‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 53 sur 265 · Par DaubeolOQ · texte numérisé non relu

Par DaubeolOQ

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remarqué H. DauliientoD \ que le pied d*UB cheval, en apparence ai différent de la main de Tbomme, est cependant composé des mêmes os, et que nous avons à Textrémité de chacun de nos doigts le même osselet en fer à cheval qui termine le pied de cet animal ^; et Ton jugera si cette ressemblance cachée n*e$t pas plus merveilleuse que les différences apparentes, si cette uniformité constante et ce dessein suivi de Thomme aux quadrupèdes, des quadrupèdes aux cétacés, des cétacés aux oiseaux, des oiseaux aux reptiles, des reptiles aux poissons, etc. , dans lesquels les parties essentielles, comme le cœur, les intestins, Tépine du dos, les sens, etc. , se trouvent toujours, ne semblent pas indiquer qu^en créant les animaux, TÉtre suprême n*a voulu employer qu*une idée et la varier en même temps de toutes les manières possibles, afin que Thomme pût admirer également et {a magnificence de Texécution, et la simplicité du dessein '. »

1. On foU, par cet exemple et par cent autres, comment à mesure que paul>entoo avaoçait di^na la partie matérielle de la science^ Buflfon salsiMaH reaprit <le ces progrès succoHifs.

2. « Ce qu'il y a c(e singulier, c'est que cette forçae de Ux

à cheval se Irouire aussi sur Votk de la troisième phalange des doigL« des pieds et des maios de Thomme. » (Uaubeuton, D^s» cription du cheval, tome IV, page 36S).

3. Tome IV, page 379. Il revient souvent sur cette grande Idée ; il y revient en particulier dans le passage qui suit, et qui n'est

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Assurément, ce passageestfortbeau,etilaét6 souvent cité ; mais il ne sulBt pas de le citer : après ravoir admiré, il faut voir, et voir enfin avec précision jusqu'à quel point la grande idéed*un;i/an

pal moins beau que oelui que je Tient de citer, quoiqu'il ait été moint remarqué : « Prenant son eorpe pour le module phyi'iqoa de tout leiètrea viTants, elles ajant mesurés, sondés, eomparéa dans toutes leurs parties, Thomme a yn que la forme de tout ce qui respire est à peu près la même ; qu'en disséquant le singe ou pouvait donner l'analomie de l'homme ; qu'en prenant ua animal on trouTait toujours le même Tond d'organisation, Ica mêmes sens, les mêmes viscères, les mêmes os, la même chair, le même mouvement dans les fluides, le même Jeu, la même action dan| les solides ; il a trouvé dans tous un cour, des Tdnea et des artères; dans tous, les mêmes organes de circulation, de respiraUon, de digesUon, de nutrition, d'eicrétion; dans tous, une charpente solide, composée des mêmes pièces à pea près assemblées de la même manière ; et ce plan toujours le même, toujours suivi de l'homme au singe, du singe aux quadrupèdes, des quadrupèdes aux cétacés, aux oiseaux, aux poinona, aux reptiles, ce plan. dis-Je, bien saisi par l'esprit humain, est un exemplaire Adèle de la nature vivante, et la vue la plus simple et la plus générale sous laquelle on puisse la considérer : et, lorsqu'on veut l'étendre et passer de ce qui vit à ce qui végète, on voit ce plan, qui d'abord n'avait varié que par nuancée, se déformer par degrés des repUles aux insectes, det insectes aux ▼ers, des vers aux loophytes, des xoophytes aux plantes; et, quoique altéré dans toutes tes parUes extérieures, eomerver néanmoins le même fond, le même caractère, dont les traits principaux sont la nutriUon, le développement et la reproduction : traits généraux et communs à toute substance organisée, traits éternels et divins que le temps, loin d*effacer on de d^ troire, ne ffkit que renouveler et rendre de plus en plua évi* fient». • (TotncXIV. pngc ?8Î.

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gênerai^ d'un seul plan, dans Torganisation des animaux, est une idée solide et vraie.

Newton avait remarqué avant Bufifon : «t L*uniformité qui, disait-il, paraît dans le corps des animaux; car, en général, les animaux ont deux côtés, Tun droit et l'autre gauche, formés de la même manière; et, sur ces deux côtés, deux jambes par derrière, et deux bras, ou deux jambes, ou deux ailes par devant sous leurs épaules ; et, entre les épaules, un cou qui tient par en bas à Tépine du dos, avec une tête par- dessusoù il y a deux oreilles, deux yeux, un nez, une bouche et une langue, dans une même situation '. i>

A répoque même où Buffon publiait Tidée que j'examine, un autre grand naturaliste, Réaumur, la jugeait ainsi : a Quoique cette vue ne soit pas exacte, disait Réaumur, elle prouve que H. de Buffon conçoit très bien qu'il y a un plan général, qui rappelle tous les animaux aune idée d'unité, à un point de conformité par lequel tout animal, quel qu'il soit, est distingué des végétaux. L'inexactitude de la réflexion ^ consiste en ce qu'il met ce

1. TVajfé iTopitqiw, etc. (trad. deCoste, tome II, page 577).

2. Vmexaetitude de la réflexion n*est pas précisément dans ce que remarque Réaamur. Ce n'est pas parce que eertaines parties manquent que les animaux diffèrent de pton, c'est parce que les parties qui restent ne gardent pas la mémo position relative. En uo root, il y a un fonds commun d'organisalion dniidlesani*

point c|an$ certaines parties qui manquent à beaucoup d*anima\ix, comine la charpente des os« que n*ont pas les insectes, le cœur qu*on dislingue dans quelques animaux et qui ne se trouve pas dans d*autres, etc. ^9

On voit, par les paroles de Newton, que Tidée d*une certaine uniformiti dans les animaux a été saisie de bonnebeure; et Ton voit, par les remarques de Réaumur, que cette belle idée d'un/i&m général^ d'un dessein suivie a grand besoin d'dtre démêlée.

Lorsque, avec Bufion, on passe de Thomme an cheval , aux quadrupèdes, on trouve un deueim suivi; lorsqu'on passe c(es quadrupèdes aux oiseaux, des oiseaux aux reptiles, des reptiles aux poissons, ce même dessein, quoique toujours de plus en plus, modifié, subsiste : on a toi^ours te dessein,^ le/)/a« de Ta^nimal vertébré.

Mais, si des anio^aux vertébrés on passe aux mollusques, le dessein change ; si des mollusques on passe aux insectes, il çbaiu;e encore ; il change

maux, e( c'est par là que ranimai te dUtingae da végétal ; mais le ptofi, c'est-à-dire l'ordre reteii/des pirtiesqui comlltaentee fonda commvfi, change. U j a un fonda commun, et ptotienra TpUmt diitmeti, Voyei ce que Je dU plua loin. Yoyes «utii non Hittoire de* travaux de G, Cuvier,

1. Lettrée à un Américain^ etc. (tpme IV, huitième parité, pagf^ 188): ouvrage de Vabbé de Lignac, malsoùlon reooQnait Hitéroent, et dans plus d'un lieu, la mali) de Ris^uaiur*

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encore, si des insectes on passe aux zoophytes.

II n*y a donc pas un seul dessein^ un seul j^/an.il y en a quatre : il y a le plan des yertëbrés, le plan des mollusques, le plan des insectes \ et lé plan des zoophytes.

C'est ce que nous savons tous aujourd'hui', et ce qaeBuflbn ne pouvait savoir. Buffon n*a cbûhU Fanatomieque par Daubenton, etDaubenton n'avait étudié que les anioiaux veHébrès. Les mollasques, tes insectes, les zoophytes^ tout ce qu'on appelait alors les animaux à sang blanc, tout ce qu'on appelle aujourd'hui lés aniînaul sans vertèbres, tous ces animaux n'ont été« si je puis ainsi dire, soumis à l'anatomie comparée que par M. Cuvier.

Au temps de BuBbn, si vous exceptez quelques études particulières de Héry sur la moulé des étangs, de Malpighi sur le ver à soie^ de Swammerdam sur un certain nombre iï insectes, etc., la structure de toute cette grande partie du règne animal était à peu près inconnue. Les belles études de Lyonnet sur la chenille du saule, de Pallassur les aphrodites et les néréides, etc., ne sont venues qu'après. Et encore, avec tout cela, qu'avait-on? des vues détachées, des faits isolés, épars; mais

1 . Ou, plai généralpinent, des articulée, plan qui oompreod let CTMiiacéê, les arach»titUê et les imecUM,

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