‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 240 sur 265 · Tome VI, page 7 (Oiaeaux · texte numérisé non relu

Tome VI, page 7 (Oiaeaux

s. Ses œufs, ses tendres œufs, sa plos douce espérance. 6. Tome V, page \\%(Oneaux).

C*est par le génie de reipressioo que BufTon excelle. C'est ce géoie de Texpression que d'Alembertne sentait pasS et qu'admirait Jean -Jacques; et quand je lis Jean-Jacques, je ne m'étonne pas de son hommage ^.

Comme tous les grands écrivains, comme tous les grands penseurs, Buffon a dit ou écrit plusieurs mots qui sont devenus des maximes.

On répète tous les jours le mot que je viens de citer : le style est rhomme même ; celui-ci : le génie n'est qu'une plus grande aptitude à la patience^ n*est guère moins célèbre.

A soixante-dix ans , il disait encore : « J'apprends tous les jours à écrire ; )» et son dernier ouvrage, les Époques delanature^eaXen effet, de tous ses admirables ouvrages, le plus parfait.

Il était très difficile sur le style des autres.

Il ne trouvait pas que Montesquieu eût un style. « Le style du président de Montesquieu ! disait-il ; mais Montesquieu a-t-il un style?»— « N'aurait-il pas mérité, dit Grimm à cette occa-

t. Voyei, etHlerant, pige 384, ]« manière dont il jogeill le ilyle de Baffoo.

3. « U eit an nnetaaire où Baflbn « eoeapoié preMiiie tooi lei oaTrages, le Bereetk de rHinoire namrtUe, eonme «Ueall le priooe Henri, qni ▼onlat Taller toKr, et ob J.-J. Ronaan te mil à genoux et baiia le seuil de la porte. J*en parlait à M. de Buffon : « Ouf, me dit-Il, RooNeau y fit un hommage. • (Hérault de Siéobellee, Voyage à Mombûr, page 13),

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sion , qu^on eût osé lui répondre : Il est vrai , Montesquieu n'a que le style du génie ; et vous, monsieur, vous avez le génie du style '. i> La réponse de Grimm n*est pas bien bonne : Montes* q uieu avait le slyle du génie et le génie du style,

La conversation de Buffon était négligée : il s*y délassait; et cependant, pour peu qu'il le voulût , elle devenait singulièrement attachante. En effet, que de rapports nouveaux, que d'idées inconnues, Buffon ne devait-il pas apporter dans cette portion brillante du monde qui s'intitulait le monde , et où il était le seul qui sût les choses qu'il savait! «c La conversation de M. de Buffon, dit madame Necker, a un attrait particulier... Il s'est occnpé toute sa vie d'idées étrangères aux autres hommes, en sorte que tout ce qu'il dit a le piquant de la nouveauté \ »

Aux yeux de Buffon, le génie suprême était le génie du style : a La quantité des connaissances, la singularité des faits, la nouveauté même des découvertes, ne sont pas, dit-il, de sûrs garants de l'immortalité... Les ouvrages bien écrits seront les seuls qui passeront à la postérité».»

1. Correipondanee tUtéroire, ete., tome XIV, pige 29. (Paris, 1831).

3. Nouveaux mélanges, etc., tome I, page 323. 3. iHseouri de réception à V Académie française.

303 VIS DB BOPFOM.

« Que faut-il » dit-il encore , pour émouvoir la multitude et rentralner? que faut-il pour ébranler la plupart même des autres hommes et les persuader? un ton véhément et pat^iétique» des gestes expressifs et fréquents, des paroles rapides et sonnantes Mais pour le petit nombre de ceux dont la tête est ferme, le goût délicat et le sens exquis, et qui comptent pour peu le ton, les- gestes et le vain son des mots , il iliiit des choses, des pensées, des raisons; il tmi savoir les présenter, les nuancer, les ordonner : il ne suffit pas de frapper Toreille et d'oconper les yeux, il faut agir sur TAme et toucher ii cœur en parlant i Tesprit^ »

Ainsi , réloquence même , Téloquenee de k parole n*est pas le style. Nous ne trouvons Moquent aujourd'hui que ce qui Test par le style. La grande influence s*est déplacée. L'art d'écrire est, de nos jours, ce que fut réloquence parlée dans les temps antiques ; toutes les forces nouvelles de l'esprit humain se résument dans ce grand art ; et, comme il appartenait i Buffon de le proclamer, la puissance des temps modernes est le style.

I » DUcourt de réception à VAcadimk françaÎMe^

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