IOSITA5 TfiSOLMIQUBB. IS
jambes; on éuât persuadé <iae û% celte façon tontes les maladies étaient expulsées.
D'après les Brésiliens, il eitste un mniTais génie, nommé Agnian,, qnr enlèye les corps de ceux «ini donnent d*expirer, lorsqa^on n*a pas la précaution de laisser des Tirres antonr des fosses en f<mne de tonneau dans lesquelles on dépose ks eadavres.
Les Perses, au dire de Plotarque, bonoraient Ahrimane, ou le mauvais principe, en mêlant la poudre d'une certaine plante avec le sang d'un loup, el on portait cette offrande dans des cavernes profondes où les rayons du soleil ne pénétraient jamais.
Les anciens Péruviens regardaient comme créateur de leur race un être gigantesque, nommé Cboun, qui était venu des régions du Nord et qui avait un corps sans os et sans muscles; il abaissait les montagnes, comblait les vallées, et franchissait les lieux les plus inaccessibles. Offensé par les habitants des plaines, il convertit on sables arides des terres qui étaient d'une grande fertilité.
Divers peuples américains adorent le soleil et, lorsqu'il survient quelque éclipse , ils pensent que c'est pour les punir de leurs fautes que leur dieu leur refuse sa lumière. Cette idée les porte à s'efforcer d'expier leurs erreurs par des pénitences rigoureuses. Ils exercent de cruels sévices sur leurs propres corps , ils s'arrachent les cheveux et se déchirent avec des arêtes de poisson. Les femmes ne restent point en arrière dans ces pieux exercices : on les voit se faire des incisions profondes sur le visage et sur les bras, et fairo ruisseler leur saog.
Les Caraïbes croient à des esprits chargés de veiller sur les actions des hommes. C\i^\i^ ^Ai'q;:^^^^ ^^ois^ ^^ ces protecteurs que Ton nomui^ Ch«mci^%; ^^>n^ ^s^
.900 GORIOSITÉS THÉOLOGIQUPS.
hommage des premiers fruits et des prémices des moissons ; ces offrandes se déposent dans un coin des huttes des Caraïbes sur une natte, Qt ces crédules insulaires, non contents d'aifirmer que ces génies se rassemblent pour prendre part à ces repas^ prétendent entendre le bruit qui résulte d'un pareil festin. Ils ajoutent que les chauve-souris ne sont pas ce que pensent des Européens ignorants, mais bien de véritables esprits qui veillent à la sûreté des hommes plongés dans le sommeil.
coutumes d« 4lv«rs peuples Idolâtres.
Dans le royaume de Bénin, les prêtres sont assujettis aumême usage que celui qui était imposé à Rome au grand prêtre de Jupiter. Ils doivent rester dans les limites du pays, et s'ils en sortaient sans une permission spéciale du gouvernement, ils seraient condamnés^ à une mort infamante. La même loi défend, sous une peine tout aussi rigoureuse, aux prêtres fixés dans les provinces, de paraître dans la capitale.
Les habitants du pays d* Aracan , limitrophe du Pegou, ont dans leurs temples une multitude d'images pour lesquelles ils ont une vénération si grande qu'ils les couvrent pendant l'hiver de fourrures, de crainte qu'elles n'éprouvent le moindre froid; ils sont persuadés que cette bonne œuvre leur fera avoir des récompenses dans l'autre vie.
Chez les Indiens du Nicaragua, quand un mariage
est décidé entre deux familles, un prêtre prend le
fiancé et la fiancée par le petit doigt et les conduit dans
une chambre près d*uu feu allumé pour cette cérémo-
i3/6. n leur fait des exhotl^A.\ousA^^^^^^^^^ ^xi^\^\^^V
ques prières pour leur prospérité , et le discours dure jusqu'à ce que le brasier soit éteint; les nouveaux époux sont alors laissés à eux-mêmes.
Des peuples de TÂfrique interrompent leurs travaux à chaque nouvelle lune, et, pendant ce temps, ils veillent à ce qu'aucun étranger n'entre sur leur territoire. Ils donnent de cet usage une explication bizarre : ils disent que, le premier jour de la lune étant un jour de sang, leur riz deviendrait rouge s'ils négligeaient cette cérémonie.
Dans l'île de Formose, on observait un temps d'abstinence semblable sous quelques rapports au carême des Chrétiens : il était défendu, pendant cette période, de se marier, d'avoir des relations même avec son épouse, de forger des armes, de semer, de vendre des peaux, de confectionner des objets nouveaux, de tuer des cochons, de nommer un enfant nouveau-né, d'entreprendre un voyage, à moins que ce ne fCit pour la première fois.
Les Casangas , dans la Guinée , ont pour idole uu faisceau de bâtons fichés en terre, et collés ensemble avec de la bouillie de farine de riz et de millet, arrosée du sang des vaches et des chèvres qu'on lui sacrifie. Il y en a qui fontpendre de ce faisceau deux ou trois crânes de petits chiens attachés avec des cordous. « Les temples de ce dieu ne sont que de grands arbres fort touffus et ombrageux, sous lesquels les Casangas mettent leur idole et lui font adoration, lui offrant du vin de palme et du millet; et afin que l'idole leur garde les semailles, ils mettent quelques-uns de ces bàtons'fichés en terre le longd'icelles. »
Les habitants des Moluques portent touioars ^^las. eux, comme préservatif couvre \e^ e^^\\\^ \sv^vc& ^^^^ bracelets lïabitueUemeiil de 'vene. \\^ ^' ^u^^sn^^^^'^^
9S6 CUUIOSITÉS THÉOLOGIQUES.
connaître le succès d'une guerre qu'il? sont sur le point 'd'entreprendre. Pendant la nouvelle lune, ils immolent une poule dans le sang de laquelle ils trempent ces bracelets, et lorsqu'ils les en retirent, ils examinent attentivement quelle en est la couleur , et par là ils jugent de ce qu'ils ont à craindre ou à espérer.
Les populations idolâtres qui habitent les archipels de la Polynésie sont livrées à toutes sortes desuper.nitions souvent cruelles, qui ont di«paru en grande partie dans les lies de la Société et dans les autres points fréquentés par les Européens, mais elles se maintiennent énergiquement dans Us régions qui n'ont encore eu que peu de contact avec les nations civilisées. Los habitants de Ttle Morotoï avaient élevé sur ehaqu^ promontoire de leur lie des temples au dieu MohO'AroD (roi des lézards), adoré sous Tembiëme d^un requio. A l'arrivée de certains poissons de passage, le même dieu avait droit auK prémicesde la pêche. Doux divinités puissantes étaient Kaono-Hiokala et Kirsa- Fairo , dont là fonction était de recevoir l'esprit des misa la sortie de leurs corps, tt de le conduire dans certaines parties des cieux, d'où ils le retiraient au besoin pour surveiller et conseiller leurs descendants. L'un des dieux les plus hideux de Tarchipp], Karai- Pahoa, éiai: révéré sous la forme d'une idole faite d'un bois tellement vénéneux, que l'eau dans laquelle on le plongeait devenait bientôt mortelle.
Pelé était la déesse des volcans ; elle eut une rude guerre à soutenir contre Tama-Pouaa, monstre gigantesque, moitié homme, moitié cochon, et elle fatau moment de succomber dans cette lutte ; le volcan fut éleint, nuis les frères et les soHirs de Pelé burent toute Iteaaqui l'inondai^ et, T^^emVA^AXUnrsCeux, ils sor- Iteiit en bouiUonuaaX à.uct^t«\ \^^i\i^\!^\^^^\^\^\^
de prendre la faite, fct écrasé sous les rocbers; en vain chercha-t-il un refuge dans la mer, il y fut noyé.
Une institution religieuse et puissante s'est retrouvée dans toute la Polynésie. C'est le Tabou, Tinterdiction complète de la vue et du contact. Le tabou est la chose sacrée , appartenant à la divinité ; on ne peut y toucher sans encourir la peine de mort. Les coupables étaient immolés dans des sacriûces, assommés ou étranglés par les prêtres.
Le tabou était relatif ou général, temjferaire ou permanent. Les dieux, les prêtres, les temples, la personne du roi^ sa famille, et même son nom, les objets^ à Tusage de ces êtres privilégiés, les lieux où ils résidaient , étaient perpétuellement tabou. Les animaux consacrés aux divinités étaient tabou pour les femmes.
Des signes convenus indiquaient que tels ou tels objets étaient taboues. Uoe tresse passée dans roreille d'un cochon, une feuille de cocotier attachée au tronc d'un arbre, un pieu enfoncé au bord de la mer et surmonté d'un morceau d'étoffe blanche ou d'une touffe de feuilles, indiquaient qu'il ne fallait ni toucher à ces objets, ni pêcher sur cette portion du rivage.
La durée du tabou imposé à divers objets était habituellement de cinq à quarante jours; parfois elle persistait pendant des mois et même des années.
Les grandes fêtes étaient précédées d*un tabou quî régnait plusieurs jours et plusieurs nuits. On ne pouvait alors se livrer à aucun travail ; il était défendu ûo pêcher, et les maris devaient rester séparés de leurs épouses. Lors de la fête de la nouvelle année , nu ptôtre faisait le tour de l'île en portant à sa main droite ridole deKekou-Aroua, tandis que sa mala^^^<^^^ s'emparait, an profit du dien, 4e XouX ^^ ^\^^ \\ws?iibx i sâ portée.
S II y avait des circonstances où le tabou était observé ^^vec une rigueur telle, qu'on ne pouvait alors ni allumer du feu, ni sortir de sa demeure ; il fallait même museler les cochons afin de les empocher de crier.
Les idées étranges que présente Tétude de la relil^ion de Mahomet pourraient fournir matière à un volume entier ; nous nous bornerons à quelques pages.
Il s* éleva au sein de Tislamisme une secte de religieux nomades nommés Hoaames , qui prit naissance en Arabie; ils se livraient à la prière, à Tadoration, et terminaient leurs exercices de piété par s'occuper de la propagation de Tespèce; c'était, à leurs yeux, le premier des devoirs de Thomme. L'objet leur était indif- Yérent; ils se précipitaient sans distinction sur le premier qu'ils rencontraient, et sans autre idée que celle d'accomplir une loi sacrée. On fit périr dans les supplices les Houames qui, sortant de leurs déserts^ s'aventurèrent dans les grandes villes et voulurent se montrer trop fidèles à leur doctrine, peu en harmonie avec l'humeur jalouse des Orientaux.
Nous devons une mention aux derviches tourneurs. Le supérieur de la communauté fait deux fois par semaine un sermon sur quel |ue passage du Coran , sur les mérites de Mahomet; ils se mettent ensuite à tourner en rond avec une rapidité extraordinaire , au son d'une fl&te. Ils arrivent, par un exercice de chaque jour, à effectuer ce tournoiement étrange, et ils s'y perfectionnent si bien, qu'au milieu de l'élan le plus i^rosque ils s'arrêtent tout court à un signal donné.
citent l'exemple 4e\>îîvV^ ÔL^»&^\i\ ^<5H^s8wV'i«<ihe , Justifiant leuis ex^icÂ^^^.
CURIOSITÉS THÉOLOGIQUES. Sfff
Les Kadris. ordre de religieux turcs, reccTaienî, lors de leur admission, un petit fouet de bois de saule vert, du poids de quatre cents drachmes. Ils le portaient toujours pendu à leur ceinture, et le poids de leur nourriture était réglé sur celui de ce fouet, de manière qu*à mesure que le bois séchait et devenait plus léger, la . ration diminuait.
Les musulmans se servent de chapelets qui sont quelquefois composés de soixante grains d*nne grosseur uniforme, et plus souvent de cent grains divisés en trois parties. Le disciple de Mahomet récite une prière sur la tête du chapelet;. il parcourt ensuite les trois sections de trente-trois grains chacune, en disant sur la première : Dieu est louable ; sur la seconde : Gloire à Dieu; sur le troisième : Dieu est grand. On a supposé que la législateur arabe avait eu Tidée de ces prières répétées, en se souvenant des mille bénédictions que, d'après les prescriptions des talmudistes, les juifs devaient répéter chaque jour.
Parmi les populations musulmanes de la côte d'Afrique , personne ne révoque en doute l'existence des bons et des mauvais génies ; les premiers sont musulmans, les autres sont infidèles. Ceux-ci cherchent à causer autant de mal que possible aux vrais croyants ; ils s'introduisent quelquefois dans un individu pour le tourmenter et le faire parler à leur guise. Si le malheureux essaye de lutter contre le malin esprit, il se sent bientôt, en punition de sa résistance, boucher les narines, clore la bouche , et il tombe suffoqué jusqu'à ce que, par des conjurations, on Tait délivré de son tourmenteur infernal. Il arrive parfois que les conjurations restent infructueuses; c'e&X wiv. lkOKVè^a.<î.wî^x^temps; alors le pauvre possédé, c,oussàfe^^ ^^^asû.^ mort, est enterré, à la grande saWsîîxcWoTi ^xv^\\^^'^2!sv-
dit. Les djîns habitent les broussailles, la mer, les ruines; ils pénètrent quelquefois dans les mosquées. Il on est qui prennent la forme d'une femme pour tromper les coureurs d'aventures ; sont-ce dans ce cas de bons ou de mauvais djins? D'autres se fontTami d'un bomme marié, et empêchent les tentatives d'infidélité de la part de son épouse. Il est à présumer qu'il en est, par-cî par-là, quelques-uns moins bien intentionnés.
Le verset de la Chèvre, dans le Coran, est celui qui a le plus d'efficacité pour conjurer les djins. Une étoile filante est un djin qui a tenté de sMntroduire dans les -demeures célestes et qui en est précipité par les anges; à la vue de ce phénomène, le musulman prononce ces mots : « Je cherche un refuge en Dieu contre le génie malfaisant. » Les djins ont un corps d'homme reconvert de longs poils ; leurs yeux sont placés verticalement; ils se manifestent ainsi quand ils se trouvent dépouillés de leur pouvoir par un talisman d*une nature supérieure ; s'ilâ sont alors aperçus d'un œil hu- 'jnain, ils meurent immédiatement (l)*
Une des manies les plus répandues parmi les ignorants est celle de vouloir connaître laVenir; elle est le résultat fort naturel de deux penchants d'une grande puissance, l'amour du merveilleux et la curiosité; il est tout simple que ce genre de charlatanisme ait été très-souvent et très-grossièrement exploité ; ne nous étonnons donc point si nous rencontrons chez les Aral)es diverses méthodes fort accréditées pour dérober à l'avenir ses mystères.
Les unes s^nt fort compl iquées, les autres fort simples. Nous en signalerons succinctement deux ou trois.
(i) Dooumenti sur VKistoire^ la fêoqraphie et le eom^ fm9rc$ de l'Afrique orientale, recwWXV* et t^tix^j^Vi >« GwVain, caTpitain^ de i3aiweau,V ^^TNXt^A^V^ 'ï^*
CURIOSITÉS THÉOLOGIQ.UBS. »à
Oo prend de petites poignées de cailloax ou de grai* nes^ telles que le riz, le mil, etc.; on en retire des lots de sept on neuf , selon celui de ces deux chiffres qai d'été fixé d'avance ; puis, le nombre de cailloax ou da graines restés après cette op^ation révèle Tissue da proj^ qu'on a conçu; les nombres heureux sont 4, 4, 5^ 69 et les malheureux 8^ 7, 3, %,
On se sert encore d*un rosaire dont on fait glisser les grains entre ses doigts, en prononçant alternativemeiit les mots : Àli^ Gabrail (Gabriel), Mohhamed; d'après celui de ces noms qui- arrive avec le dernier graia du chapelet , on peut s'attendre à un événement heor reux ou malheureux à divers degrés; car Ali annonça un dénoùment fâcheux; Gabraïl on résultat médiocre; quant à Mohhamed , on Oiit sûr avec lui que tout sa passera très^favorablement.
Signalons maintenant une façon d'oracle bien autres ment savante ; nous ne nous hasarderons pas à décider s'il est plue sûr que celui de Calchas. On fait usaga d'un tableau appelé zaïrgeh , et semblable- à la tabla de Pythagorc. Un médecin instruit, qui a. longtemps résidé sur les bords du Nil , en a donné une descrif^ tion que nous reproduirons ici (4) :
« Le zaïrgeh comprend cent petits carrés, danscba-^ oun desquels se trouve éerite une lettre, arabe. Pour en faire usage, on lit d'abord le premier chapitre du Coran et le oinquantO'-huitiëme verset du sixième : « En lui sont les clefs de toute chose ; personne ne les con* naît que lui. Il sait tout ce qui est sur la terre et dans la mer. Il ne tombe pas une feuille sans qa'il le sache. U n'y a dans les entrailles de la terre ni un grain de sable, ni. une chose verte, ni une chose sèche, qui na
(i) Clot'Bey, Aperçu général de VBaWteA*^^^'
soient écrits. » On place ensuite le doigt snr le tableau sans regarder ; on écrit la lettre sur laquelle il est tombé f et, à la suite , en les alternant d'après des règles déterminées, toutes celles qui se trouvent dans la même colonne verticale , ainsi que les lettres que renferme là cinquième colonne à droite de celle que le sort à désignée. L'assemblage de ces caractères compose des mots qui expriment un conseil. Les zaïrgehs sont disposés, en général, de manière à donner quatre réponses négatives pour une affirmative.
Chardin donne des détails étendus sur les idées superstitieuses qui dominent en Perse parmi les disciples de Mahomet. Tous les jours de Tannée sont , à leur dire, heureux ou malheureux, ou, pour employer letirs expressions, noirs ou blancs ; il en est de même des heures du jour. Pour se préserver de ces fâcheuses influences, ils ont recours aux talismans et aux amulettes. On les compose de passages du Coran et de sentences pieuses, mêlées de termes cabalistiques qu'on porte au cou, à la ceinture, mais plus communément au bras, entre le coude et Tépaule, en de petits sacs de soie ; parfois on les met dans de petits étuis de métal, afin de n'être jamais obligé de les ôter ni jour, nf nuit, pas même au bain. Il y a des personnes qui portent ainsi tout le Coran. On attache semblables amulettes au cou des bêtes et aux cages des oiseaux ; on les suspend aux boutiques, dans la pensée que cela fera venir des chalands. Un moyen fort en crédit pour composer un talisman est de prendre une longue et étroite bande de papier, qu^on présente successivement à quarante personnes du pays, en choisissant les plus intègres et les plus dévotes^ et en les priant d'écrire dessus une oraison à leur gré , celle qu'ils regardent la lus agréable à Dieu et la plus efficace. Chaque oral- •
son est nn ou deux versets da Coran, ou une pieuse sentence. Quand le papier est achevé, le Persan le plie, renferme et le porte sur soi. Il donne pour motif de sa façon d*agir que de ces quarante personnes il y en aura au moins une qui sera agréable à Dieu, et dont loraison aura ainsi une efficacité favorable.
Sir William Ouseley, dans ses Voyagea , parle d*un Persan qui fit demander à une personne de l'ambassade quatre soies de porc , afin de composer avec des crins d'un jeune lion et d'autres ingrédients une amulette excellente pour préserver les enfants de toutes sortes de maladies.
Parmi les superstitions des Persans^, on peut signaler celle qui consiste à observer le chant du coq. Quand cet oiseau se fait entendre aux heures propices, ils pensent que c'est un bon augure ; quand au contraire il chante dans un instant défavorable, on le tue. Les bons moments sont à neuf heures du soir et du matin, à minuit et à midi.
Les Persans prétendent que le lion sait très-bien distinguer les hérétiques des orthodoxes. Il s'éloigne avec respect sans faire aucun mal à l'homme qui , en l'apercevant, s'écrie : 6 Ali; mais si vous aviez le malheur de dire : ô Omary le lion s'élancerait sur vous.
Le jugement dernier a donné Reu chez les musulmans à des idées assez singulières: ils prétendent qu'il aura lieu après la résurrection générale des hommes et des animaux. Lorsque la trompette les aura rassemblés des extrémités du monde, ils attendront cinquante mille ans dans les vallées de la Syrie qu'il plaise à Dieu de décider de leur sort. Pendant ce temps, les corps des mahométans brilleront d'un vif éclat, mais les infidèles seront prosternés contre terre, muets, sourds et aveugles. Lorsque le fatal moment sera veuvi^ V<^^^-
men de chacan des hommes ne durera pas aa delà^âa temps qui est nécessaire pour traire une brebis oa deoK chamelles. La balance dans laquelle Dieu pèsera les actions des humains sera tenue par range Gabriel. Elle sera d'une grandeur telle, que les bassins , dont Fun sera suspendu sur le paradis et Pautre sur Tenfer, pourraient contenir le ciel et la terre. Lorsque les animaux auront été jagés à leur tour, et que Dlea leur aura permis de se venger les uns sur les autres, ils retomberont en poussière.
Xiéffende de sainte AmMt
Une légende singulière, qui £ait partie d'une histoire da la Bible en vers rédigée au treizième siècle, a été signalée dans un curieux ouvrage de M. Leroux de Lincy {Liw^e des légendeSj IfUroduciion^ Paris, 1836). Le trouvère commence par annoncer que mille ans après la désobéissance d'Adam, le Seigneur transporta l'arbre de vie dans le jardin de saint Abraham'; un ange vint prévenir le patriarche que le Fils de Dieu serait crucifié &ur cet arbre, dont la fleur donnerait le jour à un chevalier qui mettrait au monde, sans le secours d'une femme, la mère d'une vierge que Dieu choisirait pour mère. Ce profige arriva tel qu'il était annoncé. Abraham avait une fille qui respira le parfum de l'arbre ; elle se trouva enceinte. Pour prouver son inno^cence devant les Juifs qui l'accusaient, elle consentit àentrer dans un brasier ardent; les flammes larespectèrent et se changèrent en fleurs sous ses pas. lin^x eut pas un tison, pas un cbarbon qui ne devimt ona rose, une fleur de lis ou d'églantier.
Après un semblable muabÇ\e^\%. >îfe\vvi^^\vv8wsA ^v% De pouvait plus faire Vob\el â^xxaâJcwi»•>i^v«Q&w!X
qoit; il se nomma Fanouel et devint chevalier, puis roi, puis empereur, et se trouva possesseur de V arbre devie^ dont il ne connaissait pas toutes les propriétés. Il se doutait cependant de son efficacité, et, pour guérir des malades, il en coupa un fruit qu'il divisa en plusieurs portions, et il essuya ensuite sur sa cuisse le couteau dont il s'était servi. prodige I le suc générateur s*in.troduisit dans la cuisse du monarque ; elle enfla graduellement ; ce fut en vain que les plus habiles méde^ cins furent consultés, nul ne put découvrir un remède. Au bout de neuf mois, la cuisse s^ouvrit ; il en sortit une charmante petite fille. Fanouel, honteux de cette singulière paternité, appela auprès de lui un chevalier de confiance et loi ordonna de porter Tenfant au milieu des bois et de la tuer sans miséricorde. Le chevalier s'apprêtait à obéir, déjà il allait frapper la victime, lorsqu'une colombe descendit du ciel et lui dit : (( Frère, ne frappe point cette enfaut; il naîtra d'elle une vierge que Dieu choisira pour mèroc »
Obéissant à Tordre divin, le chevalier déposa la jeune fille dans un nid de cygnes qu'il aperçut près de là. Le Seigneur prît soin de l'enfant : chaque jour un cerf lui apportait la nourriture dont elle avait besoin, et, quand elle criait, il l'apaisait en lui présentant des fleurs. Elle grandit rapidement; à dix ans, elle possédait toutes les perfections.
Un jour que Fanouel étair à la chasse, il rencontra ce cerf ; il l'attaqua, le blessa, le poursuivit jusqu'auprès d'Anne, qu'il fut très-élonné de voir; mais il ignorait qui elle était. Il l'interrogea, elle répondit : a Sire» je suis la fille que tu portas dans ta cuisse ; le chevalier auquel tu avais commandé de me tuer me laissa ici.» Le monarque, heureux de tôViq^^n^x ^vû.^\'3»^\^«o&3iX!X^ là conduisit à sou palais, eX ^evx^^^t^^'^^a'^^^^^^ "^
mariage à un preux chevalier nommé Joaquîm; Mari» fut le frait de cette union.
D'autres légendaires se sont plu à accumuler dans la vie de sainte Anne une multitude de miracles qu'ils ont puisés dans leur imagination. L'un d'eux raconte que la sainte, tourmentée par une soif ardente, s' étant rendue auprès d*une fontaine, le diable en ferma Tonverture avec une grosse pierre. La sainte s'adressa au Seigneur, et soudain il jaillit de la pierre une source aussi claire que le cristal; mais le démon, dont la malice est infatigable» jeta aussitôt un gros caillou dans cette eau, et elle devint extrêmement amère et fétide ; Anne allait toutefois en boire, mais un ange descendit du ciel et lui apporta une boisson d'une pureté parfaite.
D'après un autre écrit populaire, Anne naquît lorsque sa mère Emerancienne avait déjà plus de soixante ans. On trouva sur sa poitrine, gravé en quatre lettres d'or, le nom qu'elle devait porter. Un aveugle s'approcha, et, recouvrant aussitôt la vue, il put lire ce nom miraculeux.
Miracles de Notre-Dame.
Les écrivains du moyen âge ont laissé d'immenses recueils de faits merveilleux survenus par l'entremise de Notre-Dame. L'imagination, à cet égard, se donnait pleine carrière ; nous mentionnerons quelques-uns de ces récits souvent étranges.
Un voleur qui, au milieu de ses méfaits, avait conservé l'habitude de jeûner la veille des fêtes de Marie, mourir que muni des sacrements.
réserva plusieurs eiitm\^ dxjLlQ^owdftaloui^s.
GURIOSITÉ.S THÉOLOGIQUES. 269
Elle rendit Torgane de là parole à ou évoque auquel des hérétiques avaient coupé la langue.
Elle ressuscita un enfant que des Juifs avaient mis à mort.
Le diable ne put étrangler un militaire qui, chaque jour, saluait Marie.
Des Sarrasins voulurent mutiler une image de Marie, il leur fut impossible d*y parvenir.
Un peintre tomba du haut d'un échafaudage ; il invoqua Marie, pour qui il avait toujours eu beaucoup de dévotion, et il fut soutenu en Tair, de manière qu'au lieu de se briser contre le sol, il descendit tout doucement.
Une femme, dans un accès de désespoir, voulut se donner la mort, et, dans ce but, elle avala une araignée; la Vierge la secourut et la sauva.
Un impie brisa le bras d'une statue de la Vierge ; le diable Tétouffa aussitôt.
Un manuscrit de la Bibliothèque Impériale de Paris (n° 7018, 4), exécuté à la fin du quinzième siècle, renferme une ample collection de miracles opérés par rintercession de Notre-Dame :nous indiquerons ceux :
D'une bonne religieuse à qui Notre-Dame donna son enfant à tenir.
D'un chanoine que le diable noya et que Notre-Dame ressuscita.
De saint Léon pape, qui se coupa la main, parce qu'une femme l'avait baisée, ce qui lui avait fait res- . sentir un mouvement de concupiscence; la Vierge rendit au pontife la main qu^il s'était tranchée.
D'un moine sur la langue duquel on trouva Ave Maria,
De saint Grégoire qui entendit les anges chanter Ave Maria,
270 CITRIOSITÉ^ THÉOLOGIQDES.
D'une joune fille qui coupa ses beaux cheveux par le commandement de Notre-Dame.
D'une autre jeune fille qui dansait volontiers, et à qui Notre-Dame le défendit.
D*une Juive qui réclama la Vierge Marie en enfantant»
D*un ménétrier à qui Notre-Dame donna un cierge.
D'un arbre sur chacune des feuilles duquel était écrit Ave Maria.
D'un évoque espagnol à qui Notre-Dame donna une aube.
Gomment Dieu donna à Notre-Dame une goutte do son sang pour sauver un pécheur.
D'un moine à qui Notre-Dame essuya le visage et les yeux.
Des greniers que Notre-Dame remplit de beau froment.
De la tête d'un voleur qui demandait à se confesser.
Un recueil de récits légendaires en vers latins, composés par un Jésuite, le père Sautel, Lyon, 4679, 2 vol. in-12, présente une foule de miracles attribués pour la plupart à Notre-Dame, mais dans lesquels divers saints jouent souvent aussi un rôle important. Il suffira de citer quelques-unes de ces narrations :
Sainte Brigitte, âgée de sept ans, est instruite par la Vierge elle-même dans l'art de manier l'aiguille.
Sainte Vuilgeforte,
Se trouvant exposée à toute la lieence
Où du soldat vainqueur s'emporte l'iasolfoce,
est sauvée par une longue barte qui lui couvre inopinément le visage, et qui frappe d*étonnement et d'horreur les audacieux q\x\ ^W^AetiX ^\\KQ.ViTi.^^ vertu. Saint Pacàme traverse Ve M sut "osi <^\^^^^^^.
CURIOSITÉS THÉOLOGIQUES. Î7i
Saint Sâbin confie la garde de son âne à un lion, ^ui s'acquitte scrupuleusemeDt de ce mandat.
Saint Etienne, évoque de Die, est, dès sa plus tendre enfance, épris d'un tel amour pour les mortifications, que, le vendredi, il s'abstient de teter sa mère.
Saint Homobon donne à. des pauvres ]e vin qu'on Tavair chargé de porter à des ouvriers travaillant à la vigne; et pour suppléer à ce qu'il n'a plus, il cbange de Feau en vin. -Le même saint se rend à une église, et les portes, qui étaient fermées, s'ouvrent d'ellesmêmes à son approche.
Saint Grégoire le Thaumaturge ordonne à une montagne, qui le gênait pour la construction d'une église, de te transporter ailieurs; la montagne obéit.
Saint Laurent commande à une statue en marbre de Jupiter de fondre comme de la cire ; la chose a lieu immédiatement.
Saint Narcisse se trouve, une nuit, menacé de rester dans l'obscurité; sa lampe va s'éteindre faute d'huile. Il verse de Teau, et la lampe se ranime de plus belle.
Saint Satyre fait tomber la statue d'une idole en soufflant dessus.
Saint Raymocd navigue sur les flots, en se plaçant debout sur son manteau; saint>François de Paule en fait autant. (La légende de saint Patrice etceUede saint Cnana racontent qu^ils passèrent la mer sur mie grosse pierre qui leur servait de bateau, et on peut lire, dans le curieux recisieil de Colgan, que pkisieurs saints irlandais traversèrent à pied sec le fanal qui sépare leur pays de l'Angleterre.)
Saint Romain continue de prêcher la parole de Biea après qu'on lui a«oupéla'langw^.
SaîDt Nicâise, conduit a\rm«t^t© > %^ \sisx^^^î*55*R^^^*B.
psaume; on lui tranche la tête, il continue jusqu'au dernier verset.
Saint Jacques de Nisibe est l'objet des railleries de quelques jeunes filles ; il les punit en rendant leurs cheveux d*une entière blancheur.
Saint Sabin boit, sans en ressentir aucun mal, un breuvage empoisonné que lui présente un diacre, et ce malheureux expire aussitôt.
Saint Martinien, jeté dans la mer, est recueilli par un dauphin qui le porte sur son dos.
Saint Marcel, voulant célébrer la messe, s'aperçoit que le vin manque ; il y supplée en changeant aussitôt en vin de Teau prise dans la Seine.
Saint Jean-Damascène a la main coupée; la sainte Vierge la lui rend, mais une ligne rouge subsiste et constate le miracle.
JUDAS ISGARIOTE.
Ce personnage exécré devint tout naturellement Tob* jet de bien des légendes.
Sa mère eut, durant sa grossesse, un songe où son enfant fut annoncé comme devant être plein de malice et comme le destructeur de sa famille. Elle fit part de ce rêve à son mari, et les parents, effrayés, prirent le parti, quand leur ûls fut né, de le mettre dans une na« celle et de Texposer sur la mer; les flots le poussèrent à la ville d'Iscarioth : de là son nom. La reine du pays n'avait point d'enfants; elle vit celui-ci et l'adopta. Plus tard, Judas vint à Jérusalem et capta la faveur de Pilate. Il eut une querelle avec son père au sujet d'an pommier dont il voulaW cueVWk l^s fruits cLoe désirait 1^ proconsul romain, eX, sMi&\ô?»v^^vl/^^^^^^V^
devint parricide. Il épousa ensuite sa propre mère. Tout cela se découvrit, et Judas, saisi d*efTroi, alla trouver Jésus et se mit au nombre de ses disciples ; maïs bientôt, aveuglé par la cupidité, il ne tarda pas à faire des détournements illicites sur les payements qu*il était chargé d'effectuer ; telle fat l'origine de sa chute. Diaprés quelques vieilles traditions relatées dans des écrits du moyen âge, Judas est, Jusqu'au jugement dernier, ballotté par les flots toujours agités d'une mer furieuse. Quelques trouvères ajoutent que, chaque samedi, son supplice est suspendu, par un effet spécial de la miséricorde divine.
OaérisoBS de certaines maladies opérées par les saints*
La plupart des maladies avaient des saints auxquels on s'adressait pour obtenir la guérison : saint Loup était invoqué pour la rage, saint Faron pour les hémorroïdes, saint Ouen pour recouvrer Touïe. On avait recours à
Saint Acaire, pour radoucir les personnes acariâtres.
Saint Aignan, contre la teigne.
Saint Atourin, contre les étourdissements.
Saint Boniface, pour obtenir de l'embonpoint.
Saint Clair, sainte Claire, sainte Luce contre les maux d'yeux.
Saint Claude, pour la guérison des boiteux.
Saint Cloud, contre les furoncles.
Saint Fort, contre les faiblesses.
Saint Genou, contre la goutte.
Saint Ladre, contre les ladreries.
Sainte Marie, pour la gale aux mains.
Saint Marcoul, contre les écrouelles.
Saint Paterne, contre la slétïïUé, e\c.
On troave une longue nomeucX^Vos^) ^ ^^'^ ^^psA-^
dans un livret populaire intitulé : /> Médein des pauvres^ ou Recueil de prières et oraisons précieuses contre le mal de dents, les coupures, h s ) hainalisineSj la teigne, la colique, les l/rûlutes, les unnirain tsprils. etc.
Voici un échantillon des prières que renferme ce volume :
a Sainte Apolline assise sur une pierre de marbre, Notre-Seigneur passant parla lui dit : « Apolline, que fais-tu là? — Je suis ici pour mon chef, pour mon sang ^t pour mon mal de dents. — Ap^line, retourne-toi; si c'est une goutte de sang, elle iDiub-^ra, ei si c'est un ver, il mourra. » Cinq Paler et cinq Ai)e. Maria en l'honneur et à l'intention des cinq plaies Je N.-S. J.-C, le signe de la croix sur la joue avec le doigt, en face du mal que 1 on ressent, et en lrès-p(îu de temps vous serez guéri.
Le môme livret renferme une Oraison à saint Antoine de Padoue pour retrouver le ^ pênes et autres besoins que nous avons cliaque jour : elle es^t en vers et ^lle débute ainsi :
Père et patron, saint Antoine At Pade
Qui vous invoque, au besoin vous évade
Périls de mort et de calamit* s,
De lèpres, fièvres et autres inti imités,
Remédie à mort subite et peste.
En terre et mer cesse fou «r^- et tempeste.
Pour retiouver toutes choses penlues.
Une autre oraison, la dernière, posi^èdo de telles vertus, que celui qui la portera. sur >ui ne peut périr ni par le feu, ni par l'eau, ni en ba.uile, et il aura bonbearet victoire sur ses ennemis. Une femme eu travail
d^entant, sur laqucWe ou mçiVU*^ \\\\\.^ vivi^vioa, sera
d'^ord délivrée
CURIOSITÉS TflÉOLOGIQUES. 275
Les idées sur la guérison des maladies parles prières sont répandues en maint pays. Elles florissaieut surtooi en Espagne, où la science des Ensalmos ou oraisons était une Iraiiche des connaissances humaines fortcultivée chez les duègnes et chez les mendiants ; les aveugles en faisaient une étude approfondie. II existait de ces oraisons contre tous les mauy, contre toutes les affections; leur succès était infaillible, si elles étaient récitées avec componction, d'une voix grave et posée» Uoraison à sainte Apolline était la plus célèbre ; elle faisait cesser sur-le-champ le mal de dents; il en est fait mention dans l'histoire de l'immortel don Quichotte.
Divers livres populaires de l'Espagne renferment des oraisons contre la peste adressées à sainte Rosalie, et au seigneur saint Raphaè'), archange.
Anciens nsag^es en Russie.
. Un écrivain du dix-sepiième siècle, qui a tracé le tableau des usages des Moscovites, alors fort peu en contact avec le reste de l'Europe, nous apprend qu'on observe en cette contrée quatre longs carêmes par an, pendant lesquels on ne vit que de pain, de puisson, de légumes, d'herbages, et surtout d'ail et d'oignon. Il n*y a que la première semaine de carême de Pâques durant laquelle on a la liberté de manger des œufs, da beurre et du lait, de faire, en un mot, toute sorte d'ex^ ces, hormis de manger de la viande. Onse prépare alors au jeCine par la ^ébauche, et l'insolence des Ivrognes est extrême. IMais ensuite on vit avec tant d'austérité (Jue' les plus dévots ne mangent guère de poisson sïldtiû le dimanche; et, à moins de courir le ri^cv\5A^^\.t^ ^iccommunié pendant un an, il ne laul i^^mX q^^\^ xssaxv approche de ssl femme pendant \e cax^tCL^*
Qoandon se confesse, on se tient debout dans Féglise devant Tlmage d'un saint, et, le prêtre, en donnant Tabsolution, ordonne diverses pénitences, comme de faire un certain nombre de révérences aux saints ou de se laver avec de Veau bénite qu'il vend.
Le jour que Ton communie, il ne faut pas manger de la viande, et pour éviter ce jour-là les occasions de pécher, il y en a qui vont dormir après qu'ils ont reçu le sacrement.
Lors des funérailles, on a coutume de prendre des gens exprès pour pleurer à haute voix lorsqu'on porte le mort au cimetière, de lui laisser des habits et de l'argent, afin qu'il ne manque de rien dans le long voyage qu'il va faire en l'autre monde, et, en cas que le défunt ait vécu en bon chrétien, le prêtre lui laisse entre les mains un certificat qui s'adresse à saint Pierre ou à saint Nicolas (0-
(1) Le Musée britannique possède l'original d'un certificat semblable ; en \oici la traduction :
« Macairc, par la grâce divine, archevêque de Kief de Halicz et de toute la Russie, à notre seigneur et ami saint Pierre, portier de Dieu Tout-Puissant.
« Nous te cerlifions;qu'il est décédé en ce jour un certain serviteur de Dieu, appelé le prince Théodore Vladimirsky; nous t'enjoignons de l'introduire directement, sans aucun obstacle ni délai, dans le royaume de Dieu. Nous l'avons absous de tQus ses pécbés et lui avons octroyé notre bénédiction. P^r conjjéquept, rien ne s'oppose à ce que tu le laisses passer, et, ^6fi gu'il ep soijt zlw, nous lui avons délivré ces l»résentei lettres d'absolution, eo notre; monasOu-e. de^Kiery, tt trentième Jour de Juillet 15Ù, »
L'humble Macain?, archevêque do Kicf^ de Tîalioiet de toute la Russie.
CURIOSITÉS THÉOLOGIQUES. 2TÏ
Croyances répandnes dans les pajs de l'Indo-oUne.
D*après les idées religieuses admises chez les Birmans, la vie homaine varie de dorée selon des époqaes qae détermine la méchanceté des hommes oa leur retour au bien. Cette durée finit par tomber à une moyenne de dix années ; puis, quand les vertus ont purifié rhumanité, elle peut s'étendre à une assenscMé^ mesure dont la valeur est incalculable, ainsi que le sont les nombres que se plait à créer Timagination asiatique. S'il pleuvait continuellement pendant trois ans sur la surface entièie dumonde, la quantité de gouttes de pluie qui tomberait pendant cette période équivaudrait à une assenschié.
S'il faut s'en rapporter aux Birmans, la terre est une plaine circulaire entourée d'une impénétrable barrière de montagnes d'une hauteur immense. Au centre de cette plaine est une montagne élevée de Si^OOO juzuncts au-dessus du niveau de la mer (le juzuna équivaut à 38,000 coudées). Le sommet de cette montagne a 48,000 juzunas de diamètre. C'est là le séjour des dieux. Trois énormes rubis soutiennent cette masse. Les quatre côtés de la montagne sont en or, en argent, en cristal et en rubis. Tout autour sont sept chaînes de montagnes fort élevées, d'où s'écoulent sept grands fleuves.
Aux quatre points cardinaux de cette masso de montagnes, et au milieu d'une mer immense, sont les quatre grandes îles où vit le genre humain : l'une a la forme d'une demi-lune, Tautre celle de la pleine lune, la troisième est carrée» la quatrième en losange. Dans la quatrième de ces lies sont les royaumes des Birmans, de Siam et de la Chine. II y a en outre 3,000 autres petites
es d'où sont venus les £uro|^éeiiâ.\A\£L^\ ^<^\^^^2^^^
de monstres affreux qui empêchent de pénétrer dans les trois autres grandes îles.
Les Birmans ont adopté la doctrine de la métempsycose ou transCguration des âmes, mais en modifiant &ar ce point le^ idées des Hindous et de Pythagore. lis maintiennent que r^yme et le corps périssent ensemble, et qu'une autre âme et un autre corps sont formés des fragments du défunt, selon les bonnes ou mauvaises aetions précédentes.
Qifiërentes espèces de punitions sont infligées aux médiants. La transformation de Tbomme en bête est le moindre des châtiments ; il est réservé à ceux qui donnent du scapdale, qui médisent de leur prochain et gui tiennent des discours irréligieux.
Dans le second degré de punition, les coupables ne peuvent marger que des objets fétides; ils sont oondaoftnés à errer nus dans les forêts, à habiter les eîr ternes et les tombeaux ; ils souffrent de la faim et de la soif, et ils n'ont pour boisson que le sang qu'ils tirent de leur corps avec des pointes acérées et aiguës.
Des punitions semblables, mais plus rigoureuses, forqnçnt le troisième degré; enfin, dans le quatrième» les assassins et les meurtriers, jetés dans le Nivia ou enfer, qui est placé dans Tinlérieur d'une pierre immense qui forme le centre du monde, souffrent toutes les tortures de la glace et du feu, et sont exposés à la rage des démons.
Indépendamment de la terre où vivent les hommes» il en eiiste 40,400,000 autres qui se touchent chacune par trois points.
Très-superstitieux, les Birmans croient à une foule ie combinaisons physiques qui influent sur la destinée lies hommes, et qui toutes sont consignées dans un gros livre qu'ils appellent Deillon. Les bois employés
CURIOSITÉS THÉOLOGIQOES. 279
dans la construction des maisons peuvent, selon euïy exercer une grande influence sur la destinée des habitants; les iiœnds qui se trouvent sur telle ou telle partie de ces bois annoncent, soit une abondance de provisions de tout g'^nre, soit la mort d'ua fils, d'an neveu ou dun esclave, soit la mort subite d'une femme, etc.
Usages funéraires chez les Tibétains et d' antres peuples» .
Les Tibétains avaient jadis pour leurs sépuUurej. des usages bizarres, dont les lapports avec les idées religieuses répandues dans le pays n'ont pas été très- nettement expliqnés. « Dès qu'un homme meart chez eux, dit un auteur chinois, en rapproche sa lèle de ses genoux, on lui place l:^s mains entre les jambes, on Fatiache dans celle position avec des cordes, on le revêt de ses habits ordinaires, on le place dans un sac'de cuir ou dans un pani«T, et on le suspend à une poutre.- C'est alors que ses parents et ses amis viennent îe pleorer.On invite des lamas à réciler des prièj-és, et on porte au temple du beurre pour brûler le cadavre on plutôt pour lî cuin; d(îvant les images des dieux. La moitié des < ffets du défunt est donnée au temple, l'autre est vendue pour offrir du thé aux lamas, et pour défrayer les déjienses des funérailles. On porte ensuite le corps à des hommes qui, moyennant une rétribution, l'attachent à une colonne en pierre et le coupent par petits morci'aux qu'ils donnent à manger aux chiens. Ses os sont plies dans un nriortier et mêlés avec de la farine grillée qu'on donne à ces animaux; c'est ce qu'on appelle la sépulture terrestre. Si le corps ainsi haché et pilé est livré à 1'. ppéiit des vautours dans de grands enclos réservés à cet usage, c'est la ç>évû^Vax^ ^^^^^-
Les Tibétains regardent ces deux manières d'être enseveli comme très-heureuses. Les cadavres de ceux qui ne laissent pas assez d*argent pour payer les découpeurs sont jetés à Teau; c*est la sépulture aquatique; elle est regardée comme un malheur. Ce n'est que pour les laïques qu'existent les funérailles de ce genre ; quand un lama meurt, on brûle son corps. »
Lorsqu'on ensevelit un ToDkinois, la loi religieuse oblige le plus proche parent du défunt à se coucher par terre et à se laisser fouler aux pieds par ceux qui portent le cadavre. Cette cérémonie se reproduit plusieurs foi^endant la marche. On met dans la tombe, avec le cadavre du défunt, les marques des dignités dont il a été revêtu pendant sa vie ; on y dépose de l'or, des vivres, des objets précieux, afin que, dans le monde nouveau où il va paraître, il jouisse des mêmes avantages que ceux qu'il avait ici bas.
Les funérailles des rois se célèbrent avec une grande magnificence ; soixante-cinq jours s'écoulent avant que le corps soit placé au lieu de la sépulture, et ce lieu n'est connu que des principaux oificiers de la cour, qui jurent de ne jamais le révéler.
Lorsqu'un Hindou des castes inférieures est malade au point que sa mort peut être regardée comme prochaine, on va chercher une vache, sous le dos de laquelle on le place; on lève la queue de Tanimal, on Fexcite à lâcher son urine sur le visage du mourant ; si ce liquide coule sur le visage du malheureux , des cris de joie et d*espérance se font entendre de tous côtés.
Chez les habitants de la Corée, les funérailles se font avec très-peu d'appareil. Ce peuple parait avoir voulu apporter en toux bea\xco\i^ d^ ?»vsv^\\ft(ia.UQn ; le ma- Tisige y est accompag\iè OieYiKeiTv mwûs» ^^ <5.^\^\ûss^v^%
CURIOSITÉS THÉOLOGigqES. 381
religieuses que chez d'autres nations. Le futur époux monte à cheva], fait le tour de la ville et s'arrête devant la porte de celle à qui il veut s'unir. Ou ne lui en de* mande pas davantage.
opinions des Orienfanz an sn^et dsl'sntrs monds.
Les Arabes admettent plusieurs paradis, qui sont d'or, d'argent, d'ivoire, etc. Le plus délicieux de tons est celui dont Tange Gabriel tient les clefs. Des légions d'anges défendent ce jardin, dont la terre est de musc, ou de la plus pure farine mêlée de safran. Les murailles sont d'argent; le tronc des arbres est d'or massif. Celui qui est au milieu du jardin est appelé l'arbre de vie ; de ses racines coulent des ruisseaux de lait et de miel. Les justes sont tous d'une taille élevée et d'une beauté parfaite. Ils sont vêtus d'étoffes d'or couvertes de pierreries. On leur servira sur une table immense, faite d'un seul diamant, les mets les plus exquis et des fruits dont l'excellence dépassé tout ce qu'il est donné à un mortel d'imaginer. Avant d'y entrer, ils boivent d'une eau qui les délivrera de tout ce qu'il pourrait y avoir d'impur en leurs corps. Un ange viendra présenter à chaque élu, dans un bassin d'argent, une poire ou une orange des plus appétissantes. L'heureux musulman prendra ce fruit pour l'ouvrir; il en sortira aussitôt une jeune fille dont les grâces et les charmes sont au-dessus de ce que peut inventer une imagination même orientale; les prédestinés goûteront avec ces houris des plaisirs toujours nouveaux et très-charnels. Ces beautés complaisantes se trouveront toujours avoir leur virginité, quoiqu'elles la perdent sans cesse. 11 y a dans le paradis quatre espèces de houris : les premières sont blanches, lessecoïide&'^«lVfe^^\^^^x^^^\'s«^^^ jaunes, ies quatrièmes rduges. LevîLt?> cot^^^^^î^'^'^^^sssè^-
Î8J CURIOSITÉS THÊOLOGIQDES.
ses de safran, de musc, d'ambre et d'encens; si par hasard rctné d'elles venait à cracher sur la terre, l'aimosphëre serait aussitôt remplie des parfums les plus suaves.
Quelques docteurs musulmans ajoulent 4[ue divers animaux auront le privilège d'être admis dans le paradis; ee sont le î)éHer d'Abraham, le mouton dlsmaêl, la vache de Moïse, le poisson de Jonas, la fourmi et la huppe (1) qui figurent dans l'histoire fabuleuse de Salomon, et le chien des Sept-Dormants (2).
(1] La huppe joue un grand rôle daos les récits dont les Orientaux ont surchargé l'histoire de Salomon ; le monarque hébreu avait choisi cet oiseau pour son compagnon inséparable, parce qnc son regard traverse la terre comme si elle était un morceau de eristal. La huppe pouvait aussi, toutes les fois que le r(N était en voyage, indiquer les sources qui fourniraient l'eau nécessaire à la boisson et aux ablutions prescrHes par la loi. La reine des fourmis eut de son cété avec Salomon des conférenees sur des questions de religion et de morale. Voir G. Weil, BUilische legenden der Muie^ manner, 1845, et le Dictionnaire des livres àpocrypheê, t. II, col. 851, faiSLiiit partie de VJEncjiclopédie théolog^ique publiée par l'abbo M igné.
(2, On donne habituellement le nom des Sept Dormants à sept chrétiens du troisième siècle lesquels furent mis à mort pour la foi chrétienne. Cet événement arriva à Ephèse, et l'Église en célèbre encore la fête le 27 juillet. Plus de de«ix slèctes après, vers l'an 479 de notre ère, leurs corps ayaat été trouvés dans une caverne où Us avaient été enfermés, oq les en retira, et on les exposa à la vénération des fidèles. La légende, en parlant de leur mort, avait dit, suivant la locution ordinaire, qnï/x s'étaient endormis dans le Seigneur, Le vulgaire prit occasion de là pour dire que ces martyrs D'étBîent pas morts, qu'Us a*éVm\i\. c^ç\v^^ ^^a& Vi.^v^<i\tife^ et qu'ils se réveiUèreiil cuM «çt^^ ^e\xT. ç\>ie^^^, «^ %\'^^^
Les habitants de Madagascar affirment qne Id paradis est sitaé dans le sokil oa dans la lane, et qu*il est arrosé par quatre fleuves qui roulent, Tun du lait, Fautre du tîo, ub troisième du mie), et le dernier de Fhuile.
D'après les auteurs musulmaus, Tenfer asept portes, à chacune desquelles se tiennent dix-neuf anges toa« jours prêts à tourmenter les réprouvés. Les infidèles resteront éternellement renfermés dans cet horrible séjour, et seront chargés de chaînes de soixante-dix coudées de long. Les mahométans y seront retenus au plus sept mille et au moins quatre cents ans, selon la gravité de leurs méfaits. Après une expiation suffisante, le Prophète obtiendra leur délivrance, et ils seront réu-
ëtonnemeiit éet spectateurs. On montre encore à E^^hèse le lieu où ce préteodu miracle eut lieu. Un chien avait aeeom'pagnë les martyrs dans leur retraite ; il partagea la célébrité de ses maîtres, et on supposa qu'il était resté pendant tout ce temps sans boire ni manger, pour garder leurs personnes. Ce récit est regardé comme parfaitement authentique parmi les musulmans tout comme parmi les chrétiens orientaux. En Perse, on célèbre tous les ans la fête des Sept-Dormants, et pour récompenser le chien de son zèle on lui a confié le soin de veiller sur les lettres et les correspondances, et on écrit soo nom : Mitmir, sur les dépêches. Mahomet a parlé des Sept-Dormanls, qu'il appelle les gen» de la caverme, œ qui a fait donner à la sourate XVllI du Coran le titre de sourate de la C<werne. Leurs noms, considérés cottme des talismans, sont gravés sur des pierres grecques et arabes ; trois d'entre elles sont reproduites dans l'ouvrage de M. Charton : Voyageurs ancieris et modernes, t. II, p, 76, Voir la Légende dorée, \esActa sanctorum, t. VI de iuillet,^. Bfl'i\ la Dissertatio de sanctis Scptem DoTm\ent\\ius > ^vi^^a», i74i, etc.
iBh CURIOSITÉS THÉOLOGIQUES.
Dis aux vrais croyants. Tout la temps de leur détention, ils subiront la faim et la soif, n*ayant d'autre nourriture que des fruits amers ressemblant à des tètes de diables, et d'autre boisson qu'une eau soufrée et brûlante qui leur causera des douleurs très-vives.
Les Parsis ou Guèbres trouvent dans leurs livres sacrés une peinture effrayante des supplices auxquels les méchants sont condamnés dans l'autre vie. Les uns habitent d'affreux cachots où ils sont étouffés par une épaisse fumée et déchirés par les morsures de reptiles. D'autres sont plongés jusqu'au cou dans les flols noirs d^un fleuve glacé; d'autres sont suspendus par les pieds, et des démons leur percent, à coups de poignard, toutes les parties du corps. Un des tourments de ces lieux a£freux consiste dans Fodeur infecte qu'exhalent les âmes des réprouvés. Au milieu de ces sombres lableaux, l'écrivain persan retrace la punition d'une femme qui, pour expier sa désobéissance et les querelles continuelles dont elle importunait son mari, est suspendue la tète en bas, tandis que la langue lui sort par la nuque du col.
Los Talapoins du royaume de Laos enseignent que les méchants seront punis dans Tautre monde en étant condamnés à vivre, très malgré eux, dans le célibat le plus austère, et que le châtiment des femmes criminelles sera d*ètre livrées â des vieillards affreux, dégoûtants et d'une méchanceté diabolique.
Gonfiimes barbares an vignenr chas laa Khonds.
Les Khonds forment une de ces peuplades qui habitent, sur les limites de THindoustan, des régions couvertes de bois et de maim, oii Oi\^% ^^ \ûa\\Aviutient dans une sauvage indéçeuâL^ii^-^-ev» w^t^^^'^ ^^^^^«^
dans la naît des temps, et tonte civilisation leur reste parfaitement étrangère. Des voyageurs anglais sont parvenus, malgré de grands obstacles, à réunir quelques informations sur les croyances et les usages reli* gieux de cesbarbar<^s.D'aprè3lesKhonds,Dinga-Penan, le roi des morts, a pour résidence une haute montagne au delà des mers ; les âmes des trépassés y sont amenées, et il faut qu*elles se jettent dans un abîme profond qui Fentoure; elles grimpent ensuite sur un rocher aussi glissant que le serait un parquet couvert de graine de moutarde, et en effectuant ce passage périlleux, elles contractent des infirmités qu'elles communiquent aux corps dans lesquels elles passent. Dinga, assis sur le rocher dont nous venons de parler, est occupé nuit et jour à écrire le relevé de toutes les actions que chaque homme a accomplies durant sa carrière^ et la sentence qu'il prononce est de la plus inflexible équité.
Les bons passent dans une région de délices, et l'acte le plus méritoire qui puisse assurer ce bonheur, c'est de tuer un ennemi ou de mourir dans un combat. La lâcheté, le mensonge, la violation des lois de l'hospitalité, et autres méfaits, sont punis par le retour sur la terre afin d'y mener une existence misérable.
Cette peuplade ^dore la déesse Tari, à laquelle on offre périodiquement des sacrifices humains. Voici la légende qui sert de base à l'institution de cette affreuse cérémonie. Tari se blessa au doigt en coupant des végétaux, et les gouttes de sang rendirent la terre sèche et ferme. Elle dit aux Khonds de la couper en morceaux, afin que son saog répandu produisît un effet salutaire. Ils n'y consentirent point, mais ils résolurent d^offrir des sacrifices humains.
Lesrictimes sont iramolée^vet^V^^^^'^^'^'^^'^^^'
286 CURIOSITÉS TUÉOLO&IQUfiS.
mailles s* opèrent, aQn que chaque famille poisse eastfelir dans son champ un morceau de chair, et obtenir ainsi la faveur de la déesse. Des sacrifices extraordinaires ont lieu aussi lorsque la divinité manifeste son courroux par quelque calamité, telle que les ravages causés par un tigre, une épizootie parmi le bétail, une sécheresse prolongée.
La victime ou meriah doit être achetée on bien appartenir à celui qui la présente. D'autres tribas sauvages fournissent ces meriahs , en échange contre dei haches, de la poterie, des tissus. Ces victimes désignées sont traitées avec beaucoup de respect. On leur persuade que leur sort est très-digne d'envie, que leur mort leur assure immédiatement la béatitude. Elles ne cherchent donc point à se soustraire à leur sort, car elles croient que, si elles le tentaient, elles s'exposeraient à la vengeance des dieux, qui leur infligeraient une fm cruelle.
Le sacrlûcaleur ou grand prêtre porte le nom àejami; sa vie doit s'écouler dans une austérité rigoureuse; il ne doit rien posséder ; le mariage lui est interdit; il M est même défendu d'arrêter les yeux sur une femme; il vit seul dans une misérabb chaumière, dont il ne doit sortir que lorsqu'on a besoin de son ministère.
Le sacrifice est précédé d'une fête qui dure trois jours, pendant lesquels les Kbonds se livrent à tout leur penchant pour l'intempérance. Le jami frotte le corps de la victime avec du lait ; on a pris soin d'abrutir le malheureux avec de l'opium, afin qu'il ne cherche pas à s'échapper, car il faut qu'il se présente libre et affranchi de tout lien. On cherche dans h forêt quelque endroit bien écarté, on fend une branche d'arbre et on passe dans cette fente le cou du meriah, qu'on attache alors solidement. Le grand prêtre porte le premier
coup; la foule s'élance, se rue sur le malheureux, le frappe, l'achève rapidement, le déchiqueté; chacun veut emporter un morceau de chair. Le lendemain, les restes, les ossements, sont brûlés, et la cendre est répandue sur tes champs.
Gr»f «•«•• «B Yiipaenr aoK tles ]II«rqais«s «t oh<m 4'mtrMi
insulaires
Les habitants de Nouka-Hiva ont la plus graade yénération pour des dieux pénates on petites figures faites habituellement avec des o& humains et qu'on porte pendus au cou. Les dieux vulgaires sont sculptés sans aucun art sur les manches des éventails, sur les bâtons, sur les casse-téte; on les donne, on les vend, on les échange avec indifférence et sans nul indice de respect.
Ces insulaires reconnaissent diverses catégories d'êtres surnaturels; l'une d'elles, celle des atouas, comprend tous les personnages divins que crée l'imagination de ces sauvages, et tous les chefs après leur mort. Lorsqu'un homme s'est signalé par son courage et par ses hauts faits, il devient un aloua, et une crainte respectueuse renvironne.il vit à l'écart. Il y a soixante ans qu'un voyageur trouva un de ces aloucis qui exi^ geait des victimes humaines; ou s'empressait de les lui offrir. Aux poutres qui formaient sa case, aux branches dés arbres voisins, étaient suspendus des squelettes, la tête en bas. Le prétendu dieu, s'asseyant parfois sur une plate-forme élevée vis-à-vis de sa demeure, demandait que deux ou trois malheureux lui fussent
immolés; il était obéi sans difficulté. Des offrandes
nombreuses lai étaient adressées de tous côtés ; chacun cherchait à se le rendre propice.
Les habitants des îles Tonga, dans la Polynésie, croient que Funivers repose sur le dieu Mouï, qui est toujours couché. Cest le plas puissant des dieux, mais il n*a ni prêtres, ni adorateurs, et il reste saas cesse dans la même position. S'il arrive un tremblement de terre, on suppose que Mouï, trouvant sa posture trop fatigante, veut se mettre à son aise ; alors le peuple pousse de grands cris et frappe la terre à coups redoublés, afio que le dieu reste tranquille. On ignore sur quoi il est couché ; on ne fait même aucune supposition à cet égard, car^ disent naïvement les indigènes, « qui est-ce qui pourrait aller y voir? »
A Tikopia (autre île de la Polynésie), les insulaires croient à une vie future, et ils sont persuadés que toutes les âmes jouissent de la béatitude céleste. Uu de ces sauvages, auquel on demanda sll n*y avait pas de récompense pour les bons et de châtiment pour les méchants , répondit fièrement : « Il n'existe aucun méchant parmi nous. »
Avant d'enterrer les morts, on a soin de les peindre en rouge.
Les Australiens pensent que les âmes des défunts se rendent dans la lune. lis ont foi aux présages ; le chant du coucou est, selon eux, un augure de. mort.
Dans rile de Retourna, les indigènes croient que la mort est Tœuvre d'an être ou génie suprême qui les étouffe; après le trépas, tout est dissous.
Des idées religieuses qui répugnent aux opinions ^oropéennes, mais qui souX wv^\^\ga^^ '^ ^o\^% ^xs^a nous ayons signalées cYiei (i^%^ç*^x\^^^^^^^^>^^sx5à^^
CURIOSITÉS THÉOLOGIQUBS.' 289
avaient, au dire (1*ud ancien voyageur vénitien, Marco Polo, amené dans des îles faisant partie de Tarchipel de la Sonde, un usage qui donnait aux droits de Thos* pitalité une extension exagérée.
Les liabitants de Kamul (Hamil) vivaient dans les amusements. Quand un étranger arrivait chez eux, ils le recevaient de la manière la plus gracieuse; ils ordonnaient à leurs femmes, illles et sœurs de prévenir tous ses vœux ; puis ils quittaient la maison, abandonnaut à leurs hôles la jouissance de tous leurs droits» et ils leur envoyaient aussi tout ce qui leur était né* cessaire, mais contre payement. Ils ne rentraient dans leurs maisons que lofaque les étrangers en étaient sortis. Cette manière d'abandonner leurs femmes aux étrangers passait pour être agréable à leurs dioinUés et propre à leur assurer du bonheur dans toutes leurs entreprises, ainsi qu*à attirer sur leur famille Taboudance et la richesse (1).
D*autres pays étaient le théâtre d*un usage semblable, s'il faut du moins s*én rapporter au môme voyageur.
Les habitants de Kaindou avaient la coutume de ne pas regarder comme un outrage les liaisons que les étrangers, en passant chez eux, pouvaient avoir avec leurs femmes et leurs filles. Au contraire, tous les mai-
(1) Cette coutume d'abandonner sa femme aux étrangers n'est pas eucore éteinte dans quelques portions de l'Asie centrale; selon M. Ëlphinstone (Account of the Kinguom of Cauhul)^ elle existe parmi les tribus des montagnes de U Paropamisade, et elle porte le nom de K4)oroo Bistaur; M. Ferrier coulirme par son expérience personnelle Tasséetion deTauteur anglais (Foyage en Perse e\ dat\& V A^^wii- ^ niêtan, Î8â0, t. J, p. 433).
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m CURIOSITÉS THÉOLOGIQUB&
Ires do maisoa allaient au-devant des étrangers, )6& conduisaient chez eux et les laissaient, entièrem.eot maîtres d*uQ logis dont Ils s'éloignaient eux-mêmes. La femme plaçait aussitôt au-dessus de la porte na signal qui n^était enlevé qu'après le départ de l'étraur ger; alors le mari avait le droit de se montrer de nouveau.