‹ Cyrille et MéthodeChapitre 116 sur 142 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Croatie (1) : il est donc permis de supposer que des disciples de Cyrille et de Méthode accompagnèrent les fugitifs qui allèrent chercher un asile dans cette dernière contrée.

On peut invoquer à l'appui de cette hypothèse le développement inattendu que la liturgie slave prit au début du x® siècle sur les côtes de la mer Adriatique (2). C'est surtout dans la province actuelle de Moravie que le souvenir des apôtres slaves est resté populaire. C est ce qu'attestent les ruines de diverses chapelles consacrées à S. Clément, Texistence de certaines chaires, où, suivant la tradition, Cyrille et Méthode auraient prêché ; la vénération que le peuple professe pour des puits encore appelés puits de Méthode, de Cyrille ou bien puits des apôtres, enfm les noms singuliers de Panaczek et de Strachota, sous lesquels le pays morave a, depuis des siècles , désigné les deux saints. Cyrille, comme on sait, est en grec un diminutif de x6p«oç(;c0p/AAo5) maître, seigneur. Instruit du sens de ce nom, le paysan morave l'a traduit en sa langue et en a fait 'panaczek , le petit-maître , le damoiseau; Le nom de Méthode a été l'objet d'une traduction non moins bizarre. On l'écrivait Metodius^ Metudius. Le peuple, trompé sans doute par quelque interprète ignorant, en a fait un dérivé du mot metus et le grec MiQoJ'toç est devenu le slave Strachota , l'épouvantail. Ce dernier nom commence à disparaître,

(1) Le Adm. imp., c. iv.

(2) Voyez plus loin.

mais le premier persiste et le paysan morave continue de l'appliquer à son curé (1).

(1) Histoire des apôtres slaves, par M. Bily, curé du diocèse de Brno (Bi'unn), en Moravie, p. 113 — Au témoignage de M. Majar Zilyski, dans son ouvrage sur le même sujet, p. 72, il se chante encore en Moravie un cantique commençant par ces mots : « Svati Cerho a StracJwto,nasi patronove : saint Cyrille et saint Méthode, nos patrons... »

CHAPITRK Xir.

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