‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 54 sur 265 · Voyn mon EUtoin (tei travaux de G, Cuvisr · texte numérisé non relu

Voyn mon EUtoin (tei travaux de G, Cuvisr

34 IDÉES DE BDFPON

nulle vue générale et comparative, nul travail d'ensemble.

Ce travail d^ensemble n'appartient qu'à H. Cu* vier. Et, ce travail fait, toutes ces structures nou* velles des mollusques, des insectes , des zoophytes, ont donné leurs lois distihctes ; on a eu de nouvelles formes générales, de nouveaux desseins, de nouveaux plans, de nouveaux types. La belle loi de Bufifon, bornée aux seuls animaux qu'il connût, c'est-à-dire aux seuls animaux vertébrés, a paru aussi juste que. belle. En un mot, Buffon a donné la loi générale d'une partie du règne animal, et M. Cuvier a donné les lois distinctes du règne animal entier; Buffon avait donné la loi générale des animaux vertébrés, et H. Cuvier a donné les lois distinctes des animaux vertébrés, des mollusques, des insectes et des zoophytes.

11, — Nuances graduées des fttres.

L'idée d'une gradation continue des êtres date d'Aristote.

<c Le passage desétres inanimés aux animauxse fait, dit Aristote, peu à peu : la continuité des gradations couvre les limites qui séparent deux classes d'êtres, et soustrait à Tœil le point qui les divise. Après les êtres inanimés viennent d*abord

SUR L'ÉCONOMiB ANIMALE. 35

les plantes... Le genre entier des plantes semble presque animA, lorsqu'on le compare aux autres oorps ; elles paraissent inanimées, si on les compare aux animaux. Des plantes aux animaux le passage n*est point subit et brusque : on trouve dans la mer des corps dont on douterait si ce sont des animaux ou des plantes. La mdme gradation insensible, qui donne i certains animaux plus de vie et de mouvement qu'i d'autres , a lieu pour les fonctions vitales'... p

Vingt siècles après Aristote, Leibnîtz reproduit ridée de la continuité des êtres. «Les hommes, dit-il, tiennent aux animaux, ceux-ci aux plantes, et celles-ci aux fossiles. ..Làhidâ coniinuiiê, dit-* il encore, exige que tous les êtres naturels ne forment qu'une seule chaîne, dans laquelle les différentes classes, comme autant d'anneaux, tiennent si étroitement les unes aux autres , qu'il soit impossible de fixer précisément le point où quelqu'une commence ou finit, toutes les espèces qui occupent les régions d'inflexion et de rebroussement devant être équivoques et douées de caractères qui se rapportent également aux espèces voisines^.»

Après Aristote, après Leibnitz , Buffon adopte

1. Hittaire des Animaux, Hrre Vllli ftiap. i (trad. de Camus).

2. Leuret de LeiOnin, dans V Appel au pubHe, de Kœnig : Ap^ peudke, page 4â.

3^ IDÉES DE BITFFOK

ridée d^UDe échelle continue des êtres; Bonnet * Tadopte après Buffon ; et presque tous les naturalistes de la fin du dernier siècle l'adoptent avec Bonnet.

« Les nuances imperceptibles, dit BufTon, sont le grand œuvre de la nature^. . . La nature marche, dit-il encore, par des gradations inconnues... Elle passe d*une espèce à une autre espèce, et souvent d*un genre à un autre genre, par des nuances imperceptibles ; de sorte qu'il se trouve un grand nombre d'espèces moyennes et d'objets mi-partis qu'on ne sait où placer '. d

Buffon parle donc comme Aristote et Leibniti ; Bonnet parle comme tous les trois ^ et cependant cette idée d'une écheUe continue n'a guère moins

1. Bonnet: Considéraiions $ur Ui corps organtMés ; phOoiophiques mr Ut cauu prenûhre et tur son effet; CmmompUàdon de la nature, ete.

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