‹ Cyrille et MéthodeChapitre 137 sur 142 · CHAPITRE Xlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlll

2" La direction des lettres glagolitiques dans les plus anciens manuscrits paraît indiquer qu'autrefois ces lettres s'écrivaient de droite à gauche ; ce qui est, comme on sait, la marque d'une haute antiquité.

3*^ On trouve des pahmpsestes glagolitiques sur lesquels on a écrit en cyrillique ; on ne trouve pas de palimpseste cyrillique.

4^ La langue des manuscrits glagolitiques renferme des formes plus anciennes que celle des manuscrits cyrilliques : on y trouve en outre plus de imnnonismes.

A cela on répond : 1° Il est vrai que l'alphabet glagolitique est moins parfait que le cyriUique. C'est justement une des raisons pour lesquelles il est fort douteux que Cyrille l'ait inventé. Cyrille, comme nous l'avons dit, était un homme pratique, et entre l'alphabet très-simple qu'il avait, pour ainsi dire^ sous la main, et cet autre alphabet compHqué, fatigant, dont on veut lui attribuer l'invention, il n'eût pas hésité. D'ailleurs^ si l'on peut dire que l'alphabet cyrillique est un perfectionnement de la glagoliça ne peut-on pas dire , vice versâ^ que la glagoliça est une détérioration de la Cyrilliça ? Enfin , il n'y a pas à proprement parler de commune mesure entre les deux alphabets. Leurs bases sont différentes. L'alphabet cyrillique participe à la perfection de l'alphabet grec, auquel il emprunte les deux tiers de ses lettres. L'alphabet glagolitique, au contraire, doit son imperfection soit à la grossièreté des runes qui en forment la base, soit à l'intention même de ceux qui l'ont inventé.

2° Le deuxième argument n'est pas aussi décisif qu'on veut bien le croire. Si quelques lettres de l'alphabet glagolitique offrent le caractère d'antiquité qu'on leur attribue , cela n'entraîne pas (du moins dans notre hypothèse. Voyez plus bas) l'antiquité de l'alphabet tout entier.

3° L'argument tiré des palimpsestes n'a qu'un caractère provisoire. Nous n'avons pas, il est vrai, de manuscrit cyrillique ayant date certaine avant l'année 1057; mais qui sait si on ne trouvera pas un jour des manuscrits plus anciens? La présence de manuscrits glagolitiques dans tel ou tel pays ne prouve pas que la glagoliça y ait été inventée. Les manuscrits voyagent, témoin l'évangile d'Assemani rapporté d'Orient à Rome au XVII'' siècle, et cet autre évangile égaré à Reims et connu sous le nom de texte du sacre.

4"^ L'argument tiré de la langue offre matière aux mêmes observations. Quant mx\ pannonismes , il est bien des philologues slaves qui avouent ne pas comprendre encore le sens de ce mot.

Restent maintenant deux arguments à exposer, et ceux-là sont tirés des textes historiques sur lesquels repose notre travail. Le premier est peu sérieux. Il porte sur le terme nouveauté apphqué par les documents contemporains ou presque contemporains à l'invention de l'alphabet cyrillique , noviter repertas sdavinicas litteras. Or , dit-on , l'alphabet cyriUique n'est pas nouveau, puisque les deux tiers en sont empruntés au grec. 'Les contemporains traitent Cyrille d'inventeur, et en réalité il n'a rien inventé. Mais c'est

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