‹ Cyrille et MéthodeChapitre 104 sur 142 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

l'orthodoxie de Méthode, et qu'il l'a attestée dans une lettre adressée au prince S vatopluk, lettre qui, au dire de Méthode lui-même , a été remise à sa destination (1).

(( Aucune autre lettre, dit-il en termes formels, n'a été envoyée à Svatopluk. Nous n'avons rien ordonné ni en public ni en secret à l'évêque (2) [Viching évidemment]. Nous n'avons pas décidé que tu eusses autre chose à faire (que ce que nous avons dit). Gomment donc pourrait-on croire que nous avons exigé le serment dudit évêque (quel serment? celui de surveiller Méthode ou celui que prêtent les évêques? on ne sait), tandis que nous ne lui avons pas même dit un mot de cette affaire ? Cesse donc de douter... ne t'afflige pas des diverses tribulations que tu as souffertes en diverses circonstances. Si Dieu est avec toi , qui sera contre toi ? »

Le Pape termine en invitant Méthode à venir à Rome avec Viching, pour qu'il lui soit possible d'instruire le procès de ce dernier et de le condamner s'il y a lieu (3).

Il résulte de ce passage que le Pape dut inviter également Viching à se rendre à Rome.

La lettre du Souverain Pontife était avidement attendue en Moravie.

(I ) Méthode aUestait que la lettre avait été remise ; mais il ignorait la subslitulion faite par le faussaire.

(2j 11 u'j avait pas d'autre évoque suffragant.

(3) Giuz., Cod., p. 02. — J'ai suivi le texte que donne M. Raczki, p. 344-34o ; d'après les Regesta du Vatican , p. 110. La leltie de Jean Vlll est ainsi datée: « Data die X kalend. aprilis^ indictioneXlll (881). »

152 CYIULLE ET MÉTHODE.

Elle fut lue dans une de ces assemblées populaires si fréquentes chez les Slaves et fut accueillie avec des transports de joie (1).

Ni Viching ni Méthode ne se rendirent à Rome. Le premier était peu pressé d'aller chercher une condamnation éclatante. Quant au second, il se trouvait suffisamment justifié par la lettre de Jean VIII, et le soin de son troupeau lui semblait plus important qu'une vengeance stérile. Il dut cependant tenir tête à Viching, et, ne pouvant dompter son opiniâtre résistance , il se vit obligé de le frapper d'anathème (2). Le Pape mourut l'année qui suivit ce mémorable débat (15 décembre 882).

Cette même année, la guerre éclata entre Svatopluk et l'empire germanique. Il envahit à diverses reprises les provinces pannoniennes dont Arnulf avait le commandement, les ravagea et obligea l'empereur Charles le Gros à lui céder à titre de fief les terres dont il s'était emparé (3). Les victoires de Svatopluk agrandissaient le cercle d'action de Méthode, et fournissaient une nouvelle matière à son zèle apostolique. « Alors, dit la

(1) Lég. paiiu , ch xii : « Les ennemis de Méthode dirent : Le pape nous a donné le pouvoir et il or dorme de chasser Méthode et sa doclriue. Or tout le peuple moi'ave, s'étanl rassemblé, ordonna de lire la lettre du Pape, afin qu'on vît que le Pape ordonnait de le chasser; mais, en ouvrant la lettre de l'apôtre, on y lut ceci : Notre frère ^ Méthode le saint , est orthodoxe et remplit les fonctions apostoliques. Par Dieu et le siège apostolique lui ont été confiés tous les 'pays slaves. . . Et, couverts de honte, ils se dispersèrent comme un brouillard. »

(2) Lég. bulg., Ginz , Cod., p. 40.

(3) Ann. Fuld., ad ann. 884, ap. l^crtz, i, 390 et s(|.

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