‹ CuvierChapitre 13 sur 57 · TE ES · texte numérisé non relu

TE ES

… lait encore revoir toutes les espèces, les revoir

une à une, et revoir jusqu à leurs synonymes; Car

- tantôt plusieurs se trouvaient confondues sous le

même nom, tantôt, au contraire, une seule comp-

ait pour plusieurs sous différents noms ; et cette

—… critique de tant de noms, imposés à tort ou à — raison à un si grand nombre d'espèces, n’est as-

surément ni la partie de l'ouvrage qui à dû offrir le moins de difficultés à l’auteur, ni celle qui

aura Sauvé le moins d'embarras à ses succes-

seurs. Il suffit, en effet, de jeter les yeux sur les

écrits d'histoire naturelle qui ont paru depuis la première édition du Aègne animal, pour voir combien ce travail de synonymes, dont je parle ici, et cet art d'établir des divisions dans les grands genres, dont je parlais tout à l'heure, ont déjà porté d'heureux fruits.

J'ai dit, à propos des embranchements, et J'ai répété, à propos des classes, que chacun de ces groupes est nettement circonserit et clos: on peut en dire autant de tous les autres groupes de tous les degrés.

Linnæus à dit que la nature ne fait pas de

sauts, et Bonnet que l'échelle des êtres ne forme è qu une seule ligne continue. Le contre-pied de ces deux propositions serait beaucoup plus exact.

La vérité est que les différents groupes sont séparés entre eux par des intervalles plus ou moins marqués, plus ou moins profonds; et 1l y a même, dans l’organisation des animaux, une raison évidente de tous ces intervalles.

L'organisation d'un animal n'est, en eïlet, qu'une certaine combinaison d'organes; mais toutes les combinaisons d'organes ne sont pas. possibles. Par exemple, un es/omac de carnivore suppose nécessairement des dents tranchantes pour dépecer une proie, des doigts mobiles pour la saisir, etc.; par la même raison, les animaux à sabot sont tous de nécessité Lerbivores, parce que leurs doigts mobiles ne leur permettraient pas de saisir une proie vivante, parce que leurs

molaires à couronne plate ne leur permettraient pas de la dépecer, etc.

Il y a donc une harmonie nécessaire qui règle la combinaison des organes ; 1l y a de ces organes qui s'excluent; 1] y en à qui se nécessitent; encore une fois, toutes leurs combinaisons ne sont -

donc pas possibles ; et de cela seul que toutes les combinaisons d'organes ne sont pas possibles, 1l suit nécessairement quil doit y avoir de certaines lacunes, de certains vides, de certains htatus, entre les combinaisons possibles et les combinai- ’ sons impossibles, ou entre les différents groupes, … entre les, différents êtres; et que ces hiatus sont

| déterminés par les loës ou conditions d'existence de ces êtres mêmes.

! La première édition du Æègne animal (laquelle succédait elle-même au Tableau élémentaire de FN naturelle des animaux (4), ouvrage où seirouvent déjà presque tous les premiers germes des idées développées plus tard dans les deux éditions du Æègne animal) n'avait que quatre volumes ; la seconde en a cinq. Le premier contient les mammifères et les oiseaux; le second contient les reptiles et les poissons; le troisième, les mollusques, les annélides, les z00-

phytes; et les deux autres, les crustacés, les arachnides et les 2nsectes.

(1) Publié en l’an 6.

A18 Au 200LOGIE.

Ces deux-cei sont de M. Latrelfle. «l'ho in «l'Europe qui, selon les a mêmes d « M. Cuvier, avait le plus profondément 1 « CeS animaux.»

On pense bien qu'un ouvrage de la nat celui-ci, devenu, dès son apparition, le a tous les zoo/ogistes, a dû bientôt être traduit dans toutes les langues. Il l’a été, en effet, en anglais, 4 par M. Griffith, en italien, par M. l'abbé Ranzani, . et en allemand, par M. Schinz.

… Cet ouvrage peut être considéré sous deux … rapports très distincts : sous le rapport du grand nombre d'espèces nouvelles dont il a enrichi la zoologie, et sous le rapport de l’application que l'auteur y à faite à une classe déterminée du rè- « gne animal des lots empiriques de la méthode. Je ne dirai que quelques mots sur l'ouvrage … considéré sous le premier point de vue, lequel se … préterait peu, d’ailleurs, aux études philosophi- … ques qui m'occupent ici.

HW:

Le

Aristote avait connu et nommé cent dix-sept * espèces de poissons, Pline n’en connut que qua-

(1) Le premier volume est de 1828. L'ouvrage doit avoir vingt volumes. Huit avaient déjà paru avant la mort de M. Cuvier ; plusieurs autres ont paru depuis par les soins de M. Valenciennes, collaborateur de M. Cuvier pour l'ouvrage HT entier.

tre-vingt-quinze ou quatre-vingt-seize ; Oppien…

en nomme cent vingt-cinq; Athénée, cent trente;

Élien, cent dix; Ausone nomme, pour la première M

fois, la éruite saumonee, la truite commune, le barbeau et quelques autres poissons d’eau douce. En tout , les anciens avaient distingué et nommé cent cinquante espèces de poissons : une quaran-

taine d'espèces, à peu près, avaient donc seules

échappé aux recherches d’Aristote; et, quant à la structure de ces animaux, on n’ajoutarien à ce qu'il en avait dit.

Au milieu du seizième siècle paraissent Ron-

RS 2h EL

delet, Belon, Salvien, ces trois auteurs origi- 4

naux qui ont fondé l’échthyologte.

Or, Belon décrit et nomme environ cent trente

poissons; Salvien en nomme quatre-vingt-dix-

neuf; et Rondelet jusqu’à deux cent quarantequatre, dont cent quatre-vingt-dix-sept de mer et quarante-sept d’eau douce.

Enfin, si, négligeant quelques auteurs secon-

daires, nous venons à Ray et à Willughbhi, nous «

trouvons que le nombre des poissons connus est déjà de plus de quatre cents: 1l est à peu près le même dans Artedi et dans Linnæus; il est d’ en-

M. Cuvier.

Et ce grand enrichissement ne frappe pas

ma entière ; ; C'est autant qu'en connurent Artedi et ai Linnœus: c'est près du tiers de ce qu’en ont connu Bloch et Lacépède, les deux ichthyolo- ‘4 | gistes les plus récents. À

Mais j Je me hâte d'arriver à la partie philoso- phique de l'ouvrage de M. Cuvier, je veux dire à : la distribution des espèces, ou plutôt à l'esprit qui a dirigé l auteur dans cette destr tbulion.

Aristote avait déjà reconnu que les vrais Ca-

LA

ractères des poissons consistent dans les branches :

et dans les nageoires.

Les animaux vertébrés, À branchies et à na geotres, forment done la classe des poissons. Des vertèbres, ou, plus exactement, un squelette

intérieur, car les vertèbres ne composent pas à elles seules ce squelette, des branches et es na-

geotres, voilà les traits communs. Les traits diffé-

rentiels sont : un squelette osseux ou cartilagineux ; des branchies libres ou fixes ; des nageoires molles où épineuses ; des nageoires ventrales, tourà-tour placées devant , derrière, ou sous les pectorales; des dents, tour à tour placées à l’entermazxillaire, aux maxillaires, au vomer , aux palatins, à la langue, aux arceaux des branches, etc.; la forme de ces dents, en plaque, en velours, en pointes, etc.; des opercules ou couvercles des

branchies, lisses, écailleux, denteles, ou aigus et

armés d'épines, ou obtusetsans armures, etc.,etc.; et c’est sur la combinaison variée de ces trail differentrels, ou caractères, que portent toutes cés

méthodes diverses qu’on a successivememt ima-

oinées pour le classement des poissons, On conçoit que qui n'emploiérait qu'un ou

RTS MR TT

| HISTOIRE DES POISSONS. 125 deux de ces caractères n'aurait qu'une méthode artificielle, c'est-à-dire ncomplète, comme Lin næus ; que qui les emploierait tous indistinctement n'aurait qu'une méthode confuse, comme

tant d'ichthyologistes; et que la méthode natu- | relle, c'est-à-dire exacte et complète, consiste à

. les employer tous, et à n’en employer aucun que “selon l'ordre relatif de son importance.

Deux points dominent toute idée de méthode naturelle : l’un, de n'employer que des caraclères vrais; l'autre, de n’accorder à chacun de ces caractères que le degré precis de son 1mporlance. "4 ‘+

Mais, pour n'employer que des caractères vrais, c’est-à-dire pour ne pas attribuer à telle ou telle espèce tel ou tel caractère qui lui manque, et | réciproquement, pour ne pas la supposer dépourvue de tel ou tel autre qu'elle possède, on sent qu'il faut connaître toutes les espèces.

D'un autre côté, pour n'attribuer à chaque caractère que le degré de son importance, on sent que cette connaissance complète des espèces, déjà si vaste et si difficile par elle-même, ne suf-

firait pourtant pas, et qu'il faut encore avoir comparé ces caractères sous tous leurs rapports, qu'il faut avoir varié, multiphé, épuisé toutes leurs combinaisons. 4

Or, sur ces deux points, qui, au fond, sont toute l'ichthyologie, c’est-à-dire, et pour la délermination des espèces, et pour l'évaluation des caractères d'après lesquels on rapproche ou dis- | tribue ces espèces, tout, jusqu'à M. Cuvier, était presque également à\faire.

On ne connaissait pas les espèces des poissons: les preuves en sont dans toutes les pages du livre que j'analyse. On ne se faisait aucune idée juste des caractères qui décident de leur rapprochement ou distribution: la preuve en est dans ces transpositions perpétuelles que l’on voit subir aux mêmes espèces dans les différents cadres des auteurs.

Tout n’est pas également important dans une méthode. Il importe peu sans doute que, dans une distribution ichthyologique, les poissons cartilagineux précèdent ou suivent les pois-

LS

HISTOIRE DES POISSONS. 125 sons osseux; que les poissons à nageoires épi meuses viennent avant ou après les poissons à nageotres molles, etc. Ce qui importe, c’est

| que, dans une famille, dans un genre de poissons donnés, on n'intercale aucune espéce qui -ne participe à l’organisation commune du genre ou de la famille, c'est qu'on n’exclue aucune des espèces que cette organisation commune rassemble. :

Bernard de Jussieu à le premier vu pour les végétaux, et M. Cuvier a le premier montré pour . les animaux, que toute méthode générale qui ne respecte pas les familles et les genres naturels, c'est-à-dire le rapprochement des espèces fondé sur l’ensemble de leurs organes, n'est qu’un jeu d'imagination.

Ainsi donc, la première condition est de déterminer les espèces ; la seconde est de les rapprocher d'après l'ensemble de leur structure; la troisième est de subordonner toute méthode ou distribution générale à ces déterminations et à ces rapprochements.

Mais c'est ici la guerre perpétuelle d'Oro-

1426 . ZOOLOGIE. | mase et d'Arimane, de l'esprit du bien et de” l'esprit du mal dans les sciences, de l'esprit | d'observation et de l'esprit de système. L'esprit de système part d'un caractère, pris à préort, « et soumet violemment la distribution des espèces à ce caractère. Linnæus ne voit, en botanique, : que les étamines, et il rapproche le chéne et la ptmprenelle ; Bloch ne voit, en ichthyologie, que le nombre des nageoires, et il met la raie près M du brochet., :

L'esprit d'observation suit une marche précisément inverse. Il détermine d’abord les espèces ; les espèces connues, il les rapproche en genres, « en familles ; ces rapprochements opérés, il lie les oroupes qui en résultent par une distribution générale; et cette distribution générale, 1l la soumet partout à la condition de ne rompre ou de n’altérer aucun de ces groupes. En un mot, l’esprit de système classe sans connaître; l'esprit d'observation, au contraire, cherche d’abord à connaître, et il ne fait ensuite de toute classification générale que l'expression abrégée de ce qu'il connaît.

On voit par là que le mérite essentiel de toute.

HISTOIRE DES POISSONS. 197 | bonne méthode générale, réduite à n'être qu'une

tu de empir ique, comme cela a lieu ici, n’est qu'un mérite négatif (1); car il consiste surtout à

“ne pas rompre le rapprochement naturel des es- … pêces. Au lieu donc de chercher, à l'exemple de = tant d'ichthyologistes, à ajuster, si je puis ainsi

“dire, les espèces à la classification, M. Cuvier a,

pour la premiére fois, renversé le problème; 1l a

cherché une classification qui s'ajustât enfin aux "espèces.

Une première coupe lui donne d'abord les deux

…— grandes classes des poissons cartilagineux et des

poissons osseux. Une seconde sépare des poissons

osseux ordinaires tous les poissons à séructure

ï anomale, les syngnathes, les tétrodons, les dio-

(1) Le mérite de la distribution générale, dans une méthode rationnelle, est tout aussi positif, au contraire, que celui du rapprochement des espèces ; et l'Analyse du règne animal Pa suffisamment montré. C’est que la distribution générale se fonde alors sur la subordination des organes, et que la

. subordination des organes donne, directement et par elle-

même, la dépendance des groupes de la Méthode. Foyez l’article qui suit, où je cherche à poser les caractères précis qui distinguent les méthodes empiriques des méthodes rationnelles.

128 | ZOOLOGIÉ. . | dons, etc. Restent les poissons osseux ordinaires qu'une troisième coupe partage en poissons à

TA he ou un. “aies et ct Le

à 4 T9 iens. |

Des divisions d’un degré moins élevé dsl à

guent ensuite les poissons carlilagineux : en" sturoniens, dont les branchies sont Zbres,. et en plagiostomes et cyclostomes, dont les branches ; sont fixes; les poissons anomaux : en lophobranches, dont les branchies sont en forme de 4ouppe, \ et en pleclognathes, dont l’intermaxillaire est soudé avec le maxillaire et l’arcade palatine avec. le crâne ; les malacoptérygiens : en subbrachiens, abdominaux et apodes, selon que le bassin est attaché aux os de l'épaule, ou qu’il est simplement suspendu dans les chairs du ventre, ou que les nageoires ventrales manquent; et, quant aux acanthoptérygiens, comme tous ces poissons ne composent qu'un ordre naturel, ou, en d’autres termes, comme tous les genres, comme toutes les familles de ce grand ordre se lient les uns aux autres par des rapports plus ou moins marqués, M. Cuvier n’y établit d'autres divisions que celles

Fe “4

f' HISTOIRE DES POISSONS. 199 que forment ces genres et ces familles mêmes. … Ainsi, les poissons cartilagineux ou chondropÿ ….térygrens, divisés en deux ordres : les sfuroniens, d'une part, les plagiostomes et les cyclostomes, de l'autre ; les poissons anomaux, divisés aussi en 5 deux ordres : les /ophobranches et les plectogna- “…hes; les malacoptérygiens en trois : les subbrachiens, les abdominaux, les apodes ; et les acanthoptérygiens ne formant qu’un seul grand ordre : “oil les huit ordres, ou groupes principaux, dans

lesquels M. Cuvier distribue ensuite par familles,

par genres, par sous-genres, C'est-à-dire par groupes de plus en plus circonscrits, toutes les espèces de poissons connues.

Il ya loin sans doute de cette classification, si

| Dneusement exacte dans toutes ses parties, à | ces el erreurs singulières d’Artedi, qui mélait les cétacés aux poissons ; de Linnæus, qui mêlait les poissons cartilagineux aux reptiles; de Lacépède, qui fondait, sur l'absence des opercules, un ordre entier de poissons qui tous avaient ces oper— cules, etc. Mais, sans parler ici de cette foule de résultats si neufs, et de détail et d'ensemble, sur

par la mollesse de leur Ma Squi. is SS e

l'ordre informe des branchiosteges d'Artedi : ; qui. assignent un caractère fixe et positif, pour lesm lophobranches, dans leurs branchies en houppes,

pour les plectognathes dans l'immobilité de leur mâchoire supérieure ; qui, dans L embranéhement des malacopterygiens, substituent à la position 1

des ventrales, position à laquelle s'était arrêtés ; Linnæus, et qui ne tient qu à la longueur des os” É du bassin, la position même de ces os du bassins 4 ou attachés aux os de l épaule, ou simplement ” suspendus dans les chairs du ventre ; et qui, pour les acanthopteryqrens, montrent que tous ces pois- | sons forment un grand ordre, dans la subdivis ic o!

duquel tous les autres caractères doivent être subordonnés à celui qui est tiré des épines de leurs nageoires.

Aïnsi, l’ordre des posa cartilagineux réduit aux seuls poissons à squelette vraiment cartila=

% HISTOIRE DES POISSONS. 151 ï gineur, ou, plus exactement, à pertoste grenu; les Ê baudroies, les lumps, les centrisques, les mormy- ‘ res, les macrorhynques, rendus à la masse des 4 poissons ordinaires ; l’ordre incohérent des branchiostéges d'Artedi détruit, et tous les poissons anomaux réunis en deux ordres rigoureusement * déterminés, les lophobranckes et les plectognathes; | la position des os du bassin substituée à celle des nageoires ventrales, pour les malacopterygtens ; et, pour les acanthoptérygriens, ce grand fait dé- | montré, que tous ces poissons, quelque nombreux qu'ils soient, ne forment qu’un seul ordre ou fa- . mille naturelle, « dont aucune espèce ne doit être mêlée avec des poissons d’autres familles : » 4 voilà quels sont les progrès principaux que la classification de M. Cuvier marque dans la . science.

Les vues qui ont présidé à la formation des genres et des familles sont peut-être, de tout Vouvrage, la partie qui appelle le plus l'atten-

| tion des naturalistes.

L'histoire de chaque famille commence par un examen général des espèces qui la consti-

Le

tuent, et des genres, ou familles plus cireon= scrites, en lesquels ces espèces s'y répartissent. … Puis vient l’histoire des genres, en commençant « par le plus connu, par celui qu'on peut regarder comme le éype de la famille ; et puis l'histoire des É espèces, en commençant toujours par l'espèce la plus connue, par celle qu’on peut regarder comme. le éype du genre. ;

Ainsi, par exemple, dans les percoïides, l'histoire de la famille commence par les perches pro-

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prement dites, que sont le type de la famille ; et dans les perches proprement dites, l'mstoire du genre commence par la perche ordinaire, qui est.

le lype du genre. Et, dès ces premiers pas, se

se, PRE US ET UE PARU OR CE

montre la vue générale qui domine l'ouvrage enter.

4 as SÉ

Cette vue consiste à chercher des espèces à : formes tranchées : ces espèces sont comme des L types ; à grouper autour de ces types toutes les. espèces que l’ensemble de leur crganisstion CE apprOEUE ces groupes sont les de de 4

. a lié les espèces entre elles : et ces groupes, ainsi rapprochés, ce sont les famulles.

La perche ordinaire donne le genre des perches,

et le genre des perches donne la famille des per-

….coïdes ; le maigre, ou sciène proprement dite,

donne le genre des sciènes, et le genre des sciènes “donne la famille des scénoïdes, etc., etc.

. Et c'est toujours cette vue des analogies gra- Ducs qui, dans chaque famulle, assigne la place des genres, des sous-genres, de toutes les espèces. On voit ainsi les perches, qui reproduisent

u perche commune, venir après elle; les bars, les varioles, qui reproduisent les perches, venir

AE

ne

près les perches; à ces modifications immédiades, on voit succéder des modifications de plus en * plus marquées, les serrants, les diacopes, etc. | puis les érichodons, auxquels il faut joindre és sillago ; puis les myripristis, les holocentres ; puis les uranoscopes, les vives ; puis, mais déjà à un certain intervalle, les sphtrènes ; et enfin, mais à un intervalle plus grand encore, les pohynèmes ;

et, avec celles-ci, on voit finir la famnèlle des per- ®

coïdes, ou, en d’autres termes, les espèces qui reproduisent, tout en le modifiant plus ou moins,“ et toujours de plus en plus, le type des premières : et véritables perches.

La distribution des espèces, considérée de ce « point de vue, est le renversement le plus com- . plet des méthodes artificielles. |

Dans ces methodes, on descend du général au « particulher : de la classe à l'ordre, de l’ordre à la famille, de la famille au genre, du genre à l'es-

pèce. Ici, au contraire, on remonte du particu= lier au général : de l'espèce au genre, du genre à la famille, de la famille à l'ordre, de l'ordre à la

classe.

L'espèce donne le genre, car le genre n'est que la réunion de toutes les espèces les plus semblables à une espèce prise pour type; le genre | donne la famille, car la famille n’est que la réunion de tous les genres les plus semblables à tn genre pris pour type; et ainsi de suite pour tous les autres groupes : la famille donne l’ordre, * l'ordre donne la classe. 00

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