LETTRE XIV
Fort bien et de mieux en mieux, mon très cher abbé; car vous ne trouverez guère plus, ou peut être moins de changements et de corrections dans ces deux articles que je vous renvoie, que dans celui de l'anhinga. J'ai cru devoir supprimer le nom de coupeur-d'eau , qui n'est pas bien connu, et qui d'ailleurs a été donné par Gook à un oiseau qu'il dit être un pétrel ; j'ai cru de même devoir rejeter celui de stercoraire, autant par sa mauvaise odeur que par sa mauvaise application, et je crois que vous serez content des corrections que j'ai faites sur le bec- en-ciseaux. Toutes les fois que l'on traite un sujet dans un point de Tue général, il faut tâcher d'être court et précis; cet article et celui de l'anhinga figureront très bien parmi ces tristes oiseaux d'eau dont on ne sait que dire, et dont la multitude est accablante. Je suis surpris de ne point recevoir de nouvelles épreuves de l'imprimerie royale ; on vient de m'envoyer les bonnes feuilles jusqu'à la lettre Y, mais il y a douze ou quinze jours que je n'ai vu d'épreuves, et à ce train le volume ne sera pas imprimé avant mon retour à Paris, car je compte toujours aller vous revoir sur la fin de septembre; et je trouve déjà que mon temps s'avance,
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surtout relalivement li mon oavrage des minéraux, quolr que j'en perde le moins qu'il esl possible : mais l'histoire des métaux est une affs^ire encore plus difficile» et peut-être aussi longue que celle des autres matières toutes prises ensemble, et j'entrevois que ce volume me donnera encore plus de peine et de travail que le pre-^ mier ; cependant je ne me décourage pas, et j'espère exK venir à bout avec le temps.
Je n'ai point pris de parti au sujet du schorl, et quoique tous les granits de Danemark , de Suède et des autres provinces du Nord en contiennent , et qu'en même temps ils ne contiennent point de mica, il se peut qqe ces granits soient mal nommés, ou qu'ils fusent un ordre de pierres différent de celui des vrais gmnitS) mais ce sont de ces choses sur lesquelles il serait difficile de s'entendre par lettres, et que nous examinerons ensemble lorsque j'aurai le plaisir de vous revoir. Vous ne pouvez m'en faire un plus grand que de Toiv souvent mon fils; je voudrais bien qu'il profitât de vos leçons et de vos sages conseils; je lui ai demandé œs jours-ci quelques feuilles de son ouvrage, et je voua serais obligé de l'exhorter k ne pas abandonner aea études } il ne sent pas le grand tort qu'il se fait par la perte de son temps. Vous avez bien employé le v^tre, mon très cher ami, et vous en recueilles aujourd'hui le fruit. Mille compliments très buuibles et tendres amitiés k vos dames.
]lonU)ar, ce 9 jaiHet 1780.