‹ Cyrille et MéthodeChapitre 113 sur 142 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Sisfjne luis famuîis protedor verus, et ipsos Commendes Domino., cœlo quiprœsidel aUo[\).

Vers la même époque, Hatto, évêque de Mayence, écrivait également au Pape, à la prière de ses collègues les évoques Bavarois. Il se plaignait que les Moraves, rebelles à la puissance des Francs , prétendissent avoir un métropolitain à eux, un métropolitain donné par le Pape au mépris des droits évidents de l'Allemagne. Il l'invitait à faire rentrer ce troupeau égaré dans les voies de l'humilité , et annonçait que si les Moraves refusaient de se soumettrcj il leur faudrait, bon gré mal gré, courber la tête sous le joug des princes francs (2).

Tel était le langage évangélique de l'épiscopat germanique. Comme ses confrères. Hatto ignore ou feint d'ignorerl'apostolat de Cyrille et de Méthode et leurs relations avec les prédécesseurs de Jean IX.

Nous ne savons quelle impression ces brutales et impudentes réclamations firent sur l'eprit de Jean IX. Il mourut au mois d'août de Tannée 900 (3). Les Allemands, du reste, ne se bornèrent pas à de simples récriminations. Les Bavarois envahirent la Bohême, s'assurèrent l'alliance des Tchèques, ravagèrent la Moravie pendant plusieurs semaines (4) et se retirèrent. Les

(1) Ces vers sont peut-être le fait de quelque copiste.

(2) Cette Icllre se trouvedaus Mansi, xmii, 203 ets(i. — Hardouin, VI, 481 ets(i. — Ginzel, p. 100.

(3) Jaffé, Refjesdi rom. pont., p. 30o. (4; Afui. Tiikl , adann. 900.

Magyares revenaient alors d'une expédition en Italie (1). Les Allemands jugèrent prudent de faire la paix avec les Slaves. Des négociations s'ouvrirent à Ratisbonne en 901. Quelles en furent les bases? On n'en sait rien. Mais la question religieuse ne fut pas oubliée. Car ce fut l'évêque de Passau, accompagné du comte Ulric, que les tuteurs de Louis-F Enfant envoyèrent à Moïmir pour lui faire jurer la paix.

Moïmir se soumit-il à l'épiscopat germanique ? obtint-il au contraire la reconnaissance de la métropole morave? aucun document, aucune indication ne nous permet de trancher cette question. La solution eu est d'ailleurs complètement indifférente en présence de la catastrophe qui au lendemain de ces misérables querelles va fondre sur la Moravie.

Les Magyares sont à ses frontières : ils l'envahissent de tous côtés, ils la couvrent de sang et de ruines. La lutte fut longue : elle dura six années entières (2). Mais les efforts des Allemands et ceux des Slaves n'aboutirent qu'à un désastre sans exemple. L'empire de Svatopluk, élevé si brusquement, comme un de ces monceaux de sable formé par le souffle de la tempête, disparaît emporté par le tourbiUon magyare, et la Moravie s'efface de l'histoire (3). « Les villes et les châteaux s'écroulent ; les églises sont renversées , le peu-

(1) Ann. Fuld.,ad aun. 900.

(2) Hermannus Augiensis, ad ann. 902 (Pertz, v, p. \\i) — Ann , Coibec et d'Hildesheim ; Ann. Salisburg, ap Pcrlz.

(3) Voyez Uudik, p 350 cl sq. — Const. Porphvr., de Adm, imp.y

Ch XLI.

Page 1