‹ Cyrille et MéthodeChapitre 127 sur 142 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

slave (1). Du reste, le modeste apôtre des Slaves, tout en créant, comme Ulphilas, comme plus tard Luther (2), une des plus nobles langues que l'homme ait écrites, ne songeait certes pas à la gloire d'auteur et se souciait assez peu d'attacher son nom à tel ou tel manuscrit.

Le grand ouvrage de la traduction des Écritures fut commencé à Constantinople. Le biographe de Constantin dit expressément qu'aussitôt après avoir inventé l'alphabet slave, Cyrille se mit à traduire les Evangiles, en commençant par celui de saint Jean: Au commencement était le Verhe^ Iskonie bie Slovo(3). C'est sans doute cet évangile , divisé en lectures pour les dimanches etfêtes, qu'il apporta en Moravie (4). Les diverses biographies nous désignent ensuite d'autres travaux dont il est difficile et peu utile d'ailleurs de fixer l'ordre et la date. La translation parle vaguement d'une traduction des livres liturgiques (5). La Vie de Constantin nomme l'office, le bréviaire et le rituel ; la Vie de Méthode mentionne le psautier , les actes des apôtres et les épîtres (6) ; Nestor, l'évangile, les actes des apôtres, le psautier, l'octoïc (recueil de chants qui

(1) Voyez plus haut.

(2) « Sachez, a dit quelque part Schiller à propos de Luther , que jamais homme n'a tant fait pour une langue. » Les Slaves peuvent en dire autant de Cyrille.

(3) Vie de Const. ^ch.w.

(4) Translat., ch. vu.

(5) Transi,, ch. vu : Officia ecclesiastica instruere.

(6) Ch. XV.

se chantaient à huit voix) et d'autres livres encore (1). Dans ces travaux, Cyrille avait été, comme nous le dit positivement son biographe, aidé par ses disciples et par son frère Méthode. Celui-ci, à la mort de son frère, aurait achevé la traduction de la bible commencée par Cyrille , sauf le livre des Machabées (2) ; Jean, exarque de Bulgarie, qui vivait un siècle après, nous affirme qu'ils traduisirent soixante livres canoniques (3). On ne peut qu'enregistrer ces assertions sans les contrôler : je dirai pourquoi tout à l'heure. La vie de Méthode lui attribue encore la traduction du Nomokanon , sorte de recueil de droit ecclésiastique, et du Paiericon^ Vie des Saints (4). Nous avons vu plus haut que lors du voyage chez les Khazares , Cyrille avait écrit en grec et Méthode retraduit en slave huit dialogues de controverse rehgieuse (5). C'est peut être cette traduction qu'on trouve parfois désignée dans de vieux manuscrits slaves sous le nom de Kyrill slovenski (Cyrille slave), et qui au xii^ siècle était connue en Croatie sous le nom de Methodios [liber Slavorum

{{) Nestor, loco cit. — Cf. Lettre de Jean Vlll à Svatopluk (Ginz., Cod , p. 61). — Autres témoigna£çes : La Vie de saint Clément dit (ap. Ginz., p. 33) : « Les écritures en général; » — la Vie de sainte Ludmila (Ginz, p. 19) : « Vêtus et Novum Testome/i^ww, pleraque alia ; — la légende moi'ave (Ginz., p. 14) : « Plura de grœco et latino transferentes. » — Cf. anonym. Saiisb. (Ginz , p. 55;. ■— Presbyter Diocleas, ap. Schwandner.

(2) Vie de Méth., xv.

(3) Ap. Kalajdovicz, dans son ouvrage Jean, exarque de Bulgarie (en russe).

(4) Vie de Méth., eh. xv.

(5; Voir plus haut, p. 69.

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