‹ Cyrano de BergeracChapitre 56 sur 94 · CHAPITRE il · texte numérisé non relu

CHAPITRE il

Le* habitante de la lune. — L'auteur pria pour . — Le

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oour. — L'auteur m s en cage avec un Espagnol our un

siti.

Je restai bien surpris de me voir tout seul u milieud'un pays que je ne connaissais point. J'avais beau proi yeux, el la jeter par la campagne, aucun firait pour les consoler. Enfin, je résolus de marcher qu'à ce que la fortune me fit rencontrer la te ou

de quelques bêtes, ou de la mort.

Elle m'exau m bout d'un demi-quarl de lieue, je

rencontrai deux foii grands animaux.

ot moi : l'autre s'enfuit légèrement a lu moins,

je le pensai ainsi, à cause qu'à quelque temps de là je le vis revenir accompagné déplus de sept ou huit cents de même espèce, qui m'environnèrent. Quand je les pus discerner de près, je connus qu'ils avaient la taille et la figure comme nous. Cette aventure me fit souvenir de ce

nuyeuse dans le xs. Il s'agit du Paradis terrestre, où l'auteur rencontre Elie, avec lequel il a des entretiens d'une théologie bizarre. Il n'y a presque rien à retenir de cette partie, qui semble un travail antérieur soudé maladroitement à la version définitive adoptée par Cyrano. Voici le seul passage qui ait quelque piquant : « J'oubliais, ô mon fils, à vous découvrir un secret dont on ne peut pas vous avoir instruit. Vous saurez donc qu'après qu'Eve et son mari eurent mangé de la pomme défendue Dieu, pour punir le serpent qui les avait tentés, le relégua dans le corps de l'homme. Il n'est point né depuis de créature qui, en punition du crime de son premier père, ne nourrisse un serpent dans son ventre... — En effet, lui dis-je, en l'interrompant, j'ai remarqué que, comme ce serpent essaie toujours de s'échapper du corps de l'homme, on lui voit la tête et le col sortir au bas du ventre. Mais aussi Dieu n'a pas permis que l'homme seul en fût tourmenté : il a voulu qu'il se bandât contre la femme pour lui jeter son venin, et que l'enflure lui durât neuf mois après l'avoir piquée. Et pour vous montrer que je parle suivant la parole du Seigneur, c'est qu'il dit au serpent qu'il aurait beau faire trébucher la femme, en se roidissant contre elle, qu'elle lui ferait baisser La tête. » Je voulais continuer ces fariboles, mais Elie m'en empêcha... » Ce passage est inédit.

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que jadis j'avais ouï conter à ma nourrice, des sirènes, des faunes et des satyres. De temps en temps, ils élevaient des huées si furieuses, causées sans doute par l'admiration de me voir, que je croyais quasi être devenu monstre. Enfin, une de ces bêtes-hommes, m'ayant pris par le col, de même que font les loups quand ils enlèvent des brebis, me jeta sur son dos et me mena dans leur ville, où je fus plus étonné que devant, quand je reconnus en effet que c'étaient des hommes, de n'en rencontrer pas un qui ne marchât à quatre pattes.

Lorsque ce peuple me vit si petit (car la plupart d'entre eux ont douze coudées de longueur), et mon corps soutenu de deux pieds seulement, ils ne purent croire que je fusse un homme, car ils tenaient que, la nature ayant donné aux hommes, comme aux bêtes, deux jambes et deux bras, ils s'en devaient servir comme eux. Et, en effet, rêvant depuis là-dessus, j'ai songé que cette situation de corps n'était point extravagante, quand je me suis souvenu que les enfants, lorsqu'ils ne sont encore instruits que de la nature, marchent à quatre pieds, et qu'ils ne se lèvent sur deux que par le soin de leurs nourrices, qui les dressent dans de petits chariots, et leur attachent des lanières pour les empêcher de choir sur les quatre, comme la seule assiette où la figure de notre masse incline de se reposer.

Ils disaient donc (à ce que je me suis fait depuis interpréter) qu'infailliblement j'étais la femelle du petit animal de la reine. Ainsi je fus, en qualité de tel ou d'autre chose, mené droit à l'hôtel de ville, où je remarquai, selon le bourdonnement et les postures que faisaient et le peuple et les magistrats, qu'ils consultaient ensemble ce que je pouvais être. Quand ils eurent longtemps conféré, un certain bourgeois, qui gardait les bêtes rares, supplia les échevins de me commettre à sa garde, en attendant que la reine m'envoyât quérir pour vivre avec mon mâle. On n'en fit aucune difficulté, et ce bateleur me porta à son logis, où il

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