‹ Cyrille et MéthodeChapitre 71 sur 142 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

plus haut, ils durent arriver en Moravie en 863 ou au commencement de l'année 864. Des témoignages irréfutables prouvent que le baptême de Boris n'eut lieu que plusieurs mois après cette époque. C'est d'abord une lettre du pape Nicolas P"", adressée à Salomon, évoque de Constance, en mai 864 (1). Dans cette lettre, le pape dit que Louis le Germanique a V espoir de voir le roi des Bulgares se convertir bientôt au christianisme, et invite l'évêque de Constance à prier pour l'heureux succès de cette conversion. Hincmar rapporte aussi qu'en 864 Boris avait promis de se convertir au christianisme (2). Enfin un autre témoignage, celui de Photius, s'ajoute à ceux que nous venons de citer et les confirme. Dans une lettre adressée en 869 aux patriarches et aux évêques de l'Orient, il fait allusion à la célèbre ambassade que les Bulgares envoyèrent au pape en 866 pour lui demander des instructions, et il dit formellement que cette ambassade eut lieu deux ans après la conversion des Bulgares par les prêtres grecs, conversion dans laquelle il comprend évidemment celle de Boris et de sa cour (3). Enfin Hincmar écrit

(1) Mansi xv, 457 : « Uiiia vero dicis quod christianissimus rex speiet quod ipsei'ex Bulgarorum ad (idem velit converti etjam miilli ex ipsis christiani facli sint.gratias agimus Deo qnem precamur... » — Cf. Jafï'é, Regesta lioman. Pontifie., Berlin 1851, p. 245.

(2) Pcrtz, 1, 473. La légende de saint Clément, publiée par M. Grégorowicz, lui attribue, à tort évidemment, le baptême de Boris: Boptcjviv Tw 7r.; -rraÀi-j'^cVî.aîa: àvx/a'.-/'aa; Xc'jTpô>. Le fait paraît peu probable.

(3) Pholiiepist.jCd. de Londres, p. 1051 : oi>7ra) -^àp èjcîIvou toO sôvoj; (BouX'^âp«v),^uû oùx il; èvixjtcù; tt.v ôfOriv TwvxptoTixvûv 7i;.>.wvTo;6pyi<i>cît«7...

en 866 (1) que Boris s'est converti l'année précédente.

Sa conversion peut donc être fixée à l'année 864 ou au commencement de l'année 865. Constantin et Méthode ont peut-être contribué à préparer cet événement, mais il n'a pu s'accomplir qu'après leur départ de la Bulgarie. Ainsi tombent les données légendaires que les historiens slaves et Schafarik lui-même ont admises sans les discuter.

Boris fut baptisé par un évêque byzantin (2) appelé Joseph^ dit une légende slave (3). Il reçut le nom de l'empereur Michel. Sa conversion fut d'abord mal accueiUle par le peuple, qui se révolta (4); mais le roi apaisa cette sédition et les Bulgares se décidèrent à accepter le christianisme. Pour encourager Boris dans sa foi nouvelle et s'assurer son alliance, la cour de Byzance lui céda la province de Zagorie, sur les bords de la mer Noire (5). Du reste, si Constantin et Méthode ne prirent qu'une part très-secondaire à cette conversion de la Bulgarie, ils exercèrent cependant sur ce pays une influence sérieuse par l'intermédiaire de leurs

(U Ann. Bert., Pertz i, 473, v.

(2) Par révèque Clément, dit une légende grecque publiée par Schaf , Pamafkij hlahol. pisemiiictvi , 1847, § 16 et sq. — Anastase nomme un piètre romain appelé Paul.

(3) Cette légende est citée par VaYàuzos.— Vick liolgarskago Tsaria Simeona: le siècle de Siméon, roi de Bulgarie (St-Pétersbourg, 1852).

— Contin. TllCOph , Karà -h ô'vcaoc tou ^xaO.ibi;.

(4) Hincmar, Annales /?er^.,ap. Pertz, i, p. 473.

(o) Contin. Theoph., p 16ï,éd. Bonn— Cf. Si mon Log.,éd. Paris, p. 440.

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