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CHAPITRE PREMIER

Au retour d'une expédition dans le Nord, Volusianus, fils de Gallus, fit frapper en son honneur une médaille où il prend le titre de 'Ovevé'ixôç, Vindicus (1). Ces témoignages suffisent pour établir que les Vénèdes ont occupé de fort bonne heure le bassin de la Vistule et les bords de la Baltique. Si maintenant on considère que chez les écrivains primitifs, Slaves et Vénèdes sont deux termes synonymes , que le nom de Vénèdes ou Vindes (2) est porté encore aujourd'hui par deux peuples slaves 5 l'un dans la Lusace (die Wenden, dont la ville principale est Bautzen-Budisin), l'autre en Carinthie et en Carniole (3), il ne nous sera plus permis de contester l'identité des anciens Vénèdes et des Slaves.

Pline l'Ancien, Ptolémée mentionnent encore parmi les peuples du Nord et de l'extrême Orient celui des

(1) Voyez: i'' Numisrnata imper atorum romanorum prœstantiora^ per Jo. Yaillant. (Éd. m ; Par., 1694, in-4o, tom. ii, p. 3oi.) D'un cùlé on lit : IMP. G. VA. F. GAL. VEiND. VOLUSIANO. AUG. , c^est-àdire : « Imperalori Cœsari Vandalico, Finnico, Galindico , Vendico, Volusiano Augu?to; »

2° Numismata œrca imperatorum et Cœsarum in coloniis^ etcpercussa^auctoreVaillant, cd. n, in-fol.,t n, p. 220-221 .— AIT. K. FA. «tlN. FAA. OYENA. 0Y0A0YiIAN02 2EB,, c'OSl-à-dilC : AÙTOxpàrtop Kaîaap

(2) Jornandcs, de Goth orig.^c. ii: « Vinidarum naiio. ... quaruni nomina, licet nunc per varias familias et loca mutcntur, principaliter tîimen Sdavini ci Antes nominantui-. » Gf. Frédégaire, ch. xlvui.

(:jj Ce qu'il y a de tjcs-cuiieux, c'est que les Vendes de Lusace s'appellent en Icui- langue Serbes. 11 se publie à Bautzen, en Saxe, un journal intitule : Serbske Noiviny , la gazette serbe. Geci nous prouve que le nom de Serbes s'appliquait originairement à une grande partie de la race slave. Il ne faut pas oublier, d'ailleurs , que les Serbes actuels sont, comme nous le verrons plus bas, originaires de la Galicie, qui n'est pas fort éloignée de la Lusace.

Serbes (Serbi, SépSoi (1). Nous savons tous aujourd'hui que le peuple serbe appartient à la famille slave. Enfin Procope nous apprend que le môme nom ^nô^ot était autrefois donné aux Slaves et aux Antes (2).

Ces simples détails dispensent de plus longues démonstrations.

L'existence des Slaves au nord et à l'orient de l'Europe une fois établie, reste à savoir jusqu'où ils s'étaient étendus vers le Midi.

Un historien polonais, M. Bielowski, dans son Introduction critique à V histoire de Pologne (3), a cru reconnaître chez les anciens peuples danubiens, Triballes, Daces et autres, les ancêtres des Polonais modernes. Suivant lui, les légendes qui obscurcissent l'histoire primitive de la Pologne se retrouveraient toutes dans l'histoire des peuples danubiens qui au-

(1) PL, Hist. nat., L vi, c. vu : « A Cimmerio accolunt Serbi. » —

Ptol.^ L V, c. IX : MsTot^ù Twv Kîpa-jvîojv dpi'ojv xal tcD 'Pà tzotck.ij.oîj

(2) PrOC, de Bel. goth., m , 14 : Kal u.-h -mX ovcaa IxXaSTivo'.; -i /.al "AvTaiç ëv To àv£xaÔ£v rv • ^rropcj ; -^ip tô r.aXa.'.'.'t àp.cpoTï'pou; è/.âXouv otI (^Yi (TTTopâ^r.v, oiu.at, rr.v x,»p*v cucùat. Singulière étymologio, en vérité! lo'pTTot, So'pGot eût été trop désagréable à des oj'eilles grecques.

(3) Wstep KrytycznydoDziejowPolskith. (Lvow 18o2.) — V. aussi: Le Monde slave, par M. Cyprien Robert, 2<= vol. Son système se rapproche de celui de M. Bielowski, et diffère complètement de celui de Schafarik, dont j'ai adopté les idées généiales. — C'est aussi chez les peuples danubiens que Lelewel place le berceau des races slaves. Là est la différence du système de Lelewel et de celui de Schafarik. Schafarik n'admet pas d'identité entre les Slaves et les Gètes, Thraces, etc. ; Lelewel, au contrah'e, fait descendre les Slaves de ces peuples. — V. son ouvrage : Narody na ziemiach Sïowianskich. Posen, 1853 (en polonais).

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