‹ Cyrille et MéthodeChapitre 38 sur 142 · CHAPITRE PREMCER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMCER

auront été, je ne dis pas réunies, mais centralisées en une vaste encyclopédie, on pourra sans doute en extraire un système complet de mythologie slave. Jusque là^ nous devons nous contenter de simples indications.

Les renseignements précis, les témoignages historiques sur ce sujet sont assez considérables en ce qui concerne les Slaves delà Baltique. Leurs luttes continuelles avec les Germains ou les Scandinaves appelaient sur eux l'attention des chroniqueurs. Il n'en est pas de même pour les Slaves de l'Est (Polonais , Ruthènes) et du Sud , et nous nous verrons souvent obligés d'étendre à toute la race les notions que l'histoire ne nous donne avec précision que sur un groupe ou sur une tribu. Mais il ne faut user de ce procédé qu'avec la plus grande discrétion : car la mythologie des Slaves Baltiques avait acquis un développement qui ne fut jamais égalé chez les autres peuples de la Slavie.

La croyance à l'unité divine , ou du moins à l'existence d'un Dieu suprême maître de l'univers dominait la religion des Slaves (1) ; mais cette notion élevée

(1) 0£ov piv -^àp l'icf. Tov TÎÎ5 âffTpa'nr^; S'Yif/.ioup'YÔv aTrâvrwv >cûp'.Gv jxo'vov

voat^ouoiv elvai. (Proc , de Bel. goth.y m, i4.) Un peu plus loin, Procope remarque qu'ils ne connaissaient pas le destm (slaapjxsvr.v). Cf. Helm.^ Chronica^îav., i, 84: « Inter multiformia vero deorum nomina quibus arva, silvas, tristitias atque voluptaies attribuunt, non diffilentur unum Deura in cœlis cœteris imperitantem ; illum prœpotontem cœlestia tantum curare Hos vero distributis officiis obsequentes, de sanguine ejus processissc et unum quemque eo prœstantiorem quo proximiorem illi Deo deorum. »

Les traités entre Grecs et Russes cités par Nestor se terminent

s'était obscurcie de bonne heure , et ils eurent leur polythéisme , comme la Grèce, Rome et l'Asie. En face du spectacle de la nature, devant le jeu des forces innombrables qu'elle met en mouvement, l'homme, à l'état primitif, est bientôt amené à voir autant de divinités qu'il voit d'actions diverses s'exercer autour de lui. Au milieu de cette lutte éternelle du bien et du mal, qui est le fonds même de sa vie, il est aisément tenté de ramener à deux principes opposés les actes et les phénomènes différents qui s'accomplissent ou se passent sous ses yeux. La lutte d'Ormuzd et d'Ahriman n'appartient pas seulement à la Perse : elle se retrouve aussi dans la mythologie slave. L'Orient chrétien avait eu ses Manichéens ; le monde slave, lui aussi, aurales siens. Ce sont les Bohomiles de Bulgarie, dont l'hérésie offre un mélange singulier entre la tradition païenne slave et la doctrine du christianisme (1).

L'idée de l'unité divine, le duahsme ont donc tour à tour ou simultanément dominé le polythéisme slave. La notion du destin n'y apparaît pas.

Suivant une ancienne chronique russe (2), après le

toujours par cette formule : « Que celui qui violei'a ce traité soit maudit par Dieu, par Pei'oun et par Volos {od Boha^ od Perouna). » La langue slovaque nous a conservé le nom de ce Dieu suprême Pra- Boh, le dieu antérieur : (pm, avant; Boh, Dieu). — Cf. le sanscrit hâgha, bienfaisant, qui est une des épithètes du soleil, et la racine sanscrite bha, briller.

(1) Les dieux bons s'appelaient bozi, les dieux méchants bïezi. (Voy. Nestoi", fassim.)

(2) Polnoe sobranie, Recueil complet des annalistes russes. St-Pétersbourg, ii, p. 5,

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