‹ Cuvier. Histoire de ses travauxChapitre 31 sur 47 · CAUSES FINALES EN THÉORIE DES CONDITIONS D ’EXIS TENCE · texte numérisé non relu

CAUSES FINALES EN THÉORIE DES CONDITIONS D ’EXIS TENCE

Un des plus grands services que M. Cuvier ait rendus à l’histoire naturelle, a été d’v ramener la théorie des causes finales.

J’ai parlé bien souvent, dans cet ouvrage, de la loi des corrélations organiques : on a vu que, dans un animal, toutes les parties tiennent les unes aux autres, se donnent les unes les autres, tranchons le mot, ont été laites les unes p'our les autres.

La loi des corrélations organiques est la loi des conditions d’existence (nul être ne pourrait exister, si toutes ses parties n’étaient pas 'faites les unes pour les autres) ; la loi des conditions d’existence est la loi même des causes finales.

« L’histoire naturelle, dit M . Cuvier, aunprin- « cipe qui lui est particulier ; c’est, celui des conk dit ions dl existence , vulgairement nommé des

PHILOSOPHIQUE

« 'causes finales . Comme rien ne peut exister, « s’il ne réunit les conditions qui rendent son existe tence possible, les différentes parties de chaque « être doivent être coordonnées de manière àren- « dre possible l’être total, non seulement en lui- « même, mais dans ses rapports avec ceux qui « l’ entourent (1). »

C’est au moyen de la loi des conditions d’existence, de la loi des corrélations organiques , que, comme je l’ai déjà dit tant de fois, M. Cuvier a

rétabli toutes les espèces perdues.

Il y a un emploi niais des causes finales. Mais, à ne parler ici que de l’emploi sensé, on se trompe démarché. On veut aller des causes finales

(1) Il dit ailleurs : « Il ne suffit pas que les parties de cha- « que être soient entre elles dans cette harmonie, condition « nécessaire de l’existence; il faut encore que les êtres eux- « mêmes soient entre eux dans une harmonie semblable pour « le maintien de l’ordre du inonde. Les espèces sont mu- « tuellement nécessaires, les unes comme proie, les autres « comme destructeur et modérateur de propagation. On ne « peut pas se représenter raisonnablement un état de choses « où il y aurait des mouches sans hirondelles, et récipro- « quemenl. »

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aux faits; il faut aller des faits aux causes finales(1).

Plus je pénètre dans l’étude de la nature, plus je trouve partout la preuve d’un dessein suivi : ce dessein suivi est la preuve des causes finales , c’est-à-dire des causes qui se rapportent aux lins, c’est-à-dire de la main suprême qui a établi ces lins et ces causes.

Et remarquez bien que je ne conclus pas le dessein suivi des causes finales; je conclus, au contraire, les causes finales du dessein suivi.

(1) Voyez ce que j’ai dit des Causes finales dans mon Histoire des travaux et des idées de Buffon, chap. XI il, pag. 25G.

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