LETTRE XXV
Je conçois , mon eber monsieur , toute l'étendue de votre douleur; je ne connais personne qui «ime autant ses parentfi, et je vois, par l'extrême tendresse que vous avez pour vutre digne mère, combien la perte d'un bon père doit vous être sensible. Votre lettre m'a touché jusqu'aux larges, et je coudrais bien pouvoir vous donner quelque consoliition. La distraction vous serait peut-être nécessaire, et VQUS pourriez, mon cher ami» lorsque le» oiseaux seront finis^ yenir passer quelque temps auprès 4e moi. Je crois que mon fils pourra bien obtenir au congé pour y venir dans le mois prochain « et il serait peut-être possible de vous arraiiger avec lui pour faire te voyage, en le pfévenant que vou^ payeriez yotre pqrtion pour ia pcBte, car 11 est toujours ruiné. Je ne suis pas encore entièrement quitte des impressioivs d'une colique d'estomac qui m'a fort incommodé, et dont j'attribue la cause aux inquiétudes que m'a 4oiuiées la maladie de mqn fils. l\ ne Jaiit pas |e laiiier partir
A l'abbé bexom. 345
avant qu'il ne soit parfaitement rétabli; il compte d'avance que ce sera pour le premier de septembre; mais tous mes amis me feront plaisir de l'engager à retarder de huit ou quinze jours.
En remettant k l'imprimerie cette feuille, qui n'est venue qu'au bout de quinze jours, je vous prie de dite à Werkaven que je suis très peu content de ce qu'il va si lentement sur ce second volume des minéraux , qu'il faut tâcher de fmir dans le courant d'octobre, et cela serait possible s'il voulait seulement donner deux ou trois feuilles par semaine.
J'ai fait votre commission auprès de tnadame Daubenton, qui vous fait ses compliments ; elle n'a pas encore reçu réponse de madame Nécker.
Au resle, tnon cher ami, je n'insiste pas sur ce que vous veniez à Montbar, parce que je sens que dans ces premiers temps votre respectable maman et votre aimable sœur ont besoin de se consoler avec vous ; faitesleur mes plus tendres amitiés, et âoyez sûr de la part sensible qne je prends k votre commune afOiction ^.
MoDtbar, ce n août 1788.
> C08 ketfrts à Tibbé Bezon sont tirées da Contfrvateur ou R$cu$il dt morceaux inédit», etc.| par François (de Neufch&leau ]), tome 1, pages 101 et snivantes.
LETTRE VK