‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 246 sur 265 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

Je vous prie, ma charmante enfant, de faire ma paix avec le méchant abbé , qui me gronde de ce que je ne lui écris pas, tandis que j*ai mille fois plus de tort avec vous, mademoiselle, et que vous êtes assez bonne pour ne pas vous en plaindre. Vous verrez combien je vous en sais de gré lorsque je serai de retour, et je compta que ce sera avant la fin de ce mois. Mille tendres respects à voire chère maman , et mille amitiés, avec ces paperasses, h notre cher abbé , en attendant que j*aie rhonneur de lui écrire.

Honibar, ce 4«r oclobre 1778.

LETTRE Xï".

Voilh, mon très cher abbé, les feuilles C. et D de notre septième volume. J'ai renvoyé les deux précédentes par Tordinaire dernier à l'adresse du sieur Lucas , que je charge de les remeltre'à Timprimerie royale. Vous ferez

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bien, mon cher ami, d'exhorter M. Mandonnet, en lui faisant mes compliments , pour lâcher de regagner le temps assez long qu'on a perdu. Je vous envoie en mênie temps votre article du grèbe et du caslagneux, qui a dû, en effet, vous coûter beaucoup de recherches et de discussions ; mais, encore un coup, mon très cher abbé^ nous sommes bien en avance vis-à-vis de l'impression ^ par conséquent, n'en prenez qu'à votre aise; car je ne cesserai de craindre pour votre santé que quand je vous verrai moins ardent pour le travail. Et qu'importe que les oiseaux soient achevés cette année ou six mois plus tard, cela m'est bien égal; je conçois que cet ouvrage doit fort vous ennuyer, et c'est pour cela qu'il faut le couper, en allant tantôt auprès de la belle comtesse , tantôt auprès du bon marquis, et plus souvent encore auprès de mon frère et de mon fils : au reste, je vois avec le plus grand plaisir que voire ouvrage ne se sent point du tout de la précipitation avec laquelle vous voudriez l'achever; tout m'y parait exact, et même scrupu* leusement vu. Gomme j'ai les yeux très fatigués , je ne relis pas les nomenclatures , et je vous prie d'y donner une double attention.

Je suis maintenant très décidé à ne faire aucune réponse au sujet du manuscrit Boulanger ; je n'ai jamais lu moi-même ce manuscrit : c'est Trécourt qui m'en a lu quelques endroits, et qui m'a fait l'extrait de ce qui regardait le cours de la Marne, dont je vous ai remis à vous-même la petite carte. Voilà tout ce que j'ai tiré de ce manuscrit, que je connaissais d'avance par la lettre que Boulanger m'avait écrite en i7S0; en sorte qu'ayant alors jelé celte lettre, j'ai de mênxe jeté le manuscrit comme papier très inutile : mais je vois qu'il n'est pas nécessaire d'en convenir aujourd'hui; il vaut mieux laisser ces mauvaises gens dans l'incerlitude, et comme

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je garderai un silence ab«o1u, nous aurons le plaisir de voir leurs manœuvres à découvert. Je Tiens de lire Textrait de mon ouvrage dans le n<* 18 du même journal Grosier ; il est clair que c'est un guet-apens et un piège qu'on a voulu me tendre, en voulant me forcer de répondre à la lettre Gobet « parce que le journaliste , dont l'extrait est pitoyable et de mauvaise foi, s'est bien douté que je ne répondrais pas à sa critique, mais que je serais obligé de paraître pour me défendre de la calom* nie. Le seul fait d'avoir lu publiquement à l'Académie de Dijon, en 1772, le premier Discours des Epoques, qui en renferme tout le plan, suffit pour confondre les calomniateurs, puisque le manuscrit Boulanger ne m'a été remis que trois ans après; et voilà ce que peuvent dire mes amis avec d'autant plus d'assurance, qu'il en a été fait mention lors de la lecture, dans les feuilles hebdomadaires de Bourgogne, imprimées b Dijon. Il faut donc laisser la calomnie retomber sur elle-même, et je suis très aise que vous en pensiez ainsi.

Faites mille tendresses de ma part à votre très respectable mère et à votre tout aimable sœur. J'ai eu le plaisir de parler d'elles et de votis avec M. et madame de Genouilly, qui sont venus dtner hier ici; ils vous aiment beaucoup tous deux, parce qu'ils vous connaissent bien tous deux; et moi aussi, mon très cher abbé, je vous aime d'autant mieux que je vous connais davantage.

MoDtbv, ce 8 Mût 1779.

LETTRE XIP.

Voilà le cormoran que je vous en>oie, mon très cher monsieur, avec les premières corrections, car j'en ai

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fait de plus grandes sur la seconde coitie; mais en tout il est bien, et il n'a pas laissé de nous coûter beaucoup de temps pour les recherches.

Je vous ai dit par ma dernière que je m'étais fort occupé à relire tous nos articles du huitième volume. Je compte que tout ce qui est fait, jusque et compris le cormoran, fera au moins trois cent trente pages d'impression, à quoi ajoutant quarante pages, tant pour la table des matières que pour celle des chapitres, cela fait d^à trois cent soixant&<lix pages pour, ce volume, qui, d'ailleurs, contiendra vingt-neuf planches; il ne nous faut donc plus qu'environ deux cents ou deux cent vingt pages au plus pour achever ce huitième volume; et voici l'ordre dans lequel je désirerais que vous eussiez la bonté d'en préparer le travail.

Après le cormoran, nous pouvons placer 1^ fous et les frégates, dont il y a sept espèces dans Brisson; les paille-en-cul ou oiseaux des tropiques, trois espèces; l'anhinga, une espèce; le bec-enM:iseaux,unje espèce; les hirondelles de mer, sept espèces ; et enfin les goélands et les mouettes, quinze espèces, avec les plongeons, six espèces. J'imagine que ces articles sont suffisants pour achever ce huitième volume, et s'ils excédaient les deux cent vingt pages, nous pourrions en 6ter les plongeons.

Je fais cet arrangement dans la vue de commencer le neuvième volume par le bel article du cygne, en le continuant par les oies, les canards, souchets, morillons, sarcelles, etc., et de là passant aux pétrels, pufBns, albatros, pingouins, etc., et finissant par le manchot, qui, de tous les oiseaux, l'est le moins. Vous me direz que ce restant d'oiseaux , que je destine à commencer le neuvième volume, n'en fera que le tiers ou peut-être le quart, c^est-à-dire cent cinquante ou deux cents pa-

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ges; mais DOu»f joindrons les articles (te sutl^lëments» qui en feronl du moins autant, et ensuite la correspondance des noms, qu'il faudra prendre en faisant le dépouillement de toutl'ouTrage, depuis le premier Tolume jusqu'au neuvième, ce qui seul fera plus de cent pages, et cent trente y compris la table des matières ; en sorte que ce neuvième volume sera tout aussi gros que tes autres.

Ainsi vous âv«t Ife temps de bien peigner votre beau cygne, et je ne vous cohseille pas de vous en occuper, non plus (tue des oies, des canards et des autres oiseaux estropiés qui doivent enttter dans ce neuvième volume, et vous attacher acltiellçment & tefetii qui doivent terminer le huitième.

M. de Montbeillard m'écrit aujourd'hui qu'il m'enverra dans huit jours la table entièrement faite du sixiè'^ me volume, et je vous la ferai passer tout de suite pour la remettre à l'imprimerie royale^ parce que je vola qu'ils sont bientôt au bout de leur copie, qui finit à Tarticle du cincle, et que la table du sixième volume doit être imprimée la première après cet article qui fait la fin du septième volume. J'ai aussi beaucoup avancé la table de ce septième volume , parce que je la continue sur les épreuves k mesure qu'elles m'arrivent; mais il faudrait m'envoyer incessamment sept bonnes feuilles qui me manquent, et qui doivent être actuellement tirées, depuis la page 360 jusqu'à la page 4i6. C'est la seule chose qui me manque pour que cette table puisse être complètement achevée.

Je vous assure, mon cher abbé^ que quoique je n'aie paè, b beaucoup près, comme vous, la grande fatigue de ce travail, il me pèse néanmoins beaucout»» 0t qoe je désire autant que vous d'en être quitte, el de M phm

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trataiiler sur des plames. Adieu , je tous embrasse, ainsi que tos bonnes el aimables bonnes.

Jlooibar, ce 24 décembre 4779.

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