‹ Cyrille et MéthodeChapitre 37 sur 142 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

les bords de la Baltique de nombreuses médailles des califes Ommiades et Abassides(l).

Sur la cosmogonie et l'astronomie des Slaves nous n'avons que peu de détails. Peut-être pourra-t-on un jour faire sortir un système complet de leurs contes et de leurs chansons populaires. Tout ce qu'on peut dire c'est qu'ils comptaient (comme les Germains) les mois d'après la lune et qu'ils faisaient commencer l'année au printemps. (Mesic veut dire en slave lune et mois ; leto veut dire également printemps et année).

Nous avons sur les arts plastiques quelques détails plus précis. Thitmar et l'auteur anonyme de la vie de saint Otto nous parlent avec admiration des magnificences de leurs temples, en exaltent les merveilleuses sculptures qui semblaient animées et les peintures extérieures qui résistaient à l'action de la pluie et de la neige (2).

Mais n'oublions pas que ces écrivains sont des Germains à demi barbares , et partant de médiocres connaisseurs. On a retrouvé dans notre siècle des idoles slaves : elles sont d'un travail fort grossier. Quant à la musique et à la poésie, on ne peut douter que les Slaves n'aient cultivé ces deux arts dès la plus haute antiquité. Ils connaissaient la lyre et tenaient en grand honneur les chanteurs habiles tels que ce Lumir et ce

(1) Hilferding, op. cit.

(2) Fanum de ligno artificiose compositum .. imagines mirifice insculptœ... (Thitmar, vi, p. 130, éd. Wagner.)— Simulacra sculptoria arte, incredibili puichritudine cœlata. Vita S. Oltonis, in scrip. rer. Germ., éd. Ludwigii, p. 503. (16., p. 610.)

Boyan dont d'anciens poèmes slaves nous ont conservé le souvenir (1).

Cette esquisse serait suffisante si nous n'y ajoutions quelques détails sur la religion primitive des Slaves.

La science du mythe slave est encore fort incomplète (2). Il n'y a guère qu'un demi-siècle que l'on a commencé à en réunir les éléments. Ils se trouvent dans les écrivains du moyen âge du vf au xiii^ siècle environ , dans les contes et les chansons populaires qu'on recueille avec soin depuis quelques années, enfin dans des usages fort anciens qui se conservent encore chez les habitants des campagnes et que chaque jour voit disparaître. Quand toutes ces données

(1) Théophylacte, ap. Bielowski, op. cit., p. 3, Chants héroïques .^eic, Introduction.

(2) 11 existe sur la mythologie slave un grand nombre de travaux ëpars dans divers recueils, et dont quelques-uns sont fort estimables. H n'y a pas, que je sache, de livre vraiment scientifique sur la matière. L'ouvrage de M. Schwenck : Bie mythologie der Slaven (in-8°, Fiancfort-sur-le-Mein, 1853), n'est qu'une compilation sans critique. L'auteur, qui, d'ailleurs, ignore les langues slaves, a ramassé un peu au hasard ses matériaux. Le livre de M. Hanusch : Die Wissenschaft des Slavischen mythus (Lemberg, 1842), est également fort incomplet. M. Hanusch a lui même déclaré, dans un ouvrage postérieur, qu'il s'était trop abandonné aux hypothèses et que le mythe slave devait encore être étudié dans les traditions populaires. Les savants russes ont beaucoup écrit sur la mythologie slave Je n'ai eu entre les mains que l'ouvrage d'Hilferding. Schafarik préparait une grande mythologie slave quand il est mort. Il n'en a laissé que le sommaire publié dans la seconde édition (en langue bohème) des Antiquités slaves. L'étude du mythe slave demande à être complétée et éclairée par l'étude du mythe lithuanien ; mais les limites de cette esquisse et mon ignorance actuelle de l'idiome lithuanien ne me permettent point d'aborder ce délicat et difficile travail.

Page 1