‹ Cyrille et MéthodeChapitre 52 sur 142 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Mais un fait qui prouve quelle était déjà la prédominance de la race slave dans le nord de la Péninsule hellénique, c'est l'influence qu'ils exercèrent sur les Bulgares, peuple touranien. Asparouk leur chef, plus heureux que Zaberkan qui avait été jadis repoussé par BéUsaire, traversa le Danube et se fit céder en 679 les deux Mésies par Constantin Pogonat. Les Slaves qui s'y trouvaient, tout en acceptant le nom et le joug des vainqueurs, leur imposèrent leur langue et plus tard leur foi religieuse. Le même phénomène devait se reproduire dans la Russie, où les Varègues-Russes donnèrent leur nom aux Slaves dont ils adoptèrent le langage (1).

Quarante ans auparavant , les Serbes et les Croates s'étaient établis dans l'ancienne Illyrie et sur les côtes de la mer Adriatique.

Cherchant partout des alliés qu'il pût opposer aux Avares, Héraclius les appela de la grande Chrobatie (Chrovatie) , située aux pieds des Carpathes, et leur abandonna le pays qui s'étend de la Save à la Narenta (2). Bientôt ils se divisèrent et formèrent deux

précepteur Théophile. C'est un manuscrit du Vatican queNicol. Alemannus a publié dans son édition des Histoires secrètes (Lugd., infolio, 1G24, col. 1G69). Cet appendice a été reproduit par les éditions de Paris, p. 99 el sq., et de Venise, 344-363.

(1) Sur l'origine des Bulgares, voyez Nicéphore,Théophane, Nestor, Schafarik. Certains panslavistes russes ont voulu, bien à tort, en faire un peuple d'origine slave. — Voyez aussi Strilter, \i, oOO et sq.

(2) Procop., de Bello gothico, c. xxix, xxxvni, xl. — Stritler ii, 34 et sq.— Const. Porphyr , de Admin. imp., c.xxxetsq.,ap. Bielowski, Monum hist. Poloniœ. - Le nom des Croates subsista encore longtemps dans la Galicic. (Nestor, pas.)

peuples bien distincts, les Serbes et les Croates. Soumis tour à tour aux Grecs et aux Francs , les Croates recouvrèrent plus tard un moment leur indépendance , la couronne de Croatie passa, au xii' siècle^ sur la tête des rois de Hongrie (1).

Le dernier groupe slave dont nous ayons à nous occuper est le groupe bohème ou tchèque. Suivant la tradition nationale, les Tchèques, comme les Serbes et les Croates, étaient venus de la grande Chrobatie. Ils succédèrent sans doute aux Marco raans qui , vers le miUeu du v^ siècle , avaient disparu de la Bohême (2). Leur premier souverain historique fut Samo que Frédégaire représente comme un marchand franc et qui fit la guerre à Dagobert. Du reste, l'histoire de la Bohême est enveloppée de ténèbres jusqu'au début du IX' siècle. Eginhard seul nous donne quelques détails sur la lutte qu'elle eut à soutenir contre Charlemagne.

A côté de la Bohême se trouve la Moravie, dont nous exphquerons plus loin les commencements d'ailleurs fort obscurs. Le premier prince morave bien connu dans l'histoire est Moïmir. Il eut pour successeur le célèbre Rastiz , qui parvint à faire de la Moravie le centre d'un grand empire (3 .Voyons maintenant quels

(1) Const. Porphyr., /ocociY.— Eginhard, TiVa Karo/i, Pertz, i, 451.

(2) Voyez le début de la chronique de Dalemil dans la Bohème historique, par Joseph Fricz et Louis Léger (un vol. in-.S°, Paris 1867), et le poëme du Jugement de Liboucha (voir Chants héroïques).— Jordan, Orig. slavicœ, iv, 161, 165. — Les Marcomans sont nommés pour la dernière fois sous Attila, Historia misceUanea, 1. xv.

(3) Ruodolphi. Fuldons. ann., Pertz, i, 364.— Prudent., Triensis ann.,1, 448;ii, 228.

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