‹ CurumillaChapitre 4 sur 8 · cnuiiuu · texte numérisé non relu

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esprits des aventariers et enflammé leur idiaginatton.

Ces deux moyens répugnaient également au comte.

Le premier lui paraissait honteux, le second itorpraticable.

Cependant la situation se tendait de plus en plus et devenait intolérable.

Alors il se passa un fait étrange, que certes, si au lieu d'écrire une histoire nous avions composé un roman, nous aurions été incapable d'inventer.

La compagnie, incessamment excitée parles hypocrites doléances du senor Pavo et par les sourdes manœuvres qu'il employait^ en était arrivée vis à vis de son chef à une désobéissance complète et presqu'à une révolte ouverte. Voyant que M. de Prébois- Crancé, trop malade poiu* agir vigoureusement, était incapable de s'opposer à Ce qu'il lem* plairait de faire, 'û& lui signifièrent que s'il ne consentait p^ à donner l'ordre de la retraite, ils quitteraient Hennosillo et l'abandonneraient.

Le comte dut s'exécuter.

Le général Guerrero avait engagé sa parole que la retraite ne serait pas inquiétée. Don Luis parvint à obtenir des ots^s qui lui répondaient du saltU; de ses blessés, qu'il était forcé de laisser en arrive, et, le cœur navré, sans forces et sans courage, on le trans* porta dans une litière.

Alors une réaction s'opéra parmi les volontaires à la vue de leur chef bien-aimé, réduit à cet état misérable et presque mort de douleur; ils se pressèrent autour de lui, en lui jurant obéissance et fidélité et lui promettant de se faire tuer jusqu'au dernier pour luL

Un sourive mélancolique glissa sur les lèvres pàUcs

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du moribond. Ces preuves de dévoûmeut venaient trop tard. Le comte, abreuvé d'outrages, avait bu le calice jusqu'à la lie : il n'avait plus foi en ses compagnons.

La retraite commença.

Malgré l'engagement solennel du général, ee fut une suite non interrompue d'escarmouches ; mais un dernier rayon de gloire vint se refléter sur les Français. Les aventuriers, réveillés par l'odear de la pondre, retrouvant toute leur énergie pour repousser victorieusement les attaques des Mexicains, qu'ils contrrignirent à s'éloigner honteusement et à renoncer à les inquiéter plus longtemps*

La compagnie C£unpa à trois lieues de Guaymas, résolue à s'ouvrir passage et à entrer le lendemain de gré ou de force dans ce port.

Le comte, un peu ranimé par l'espoir d'un combat procharn, s'était endormi après avoir fait tous ses préparatifs.

Vers minuit^ on le réveilla en lui annonçant des parlementaires.

Ces parlementaires étaient le seSor Pavo et un n^ociant de Guaymas. Ils venaient de la part du général Guerrero. Ils étaient porteurs d'un armistice de quarante-huit heures et d'une lettre du général, qui priait instamment le comte de se rendre auprès de lui, afin de traiter directement de la paix.

— Je consens à l'armistice, répondît le comte. Que le général m'envoie une escorte, je me rendrai auprès de lui.

Ses compagnons se récrièrent :

— Pourquoi ne pas prendre votre cavalerie? lui dit l'un deux.

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"— A quoi boal répoadit-il avee découragemeitf, c'est à moi seul qu'on en veut ; si c'est un piège qui m'est tendu, eh bien^ j'y tomberai seul.

Les aventuriers insistèrent, il fut inébranlable.

— Nous ne nous entendes plus, leur dit-il.

Se retournant alOTO vers les parlementaires :

• — Retoumez^ à Guaymas, messieiors, et veuilles dire au général Cuerrero que je le remercie et que j'attends son escorte.

L'escorte arriva en eftet au point du jour, et le comte partit après avoir jeté un dernier et triste regard sur ses compagnons, qui assistaient à son dëpart le cœur serré et les larmes aux yetut*

Désormais le divorce était accompli entre la compagnie et json chef. ^

Le général Guerrero, à son entrée à Guaymas, fit rendre au comte de Préboîs-Cranôé les honneurs dus à un général en chef.

Don Luis sourit avec dédain. Que lui Importait te vain appareil 1

Le comte et le général eurent entre eux une longue conversation. . '

Le général n'avait pas renoncé à ses projets de séduction. Comtoe la première fois, don Luis répondit par un refus positif.

La compagnie était désormais livrée sans défense aux machinations du senor Pavo. Cet homme ne perdit pas de temps ; d'après ses conseils, les aventuriers dé^utèient vers le comte, avec ordre d*en finir et de traiter coûte que coûte, deux matelots ignorants oonune des carpes. .

Ces deux émissaires avaient été choisis par le

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sefior Pavo ; l6 digne hoBome savait bien ce qu*il faisait.

Les deux marins se présentëor^it au comte, qui leur fit dire qu'il ne pouvait les recevoir en ce moment, et qu'il les. priait d'attendre un peu.

Les ambassadeurs, froissés dans leur amour-propre» et gonflés de l'importance de la mission dontils étaient chargés, quittèrent immédiatement la maison du comte» en jurant contre son insolence y et s'en allèrent tout droit à la maison du général Gueirero.

Celui-<îi, prévenu d'avance, savait ce qui arrive- Wt ; il les attendsut avec impatience*

n les fit entrer aussitôt qu'ils eurent décliné leurs noms, les reçut de la façon la plus gracieuse; puis, lorsqu'il les eut ainsi enivrés de fumée, il les fit si-^ gner — c'est apposer une croix que nous devrions presque dire — un traité par lequel ils reconnaissaient qu'ayant été lâchement trompés et abandon^ nés par leur chef, ils s'engageaient à mettre bas les armes et à quitter le pays moyennant la somme de onze mille piastres , c'est-à-(fire à peu près cinquante-cinq mille francs; il faut avouer que c'était pour rien et que le général Guerrero faisait une bonne affaire, d'au(ABtHDitifietir4:(|i9â^:le0 armes de la compagnie lui restaient. Oh ! les Mexicains sont de fameux néé^iiMits et surtout de bien profonds d^lomatesl ' : -

Ne pouvant vaincre la compagnie, les Mexicains ravalent ackétée à deux misérableà^ par l'entremise d'uatrokième dont le devoir était de la défendre* . Ainsi la compagnie Atr^vida s'était suicidée ellemême; elle avait seule opéré sa dissolution, sans même avoir cherché à revoir ce chef qui avait été son

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