‹ Cyrille et MéthodeChapitre 64 sur 142 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

encore {Morava^ la plaine). Il ne paraît pas que ces Slaves aient formé une nationalité distincte. Les noms plus anciens semblent attester la présence d'éléments tchèques, lekhs et croates (1). Le premier dominait sans doute au nord-ouest ; le second au nord-est ; le troisième au sud-est. Inutile de rappeler que les Magyares n'étaient pas encore arrivés et que le bassin du Danube inférieur appartenait à la race slave (2). Du reste, le nom des Moraves n'apparaît pas dans l'histoire avant l'année 822 (3).

Dès la fm du viii® siècle, Charlemagne , comme on sait, porta ses armes victorieuses dans les régions de l'ancienne Pannonie et en chassa les Avares. Conquête et conversion étaient pour lui deux choses indivisibles. Son premier soin fut d'assurer l'organisation religieuse des pays qu'il avait délivrés ou plutôt assujettis. Déjà le christianisme avait pu y pénétrer par plus d'un côté.

Pour ne citer qu'un fait, on trouve des Slaves parmi les officiers de Charlemagne (4) ; ils étaient évidemment chrétiens.

Charlemagne après la ruine des Avares partagea la Pannonie entre les deux évêchés voisins de Salzbourg et de Passau ; le premier eut la Pannonie inférieure entre la Drave, le Danube et le Raab. La Pannonie supé-

(1) Dud.,p. 87.

(2) Et aux Avares jusqu'au jour où ils fuient expulséspar Charlemagne.

(3) Eginhard, ap. Pertz, i,209.

(4) Par exemple, Vonimir, Ann. Laur., Pertz, i, 182.

rieure échut à l'évêché de Passau (803) (1). Louis le Germanique en 829 ratifia et précisa cette division , et établit le Raab comme ligne de démarcation entre les deux évêchés (2). Le christianisme pénétra peu à peu dans ces régions moraves au début du ix^ siècle.

Jusqu'à cette époque l'histoire n'a gardé le nom d'aucun prince morave ; les Slaves du bassin du Danube vivaient sans doute, comme tous les peuples de leur race, divisés en groupes, en tribus plus ou moins anarchiques. Les progrès de l'empire germanique les obligèrent à chercher la force dans l'unité.

Le premier prince que nous rencontrons s'appelle Moïmir (3). On ne sait à quelle époque et dans quelles circonstances il fut investi du principat. Mais l'avénement de Moïmir ne fit pas disparaître tous les petits princes qui se partageaient la Moravie. Nous trouvons sur le Danube inférieur un autre prince appelé Privina (4). CePrivina fut en lutte avec Moïmir et s'enfuit chez un prince de l'Ostmark , Ratbod. Chez Ratbod^ Privina fut converti et baptisé dans l'église de Treismauer. C'est alors qu'Adalram, archevêque de Salzbourg, métropolitain de Passau , consacra l'église de Nitra,le plus ancien temple dont il soit question chez les Moraves (5). Cet événement eut lieu avant l'an-

(1) Eginh., ad ann. 803. Annal. Met., Pertz, i, 45, 191 ; — de Couversione Gavant., ap. Ginzel, (^odex.

(2) Dudik, p. 114. Erhen Regesta, p. 10.

(3) Ann. Fuld., Perlz, 1, 364.

(4) Voyez plus haut, ch. ii.

(5) Cet événement est rapporté par la Conversio Garant., la seule source que nous ayons sur ce sujet. (Ginzel, Codex.)

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