‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 49 sur 265 · Oiseaux, tome I, page · texte numérisé non relu

Oiseaux, tome I, page

2. Tome Xill, page 37. Il n'y avait plus qa'à appliquer eet belles idées de physiologie géni'rale à la m^'lliodc.

3. Goaime il n'étudiall les ohjel» que »U€ceMi%eoieol el l*iin

SDR LA MÉTHODE. 19

les autres opinions de Buffon, comme de ses opinions sur la méthode. Nul homme, peut-être, n'a plus constamment modifié ses pensées, parce que nul homme ne les a plus constamment travaillées. On vient d'en voir un exemple : BuITon avait commencé par se moquer des méthodes et il a fini par suivre ou plutôt par se faire une excellente méthode.

Cependant, Buffon n'a jamais bien compris ce qui, à considérer le côté philosophique, c'est-Adire le vrai cdté du problème, constitue réellement la méthode.

après l'attire, les points de Tue ne se déconvrafent aussi que sttseeisIveineDl à ses yeux. De là, bien des Tariations et, souvent nème, bien des conlradioUons. Par exemple, il dit, à un en* droit, • quMl n'existe dans la nature que des individus » (lome I, page 38) : et puis il écrit, à un autre endroit, cette belle phrase : ■ Tous les êtres semblent se réunir avec leurs voisins, et for^ mer des groupes de similitudes dégradées, des genres. » (Tome XIV, page-39). En un lieu, il se moque des mé/AodMet des méthodistes ; • Il est nécessaire, dit-il, de prévenir les voyageurs contre l'usage dépareilles méthodes, avec lesquelles on se dispense de raisonner, et on se croit d'autant plus sarant que Ton a moins d'esprit » (lome XIII, page 8) : et, en un autre lieu, il parle le langage le plus sévère des méthodistes: «Comme l'on a donné, dit-il, le nom de maki à plusieurs animaux d'espèces différentes, nous ne pouvons l'employer que comme un terme générique, sous lequel nous comprendrons trois animaux qui se ressemblent assex pour être du même genre, mais qui diffèrent aussi par un nombre de caractères suffisant pour consUtuer des etpèces évidemment différentes. » (TomeXlll, page t73).

La méthode est Texpression des rapports des choses.

La méthode subordonne les rapports particuliers aux rapports généraux , et les rapports généraux à de plus généraux encore, lesquels sont ' les lois.

Montesquieu définit admirablement les lois : des rapports^.

Cest là tout un ordre d'idées que Buffon n*a pas soupçonnées. Jusqu'à lui la méthode semblait faite plutôt pour conduire aux noms qu'aux ropports des choses. Âpres lui, le véritable objet a paru ; mais il a fallu pour cela tout ce long travail sur Tanatomie comparée que Buffon n*a pas vu , et auquel peut-être, lors même qu'il eût pu le voir, il n'aurait pas donné toute l'attention requise, car il avait la patience du génie et non pas celle des sens.

Buffon n'a donc pas compris cette méthode qui donne les rapports, ces rapports qui donnent les lois , ces lois qui, sous le point de vue abstrait , sont toute la science ^.

Son véritable titre est d'avoir fondé la partie

1. « \m lois, dans la signlIlcaUon la plus étendoe, loot Ict rapports néceiialrea qai dériTent de la nature des ehoaea. • [Kipr'u des Loin, livre 1, chapitre i).

3. Vojrei, sur ces rapports et «ur ces lois, moQ HiUoirt du iravauxde Georges Cuvier.

SUR LA MÉTHODE. âl

historique et descriptive ' de la science. Et ici il a deux mérites pour lesquels il n*a été égalé par personne. Il a eu le mérite de porter le premier la critique dans Thistoire naturelle ^, et le talent de transformer les descriptions en peintures; Il ne se borne plus à compiler, comme on faisait avant lui, il juge ; il ne décrit pas, il peint.

Il a connu deux cents espèces de quadrupèdes, et de sept à huit cents espèces d*oiseaux ; et pour chacune de ces espèces, il a donné une histoire complète : posant ainsi, pour la zoologie^ des bases qui seront étemelles, en même temps que , par les descriptions anatomiques de Daubenton, il préparait des matériaux à jamais précieux pour Yanaiomie comparée.

Mais, il faut bien le dire, ce qui a fait de Buf-^

1. n a tonjonn réani ces deux parties : V histoire et la dei» crtpftoR. « L'histoire doit suivre la description...» (Tome I, page 80). « Ces denx parUet (l'histoire et la deseripUon], que FoQ ne doit jamaii séparer en histoire natureUe... » {OiteauXt tome 1, page t).

2. Sa critique s*étend à tont : à la comparaison des espèces entre elles, à celle de leurs caraclères, de leur structure, do leurs habitudes, de leurs noms, etc. « La première, chose que Ton doit se proposer lorsqu'on entreprend d'éelaircir l'histoire d'un animal, c'est de faire une critique sévère de sa nomenclature, de démêler exactement les différents noms qui lui ont été donnés,... et de dlsUnguer, autant qu'il est possible, les différentes espèces auxquelles les mêmes noms ont été appliqués. • (Om^ovx, tome 11, page 1)»

â!2 IDÉES DE DUFFON

fon, dans lasoienoe* un homme à part» et dont la grandeur semblei chaque jour encore, devenir plus imposante, c'est le génie avec lequel il a écrit ses ouvrages. Son style lui assure, dans les sciences, une immortalité propre ; et lui-même le pressentait bien : a Les ouvrages bien écrits, dit-il avec complaisance, seront les seuls qui pas> seront à la postérité. La multitude des connaissances, la singularité des faits, lanouveautémème des découvertes ne sont pas de sûrs garants de rimmortalité : si les ouvrages qui les contiennent ne roulent que sur de petits objets, s'ils sont écrits sans goût, sans noblesse et sans génie , ils périront, parce que les connaissances, les faits et tes découvertes s'enlèvent aisément , se transportent et gagnent même & être mis en œuvre par des mains plus habiles. Ces choses sont hors de rhomme, le style est Thomme même '... »

C'est par ce style, qui est V homme méme^ qu9 Buffon s'est fait une place qui n'est qu'à lui; et, chose qu'on n'a pas assez remarquée, c'est que le style, je ne parle pas ici de la langue scientifique^^ je ne parle pas de la nomenclature^ ^]^ dis le style, a été pour beaucoup aussi dans les grands succès de Linné.

!• Dueourê de réception à l'Acodémitfi^mfmm.

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