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pie des bommes modernes, qui rivent si peu; au contraîi ceux des première siècles, qui semblent n'avoir vécu si loni qu'à cauae «le la simplicité de leurs repaa
Il accompagnait ces deux qualités d'un.' ! le retenue
envers le beau sexe, qu'on peut dire qu'il n'est jamais sorti du respect que le nuire lui d<>ii ; el il avait joint à fout oela u grande aversion pour tout ce qui lui semblait intéressé qu'il ne put jamais s'imaginer ce que cétait de poaaéder du bien en particulier, le Bien étant bien moins à lui qu'à ceux de sa connaissance qui en avaient besoin, Aussi le ciel, qui n'est point ing voulut que d'un grand nombre d'amis qu'il eut pend tnt sa rie, plusieurs l'aimassent jusqu'à la mort, et quelques-uns mên delà.
Je me doute, Lecteur, que ta curiosité, pour sa gloire et ma satisfaction, demandeque j'en consigne les noms à la postérité : et j'\ défère d'autant plus volontiers que je ne t'en nommerai aucun qui ue soil d'un mérite extraordinaire, tant il les avait bien su choisir. Plusieurs raisons, et principalement l'ordre du temps, veulent que je commence par monsieur de Pradc, en qui la belle science égalait un grand cœur et beaucoup de bonté, que son admirable histoire de France l'ait si justement nommer le Corneille Tacite des Français, et qui sut tellement estimer les belles qualités de monsieur de Bergerac qu'il fut après moi le plus ancien de ses amis et un de ceux qui le lui a témoigné le plus obligeamment en une infinité de rencontres. L'illustre Cavois, qui fut tué à la bataille de Lens, et le vaillant Brissailles, enseigne des Gendarmes de Son Altesse Royale, furent non seulement les justes estimateurs de ses belles actions, mais encore ses glorieux témoins, et ses fidèles compagnons en quelquesunes. J'ose dire que mon frère et monsieur Zeddé, qui se connaissent en braves, et qui l'ont servi, et en ont été servis dans quelques occasions souffertes en ce temps-là aux gens de leur métier, égalaient son courage à celui des plus vaillants , et, si ce témoignage était suspect, à cause de la part qu'y a mon frère, je citerais encore un brave de la plus haute classe, je veux dire Monsieur Duret de Monchenin, qui l'a trop bien connu et trop estimé pour ne pas confirmer ce que j'en dis. J'y puis ajouter M. de Bourgogne, mestre de Camp du régiment d'infanterie de Monseigneur le Prince de Conti ; puisqu'il vit le combat surhumain dont j'ai parlé, et que le témoignage qu'il en rendit avec le nom à" intrépide, qu'il lui en donna toujours depuis, ne permet pas qu'il en reste l'ombre du moindre doute, au moins à ceux qui ont connu monsieur de Bourgogne, qui était trop savant à bien faire le discernement de ce qui mérite de l'estime, d'avec ce qui n'en
mérite point, et dont le génie était universellement trop beau pour se tromper dans une chose de cette nature. M. de Ghavagne, qui court toujours avec une si agréable impétuosité audevant de ceux qu'il veut obliger; cet illustre conseiller M. de Longueville-Gontier, qui a toutes les qualités d'un homme achevé ; M. de Saint-Gilles, en qui l'effet suit toujours l'envie d'obliger, et qui n'est pas un petit témoin de son courage et de son esprit; M. de Lignières, dont les productions sont les effets d'un parfaitement beau feu : M. de Chàteaufort, en qui la mémoire et je jugement sont si admirables, et l'application si heureuse d'une infinité de belles choses qu'il sait; M. des Billettes, qui n'ignorait rien, à vingt- trois ans, de ce que les autres font gloire de savoir à cinquante ; M. de la Morlière, dont les mœurs sont si belles, et la façon d'obliger si charmante ; M. le comte de Brienne, de qui le bel esprit répond si bien à sa grande naissance, eurentpour lui toute l'estime qui fait la véritable amitié, dont à l'envi ils prirent plaisir de lui donner des marques très sensibles. Je ne particulariserai rien de ce fort esprit, de ce tout savant, de cet infatigable à produire tant de bonnes et si utiles choses, M. l'abbé de Yilleloin, parce que je n'ai pas l'honneur de le pratiquer ; mais je puis assurer que M. de Bergerac s'en louait extrêmement, et qu'il en avait reçu plusieurs témoignages de beaucoup de bonté.
■J'aurais ajouté que, pour complaire à ses amis qui lui conseillaient de se faire un patron qui l'appuyât à la cour, ou ailleurs, il vainquit le grand amour qu'il avait pour sa liberté, et que jusqu'au jour qu'il reçut à la tête le coup dont j'ai parlé (1), il demeura auprès de monsieur le duc d'Arpajon, à qui même il dédia tous ses ouvrages ; mais, parce que dans sa maladie il se plaignit d'en avoir été abandonné, j'ai cru ne pas devoir décider si ce fut par un effet du malheur général pour tous les petits, et commun à tous les grands, qui ne se souviennent des services qu'on leur rend que dans le temps qu'ils les reçoivent ; ou si ce n'était point un secret du ciel, qui, voulant l'ôter sitôt du monde, voulait aussi lui inspirer le peu de regret qu'on doit avoir de quitter ce qui nous y semble le plus beau, et qui pourtant ne l'est pas toujours.
(i) L'accident, demeuré obscur, semble être celui-ci : une pièce de bois lui tombant sur la tête au moment qu'il rentrait un soir à l'hôtel d'Arpajon. On n'a pas de renseignements plus précis sur la nature de la maladie dont il mourut, probablement inflammation et fièvre consécutives k cet accident, où d'aucuns ont vu une tentative d'assassinat, — qui n'aurait pas été la première.
Cf., p. 120, la lettre contre un Jésuite assassin.
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intéressa de telle orte pour ce qui le touchait, qu'il lui le premier qui découvrit la véritable cause de sa maladie, el qu chercha soigneuseï ient, avec tous • l'en
délivrer; mais monsieur des Boisclairs, qui jusque dans ses moindres actions n'a rien que d'héroïque, crut trouver en nue de Bergerac une trop belle occasion de satisfairt pour en lai oire nux autres, qu'il résolut de prévenir, et
qu'il prévint en effet, dans une conjoncture d'autant plus utile à son ami que l'ennui de sa longue captivité le !.. aacait d'une
prompte moi . donl une violente fièvre avait même déjà commence le triste prélude. Mais cet ami sans pair l'interrompit, par un intervalle de quatorze mois, qu'il le garda chez lui, et il eût eu, avec la gloire que méritent tant de grands soins et tant de bons traitements qu'il lui Ht, celle de lui avoir conservé la vie, si ses jours n'eussent été- comptés et bornés à la trente-cinquième année de son âge, qu'il finit à la campagne chez monsieur de Cyrano, son cousin, dont il avait reçu de grands témoignages d'amitié, de qui les conversations, si savantes dans l'histoire du temps présent et du passé, lui plaisaient extrêmement, et chez qui, par une affectation de changer d'air qui précède la mort, et qui en est un symptôme presque certain dans la plupart des malades, il se fit porter, cinq jours avant de mourir.
Je crois que c'est rendre à monsieur le maréchal de Gassion une partie de l'honneur qu'on doit à sa mémoire, de dire qu'il aimait les gens d'esprit et de cœur, parce qu'il se connaissait en tous les deux et que, sur le récit que messieurs de Cavois et de Cuigy lui firent de monsieur de Bergerac, il le voulut avoir auprès de lui. Mais la liberté dont il était encore idolâtre (car il ne s'attacha que long-temps après à M. d'Arpajon) ne put jamais lui faire considérer un si grand homme que comme un maître; de sorte qu'il aima mieux n'en être pas connu et être libre, que d'en être aimé et être contraint ; et même cette humeur, si peu soucieuse de la fortune, et si peu des gens du temps, lui fit négliger plusieurs belles connaissances que la Révérende Mère Marguerite, qui l'estimait particulièrement, voulut lui procurer: comme s'il eût pressenti que ce qui fait le bonheur de cette vie lui eût été inutile pour s'assurer celui de l'autre. Ce fut la seule pensée qui l'occupa sur la fin de ses jours d'autant plus sérieusement que madame de Neuvillette, cette femme toute pieuse, toute
charitable, toute à son prochain, parce qu'elle est toute à Dieu, et de qui il avait l'honneur d'être parent du côté de la noble famille des Béranger, y contribua, de sorte qu'enfin le libertinage, dont les jeunes «;ens sont pour la plupart soupçonnés, lui parut un monstre, pour lequel je puis témoigner qu'il eut depuis cela toute l'aversion qu'en doivent avoir ceux qui veulent vivre chrétiennement (1).
J'augurai ce grand changement, quelque temps avant sa mort, de ce que, lui ayant un jour reproché la mélancolie qu'il témoignait dans les lieux où il avait accoutumé de dire les meilleures et les plus plaisantes choses, il me répondit que c'était à cause que, commençant à connaître le monde, il s'en désabusait ; et qu'enfin il se trouvait dans un état où il prévoyait que dans peu la fin de sa vie serait la fin de ses disgrâces; mais qu'en vérité son plus grand déplaisir était de ne l'avoir pas mieux employée :
Jam juvenem vides,
me dit -il,
instet cum serior œtas, Mcerentem stultos prœteriisse dies.
« Et en vérité, ajouta-t-il, je crois que Tibulle prophétisait de moi, quand il parlait de la sorte; car personne n'eut jamais tant de regret que j'en ai de tant de beaux jours passés si inutilement.» (Henri Lebret, Préface des Etats et empires de la Lune.)
§2. — Quelcjues dates chronologiques (2)
En 1571, messire Savinien de Cyrano est secrétaire du Roi ; en 1573, il est auditeur à la Chambre des Comptes ; en 1574, il vend à Guillaume Durand, marchand boucher, le quart d'une maison sise rue de la Bucherie ; en 1582, il achète les terres de Mauvières et de Bergerac (3) . Il avait épousé Anne Le Maire. C'est le grand-père de l'écrivain.
En 1601, noble homme Abel de Cyrano, sieur de Bergerac, tient en plein fief de Charles de Lorraine, duc de Chevreuse, le fief, terre et seigneurie, appelé de Bergerac, anciennement
(i) La conversion de Cyrano, dont s'attendrissait le bon chanoine Lebret, est fort hypothétique.
(2) D'après Jal, Dictionnaire, Pierre Brun, Savinien de Cyrano Bergerac, et Frédy de Coubertin, Nouvelle Revue, ier juin 1898.
(3) Mauvières et Bergerac (maintenant Sousforêts) sont situés un peu eu dessous de Chevreuse, dans le Hurepoix. Châteaux.
Soubs-Foireta, et aujourd'hui Sousforéts; il devait te revendre, ainsi que i en 1636, Le -5 septembre 1612, il i
Espérance Bellanger, fille d'Antoine et de Fleurance 1 parente de Simon Bellanger, marchand de Paria. G l cette
Espérance sont les parents de l'écrivain. Savinien naquit le»'» mars 1619 et rat baptisé quatre jour
tard en l'Eglise Saint -Sauveur :
• Le dixième de mars mil six cent dix-neuf l'ut baptisé Savinien, lils d'Abel de Cyrano, écuyer, sieur de Mauvierea, el de damoiselle hlspérance Bellanger, le parrain noble homme Antoine Fanny, conseiller du roi h auditeur en sa chambre dee la marraine damoiselle Marie Fédeau, femme de noble homme, maistre Louis Perrot, conseiller et secrétaire du Roi, maison et couronne de France, delà paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois. )>
Le Frère aîné de Savinien, AbeJ de Cyrano de Mauvières, né en 1615, «Mit un {ils, Abel-Pierre de Cyrano de Bergerac, qui vivait en 1699.
La postérité de l'oncle de Savinien, Samuel de Cyrano, s'est éteinte, pour le nom, en la personne de Jérôme-Dominique de Cyrano de Saint-Laurent, qui vivait en 17:21.
De 1631 à 1637, Savinien, après un stage chez un curé de campagne (voir la notice de Lebret, p. 313), étudie au collège de Beauvais, sous le principat de Grangier, qu'il devait railler dans son Pédant.
En 1638, après des folies qui avaient indispose son père, il prend du service dans les Garde-Noble, que leur capitaine , Carbon de Castel-Jaloux , recrutait de préférence parmi les Gascons. De là, la légende du « cadet de Gascogne ».
En 1639, au siège de Mouzon par les Allemands, une balle de mousquet, dans une sortie, lui traversa le corps de part en part. En 16-40, a peine guéri, il rejoint l'armée devant Arras et entre dans les Gendarmes du prince de Conti. Nouvelle blessure, à la prise de la ville, coup d'épée à la gorge, fin de sa carrière militaire et retour à Paris.
En 1641 ou 1642, leçons de Gassendi, avec Molière, Chapelle, Bernier, Hesnaut, Lamothe Le Vayer, chez le président Luillier, père de Chapelle.
De 1643 à 1653, duels, nouvelles folies, combat légendaire, et peut-être seulement légendaire, avec le singe de Brioché. Voyages fort hypothétiques en Angleterre, comme Théophile et Tristan, en Pologne, comme Saint-Amant, entrée au service du duc d'Arpajon, en son hôtel du Marais ou en son château de Séverac. en Kouergue. Ce grand méridional du xvne siècle protégeait par-
ticulièrement ses compatriotes, d'où sans doute renforcement de la légende du « cadet de Gascogne ».
Ce n'est qu'à la fin de sa courte vie qu'il se met au travail, à partir de 1645. Il débute par le Pédant joué, et laisse inachevés ses voyages imaginaires, à peine ébauchée, sa Physique.
Ayant, à la suite d'un accident mystérieux qui lui était arrivé à l'hôtel d'Arpaion, encouru la disgrâce du duc, il accepta l'hospitalité de M. des Boisclairs, où il traîna quatorze mois. C'est là que se joua la comédie habituelle de la conversion de la dernière heure. Deux religieuses, sa tante, Catherine de Cyrano, et Marie de Sénaux, s'y dévouèrent, aidées de Mme de Neuvillette. Excédé, sans doute, et voulant mourir dans la paix de ses idées philosophiques, il se fit transporter à la campagne, chez M. de Mauvières, son cousin. Il y mourut cinq jours plus tard, au mois de septembre 1655.
Le corps, réclamé par sa tante, prieure du couvent des Dames de la Croix, à Charonne, fut inhumé dans l'église de la communauté dont le sous-sol est encore intact. La commission du Vieux Paris, écrivait M. Lucien Lambeau, dans V Intermédiaire du 49 juillet 4907, surveille les travaux faits à cet endroit, où elle espère que l'on retrouvera les restes de Savinien de Cyrano Bergerac.