CHAPITRE II
la Bosnie et le Monténégro, 2,700,000
Les Serbes-Croates et Dalmates de
l'Autriche, 2,500,000
2^* Le groupe Slovène ou vinde, dans
l'Illyrie, la Carinthie, etc. ' 1,200,000
3« Groupe bulgare, 5,000,000
Total, 11,400,000
Viennent ensuite le groupe tchèque et le groupe polonais.
Le nombre des Tchèques en Bohême et en Moravie s'élève à environ 5,000,000
auxquels il faut joindre les Slovaques de Hongrie dont le tchèque est en général la langue littéraire, 3,000,000
Total, 8,000,000
Le groupe polonais comprend 10,000,000 d'âmes, dont cinq à six dans le royaume et les anciennes provinces polonaises (goubernies occidentales) et le reste dans le duché de Posen et dans la Galicie.
Ce chiffre de 10,000,000 s'enfle considérablement quand on y ajoute, comme on le fait souvent, les éléments malo-russien et bialo-russien dont l'histoire s'est pendant des siècles confondue avec celle de la Pologne et dont la nationalité oscille encore , comme nous l'avons dit plus haut, entre les nationalités russe et polonaise.
Enfin un dernier groupe fort intéressant à cause de sa vitalité, c'est celui des Slaves de Lusace épars sur les confins delà Prusse et de la Saxe et dont le nombre
s'élève à environ 150,000. C'est le dernier débris des Slaves de l'Elbe disparus comme leurs frères de la Baltique (Polabes) sous le flot toujours montant de rinvasion germanique (1).
Les différents Etats slaves se sont formés du vii^ au x^ siècle. Indiquons-en rapidement l'origine.
C'est entre la Baltique et la mer Noire, dans les bassins de la Dvina et du Dnieper, que se trouve le berceau de l'empire russe. Là, dans des espaces immenses que ne limite aucune frontière naturelle , entre les Lithuaniens, les Lekhs et les Finnois, vivaient aux premiers siècles de notre ère des tribus d'origine slave dont nous ignorons le nom primitif (2). Bientôt ces tribus subirent le joug des peuples touraniens. C'est alors sans doute qu'elles émigrèrent en partie vers la Grèce, et pénétrèrent jusque dans le Péloponèse.
Lorsque le flot des invasions asiatiques se fut retiré, les tribus qui n'avaient point émigré recouvrèrent leur indépendance ; mais elles ne surent pas la conserver. En proie à des dissensions continuelles (3), elles s'adressèrent aux Varègues-Russes (4) qui commençaient à paraître et les prièrent de venir les gouverner. Trois frères, Rurik, Sineus et Truvor, arrivèrent alors avec
(1) L'histoire très-lamenlable des Slaves de l'Elbe et de leur conversion au chrislianisme est postérieure à l'époque qui nous occupe : nous n'avons donc pas à nous en occuper ici.
(2) Jornandes, de Bello gothico, v, et Procope, i, iv, c.iv, signalent des Slaves dans ces régions.
(3) 'Avàpxa xcà u.icaXXTiXa: ces dcux mo's de l'empereur Maurice expliquent toute la destinée des Slaves.
(4) Nestor, Chronique^ § 15, éd. Bielowski.