‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 244 sur 265 · LETTRE V · texte numérisé non relu

LETTRE V

Tous travaillez tant et si bien, mon très cher abbé, que je dois par tous moyens vous en marquer ma reconnaissance. Je vous prie donc d'accepter six cents livres que Lucas vous portera dans douze ou quinze jours , et vous m'en enverrez un reçu motivé comme les précédents, pour votre travail sur l'histoire naturelle jusqu'au i*' juillet prochain : je serais charmé que cette petite augmentation pût vous faire jouir plus longtemps de Ja présence de votre chère maman et de votre très aimable sœur.

Je viens de recevoir les pics, et il ne reste que les martins-pécbeurs pour compléter ma partie du cinquième volume ; M. Gueneau fera le reste, et, je crois, ne fera rien de plus. Le sixième volume commencera par les perroquets, dont je vous envoie ci -joint le préambule, d'après lequel vous i)0urrez diriger vos vues partl-

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culières. Je vais Iravailler l'article des pics, dont je n'ai lu que le premier article, qui me parait très bien , et j'attendrai celui des martins-pêcheurs pour voir tout le parti qu'on peut tirer de ces sujeU» comparés. Je vous embrasse , mon très cher monsieur , un peu à la hâte , car la poste presse.

lloiitt>ar, ce • man 4nt.

LETTRE VP.

Je vous envoie, mon très cher abbé, toutes mes notes sur les hérons, les courlis et ibis, les spatules, le pélican, le cygne, et une petite note sur le martin^)êcheur ; et comme ce paquet était assez gros, je vous enverrai une autre fois les oiseaux guerriers, car je croîs que ce sont les mêmes que ceux que vous appelez oiseaux combattfltnts; je joindrai k ce second envoi les notes sur les cigognes, la demoiselle de Numidie, le jabini, l'oiseau royal ; mais je ne conçois pas comment vous avez pu achever les perroquets en aussi peu de temps, et je vous prie d'eu bien vérifier les descriptions avant de me les envoyer, car je n'en suis point pressé; vous me ferez plaisir au contraire de m'envoyer tout dç suite l'article des martins-pôcheurs; car» comme ils doivent aller avec les pics, et que j*ai un arrangement à prendre avec M. Gueneau pour les articles qui doivent entrer dans le cinquième volume, il est nécessaire que je 6af:he combien cet article des martins-pècheurs contiendra de pages, et je. vous serai obligé de me l'écrire tout de suite. Vous ne nie marquez pas si le préambule des perroquets vous a fait plaisir; il me semble que la métaphysique de la parole y est assez bien jasée; au reste, vous me faites

A L*ABBÉ BEXON. 515

trop de remerctments, et quoique je sois très sensible à la reconnaissance que vous avez la bonté de me marquer» je vous prie de croire que je n'avais pas besoin de nouvelles protestations pour être assuré de votre amitié. Je compte aussi sur celle de votre chère maman et de votre charmante sœur, et comme vous ne parles pas de leur départ , j'ai quelque espérance de les retrouver à mon retour, qui cependant ne sera guère que vers le iS de mai. Faites-leur mes compliments très humbles, mon cher monsieur, et soyez sûr de tous les sentiments d'estime et d'amitié avec lesquels j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur.

Hootbar, oe SO mân 477t.

LETTRE VIIV

Vous devez avoif reçu, mon cher monsieur, les notes que j'avais recueillies sur les oiseaux-inouches et colibris; il y a quatre ou cinq jours que je les ai adressées par la poste à Lucas Je viens aussi de remettre à un homme qui pan aujourd'hui pour Paris un paquet à votre adresse, où vous trouverez les notes que vous m'avez demandées au sujet des oiseaux d'eau, sur les* quels vous avez travaillé ; et ce paquet vous sera aussi remis par le sieur Lucas, qui le recevra dans le courant de cette semaine.

Je suis très content de tout voire travail, tant sur les perroquets que sur lesmarUns-pêcheurs; j'ai cru devoir changer quelque chose b l'ordre de distribution des perroquets, et ne point mêler ceux de l'ancien continent avec ceux du nouveau; j'ai aussi tin peu augmenté le préambule, et voici mon ordre de distribution :

Les perroquets de l'ancien continent.

{• Les kakatoès; 2* les perroqaeU propremeDl dits ; 3** les loris, qui unissent par les loris-pemiches ou loris à longue queue; 4^ les perroquets à longue queue également étalée ; 5^ les perruches à longue queue inégale; 6® les perruches à courte queue.

Les perroquets du nouveau continent.

i^ Les aras; 2^ les amazones; 3* les criks; 4* les papegais; ^ les perruches à longue queue et égale (i*ai appelé perriches celles de TAmérique pour les distinguer des perruches de l'ancien continent, et ce nom, perriche, est assez en usage); 6° les perriches k longue queue inégale ; 7® les perriches à queue courte.

Par cette distribution, rénuméralioa du grand nombre de ces oiseaux devient très claire, et on en saisit aisément les différences.

Je vais faire à peu près la même chose sur les nuurtins-pécheurs, en séparant ceux de Tancien continent de ceux de TAmérique, et en les divisant en grands, moyens et petits, comme vous l'avez fait.

Au reste ces derniers oiseaux, qui naturellement devraient être mis après les pics, en ne considérant que la forme du bec, ne laissent pas d'en différer par tant d'autres caractères, qu'on ne risque rien de les en éloigner et de les placer ailleurs, et peut-être après les hirondellesmartinets, d'où leur est venu le nom de martinels-pècheurs ou martins-pècheurs.

Je crois, mon cher monsieur , qu'on vous remet, de rimprimerie royale, les feuilles k mesure qu'on les ira-

A l'abbé bexon. 3i7

prime, car j'ai tu plusieurs corrections de TOlre main sur les nomenclatures. J'ai écrit k M. Mandonnet que c'était par inadvertance que l'on a mis l'article des to* diers entre celui du pitpit et celui du pouillol , et je le prie de me renvoyer cet article des todiers, qui doit aller après celui des martin»-pécbeurs.

Mais notre cinquième volume a déjà trois cen^ cinquante pages d*imprimées, y compris l'article des demifins de M. Gueneau de Montbeillard, et il ne peut contenir que les articles suivants: !<» le pitpit, 2® le pouillot» 3^" le troglodyte, ^^ le roitelet, 5* les mésanges, &" le torcbepot, 7* les grimpereaux, 8® les pics et les pics* grimpereaux ; ainsi les martiu»-pècheurs sont nécessai* rement rejetés au sixième volume. Vous avez raison de dire qu'on peut vraiment se plaindre de la fécondité de la nature en même temps qu'on l'admire; vous avez mille occasions d'employer cette jolie phrase, qui est d'ailleurs de toute vérité.

Je vous remercie, mon cher monsieur, du surcroît de travail que vous m'avez envoyé au sujet des nids ^u Tonquin et des ours marins; ce dernier article me ser* vira pour mon volume de supplément aux quadrupèdes, et je ne serais pas d'avis de renvoyer le premier à l'article des hirondelles , parce que nous ne savons pas quelle espèce d'hirondelle (ait ce nid ; il y a même plus d'apparence que c'est un martin-pécheur , puisque vous avez si bien établi que l'alcyon est le même oiseau, et par conséquent les notices que vous avez déjà recueillies sur ce nid , et celles que vous trouverez dans le petit paquet que je joins ici, pourront foire un article intéressant à la suite de nos roartins-pécheurs, et lorsque j'aurai revu cet article, je vous en enverrai la copie corrigée, à laquelle vous retrancherez, ajouterez ou changerez ce que vous jugerez nécessaire. Recevez les assu-

raûces de ma tendre amitié, et mes respedneut hommages pour votre bonne et chère maman et pour votre aimable sœur.

Hontliar, ce VI avril 47TI.

LETTRE VHP.

Je suis enchanté , monsieur le prieur, de ta bonne nouvelle et de ce petit titre, en attendant un plus grand ; car, quoique sans ambition , vous avez le itaérite quit faut pour en obtenir les fruits, et tous ceux qui vous connaîtront ne peuvent manquer de s'intéresser à TOtre avancement. Je vois que le petit surcroît de fortune, loin de diminuer votre activité pour le travail , semble aa contraire Taugment^ , et je le trouverais bon si je ne craignais pour votre santé. M. Panckoucke, qui vous est sincèrement attaché, le craint aussi bien que moi ; ainsi, par grâce d'amitié, prenez du relâche, et an lieu de finir nos oiseaux en six mois bu uh an, prenez dix-huit mois eu deux ans, el je serai encore plus que satisfait. Lucas TOUS remettra Inès notes sur les bécasses, les phiviers, les vanneaut, la poule-snlnme et le messager; je vtms apporterai aussi, puisque vous le désirez, tous le^ autres papiers qui ont rapport aux oiseaux d'eau, le n'ai que la dixième édition de Linnieus , et c'est celle qu'il faudra toujours citer, d'autant que les réformes ou additions qu'il a fait faire sont fort indifférentes. Je ne connais pas VEssai de V Histoire naturelle de la Guyane, en anglais; llfiiudra prier M. Panckoucke de le f^re venir pour liion compte.

Vous auriez dû , mon cher prieur , me marquer le nom de la personne de Dijon à laquelle vous avez écrit

A l'abbé BBXÔtt. 8)9

aa sojel de la feuille do 7 avril dernier; j'ignore comme ?ou8 le motif de la demande mentionnée dans cette feuille, et c'est peut-être les ^ns qui traraillent k une Histoire de B<mrgogne qui ont besoin de ces éclaircissements sur Yotre famille, le vais en écrire \ M. t'rantin , imprimeur de ces feuilles, et \ M. Hailly, qui eii est l'auteur, et par desquels seuls nous pouvons être instruits.

EnVoyez-moi toujours vos oiseaux-mouches et colibris; j'aurai le temps de les recevoir et d'y travailler avant ikion départ: car je ne suis pas sûr de pouvoir partir avant 1o 7 ou le S du mots prochain. Je vous em- ' brasse et fais mille tendres respects k vos dames.

Mootbar, ce 11 mai 1778.

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