‹ CuvierChapitre 30 sur 57 · PE BURN · texte numérisé non relu

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Une autre espèce, longtemps confondue avec

celle-ci, en a été distinguée par M. Cuvier; c’est

le mastodonte à dents étroites , dont on retrouve

les os dans les deux continents. Des quatre au-

tres espèces , deux ont appartenu à l'Amérique et deux à l'Europe.

Le genre des éléphants ne nous avait montré qu'une espèce détruite. Le genre entier des mastodontes est perdu.

Celui des Aippopotames , qui ne possède jusqu'ici qu'une seule espèce vivante, en compte déjà plusieurs fossiles. La première, ou la plus grande, et la seule d'ailleurs dont on eût quelques notions imparfaites avant M. Cuvier, diffé-

rait à peu près autant de l'espèce vivante, que

l'éléphant fossile diffère des éléphants vivants. Une seconde , le petit hippopotame fossile, en différait beaucoup plus. Les autres sont encore peu connues. Les os d'hippopotames accompaonent dans plusieurs endroits ceux des éléphants

et des mastodontes; mais ils sont beaucoup plus

rares ; le Val d'Arno supérieur est même jusqu'ici

le seul lieu où l'on en ait trouvé avec quelque | abondance.

Après le genre des hippopotames, vient celui des rhinocéros. Ici, comme pour les éléphants , È comme pour les hippopotames, l’ostéologie et la ; distinction des espèces vivantes sont toujours les deux points de comparaison auxquels se rapporte toute l'étude des ossements et des espèces” î fossiles. |

On connaît aujourd'hui jusqu’à quatre espèces vivantes de rAënoceros. La première est le rAënocéros bicorne du Cap, lequel n’a que des molaires, et point d'incisives ; la seconde est le rh1— nocéros unicorne des Indes, lequel a des incisives séparées des molaires par un espace vide; la troisième, le rAënocéros de Sumatra, paraît for-

mer comme une espèce intermédiairesentre. les, deux précédentes, car elle a deux cornes comme e. + rhinocéros du Cap, et elle a des incisives comme | F celui des Indes. La quatrième est le rte 4 unîicorne de Java. 5 ;

Voilà donc quatre espèces vivantes : deux uni- 1 cornes, savoir, le rhinocéros des Indes et celui de

SUR LES OSSEMENTS FOSSILES, 299 Java; et deux hicornes, savoir, le rhinocéros du Cap et celui de Sumatra. Le nombre des espèces fossiles n'est pas encore clairement établi. La plus célèbre, celle dont les narines sont séparées par

une cloison osseuse, se trouve en Sibérie et en

5, HTAS A: Res « KÇ re ; Ÿ ASSISES

différents endroits d'Allemagne. La seconde, celle dont les narines ne sont point séparées par un 05, n'a été jusqu'ici trouvée qu'en Italie. Elles étaient l’une et l’autre, à deux cornes, et elles paraissent avoir manqué toutes deux d’incisives. Quant aux Ÿ autres espèces, au nombre de deux ou trois, elles : ne sont indiquées encore que par quelques frag- | ments.

! C’est à l'espèce à narines cloisonnées qu'appar- : tenait le rhinocéros entier, retiré de la glace sur les bords du Wilhouï, en 1770. Ce rhinocéros était couvert d'un poil épais, à peu près comme l'éléphant fossile, ce qui semble prouver qu'ils ont pu, l'unet l’autre, vivre au nord. «Aïnsi, dit à …« cette occasion M. Cuvier, les contrées froides « qui entourent le pôle aurait donc eu, à l’épo- | « que qui à précédé la dernière révolution du « globe, de grands pachydermes, comme elles

« ont aujourd’hui de grands ruminants, le bœuf

250 RECHERCHES i « musqué, le bison, l'élan, le cerf du Canada, le « renne, de grands carnassiers , l'ours blanc, le « morse et tant de grands phoques. »

On ne connaît encore que la mâchoire inférieure de l’élasmotherium, genre fossile de Sibé— rie, découvert par M. Fischer, genre entièrement perdu comme le mastodonte, et dont, à en juger par cette mâchoire, la taille et la forme devaient se rapprocher beaucoup de la taille et de la forme du rhinocéros.

Le genre des chevaux à laissé une grande quantité de ses os, mêlés à ceux d’éléphants et de rh1nocéros. On ne peut donc pas douter qu'il n’y ait eu aussi des chevaux fossiles ; cependant on n’a trouvé jusqu'ici aucune différence ostéologique entre ces espèces fossiles et les espèces vivantes : et ce qui n’est pas moins singulier, c’est qu’on n’en trouve non plus aucune, du moins assez fixe, assez tranchée, pour être réellement caractéristique, entre les diverses espèces vivanies, du genre cheval : le cheval, V'äne, le zèbre, le couag-

ga, eic.

Le genre des cochons n’a point encore montré de ses os dans des couches aussi anciennes que les éléphants, les chevaux, les rhinocéros. M. Cuvier n’en donne pas moins l’ostéologie de ce genre, car son livre à partout deux objets également importants : l’un, la détermination même des espèces fossiles, et l’autre, les règles, les éléments, les moyens de &ette détermination, c'est-à-dire les lois générales de l’ostéologie comparée, lois sur

elles repose en effet, comme je l'ai déjà dit (1 5 ue cette détermination.

C’est uniquement aussi pour établir ce grand ensemble de faits et de lois ostéologiques, que M. Cuvier donne la description du daman, car on n'a point trouvé non plus de ses os parmi les ossements fossiles. Le daman, petit animal d’Afrique et d'Arabie, passait pour un rongeur. M. Cuvier montre que c’est un vrai pachyderme , et même celui de tous qui se rapproche le his Mu rhinocéros. |

Un genre non moins singulier que celui du da-

(1) Voyez ci-devant, l’article Ostéologie comparée, p. fat.

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man, et dont l’ostéologie n’était pas moins Inconnue, est celui des {apirs. On en compte auJourd’hui trois espèces vivantes : deux d'Amérique et DS une des Indes ; et M. Cuvier décrit plusieurs ant- M maux fossiles voisins des éapirs (1). ré É

Ces éléphants, ces rhinocéros, ces hippopotames fossiles, etc., ces mastodontes, etc., tels étaient les pachydermes des terrains meubles. On voit que toutes leurs espèces sont distinctes des espèces vivantes; qu’elles sont toutes perdues, détruites, et qu’elles ont toutes été détruites à la même époque et par la même catastrophe, Car leurs os se trouvent partout dans les mêmes couches, et partout réunis et mêlés ensemble.

Les pachydermes fossiles, que nous allons voir, sont tous, au contraire, d'une autre époque, d’une époque beaucoup plus reculée ; et presque tous

(1) Quant à son tapir gigantesque, on sait aujourd’hui que c’est un animal très différent des tapirs. Ce grand tapir de M. Cuvier est le Dinotherium giganteum, dont MM. de Klipstein et Kaup nous ont fait connaître la tête. M, Cuvier n’en avait guère connu que les dents molaires.

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