‹ Cyrille et MéthodeChapitre 90 sur 142 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

de liturgie des idées aussi libérales que son prédécesseur. Il était de ceux qui n'admettaient que l'usage des trois langues hébraïque, grecque et latine. Il avait tenu tête au clergé allemand pour maintenir les prérogatives territoriales du siège de Rome ; mais il avait prêté l'oreille à ses récriminations contre l'emploi d'un idiome barbare dans la liturgie catholique. En confiant à l'évêque Paul la mission dont nous parlions tout à l'heure, il lui avait remis une lettre qui interdisait sans condition la célébration des offices en langue slave (1). Il espérait par cette interdiction se réconcilier avec le clergé germanique qu'il avait blessé dans la question de juridiction.

Méthode dut évidemment recevoir la défense du Souverain Pontife. Il est difficile de croire qu'elle ne lui soit point parvenue. Ses ennemis n'avaient aucun intérêt à détourner un document qui consacrait leur triomphe sur un point essentiel , et l'évêque Paul, en supposant qu'il ne se soit point abouché directement avec Méthode, avait sans doute mille moyens de lui transmettre les ordres du Pape. Cependant c'est un fait constant que pendantplusieurs années encore, Méthode continua à pratiquer la liturgie slave. Etait-ce un défi jeté à l'autorité pontificale ? On ne peut le supposer : les relations de Méthode avec le Saint-Siège avaient toujours été celles d'un obéissant et dévoué serviteur.

(1, CetleloUron'oxi.slc plus , mais il tMi ost qncslion dans une autre letlivd!! pape Jean Vill du it jiiiilcl .S7î). —Voyez Ginzel, Codex, p 58.

Peut-être ne vit-il dans le bref pontifical qu'une machination de ses ennemis. Peut-être pensa-t-il qu'on avait surpris la bonne foi du Pape ? Peut-être obtint-il du légat un délai ? C'est Thypothèse la plus probable. Sinon quel argument n'aurait-il pas fourni contre lui à ses ennemis allemands?

D'ailleurs, en cessant brusquement une tradition suivie depuis plusieurs années, Méthode aurait gravement compromis les intérêts auxquels il avait voué sa vie tout entière. Obliger le peuple à désapprendre ce culte qu'il avait accueilli avec tant d'enthousiasme , c'était renoncer à tous les fruits d'un long et laborieux apostolat; c'était perdre en un jour l'œuvre de dix ans.

Quelle que fut l'humilité de Méthode, il ne pouvait, on le comprend , se résigner tout à coup à un pareil sacrifice. Il est probable qu'il voulut , avant de rien changer, en appeler au Pape mieux informé , et qu'il lui écrivit pour demander quelque délai ou présenter sa justification. Aucune de ses biographies n'éclaircit ce point obscur.

On peut encore admettre, pour expliquer la désobéissance apparente de Méthode, que le Pape, après avoir donné pour la forme une certaine satisfaction au clergé allemand, n'insista point sur l'exécution immédiate des ordres contenus dans sa lettre. D'ailleurs de graves préoccupations appelaient alors son attention.

Les invasions des Sarrasins, le couronnement de Charles le Chauve , la mort d'Ignace , patriarche de Constantinople (878), remplacé par Photius, pouvaient

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