‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 243 sur 265 · LETTRE IV · texte numérisé non relu

LETTRE IV

Je Tiens, mon très cher abbé, de revoir nus calaos, sur lesquels vous avez fait un travail mélbodlque dont je suis parfaitement content. J*ai écrit un billet à M. Daubenton le jeune, pour qu'il ait k nommer calao du Malabar, et non pas calao des Philippines, celui que nous avons vu vivant. Je le prie aussi de faire une planche enluminée des quatre becs du calao rhinocéros, du calao à casque rond, du calao des Philippines et du calao d'Âfhfiue, et au moyen de cette représentation de bec, tout deviendra plus clair.

Vous comptez onze espèces de calaos; je les réduis à dix, parce que le calao à bec rouge du Sénégal, qui est le vrai tock, dont j'avais £^l la description à part, est le même oiseau que le calao à bec noir du Sénégal ; celui-ci est l'oiseau jeune, et l'autre k bec rouge est l'oiseau adulte. Ce fait m'a été assuré par M. Sonnini, qui m'a dit avoir élevé de ces oiseaux au Sénégal ; mais comme vous avez observé un rudiment d'excroissance sur le bec noir que vous n'avez pas vu sur le bec rouge, il se pourrait que ce fût ce même bec noir qui fût l'oiseau adulte, et le bec rouge l'oiseau jeune : ceci n'est qu'un doute qui peut-être même n'est pas fondé -, car il y a des oiseaux, tels que les pigeons, qui ont de petites protubérances sur le bec quand ils sont jeunes , et qui s'effacent en vjyeillissant. Il se pourrait donc en effet que le calao k bec noir fût le jeune, et l'autre l'adulte. Quoi qu'il en soit, il me parait certain que tous deux ne font que le même oiseau.

Une seconde observation, c*est que le calao décrit par Petiver, d'après Ramel, dans les Tran$acU<ms philo8o^

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phiqueSf n'est pas le même que noire calao des Philippines; c'en est une espèce voisine, ou du moins une variété ; vous n'aurez, pour en être assuré, qu'à comparer la description de tous deux. Je vous enverrai l'article entier de ces oiseaux dès qu'il sera copié.

Je vous remercie aussi de la bonne note que vous m'avez donnée sur le joli louraco; au reste, vous verrez par l'ébauche de ce travail qu'il y aura encore beaucoup k retoucher, et j'attendrai vos réflexions et vos observations pour l'achever. Le préambule même n'est pas en* core, à beaucoup près, comme je le désirerais. J'ai inter^ posé les descriptions du calao à casque rond, du calao d'Abyssinie, etc.

Je viens de recevoir une lettre de M. Le Brun, avec son ode sur la campagne d'Italie du prince de Conli; il y a de très belles strophes et de magnifiques images ; mais en tout cette ode n*est pas aussi sublime que celle qu'il m'a adressée : on y reconnaît néanmoins le pinceau du génie dans plusieurs endroits. Paurai l'honneur de loi répondre dès que j'aurai quelques moments de loisir ; mais actuellement les ouvriers des bâtiments et des travaux de mes forges m'occupent prodigieusement : j'ai bien de la peine k dérober quelques heures pour nos oiseaux.

Je suis très fâché qu'on ait si mal seni la Bibliothèque du Roi, et je lâcherai, k mon retour, de lui procurer un meilleur exemplaire de mes ouvrages. Vous ferez mes compliments à M. Le Brun, ainsi qu'k M. l'abbé Desaunais. Vous ferez mes hommages très sincères k madame votre mère et k mademoiselle votre sœur, et j'espère que vous ne douterez jamais de tous les sentiments d'amitié avec lesquels j*ai l'honneur d'être, mon cher monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

MontkMr.oe 41 février 4778.

A l'abbé bexon. 543

iV. B. Vous trouverez ci-joint tout ce que j'ai pu re^ cueillir sur les perroquets.

Vous pourriez peut -être me dire , mon cher abbé , ce que c'est qu'un M. Gbamplain de la Blanclierie, qui se dit à la léle d'une société litléraire , et qui demeure & l'ancien collège de Bayeux , rue de la Harpe : il m'a écrit une grande épitre, comme si tous les gens de lettres devaient s'intéresser à son entreprise, qui se réduit k une espèce de journal, sous le titre de Nouvelles de la République des Lettres, Je crois que tout cela n'est écrit que pour avoir des souscriptions, et je suis étonné que noire ami Panckoucke ne s'oppose pas à tous ces nouveaux journaux qui font du tort au sien.

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