‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 51 sur 265 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

IDEES DE BUFFON SUE L'icONOMIE ANOUtE.

Lorsque Buffon commença son grand ouvrage, il n'était pas plus anaiomùie que zoologùie. Il devint plus tard zoologiste, comme nous avons vu. Il ne devint jamais ana/omàie, à proprement parler ; et cependant, d'une part, il a fait beaucoup pour Vanaiomie^ et, de Tautre, il lui a beaucoup dû.

n est d'abord le premier * qui ait joint la det* cripiion anatomique^ c'est-à-dire intérieure^ à la description extérieure des espèces. Il appela, il inspira Daubenton; il jeta, parles mains de Daubenton, les premières bases de Vanaiomie corn-* parée; et peut-être comprit-il mieux que Daubenton lui-même toute la portée de cette nouvelle science.

c< Depuis trois mille ans, dit -il, que Ton dis^

1. Texcepte toujoara Ârlstote, qai embrun tout et réonU tout : Vanaiomief la zoologie ou U méikode, et VkUtoire iMf«reiie propremeut dite. Voyei mon HUlotrê du travaux de Georges Cuvier,

inKKS DR BUFFON SHR l'ÉCONOMIE ANIMALE. 95

séque des cadavres humains, Tanatomie n'est encore qu*uDe nomenclature, et à peine a-t-on fait quelques pas vers son objet réôl, qui est la science de réconomie animale ^... Nousavonsdes milliers de volumes sur la description du corps humain, et à peine a-t*on quelques mémoires commencés sur celle des animaux : dans Thomme on a reconnu, nommé, décrit les plus petites parties, tandis que Ton ignore si, dans les animaux. Ton retrouve non seulement ces petites parties, mais même les plus grandes ; on attribue certainesfonctiens & de certains organes, sans être informé si, dans d'autres êtres, quoique privés de ces organes les mêmes fonctions ne s'exercent pas; en sorte

1. Tome VU, page 92. « ... Celte méthode n'ett pas la aelenee; ee n'est qae le chemin qui derrait y conduire, et qui peutrêtro y aurait conduit en effet, si, au lieu de toujours marcher sur la même ligne dans un sentier étroit, on eût étendu la TOie, et mené de Tront l'anatomle de l'homme et celle des animaax... » (Tome VII, page 21). ^ « Quelle oonnainance réelle peut^on tirer d*un objet isolé? Le fondement de toute science n'est-il pas dans la comparaison que l'esprit humain peut faire des objets semblables et différents, de leurs propriétés analognes ou contraires," et de toutes leurs qualités relaUves?... Ainsi, lootes les fois que, dans une méthode, on ne s'occupe que du sujet, qu'on le considère seul et indépendamment de ce qui lui ressemble et de ee qui en diffère, on ne peut arriver à aucune connaicaanee réelle , encore moins s'élerer à aucun principe général; on ne pourra donner que des noms, et faire des descriptions de la chose et de toutes ses parties... » (Tome Vil,

que , dans toutes ces explications qu*on a voulu donner des différentes parties de réconomie animale, on a eu le double désavantage d'avoir d'à* bord attaqué le sujet le plus compliqué, et ensuite d'avoir raisonné sur ce même sujet sans le fonde» ment de la relation et sans le secours de Tanalogie. Nous avons suivi partout, dans le cours de cet ouvrage, une méthode très différente : comparant toujours la nature avec elle-même , nous Tavons considérée dans ses rapports, dans ses opposés, dans ses extrêmes ; et pour ne citer ici que les jpai^ ties relatives à Téconomie animale que nous avons eu occasion de traiter, comme la génération, les sens, le mouvement, le sentiment, la nature des animaux, il sera aisé de reconnaître qu'après le travail, quelquefois long, mais toujours nécessaire pour écarter les fausses idées, détruirelespréjugés, séparer l'arbitraire du réel de la chose, le seul art que nous ayons employé est la comparaison. Si nous avons réussi i répandre quelque lumière sur ces sujets, il faut moins l'attribuer au génie qu*à cette méthode que nous avons suivie constamment, et que nous avons rendue aussi générale, aussi étendue que nos connaissances nous Font permis', p Les vues principales que Buffon a dues & Ta*

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