‹ Cyrille et MéthodeChapitre 39 sur 142 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

déluge et le partage des langues commence à régner en Egypte Mestrom, de la race de Cham ; puis Erémia, puis Pheosta (n^arcrroç; ) que les Egyptiens appelèrent >Si;aro/i. Ce Svaroh enseigne aux hommes le mariage. Après lui régna son fils Solntse (le soleil) que les Egyptiens appelèrent Dajhoh. Une autre chronique russe, citée par M. Vostokov, nous apprend que le feu (ogon) était appelé aussi fils de Svaroh. Il y a là un mythe slave , mêlé à un mythe grec, et il n'est point difficile à expliquer. Il s'agit évidemment d'un Dieu du ciel père de la lumière et du feu (ciel, en sans. Svarga, Varunaoupayoç) adoré des Slaves primitifs.

Le Dieu du feu , de la lumière, apparaît sous des noms divers chez tous les Slaves ; mais au-dessus de lui plane Dieu supérieur. Ce Dieu suprême , dans les idées slaves , ne s'occupe nullement des affaires humaines. Il est trop au-dessus des autres pour qu'on le représente sous une forme matérielle ; on l'invoque dans les traités, et les dieux sont d'autant plus grands, qu'ils se rapprochent davantage de lui (1). Les principaux de ces dieux , ceux du moins sur lesquels nous avons le plus de détails, étaient Svatovit , Triglav , Perun^ Radhost et Siva. Leur culte peut se ramener à celui de la lumière ou de la vie universelle.

Svatovit occupait un rang très-important dans la hiérarchie des dieux slaves.

L'étymologie de son nom est fort claire et ne peut être contestée. Il veut dire la. sainte lumière. Helmold

(1) Voyez plus haut, p. 19, note.

nous Texplique : « Est autem swanthe slavica lingua idem quod sanctum, m^z vero lumen interpretatur (1). » Son culte était surtout répandu chez les Slaves de la Baltique. Son temple principal était à Arkona dans l'île de Rugen. Au milieu du temple s'élevait une idole en bois. Elle avait quatre visages comme le Brahma indien (symbole sans doute du soleil qui éclaire les quatre points cardinaux , ou qui règle les quatre saisons de l'année). La main droite tenait une corne, non pas la corne d'abondance des Grecs et des Romains , mais la corne à boire des peuples du nord, qui du reste pouvait être aussi le symbole de la fécondité de la terre. Près d'elle était une selle et une bride d'une prodigieuse dimension. Suivant la croyance populaire, le dieu chevauchait toute la nuit sur un cheval blanc et allait combattre les ennemis. Tous les matins le cheval rentrait , disait-on , couvert de sueur et de poussière , et était soigné par les prêtres, dont le plus ancien seul avait droit de le monter (2).

Remarquons en passant que chez les Perses un cheval

(i) Cf. le bohème vitice, lumière; le sanscrit v^Y^. Sm' Svatovit, voyez Hclm., i, 6, i, 53, ii, 12.— Saxo Gramm., édition de Francfortsur-le-Mein, in4o, ioTti, p. 288, 292.

(2) Cf. Tacite, Ann., xii, cli xiii.

Tacite, parlant d'une tentative de Claude pour donner un roi aux Parthes divisés en deux factions dont Tune réclamait son secours, nous représente Gotarzès,chef du parti hostile aux Romains^ offiant sur le mont Sambulos, non loin d'Arhète, des vœux aux divinités du pays, dont la principale était Hercule : « Qui tempore stato, per quietem monet sacerdotes ut, templum juxta, equos venatui adornatos sistant. Equi ubi pharetras teUs onustas accepere, per saltus vagi, nocte demum, vacuis pharetris, multo cum anhelitu redeunt. »

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