Tome XM, page iij
mense, qai embrasse tout, qui anime tout, etc. * » La nature n'est ni une chose, ni un être, ni une puissance : comme Buffon le disait tout à Theure, la nature, prise au sens actif, n'est qu'un être idéal, c'est-à-dire un mot, et la philosophie devrait bien se débarrasser enfin de tous les mots qui ne sont que des mots.
m. — Causes 0nales.
« II y a des choses, dit Montesquieu, que tout le monde dit, parce qu'elles ont été dites une fois^. d
Bacon ayant dit qu'il fallait exclure les causes finales de l'histoire naturelle, tout le monde a répété qu'il fallait exclure tes causes finales de l'histoire naturelle.
Lorsque Bacon se plaint de ce que . a La manie de traiter des causes finales dans la physique en avait chassé et comme banni la recherche des causes physiques^,» il a raison; mais lorsqu'il loue Démocrite « d'avoir écarté Dieu du système du monde \ )> il a grand tort.
Jusqu'ici, la discussion sur l'emploi des causes
f . Tome XII, page fij.
2. Considérationa sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chapitre iv.
3. De la dignité et de l'accroissement des sciences f Fradoclion de L{i»aili>}.
4. « l.ii |*liilo>oi>hie de Démocrile cl de ce* autres conl/mp'a-
finales en histoire naturelle n'a été qu'un malentendu. Il ne faut pas expliquer les choses physiques par les causes métaphysiques, pas plus qu*il ne faut expliquer les choses métaphysiques par les causes physiques ; mais il faut voir dans les choses physiques comme dans les choses métaphysiques le dessein qui y est partout, le grand dessein, c'est-à-dire rassortiment des choses entre elles, le rapport des causes avec les fins, les
causes finales.
Bacon loue Démocrite d'avoir écarté Dieu du système du monde :, il dit encore que a la place des causes finales est dans la métaphysique et non dans la physique ' ; » et' moi je dis qu'elle est partout ; car y a-t-il moins de dessein dans les choses physiques que dans les choses métaphysiques ? Y a-
tift qui ont écarté Diea da système du inonde, et attribué la formation de l'univers à ce nombre infini de lentatipet et d'cjsait de la nature, qu'ils désignaient par le seal mot de denm ou ûe fortune, ne reconnaissant pour eause des choses parUcalières que la seule nécessité, sans Tinterrention des comte» JhnaUs, cette philosophie, dis-je, nous paratt, quant aux eamaet pkytiquet, avoir beaucoup plus de solidité, et avoir pénétré pios avant dans la nature que celle de Platon et d'Aristote, par cette raison-là même que les premiers ne se sont jamais oocnpéa des causes finales, an lieu que les derniers n'ont fkit que relMttre sur ce sujet-là. •JUia dignité et de CaccraisêfmeM des tciemee*. (Traduction de Lasalle).
1, De la dignité et de Vaccroissement des sciences (Traduction de Lasalle).
t-il moins de combioaisôns raisonnées, moins de plan, moins de vues, moins de causes calculées pour les fins ? Et ces causes calculées pour les fins, ne sont*ce pas les causes finales ?
c< Ce n'est point, dit Buffon, par des causes finales que nous pouvons juger des ouvrages de la nature; nous ne devons pas lui prêter d'aussi petites vues, la faire agir par des convenances morales, mais examiner comment elle agit en effet, et employer, pour la connaître, tous les rapports physiques que nous présente l'immense variété de ses productions * . »
Je reprends chacune de ces assertions en particulier : (c Ce n'est point par des causes finales que nous pouvons juger des ouvrages de la nature : » Non, mais des causes finales par les ouvrages de la nature, a Nous ne devons pas lui prêter d'aussi petites vues : » Les causes finales, c'est-à-dire les plans combinés, les rapports suivis, les vues assorties, les fins partout prévues, les causes partout données, ne sont pas de petites vues ; « la faire agir par des convenances morales : » Dans les choses morales, il faut la faire agir par des convenances morales, et dans les choses physiques, par des convenances physiques; « mais examiner comment elle agit en effet : » Sans doute ; a et