‹ Cyrille et MéthodeChapitre 43 sur 142 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

universelle, cette Cérès aux larges mamelles (mammosa Ceres] (1) qu'adorait l'antiquité païenne et dont on ne sera pas étonné de retrouver le culte chez un peuple essentiellement agricole et vivant dans un perpétuel commerce avec la nature. Ajoutons que Ziva (Siva) dans les langues slaves veut dire : la vie ; suivant d'autres, siva serait diva^ la vierge, la brillante.

A ces divinités principales nous pourrions joindre un nombre considérable de dieux secondaires : Pria^ Lada, les déesses de l'amour et de la beauté ; Jarovii, et Rugevit^ qui n'étaient sans doute que des transformations de Svatovit ; puis Volos, le dieu des troupeaux; Strihog, le dieu des vents, et bien d'autres encore dont on retrouve le souvenir dans les chansons et les contes populaires. Suivant Helmold, chaque tribu des Slaves du Nord avait ses divinités locales ; chaque phénomène de la nature avait la sienne (2). Chez les Grecs, l'imagination des poètes avait transformé le culte primitif des éléments en une merveilleuse série de légendes, d'épopées héroïques et amoureuses ; il n'en fut pas de même chez les Slaves, et leurs dieux ne paraissent pas être jamais descendus sur la terre pour y revêtir les passions de l'humanité, et le système d'Evéhmère n'a rien à voir dans leur mythologie; ils n'ont ni Olympe, ni Valhalla. Ils ne mêlent guère à leurs légendes populaires que des

(1) Lucrèce.

(2) Helm., i, 83 : « Piœlcr pénates et idola quibus singula oppida redundabant. » Cf. i, 52.

créatures inférieures, telles que les Vilas et les Rousalkas. (F. plus bas.)

Nous avons dit plus haut que les Slaves avaient eu une idée du dualisme qui caractérise la philosophie religieuse de Zoroastre. Helmold nous a laissé à cet égard un curieux témoignage (1). « Les Slaves, dit-il, ont une étrange coutume. Dans leurs festins, ils font circuler une coupe sur laquelle ils prononcent des paroles, je ne dirai pas de consécration, mais d'exécration, au nom de leurs dieux, à savoir : du bon et du méchant ; ils professent que toute bonne fortune vient du Dieu bon ; toute mauvaise du méchant. Aussi , en leur langue , appellent-ils le mauvais dieu Zcerneboh. » (Cerny noir, boh dieu), c'est-à-dire le dieu noir , que plus tard ils devaient appeler diabol, Helmold oublie de nous dire comment se nommait le dieu bon; mais il est aisé de le deviner. Ce devait être ê\idemmentBelbohy c'est-à-dire le dieu blanc. Ce nom figure , en effet , dans la Mater verborum , où on l'assimile à Baal (2) par suite de l'analogie des sons.

Dans la Poméranie, il y a encore des villes portant le nom de Belbuc, Beulbug, Belbuk (3). Auprès de

(1) Helm., 1,52.

(2) Belboh ipse est Baal

(3) V. Codex diplom. Pomeraniœ, n"^ 86, Sl.—Bely a dans les langues slaves un sens beaucoup plus vaste que celui de blanc. 11 indique l'idée de bonté, d'excellence Bdeknegini^ id est pulchra domina slavonice dicta. — Thitm., vui, 3 : Civilatem quœ pulchro loci situ Belgrad nuncuT^diiuY. — Vita S. Ottonis an. S. Cruc.^u, 29 (ap Pertz). — Cf. le sanscrit bhâîa, lumière,

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