‹ Cyrille et MéthodeChapitre 61 sur 142 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Sevériens,etc(l). Les empereurs, effrayés par l'arrivée de ce peuple indomptable, essayèrent d'en faire un allié de l'empire. Nous voyons, au viii^ siècle, Léon risaurien marier son fils Constantin à la fille du khan des Khazares (2). De ce mariage naquit l'empereur Léon IV, surnommé ;3^aja()/x^f . Un peu plus tard, grâce à l'alliance des Khazares, Léon l'Isaurien put établir chez eux, près du Don, une forteresse destinée à protéger l'empire contre les invasions des Peczenègues (3) , et installer dans la ville de Cherson un Ueutenant impérial (4).

Au milieu du ix^ siècle, les Khazares étaient, comme nous dirions aujourd'hui, en proie à une sorte de crise religieuse. Ils hésitaient entre leur religion primitive et celle que leur apportaient les missionnaires Israélites, arabes, et sans doute aussi chrétiens. Dans leur incertitude, ils s'adressèrent à l'empereur de Constantinople. Ils lui demandaient un théologien capable de réfuter les Hébreux et les Sarrasins, et de les convertir au christianisme (5).

L'empereur Michel accueillit la demande des envoyés Khazares, et Constantin fut chargé d'aller prêcher la foi chrétienne chez ce peuple barbare. Il partit avec son frère, qui sera dès lors le compagnon insépa-

(1) Nestor (12 éd. Bielowski).

(2) Théo\^h\l, ibid, p. 343.

(3) Const. F., de Adm. imp., c xlii.

(4) C.W.ib.

(5) Vie de Co?^s^, vu i.Translat., Chronique croate du xii^ siècle.— Vie de Méthode, ch. iv.

rable de ses travaux. Méthode était l'aîné ; mais reconnaissant, comme tous ses contemporains, la supériorité de Constantin, il s'effaça toujours devant lui et le servit, dit la légende, avec l'humilité d'un esclave (1). L'empereur avait donné aux deux frères une escorte pour les accompagner à Cherson. Ils s'y arrêtèrent quelque temps pour apprendre la langue des Khazares. Peut-être avaient-ils eu dans leur patrie occasion d'apprendre la langue des Bulgares encore non slavisés, qui pouvait leur faciliter l'étude du khazare. Peut-être aussi rencontrèrent-ils des Slaves qui leur servirent d'interprètes. Le khan des Khazares dominait sur un grand nombre de Slaves, et l'idiome slave pouvait à la rigueur suffire à nos apôtres pour l'accomphssement de leur mission (2). Suivant la légende slave, Constantin profita de ses loisirs pour approfondir la langue hébraïque et traduisit une grammaire en huit livres, que lui avait donnée un Samaritain de Cherson, converti par lui au christianisme. En quelle langue était cette grammaire ? En quelle langue fut-elle traduite? C'est ce que nous laisse ignorer la légende. Du reste, l'étude de l'hébreu ne pouvait pas être inutile à Cyrille. Il allait dans un pays où un grand nombre d'Israélites s'étaient établis. D'après le même récit, Constantin aurait, pendant son séjour à Cherson, trouvé un évangile et un psautier écrits en lettres russes. Il y a là une erreur évidente de l'hagiographe. Les Slaves de ces

{{) Vie de Consf., cli. viii La Transi, ne parle pas du voyage de Méthode.

(2) Nestor, § 12.

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