sein de sa mère*; un grand lotus blanc perça aussitôt la terre ; il s'assit dessus et il aperçut d'un seul coup d'œil les trois mille grands milliers do régions des mondes.

On avait à Geylan une vénération extrême pour une dent de singe qu'on regardait comme une relique de Bouddha; un gouverneur portugais la fit brûler; mais les Gbingalais prétendent qu'elle s'échappa miraculeusement du feu et 3e réfugia dans le calice d'une rose.

Chez les Mongols, une œuvre très-méritoire est de faire lire le Gandjour et le Dandjour, énormes recueils des livres saints de la religion lamaïque. Voici comment la chose se passe : Celui qui désire se livrer à celte œuvre pie s'adresse à un monastère qui possède cette collection. Il faut que les lamas réunis au couvent montent à quelques centaines. Le néophyte verse dans la caisse de la communauté le prix fixé (il équivaut en quelques endroits à iOO fr.); mais il peut être dépassé, selon la bonne volonté du pétitionnaire, qui, de plus, fournit le thé que les lamas boivent dans le temple où ils font la lecture. A un signal donné, tous les religieux se rendent au lieu de réunion, où chacun occupe sa place par rang d'ancienneté, et devant lui sont placés quelques feuillets du recueil sacré, qui est MiDsi distribué en totaVvlè, e\ %^\^^\\n% v^\i\.^^^^<^^^v « quelques heures. Ma sotW^ toL^^tù\^^> ^v^s^Vt^

CURIOSITÉS THÉOLOGIQUBS. 957

tetir reçoit sa quote-part de la somme payée pour la lecture , et naturellement les supérieurs touchent la plus grosse portion.

Dans quelques Tilles de la Tartarie on adorait une Idole nommée Manipa; elle était pourvue de neuf tètès s'élevant en forme pyramidale. Une fois par an, lors de la fête de cette idole» de fougueux adorateurs parcou* nient les rues, tuant tout ce qu'ils rencontraient^ bêtes et gens, et croyant ainsi se créer des titres à lait>roteclion de Manipa.

Plusieurs nations tartares sacrifîents après la mort d*ttn personnage d'un rang élevé, des boucs et des béliers. Les peaux des victimes sont attachées à Fextrémité d'une perche, et on leur rend des hommages rehgieux. On place tout alentour des offrandes auxquelles le voleur le plus audacieux n'oserait toucher.

!■•• Japonais.

Le daïri on souverain pontife du Japon est regardé comme le représentant direct de la Divinité en ce bas monde. Il ne marche jamais, car la terre est un objet trop vil pour qu'il daigne la toucher de ses pieds. Lorsqa'il veut se transporter d'un lieu à un autre, il faut qu'il soit porté sur les épaules de ses gardes. Personne n'ose toucher sa barbe^ ses cheveux ni ses ongles, et il est au-dessus de sa dignité de se débarrasser luimême :de ces supérfittités; c'est durant son sommeil iqu*oû l'en délivre. Autrefois il était obligé de se mon- Iter tous les; matihs, assis sur son trêne, et de rester : plusieurs hétires exposé aux regardis des fidèles sans se l^rtneÂirr anemi mouvemiem; Ld "^^^V^^^ ^^»^* ^^ Taritefo 4fiMoelteiiniii6bUit6 slS9WùX\^ t«V«^ ^^"^^^5^'

GtDItlOSITtB THÉOLOGIQV»

ffU était arrivé au dairi de renier lefieéoo la mata, de tounier la tète de quelque côté, Venpire était me* nacé d*Qn bouleversement total. ADjouTd'liBi le pon* iÊh est délivré de toute eette géM inaoïiportable.

On ne sert jamais deux fois dans la mèma TaisséOe ee représentant de la Divinité $ les plais qui ùot paru sur sa table sont immédiatement brisés. «Les laponais •ont persuada que si un laïque mangeait dans nu da ces plats, sa bouche et son gosier s'enflammeraient surle-champ.

Les habita qui ont servi au dairi sont immédiatement brûlés, afin d'être préservés de toute diance de proiknatioo.

Tous les dieux viennent urne Ibis par an lui rendn visite comme à un collègue. Cest ordinairement pen* dantle coursdu dixième mois de Tannée japonaise que le daïrl reçoit ces visites célestes. C'est pour cette raison que ce mois est appelé le mois sans dieux. Tout culte religieux est alors interrompu, parce qu'on suppose qne tous les dieux ont quitté leurs temples pour se sendreà la eour du dairL Outre ees visites annuelles, le pontife japonais a toujours dans ma palais trois eeat H^xante-sîx id<to, dont l'emploi est de mcmter la garde tour à tour, chaque nuit, auprès de son lit. Si, par ha« tard, ledaitri se trouve incommodé pendant la nuit, OD i^en prend à la sentinrile, on donnu la basttmnade à l'Idole qni était de garde, et ou la onadamneànitêxil de cent jours*

Près dus chemiB (}«i conduit i iedo^ on vilt n».lae

q/m les Japonais regardent comme le séjoir réserva

anx eniiints qui^sont morts avant l'âge de sept ans. Ds

jMDâmit qu'ils sobÉssentdes peaundont ile nopeuMat

étM déUwréê qfue pat \ea V fcè ti iMa ùnaxlc<i%M eitifar

CURIOSITÉS THÉOLOGIQVBS^ fit

vue offrande, ils donnent en échange nn papier nur le* qnel sont inscrits les noms de certaines diTinités. Le Japonais reçoit arec respect, et tète nne, ce papier; fl rattache à nne pierre et le jette dans le lac, bien cou» Taincn qne les défantssont soulagés à mesare que te» noms inscrits snr le papier s'effacent dans Tean.

Les livres sacrés des Japonais racontent qne la déesst Bensaîten pondit nn jonr cinq ce ts œnfs ; elle craignit qn'il n'en sortît qnelqne objet monstmenx, et elle les }eta dans nn flenve après les avoir placés dans nne botte. Un pèebenr trouva cette boîte, Vouvrit et porta les œnfs à sa femme. Grande fat la surprise da ménage lorsqu'ils virent qu'à chaque œuf qui était cassé, il eâ sortait un enfant. Cette nombreuse progéniture grandit, et la mère la réunit plus tard autour d'elle.

Les bonzes japonais recommandent aux dévots d^ réciter tons les jours cent huit fois nne certaine prière» parce que, disent-ils, il y a un pareil nombre de péchés auquel l'homme est sujet, et, contre chacun de ces péchés, il faut employer une prière.

Divers voya'geurs racontent qu'au Japon les adorateurs du dieu Âmida s'imaginent qu'en se suicidant en l'honneur de cette divinité, ils sont certains d'obtenir une béatitude immense dans l'autre monde. Il n'est donc pas rare qu un dévot se noie pour donner un témoignage éclatant de sa piété. Il vent donner de Féolit à Taccomplissement de sa résolution, et il s'efforce de réunir défi prosélytes décidés à raccompagner dans l'autre monde. Il prêche dans tous les eamfenrs ^'fl dit retentir de ses invectives eontre la corruption du Mcle et les faux biens du monde ; il retrace étoqnemment les misères qui afiligent l'existenee de rhomme; il fait nn tablean sédttf»aiit de» t^GOtt^'&!i»&'0DM9^i^ ^tmjiéséiTéas àeentqol^iiMW KxsX^v.'^^»-

rive i^avent que Torateur trouve quelque fanatique dégoûté de la vie et disposé à saisir cette occasion de mourir avec gloire. Les victimes volontaires se dirigent vers un fleuve ou vers la mer ; leurs parents et leurs amis les escortent; un grand nombre de bonzes grossissent le cortége.On monte sur une barque réservée pour cet usage : elle est dorée et ornée d'étoffes de soie. L*adorateur d*Amida témoigne sa joie en dansant au son des instruments de musique peu harmonieux en usage dans le pays ; il s'attache ensuite de grosses pierres au cou, à la ceinture et aux jambes, et il se pré* cipite dans les flots tête baissée, en récitant certaines prières.— Il existe aussi une autre manière de s*immo- 1er en rhonneurd*Amida: elle consiste à s'enterrer tout vivant. La victime choisit une grotte ayant à peu près la forme d'un tombeau, et si étroite qu'il est impossible de s'y asseoir. Elle s'y enferme; on en mure l'ouverture, en n'y laissant qu'un petit soupirail. Ajoutons que le dieu qu'on pense honorer par de semblables pratiques est habituellement représenté avec la tête d'un chien et monté sur un cheval à sept têtes; elles sont l'emblème de sept mille siècles.

Une secte japonaise, dont le fondateur fat un anachorète nommé Chacubout» a pour croyance que ceux qui n'auront pas exactement observé les prescriptions de la loi seront condamnés à renaître successivement dans divers corps, pendant une période de trois mille ans; et, lorsqu'ils auront ainsi expié leurs fautes, ils seront admis au nombre des bienheureux.

Les Jammabos sont des ermites établis au Japon, et

qui sont soumis à des règles singulières. Chez eux un

novice est astreint à de rudes épreuves: du riz et des

.herbes doivent composer son unique nourriture ; il faut

çu'il prenne, sept fols ¥^t \o\a uxiWxu ^^«:^\i^w^^

CURIOSITÉS THÉOLOGIQUES. 24i'

qu'il se tienne à genoux de façon à être assis sur ses talons; il doit quitter et reprendre cette position sept cent quatre-vingts fois par jour en ne manquant point, chaque fois qu'il se relève^ de frapper des mains audessus de sa tête.

Parmi les dieux vénérés au Japon, il ne faut pas oublier Combadaxus; c'était un bonze qui, fort jeune encore, annonça que, dégoûté de Texistence, il voulait se plonger dans la retraite et y dormir dix millions d'an* nées. 11 entra en effet dans une caverne dont l'entrée fut aussitôt murée. Les Japonais le croient encore vivant et lui rendent hommage comme à un dieu.

Un des principaux devoirs du saintoîsme, ou religion du pays dont nous parlons, est un pèlerinage à la cabane où est né Tensin-Day-Sin, le chef de la race des dieux japonais. Cette cabane, étroite et basse, est en* touréede cent chapelles. Les femmes font ce pèlerinage ainsi que les hommes, et on prétend que lorsqu'elles accomplissent ce devoir, elles sont exemptes des incommodités auxquelles leur sexe est soumis. Parmi les pèlerins, il y en a qui sont presque sans vêtements en dépit du froid, d'autres s'imposent une abstinence sévère, d'autres sont tenus de n'aller qu'en courant.^ Pendant tout le voyage, une continence rigoureuse est indispensable. Au moment de se mettre en route, le pèlerin suspend à la porte de sa maison une corde gar-* nie de papiers découpés et avertit ainsi les étrangers de s'éloigner, car si l'un d'eux entrait dans l'habitation en se trouvant dans un état d'impiété, le voyageur serait exposé aux plus grands périls. On distribue aux èleiins des boites remplies de petits bâtons garnis de découpures de papier, et on attribue à ces obiets l^ privilège d'effacer tous les péc\iès,mm <s.^\\^^^\'^^^ s'éiendpas an delà du teioxe OCwiie^ ^^tl^^.

)ttS CURIOSITÉS THÉOLOGIQUES.

lL9m Siamois

Le législateur des Siamois, Sommaoa-Kliodom» a été l'objet des légendes les plus singulières : on prétend qu*il naquit d'une fleur de lotus qui flottait sur Feaa; 41 habita cinq cent cinquante corps différents et fut toujours, homme ou bêle, un modèle de vertu.

Telle était sa charité que, voyant un jour des aaimmux tourmentés d'une faim cruelle, il leur donna Aa €hair à manger. Pour n'être pas distrait dans ses mé- 4itations par les objets extérieurs» il prit le parti de s'arracher les yeux. Sa patience était si grande, qu'on ^brahmane s^étant saisi de sa femme et de ses enfants, ^leur fit subir en sa présence divers supplices, sans que le saint cherchât à s opposer à ces violences.

Sommana Khodom faisait des miracles à foison. U devenait invisible lorsque la chose lui convenait. Son corps acquérait, à son gré, des dimensions colossales, ou se trouvait réduit à un atome imperceptible ; il n'avait qu'à vouloir, et il était transporté dans les pays les plus éloignés. U tua un jour un man^ c'est-à-dire un personnage aux formes monstrueuses et ennemi de la foi; lame du man passa dans le corps d'un cochon; Sommana-Khodom en mangea et mourut comoie empoisonné, à.lâge de quatre vingts ans.

Le quatrième des Bouddhas qui ont existé depuis la reconstruction de runivers,le Bouddha actuel, a été 'tour à tour serjent, moineau, cigogne, bœuf* tortue, ^cygne, lion ; il a passé dans les corps de toutes sortes ^'animaux de couleur blancl^.

Le jour de sa dernière nais^ce conune homme, oent jmille mondes tressaillirejôll^ joie. U voulut on jour

CURIOSITÉS THÉ0LO0I0UB8. i|S

■mter an ciel, el les aog es construisirent ansskèt une échelle d*or pour loi en faciliter les moyens.

Entre autres miracles racontés à regard de Pbra* Khodom (tel est le nom de ce Bouddha), citons les saf<- Tants :

Une famille de brahmanes feignit de se convertir aa bouddhisme, et elle inyita Phra Khodom à venir prêcher ehei elle; dans la partie inférieure de la maison, on plaça un énorme réchaud plein de charbona ardents; la chaire préparée pour le prédicateur avait ma fond à hascule arrangé de manière à le faire tombât dans le feu. Phra-Khodom monta dans cette chaire, at i pdne avail-ii commencé son sermon que le plancher lui maiHiua sous les pieds, mais à Tinstant les charbons ardents furent convertis en un monceau de fleura ob le saint se trouva assis fort mollement. Ce mirade opéra la conversion de la famille.

Un jour, tandis que Phra-Kbodom était en méditation, le roi du pays vint le visiter, en lui annonçant qu'il allait, avec son armée, donner la chasse à un terrible brigand nommé On g-Kuliman. Ce bandit était un brahmane qui, s*étant adressé un jour à un docteur d*une certaine secte abominable, lui avait demandé : « Maître, que Init-il que je fasse pour aller au ciel ?» Le docteur lui répondit : « Va dans le bois et tue tous les voyageurs fue tu rencontreras. Lorsque tu en auras immolé cinq cents, tu es sûr d'aller au ciel. » Ce misérable suivit os précepte, et, à chaque victime nouvelle, il coupait on doigt qu'il portait à son cou en guise de collier, afin 4e ne pas se tromper snr le nombre des personnes qu'il avait égorgées. Il était devenu la terreur de tout le pays, et son collier se composait déjà de quatre cent quatre^ngtdix-neuf doigu à l'époque où le roi vint tffen?ar Phta*Ihodfloi. Le saint réçondâmoi'B^^^^i^^

« Retourne en ton palais; n'envoie pas tes soldats pour poursuivre cet homme, car je crois qu'il va se convertir et devenir un saint; je me charge de ramener 'dans mon monastère et de Tordonner bonze. » Il s'en alla seul dans la forêt où le brigand attendait les pas- ^dants. Dès qu*Ong-Kuliman le vit, il courut sur lui, le .sabre levé, comptant bien compléter le nombre de ses victimes. Phra-Khodom marchait d'un pas lent et majestueux, sans faire attention au bandit qui le poursuis Tait à toutes jambes. Au bout de quelque temps» Ong* Kuliman, voyant le saint toujours à la môme place, loi cria : « Qui es-tu? es-tu un homme, un ange ou on 4émon ? Quoique je coure de toutes mes forces, je vois que je ne puis pas t'attraper. » Phra-Khodom lui té* pondit : « Quand même tu volerais plus vite qu'un oiseau^ tu ne pourras jamais m*atteindre. » Le brigand le poursuivit jusqu'à perdre haleine, et il tomba enfin exténué de fatigue en priant Phra-Khodom de s'arrêter, s'avouant vaincu, et, levant les mains pour saluer le saint avec le plus profond respect, il se rendit, doux comme un agneau, au monastère, prit l'habit de bonze, «t donna depuis l'exemple de toutes les vertus.

Thevathut, beau-frère de Sommana Khodom, obéissantàdessentimentsd'unehainejalouse,coDspira contre sa vie, mais toutes ses tentatives furent déjouées. Étant 4ombé malade, il voulut se faire porter près du saint, afin de s'humilier devant lui et d'implorer son pardon, mais Sommana-Khodom prédit qu'ils ne se verraient pas. £n effet, Thevathut étant tout près de l'endroit où se trouvait le saint, ses pieds s'enfoncèrent dans la terre qvd l'engloutit peu à peu, et il descendit jusqu'au grand fiBler Ayichi, où son corps, haut de huit mille toises, ^f empal^ dans trois ^T^nÔL^sYitQOc^^^ ^«^l^t ^xvsvnmi^

CURIOSITÉS THËOLOGIQUBS. 145

cher, et il souffrira ces horribles tourments durant cent mille Kabi^ ensuite il reparaîtra sur la terre et de- Tiendra bouddha.

Comme échantillon des singularités contenues dans les livres religieux des Siamois, nous dirons qu*on lit dans rund'eux,attribué au dieu Sommana-Khodom lui-même, qu'un éléphant avait trois têtes, chaque tête avait sept dents, chaque dent renfermait sept étangs ; dans chaque étang il y avait sept fleurs, chaque fleur était formée de sept feuilles, et sept tours s'élevaient snr chacune de ces feuilles.

Tout le monde sait qu'un éléphant blanc est honoré au Pegou et à Siam comme une divinité. On lui offre à manger dans de la vaisselle en vermeil. Lorsqu'on le conduit à la promenade, six personnages des plus dis« tingués du pays soutiennent un dais sur sa tête.

Sa marche est un véritable triomphe ; tous les instru* ments de la très-discordante musique du pays l'accompagnent. On ne le mène boire qu'avec de pompeuses cérémonies ; on lave ses pieds dans un bassin d'argent.

Le motif donné à ce culte c'est que l'âme du dieu Rama passa succe^^sivement dans quatre-vingt mille corps différents, et le dernier dans lequel elle habita fut celui d'un éléphant blanc.

Les Siamois s'imaginent que le moment oti un homme éternue est précisément celui auquel les anges chargés de surveiller sa vie marquent quelque mauvaise action sur leur registre.

Les Siamois croient qu'une foule d'esprits fort paissants et très-disposés à nuire sont répandus dans l'air. Pour se prévenir contre leur malice, on n'a qu'à faire usage de certains papiers sur lesquels sont tracées dâs paroles magiques. Quand un &\dxaQ\<& ^t^^^^^'qslx^* mède, il garnit de ces papletsUs Y>ot^% ^\i^^sfc> ^v^^^

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