‹ Cyrille et MéthodeChapitre 117 sur 142 · HISTOIRE DE LA LITURGIE SLAVE EN OCCIDENT · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA LITURGIE SLAVE EN OCCIDENT

Tout le monde sait que la liturgie slave introduite par Méthode s'est perpétuée depuis le x' siècle chez les Slaves orthodoxes d'Orient, Bulgares , Russes, Serbes et Ruthènes. On sait moins quelles ont été les destinées de cette liturgie chez les Slaves occidentaux restés fidèles à l'Église romaine. Cette question mérite d'être étudiée. Mais avant de l'aborder, il nous faut examiner un problème fort débattu entre les hommes compétents, celui de savoir quelle fut la liturgie de Cyrille et de Méthode. Apportèrent-ils avec eux celle de Byzance ? Adaptèrent-ils simplemet la langue slave à celle de Rome, qui devait dominer chez les Slaves convertis par les prêtres allemands ? Telle est la question qui se pose.

Sans prétendre la résoudre, j'indiquerai les éléments des deux solutions opposées.

Toute incertitude cesserait si nous avions entre les mains un manuscrit original authentique de la liturgie de Cyrille et de Méthode ; malheureusement, comme nous le verrons plus bas , un tel manuscrit est encore à trouver. On ne peut donc aborder le problème que d'une façon indirecte.

Ceux qui prétendent que Cyrille et Méthode n'ont fait que copier la liturgie latine remarquent que les deux apôtres renoncèrent à leur patrie et à son église le jour où ils entrèrent au service de Rastiz et du Saint- Siège ; que d'ailleurs quand ils arrivèrent en Moravie ils y trouvèrent des églises latines et ne durent pas songer à modifier la forme du culte en usage , qu'ils ont été consacrés évêques par l'Église de Rome, que parmi les accusations dirigées contre eux, on ne rencontre jamais celle d'avoir introduit les formes du culte byzantin : il est bien question de la langue mais non des cérémonies ni du rituel. On ajoute que, d'après les ordres formels du Pape, Méthode devait lire l'évangile en latin (1). Enfin, on prétend que les plus anciens livres religieux, ceux qui doivent se rapprocher le plus du texte original portent une forte empreinte de latinisme. Kopitar, quia surtout insisté sur cet argument, invoque à l'appui les livres glagolitiques carantins du X' siècle (2).

Les partisans du système opposé répondent par des

(1) Voyez plus haut.

(2) Kopitar, Glag. C/oz., introduction. — Assemani, Dobner, ont soutenu la même opinion. — Voyez aussi Ginzel, Geschichte der Slaven apostel, p. 106-U2,

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