CHAPITRE PREMIER
peine à s'acclimater sur les bords de la Baltique (1). Il n'en fut pas de même chez les autres Slaves : là le culte avait un caractère tout patriarcal. Le prince ou le chef de la famille remplissait lui-même les fonctions sacerdotales qui se réduisaient à quelques prières , à quelques sacrifices.
Des victimes humaines déshonorèrent plus d'une fois les autels des Slaves du Nord et de ceux de Kiev (2), mais aune époque où leurs relations avec les Germains et les Varègues avaient déjà altéré la douceur des mœurs primitives. On ne voit aucune trace de cette barbarie chez les autres Slaves. Les sacrifices des animaux existaient chez eux comme chez les Grecs et les Romains : ils croyaient dans les dangers assurer leur salut en promettant des victimes à leurs dieux (3). Ils leur offraient aussi du miel et du vin (4). Du reste, les superstitions des peuples enfants se retrouvaient chez eux. Ils tiraient des présages de la rencontre des animaux, des nombres pairs ou impairs, etc.; et, pas plus chez eux qu'ailleurs, il n'y avait disette de gens habiles à exploiter la crédulité populaire (5).
(1) La cruauté et Tavarice des Allemands contribuèrent beaucoup à dégoûter les Slaves du Nord du christianisme. Adam de Brème le dit positivement : « Populos Slavorum facile converti posse ad chrlslianilatem,nisi Saxonum obstineat avaritia... Hist. eccl.^ 1. in, c. 22. (Ap. Pertz, Script., tom. vu, p. 344.) — Cf Hclm., i, c. xxv, 83 ; Thilmar, passm.— Voyez les nombreux textes cités par M . Hiiferding.
(2) Helm , i, 52, 11, 12. -Nestor, éd. Bielowski.— Thitmar, vi, 17.
(3) Proc.,ni, 14. —Helm., i, 52.
(4) Sax. grammat. hist,, 1. xiv.
(5) Proc ,liv. III,C. 14 :Tà; n u.avTe(a; èv raûraiç raï; ôuoriat; TTOicuvrai.
Voyez les historiens des Slaves Baltiques, et, dans Cosmas, la cu-
Les fêtes des Slaves s'adaptaient à leur culte ; elles se rapportaient aux phénomènes naturels. Les principales étaient les koledi ou kolendi dont le souvenir s'est perpétué dans tous les pays slaves. Elles avaient lieu pour célébrer la fin et le renouvellement de la course du soleil. Quand le paganisme disparut, elles subsistèrent et s'appliquèrent à la nativité du Christ qu'une heureuse coïncidence plaçait à la même époque. Une autre fête était la fête du printemps, du renouveau, comme disaient nos pères ; elle s'est depuis combinée chez les Slaves chrétiens avec la fête de Pâques , qui n'a point effacé complètement la tradition païenne. Aux approches du printemps, les jeunes gens et les jeunes filles fabriquent un mannequin de paille représentant Morena (la déesse de la mort, de l'hiver), puis ils vont le jeter à l'eau en chantant :
Nous portons la mort hors du village ; Le nouveau printemps \ient au village.
Salut , printemps, etc.
Quand le mannequin flotte sur l'eau, ils chantent :
La mort flotte sur l'eau,
Le printemps vient à nous, etc.
Les feux de la Saint-Jean rappellent aussi, chez les Slaves comme chez nous, la fête du solstice d'été (1).
rieuse énuméi-ation des devins, magiciens, etc., que le duc Bretislav chassa de la Bohême. (Lib. m, i. Ap. Pertz, t. xr, p. 102.) (i) Pazouta, £ssa2 de mythologie slave [en icheqae Hanuschjf calen-