‹ Cystite Proliférante TuberculeuseChapitre 3 sur 10 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les lésions que l’on rencontre le plus fréquemment dans la cystite tuberculeuse sont les ulcérations. Parfois le cystoscope révèle sur le fond même de ces ulcérations ou dans leur intervalle des formations proliférantes.

Si nous nous en tenons à cette constatation, il existerait donc deux formes, et deux formes seulement de tuberculose vésicale: l’une purement ulcéreuse et l’autre mixte wlcéro-vègétante. Dans cette dernière forme, les végétations peuvent présenter des modalités différentes, soit dans leur aspect verruqueux, villeux, ou bourgeonnant par exemple, soit dans leur constitution histologique.

MM. Hallé et Motz' distinguent dans la forme ulcérovégétante trois espèces de formations productives : les végétations embryo-vasculaires, celles mixtes embryomusculaires et enfin celles purement musculaires.

Les premières sont constituées par un tissu infiltré de cellules embryonnaires, tissu richement vascularisé par un réseau serré de capillaires dilatés. Elles renfermentsoit

. 1 Hallé et Motz, Anatomie pathologique de la tuberculose vésicale (Ann. gén. urinaires, 1904, p. 161, 241.)

à leur sommet, soit à leur base des nodules tuberculeux avec leurs cellules géantes. Ces proliférations intéressent la muqueuse seulement, lépifhelium de recouvrement reste intact ainsi que le muscle sousjacent.

Ces néo-formations se retrouvent avec les mêmes caractères dans le type embryo-musculaire. Mais les lésions sont plus graves : l’épithélium de revêtement a disparu en partie, la base des végétations contient des faisceaux musculaires qu'elles ont disséqués.

Enfin dans letype purement musculaire, l'épithélium n'existe plus, la muqueuse est érodée, et les faisceaux de la musculeuse se dissocient, se pédiculisent, arrivant à former de véritables lambeaux-flottants.

Pour les auteurs que nous venons de citer ces diverses espèces de formations productives ne se rencontrent qgw'associées aux ulcérations ; ils ne décrivent pas de forme proliférante pure.

Nous avons fait des recherches bibliographiques principalement dans les Annales génito-urinaires depuis leur origine et dans les bulletins de l’Association Française d’Urologie. Nous n’y avons trouvé que trois observations du professeur Pousson rapportées par Oraison' sur une forme bourgeonnante pseudo-cancéreuse de tuberculose vésicale. Ces trois observations sont en concordance avec les nôtres, quoique les hématuries signalées chez leurs malades aient fait défaut dans nos trois cas.

[l'est regrettable qu'un prélèvement des végétations

1 Oraison. — An. franc. d’urol. Bul. an, 1907.

vésicales constatées chez nos malades n'ait pas été fait. Mais ces prises biopsiques n'étaient pas sans inconvénients. M. le docteur Gauthier ne s’est pas crû autorisé à les pratiquer, le diagnostic n'étant pas douteux. Le professeur Pousson et Oraison ayant fait deux curettages et une autopsie ont pu examiner au microscope ces végétations. IIS constatent que « les saillies

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sont formées dans leur totalité par du tissu embryonnaire sillonné de capillaires plus ou moins volumineux, gorgés de sang, très nombreux et très dilatés à leur surface. Plusieurs nodules tuberculeux sont plongés dans la substance embryonnaire. Le tout est recouvert d’un épithélium parfaitement intact. Les saillies répondent tout à fait au type des végétations embryo-vasculaires décrites par Hallé et Motz dans leur travail de 1904. »

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