‹ Cyrille et MéthodeChapitre 106 sur 142 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Mais les jours de l'apôtre touchaient à leur terme : « En gardant la foi, en attendant la couronne de la justice, il termina sa carrière : comme il était agréable et cher à Dieu, le temps de la paix et du repos, après tant de souffrances et de tribulations, le temps de la récompense, après tant de peines et de travaux, approchait (1). » Comme son frère, il succomba aux fatigues de l'apostolat. Ses disciples, voyant sa fm approcher, le pressèrent de se désigner un successeur : ils ne doutaient pas que Rome n'agréât le choix de leur maître. Méthode désigna Gorazd, « parce que, disait-il, il était orthodoxe et savait le latin. » Gorazd était Morave (2). Né dans le pays où il était appelé à évangéliser, il devait y trouver une popularité toute faite. Sa connaissance des deux idiomes latin et slave lui permettait de gouverner son diocèse en veillant aux manœuvres du clergé étranger.

Le dimanche 4 aviil 885, Méthode ;, déjà soufh'ant, se rendit dans son église cathédrale, prêcha, bénit le prince, le clergé et le peuple, et dit à ses disciples : « Veillez, mes enfants, jusqu'au troisième jour (3). » Pressentant, comme Cyrille, sa fm prochaine, il eut avec eux de fréquents entretiens. Il les engagea à persévérer vaillamment dans l'œuvre commencée , à résister également aux discours captieux et aux violences

complirent les j)arolcs de l'apôli-c saint Paul : Maii^ de la part des brigands, maux .';ur mer, maux dans les rivières, etc. »

U) Lég. pami., ch xvii.

(2) Vie de Mcth., ch. xvii. — Vita S. Clem , c vi.

'3) Lég ()aiiti.. c. \\n — Vie de S. 67., vi.

de leurs ennemis, à conserver précieusement le dépôt qu'ils avaient reçu des apôtres et des pères, dépôt dont il leur serait un jour demandé compte. « Vous marcherez, leur dit-il, en citant les paroles de saint Paul, au milieu des embûches; après moi viendront des loups ravisseurs qui n'épargneront pas le troupeau : résistez-leur, fermes dans votre foi (1). »

« Après ces paroles , et d'autres encore , il rendit » l'esprit aux anges qui l'avaient conduit pendant » toute sa vie (2). »

La légende pannonienne indique avec précision la date de cette mort. Elle arriva le 6 avril de la 3^ indiction, en l'an 0393 après la création du monde, c'est-àdire, d'après notre chronologie, l'an 885 de notre ère. C'est la date que reproduisent les calendriers slaves et que célèbrent les églises slaves (3).

Méthode ne devait pas avoir moins de 60 ans. On se rappelle qu'il était l'aîné de Cyrille, né en 827.

Les disciples de Méthode lui firent de pompeuses funérailles : ils chantèrent l'office des morts en latin, on slave, et même en grec, sans doute pour rappeler l'origine hellénique de l'illustre défunt ; puis ils l'enterrèrent dans l'église cathédrale (4).

(1) Lég. bulg., VI.

(2) Ibid.

(3) Il sufiit. , pour obtenir c.' chiffre, de retrancher 5508 du nombre 0393 On supposait que la naissance du Christ avait eu heu l'an 5o08 de la ciéation. — Voyez le calendrier slave dans l'Évangile d'Assemani, éd. Raczki, Agram 1862.

(4) Voyez sur celle question une noie de Dudik, p. 267. — Lég. pann., c xvn. — V. Sobornei Cerkvi.

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