SCÈNE PREMIÈRE
CHÀTEAUFOKT, seul.
Il s'interroge et se répond lui-même.
Vous vous êtes battu? Et donc? Vous avez eu avantage sur votre ennemi? Fort bien. Vous l'avez désarmé? Facilement. Et blessé? Hon. Dangereusement, s'entend? A travers le corps. Vous vous éloignerez? Il le faut! Sans dire adieu au Roi? Ha, a, a. Mais cet autre, mordiable ! de quelle mort le ferons-nous tomber? De l'étrangler comme Hercule fit Antée, je ne suis pas bourreau. Lui ferai-je avaler toute la mer? Le monument d'Aristote est trop illustre pour un ignorant. S'il était maquereau, je le ferais mourir en eau douce. Dans la flamme, il n'aurait pas le temps de bien goûter la mort. Gommanderai-je à la terre de l'engloutir tout vif? Non, car, comme ces petits gentillâtres sont accoutumés à manger leurs terres, celui-ci pourrait bien manger celle qui le couvrirait. De le déchirer par morceaux, ma colère ne serait pas contente, s'il restait de ce malheureux un atome après sa mort. 0 Dieu ! je suis réduit à n'oser pas seulement lui défendre de vivre, parce que je ne sais comment le faire mourir !